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EAN : 9782330080938
320 pages
Éditeur : Actes Sud (03/05/2017)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Lorsqu’en 1893 le phylloxéra s’abat sur les vignes catalanes, Maria a vingt ans et, pour son malheur, quatre frères. L’avenir de la famille se jouera désormais à Barcelone, où le patriarche a commencé d’établir ses fils. La décision est irrévocable et Maria le sait : nulle place pour elle dans ce plan. Elle restera au village pour porter haut les couleurs de la famille, condamnée à dépérir auprès des ceps infectés. Pour prix du sacrifice, lui reviendront en héritage... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
nadejda
  24 août 2017
Les femmes de La Principal, propriété viticole mise à mal par le phylloxéra en 1893, sont au coeur de cette intrigue qu'elles dominent de bout en bout.
Ce sont les trois « Maria » :
Maria Roderich, fille d'Amadeu Roderich et Blanca Basses, qui hérite de la propriété « La Principal » à la mort de son père, surnommée « la Vieille » par tout le village alors qu'elle n'a que 20 ans.
« Nul doute que cette femme possédait un fort caractère et menait l'hacienda comme si elle avait géré une caserne."
Elle se choisira pour mari Narcîs Magì, fils unique de commerçants de Rius, homme paisible, cultivé, pour lequel « ne rien faire se révéla une véritable profession ». Il amènera à La Principal son piano à queue noir et des livres.
Sa fille Maria Basilla Magì i Roderich née en 1910, surnommée la Senyora, va braver tous les interdits en prenant pour amant Llorenç fils de Neus la cuisinière qui aime aussi bien les hommes que les femmes. Elle finira par l'épouser.
Quant à la petite fille Maria Costa, fille de Llorenç Costa, femme d'affaires efficace, elle poursuit le développement des ventes à l'exportation de vins Carignan de La Principal et préfère par-dessus tout son indépendance. Même si elle aurait aimé avoir elle-aussi une fille, son désir de rester libre et indépendante l'a emporté
Elle entretient une belle complicité avec son père Llorenç.
Aux trois Maria on peut ajouter Ursula la nourrice qui a eu une fille qui ressemblait étrangement à Amadeu Roderich, et Neus Costa, la cuisinière mère de Llorenç. Elles ont toute la confiance de leurs maîtresses, et font, d'une certaine manière, partie de la famille. Ursula, Neus, Llorenç et Caterina sa soeur sont les seuls domestiques autorisés à dormir dans la maison.

On sent la joie malicieuse de l'auteur qui prend un malin plaisir à se glisser dans la personnalité des trois Maria qu'il admire et aime. Trois femmes qui savent louvoyer pour prendre et garder la main dans ce monde d'hommes. Trois femmes qui se jouent de tous les pouvoirs qu'ils soient familial, politique, policier ou ecclésiastique.
Trois femmes libres qui, sous des dehors autoritaires et indépendants, sont par-dessus tout de grandes amoureuses de leur terre et des hommes qu'elles se choisissent en toute liberté, sans se préoccuper du qu'en dira-t-on qui pourtant va bon train dans le petit village de Pous situé dans la région viticole de l'Abadia dont Amadeu le second contremaître dit « c'est un petit village ici et la jalousie est une pourriture qui se glisse dans toutes les maisons. »
Tout le village vit au rythme de La Principal et de la famille possédante.
Des scènes burlesques et des dialogues satiriques offrent un côté théâtral baroque correspondant parfaitement aux représentants de l'état, à ceux de l'église et aux riches propriétaires qui sont en représentation permanente. Ils jouent le rôle qui correspond à leur rang, ils en épousent les règles. le visage offert au public n'est pas celui de l'intimité.
Dans un échange plein de sincérité avec son père Llorenç, Maria Costa analyse parfaitement le fonctionnement de sa grand-mère et de sa mère :
«… la Vieille acceptait de se plier à toutes les règles qui assuraient en retour les privilèges des puissants, car au-delà d'y croire fermement, l'atmosphère du pouvoir la protégeait en tant que femme. Plus tard, ma mère a méprisé toutes ces règles et s'en est bien moquée, mais elle a continué à s'en servir et à en profiter au maximum. Et si je devais être cohérente, au moins une fois dans ma vie, je pourrais admettre que moi-même, je les critique farouchement et j'en bénéficie à mon tour. »
La vie bien hiérarchisée de tout ce petit monde, que l'auteur tourne en dérision, va être bousculée par une enquête policière concernant le meurtre du contremaître de la Principal, Ricard Nebot, commis à Pous le 18 juillet 1936. Son corps mutilé a été abandonné sur le banc de pierre devant l'entrée de la Principal. L'inspecteur Lluis Recader, grand lecteur d'Agatha Christie, avait ouvert un dossier à cette époque mais il avait été contraint par les circonstances d'abandonner cette enquête qu'il reprend le jeudi 7 novembre 1940, bien décidé cette fois à trouver le coupable….
Le ton souvent railleur parfois même mordant, les passions et la sensualité qui l'habitent, plusieurs retournements habiles de situation et un dénouement surprenant, font de ce roman une belle réussite.
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visages
  17 juin 2019
Après "Les yeux fardés" son premier roman, Lluis LLach nous fait vivre sur un peu plus d'un siècle l'histoire familiale de la Principale, riche propriété vinicole de l'Abadia. C'est un roman résolumment féminin même si les hommes y ont leur place et qu'on fait connaissance avec de beaux personnages. Les femmes ce sont les trois Maria, trois générations, trois femmes de caractère qui vont devoir s'imposer pour être respectées et reconnues dans un statiut de pouvoir et d'autonomie. Mais c'est aussi Ursula, la gouvernante et la nourrice qui a connu ces trois générations. le talent de L.Llach réussit a bien préserver la logique de la prépondérance des Maria dans cette saga familiale tout en donnant une place centrale à cette femme exeptionnelle. C'est un vrai plaisir que de parcourir cette histoire avec laquelle on vit les changements historiques de cette région d'Espagne, tout d'abord avec l'arrivée du phyloxera et ses impacts sur l'économie et les paysages, mais aussi bien sûr, la période franquiste puis l'aprés "68". C'est une superbe histoire d'amour qui ose bousculer les codes, c'est une découverte de secrets successifs qui participent à l'identité de cette famille, et c'est aussi sur la seconde partie du roman, un policier avec l'inspecteur Lluis Recarder passionné par Agatha Christie qui mène son enquête en s'identifiant à son modèle tout en étant subjugué par la beauté et l'intelligence de la seconde Maria.La structure du roman nous promène dans des allers et retours entre 1893 et 2001 par le biais des souvenirs et par les besoins de l'enquête. Je reprendrai à mon compte les paroles de la troisième Maria qui se plaint à son père " papa, je suis incapable de te lire comme un écrivain! au début, je ne comprenais rien du tout, je mélangeais les Maria, les époques, et de temps en temps il me fallait tout reprendre pour savoir où j'en étais." Mais il serait vraiment regrettable d'être rebuté par ce petit effort de repérage dans le temps car ce serait se priver d'une belle récréation littéraire!
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afadeau
  09 octobre 2019
Paru en mai 2017 aux éditions Actes Sud, très belle édition comme Actes Sud sait le faire !
Magnifique photo de Jacques Henri Lartigues en couverture, un photographe considéré comme un génie du noir et blanc ! J'ai encore en mémoire les magnifiques photos de l'exposition "Lartigue, l'émerveillé" au château de Tours en 2013.
Bonne nouvelle : ce roman d'exception est maintenant disponible en livre de poche aux éditions Babel, et la magnifique photo de Lartigues a été conservée ! Économique et pratique pour les vacances...
L'histoire se déroule sur quatre générations soit sur plus d'un siècle. Il vaut mieux le comprendre rapidement car cela pourrait être déroutant pour suivre les personnages au gré des nombreux allers-retours... Ensuite la lecture est très agréable et on profite pleinement de la qualité d'écriture de ce récit épique, à la fois historique, policier, romanesque... Tout ce que j'aime et cherche à promouvoir dans ce blog !
Première génération : Nous sommes dans la riche propriété du patriarche catalan Andreu Roderich et sa femme Blanca. Leur fille, Maria Roderich, à 20 ans lorsque le phylloxéra réduit à néant les vignes de l'exploitation familiale en 1893. le richissime chef de famille a déjà commencé à établir les quatre frères de Maria à Barcelone afin qu'ils terminent leurs études ou s'installent dans de confortables carrières. Elle, en tant que femme, n'a pas d'autre avenir que de gérer une exploitation moribonde. Sauf si son père cache son jeu et si elle sait renverser la situation !
Deuxième génération : Maria Roderich surnommée « la vieille » a hérité de la propriété ainsi que de l'appartement-palais de Barcelone et est parvenue, contre toute attente, à faire prospérer la propriété. La scène ou Narcis Magi fait livrer un piano et des caisses de livres est fameuse, comme l'arrivée de la « culture » dans un monde où la tradition et la religion figent les choses et les comportements. Plus tard, à la mort de son cultivé mari, Maria retournera à la pensée ultra-conservatrice du moment, rang à tenir et montée du franquisme oblige…
Troisième génération dans les années 1940 : la propriété est maintenant dirigée par la fille de Maria Roderich « la vieille », son prénom est encore Maria (Maria Magi donc) dite « la senyora ». Elle a une fidèle nourrice, Ursula qui joue un rôle important, sorte de fil conducteur, c'est elle qui débute et clos le récit.
C'est Maria Magi « la senyora » qui va briser beaucoup d'interdits, notamment en tombant amoureuse du fils de la cuisinière, Llorenç, plus ou moins adopté par sa mère. Elle va vivre avec lui des amours tumultueuses, finira par l'épouser et par avoir une fille, la troisième Maria !
Avec des scènes d'amour qui rappellent du DH Lawrence (tiens Llorenç, ça sonne comme Lawrence ? Mais dans le livre de Lluis Llard c'est la femme qui est à l'initiative.)
Puis Maria quatrième génération, en 2001, Maria Costa, qui voyage dans le monde entier pour faire la promotion des vins de la propriété et qui recueille les souvenirs de son père Llorenç ainsi que les secrets de famille...
Bravo ! Bravo ! Bravo aux 3 Maria… Viva Maria ! Et bravo à Lluis pour ces portraits de femmes fortes, souvent libres et insoumises, qui ont su écrire leur destin, avec l'aide de l'auteur, en dehors de la loi masculine ! Les portraits de femmes sont aussi beaux que le portrait de Lartigues de couverture…
Certains passages sont vraiment magnifiques notamment celui de la répartition des biens avec le notaire et les frères et soeur. le chapitre où le notaire de famille convoque la fratrie pour l'héritage de son père Andreu Roderich est vraiment fameux. On saisit la scène et la psychologie des personnages et l'auteur magnifie la revanche de Maria : « Maître Pages l'écoutait fasciné. Voilà l'intelligence de sa mère et l'autorité de son père réunis dans une jeune femme apparemment fragile, mais qui à présent, juste en cet instant, était en train de déployer ses ailes pour prendre son envol. »
Le portrait De Robert, un des frères de Maria Roderich, qui pensait être l'héritier du domaine et de l'appartement-palais à Barcelone, est terrible : « Un rictus aux lèvres, mais surpris par l'attitude de sa soeur et la nouvelle situation, le garçon déplia la feuille de papier les mains encore tremblantes et commença à lire. Ce qu'il était en train de découvrir le paralysa. Il se sentit désarmé par ce qu'il lisait. C'est alors que Maria, debout, le fixant dans les yeux et avec un surprenant regard d'acier pour ses frères, prononça ces mots qui sonnaient le début d'une nouvelle ère... » Toute la scène est inoubliable et justifie la lecture de ce roman à elle seule !
J'ai également trouvé l'histoire policière bienvenue notamment par le contexte historique très crédible avec un inspecteur Recader complexe et intéressant. Il enquête sur un meurtre commis sur la propriété en 1936, ce qui introduit à la fois du mystère et rappelle le contexte social du début de guerre d'Espagne.
Pour une fois je vais citer les quelques lignes en quatrième de couverture, lignes consacrées à Lluis Llard, car il situe bien la dimension du personnage : « Lluis Llach est né en 1948 à Gérone. Figure de proue du combat pour la culture catalane pendant le franquisme, il a à son actif comme chanteur une trentaine d'albums. Retiré de la scène artistique en 2007, il est élu député au sein du parlement catalan et se consacre à une fondation créée au Sénégal pour soutenir la commune de Palmarin, dans le sud du pays, et à la culture de la vigne dans le Priorat. »
Lluis llard a écrit à partir de son environnement, de ses convictions humanistes et donne ici une oeuvre forte, tout à fait passionnante. Ce livre est en bonne place dans mes romans essentiels dont je ne me sépare pas.
Retrouvez tous les articles de mes livres essentiels sur le site "bibliofeel" ou "clesbibliofeel"

Lien : https://clesbibliofeel.blog/
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Francedewepion
  17 juillet 2020
Auteur catalan que je ne connaissais pas du tout jusqu'il y a peu. C'est une amie qui m'en a conseillé la lecture.
Je ne m'attarderai pas sur l'auteur et ses prises de position de pro-nationaliste catalan car elles n'ont pas d'influence sur ce récit.
Il s'agit d'une saga familiale où 3 femmes toutes prénommées Maria sont à la tête de la Principal, un domaine viticole.
La 1ère Maria, seule fille au sein de la fratrie a été sacrifiée pour que ses 4 frères puissent faire des études qui les porteront haut dans la société barcelonaise. En récompense, son père lui a légué le domaine.... ravagé par le phylloxéra. Elle parviendra comme sa fille et sa petite-fille - les 2 autres Maria à relever le domaine et le faire prospérer.
La majeure partie du roman se passe en 1940, sous le régime franquiste. Une enquête sur un meurtre qui a eu lieu non loin de la propriété en 1936 est rouverte par un fringant inspecteur de police persuadé de trouver le meurtrier.
Pour mener son enquête, il va interroger et donc faire ressortir des histoires du passé, qui ont aussi des relents de guerre civile.
Le roman se termine dans les années 2000 avec la dernière Maria.
Une très belle plume ! il y a des allers-retours dans le temps, ce qui donne un certaine dynamisme au roman. Dans cette fiction, on y trouve aussi des choses de la société des différentes époques : guerre civile, franquisme, place de la femme, de la religion, utilisation de la voiture électrique etc . Fiction et histoire sont mêlées de manière très harmonieuse. Cela apporte donc un plus au lecteur.
A mon tour, je conseille cette lecture.



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Chroniquesanshistoire
  15 juillet 2017
Merci beaucoup aux éditions Actes sud pour ce livre de qualité !
Alors comment commencer sur cette lecture?
Pour être franche, ce livre ne m'a pas emballé de suite. Je ne sais pas pourquoi, j'imaginais un livre difficile à lire, un peu historique, trop sérieux peut-être.
Et effectivement, au début de la lecture, il y a beaucoup de personnages, beaucoup d'allers-retours entre différentes époques et j'avais peur de m'y perdre un peu...
Mais au contraire, quelle belle surprise et quelle histoire fascinante !!
Je n'ai pas pu le lâcher tellement il est prenant ! Un beau cadeau de lecture !
Et finalement, ces allers-retours entre les différentes époques sont bien faits et on les attend même au fils de la lecture car à chaque fois on comprend un peu mieux le déroulement des événements !

L'histoire se situe en Espagne. En novembre 1940, l'inspecteur de police Lluis Recader frappe au domaine La principal afin de résoudre un crime commis 4 ans auparavant et abandonné à cause de la guerre. Il va essayer de savoir ce qu'il s'est passé et pour cela il essaye de comprendre l'histoire de ce domaine et de ces femmes qui en sont propriétaires. Il remonte ainsi jusqu'en 1893, quand, après des années sans infestation, alors que les vignes de toute l'Europe sont dévorées par le phylloxera, ce fléau arrive dans la région d'Aboda, où se trouve le grand domaine viticole de la Principal.
Le maître du domaine, Andreu Roderich, père de famille de 4 fils et d'une fille, s'est préparé à cette situation et n'a pas tout réinvesti dans ses vignes depuis déjà plusieurs années. Il a financé de grandes études à ses fils afin de pouvoir rester dans la haute bourgeoise et a investi dans des appartements à Barcelone.
Quand le fléau arrive et ravage toutes les vignes, Andreu décide alors de déménager sa famille à Barcelone afin de continuer leur vie là-bas. Mais il décide également que Maria, sa fille, resterait à La Principal afin de sauvegarder les apparences et faire voir à tous qu'il n'abandonne pas vraiment le domaine, voué à la misère. Pour soulager sa conscience de laisser sa fille dans une maison qui ne vaut plus rien, loin de la belle vie qu'il donne à ses fils, il lui promet de lui léguer la terre et le domaine à sa mort.
Mais un concours de circonstance et la belle intelligence de Maria vont faire que ce domaine ne va pas dépérir et contre toute attente, va même prospérer. Il est très rare à cette époque qu'une femme puisse être la propriétaire d'un tel domaine et on a plaisir à essayer de comprendre, au fil des souvenirs et anecdotes, comment elle arrive à s'en sortir et à se faire respecter.

Les femmes de ce roman ont toutes du caractère et sont très entières, mais, contre toute attente, je les ai toutes adorées ! La première, Maria Roderich, a su trouver les opportunités pour prendre en main sa vie à une époque où les filles n'étaient pas vraiment prises en considération. Je la trouve très forte et admirable, même si elle devient dure et autoritaire par la force des choses. Il en faut pour s'imposer en étant une femme et elle choisit de le faire par la crainte qu'elle impose à tout le monde. Sa fille Maria Nargi et sa petite fille Maria Costa, vont développer leur tempérament unique face à des situations pas si faciles pour des femmes. Elles sont toutes très attachantes. C'est sa fille donc, Maria Nargi, qui se trouve au coeur de cette histoire et de ce crime non élucidé, dont on comprend toute la teneur qu'en toute fin de ce roman. C'est également une femme de caractère qui se bat pour ses passions et n'hésite pas à jouer de ses privilèges de femme fortunée pour arriver là où elle veut aller !
L'histoire est très bien faite et on avance dans l'enquête en même temps que l'inspecteur Recader, un personnage également bien ficelé que l'on arrive très bien à imaginer ! L'histoire prend une tournure tout à fait inattendue et c'est au plus grand plaisir de la lectrice que je suis !

Si je le conseille ? Oui oui et oui ! Une vraie belle surprise à la lecture de ce roman ! Une belle histoire de 3 destins de femmes dans un monde d'hommes, mais qui ont su s'en sortir admirablement. Et une belle enquête de police, qui nous paraît facile en premier abord (on croit avoir tout deviné ), mais qui révèle bien des surprises !
C'est un roman magnifique et passionnant, on le lit avec plaisir. N'hésitez pas !
Lien : https://sanshistoire.wixsite..
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
alainmartinezalainmartinez   09 juin 2017
Ces policiers passaient du bon temps à spéculer, à déduire et à découvrir comment et pourquoi un être humain devient un jour un assassin. À deviner le mobile lorsqu’il semble ne pas y en avoir, à chercher une logique dans les comportements, parmi le chaos des sentiments et de la raison, puis à imaginer en fonction de tout cela une partie d’échecs où l’enquêteur ne soutient aucun des deux camps, mais garde plutôt une vision verticale de l’échiquier. Le plaisir de ces policiers ne consiste pas à prendre l’initiative mais, en partant de la façon dont sont placées les pièces après l’échec et mat, à flairer, à rechercher, à déduire et à analyser les déplacements réalisés par les concurrents pour arriver au mouvement final, la mort. Parfois, on pourrait croire qu’un des belligérants, la victime, est resté passif, mais rien dans les traces de son jeu ne peut alors laisser supposer qu’elle ait eu conscience de la faux qui la poursuivait. Souvent la victime est également un des acteurs principaux de la partie, sachant parfaitement qu’elle risque sa peau. C’est cette lutte, au-delà de ses sanglantes conséquences, qui le passionnait.
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nadejdanadejda   23 août 2017
Lorsque Maria Magí (fille de Maria Roderich dite la Vieille) prit la tête de la Principal, les messes pour son père continuèrent avec de nettes améliorations, dont la plus appréciée fut la distribution de pain trempé dans du vin sucré pour tout le monde, autant pour les personnes qui l'accompagnaient que pour les journaliers de passage qui les avaient rejoints au Mas Gran. Les métayers avaient l'ordre de commencer la distribution dès que la Porteuse apparaissait. à l'horizon.
Elle ne le faisait pas par générosité mais pour des raisons plus sournoises : il s'agissait de transformer l'existence de l'abbé Salvador en véritable calvaire. A l'époque, il était interdit de communier si l'on n'était pas rigoureusement à jeun depuis la veille au soir. Ainsi, grâce à son action apparemment généreuse, elle provoquait une désertion massive de communiants et libérait la plupart de ces gens de tant d'hypocrisie. Mais il y avait également une raison que l'on pourrait dire plus scénographique, c'était une façon de se mettre elle-même en scène.
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nadejdanadejda   22 août 2017
Pour être sincère, je ne me sens pas très à l'aise parmi toutes ces soutanes et pourtant je suis croyant, un pur et dur, mais... En plus, l'évêque Roderich est une personne très distinguée et on ne sait jamais, comment se comporter avec lui. Il parle comme un érudit, s'écoute beaucoup et vous pose juste une petite question, de temps en temps, pour vous permettre d'exister.
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nadejdanadejda   22 août 2017
Toutes les histoires que sa mère lui avait racontées pendant les veillées auprès du feu en lui expliquant ce qu'elle avait fait pour ressusciter la Principal et comment elle avait refusé de planter des noisetiers après le phylloxera, pour prendre le risque de replanter de la vigne contre l'avis de la plupart des propriétaires de Pous et de toute la région de l'Abadia, lui revenaient en mémoire. Maria Magi se les rappelait en contemplant l'harmonie des arbres dans cette vallée d'automne dominée par les ocres, les jaunes et les verts rougeoyant des ceps de carignan. Ah, ces couleurs de novembre enveloppant son Mas Gran ! Avoir demandé qu'on arrache les vignes l'avait beaucoup perturbée et à présent elle avait besoin de les contempler, de nouveau, comme pour savourer au fond d'elle ce havre de beauté et s'en souvenir à jamais.
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alainmartinezalainmartinez   15 juin 2017
À l’époque, je pensais que les enfants étaient la réalisation de deux personnes, mais c’est une ineptie. Les pères ne sont que des acteurs solidaires, c’est vous, les femmes, qui portez tout le poids de l’œuvre…
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l'estaca - Lluis Llach en concert 1985.
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