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ISBN : 2330066546
Éditeur : Jacqueline Chambon (07/09/2016)
Résumé :

Chaque été, une Simca cerise conduit la famille du narrateur sur une côte sauvage de Majorque.

Alors commence les liturgies quotidiennes des vacances : les bains, les promenades en montagne, la présence biblique des chèvres, les lectures, l'observation des étoiles.

Du souvenir de ces étés surgit la figure du père et un territoire vital pour l'univers de l'écrivain Llop.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Bookycooky
  11 décembre 2016
"Le paradis est toujours une métaphore du bonheur et Proust disait que tous les paradis sont des paradis perdus. Comme l'est l'enfance", dit José Carlos Llop qui nous raconte dans ce court roman, le paradis des étés de son enfance, Majorque.
Fils d'un militaire , il y passe l'été avec ses parents et ses frères, à Betlem, au sud de l'île,dans une zone militaire interdit au public. Un endroit désert, au climat âpre, où hormis la famille, quelques soldats, un mulet fou, des rats, des lézards et des grillons, il n'y pas âme qui vive.
Un roman solaire poétique, riche en sensations qui relate la découverte de la vie et du monde à travers le regard d'un enfant,
regard sensuel d'un écrivain en herbe sur la nature, la mer, la maison -la Batterie-,et le paysage sec et biblique qu'il appelle " un fragment d'Afrique au milieu de la Méditerranée",
regard émerveillé sur les parents , le père, un homme détenteur d'un bonheur serein / la mère qui "irradie une force de même nature que la force aimantée du centre de la terre......".
Et regard imaginatif, truffé de références mythologiques et littéraires, de l'adulte qui se souvient de ce paradis perdu le temps de l'été, "époque de consolidation et de jouissance de la vie qui a éclaté au printemps", où l'on prend conscience de l'essentiel, ("Le temps de Betlem fut le temps de la vérité. le temps où il n'y avait pas de faux pas et où tout était vérité, où tout était essentiel. Je veux dire que l'envers de la vérité –s'il y en avait un –n'était pas le mensonge mais le silence").
À la recherche de la pièce manquante du grand puzzle de la Vie, Llop nous emmène loin, à une époque révolue, celle d'une enfance à jamais disparue, la sienne....et la nôtre.
Très beau texte foisonnant de couleurs,d'odeurs et de sensations, et de très belles réflexions sur la vie et la mort.
"Quand le paradis disparaît, souvent la littérature apparaît ".
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YANCOU
  02 octobre 2016
José Carlos Llop je l'ai découvert parce que le philosophe Jean-Louis Bailly m'en avait parlé alors qu'il me rendait visite à la libraire. J'avais donc fait l'acquisition de la Cité engloutie et j'avais ainsi découvert Palma de Majorque par le biais de l'autobiographie discrète de Llop - un enfant de l'île. Mais ce livre était bien plus que cela. En effet, à la façon d'un Sebald ou d'un Benjamin et dans une forme de documentaire littéraire, Llop mêlait les faits historiques concernant Majorque avec des éléments liés au passage sur l'Île de nombreuses personnalités artistiques : Joan Miro, Jean Seberg, Ava Gardner, Ornella Mutti, Errol Flynn… et des écrivains, beaucoup, comme George Sand, Camus, Borges, Giono, Yeats, Cocteau, Gertrude Stein, D.H. Lawrence, Ernst Jünger, Anaïs Nin etc. le livre laissait ainsi transparaître que l'île devait beaucoup à la littérature et c'est bien ce sentiment que l'on retrouve intact dans ce court texte mémoriel intitulé Solstice, et qui est en quelque sorte un prolongement de la Cité engloutie. José Carlos Llop plonge à nouveau dans ses souvenirs d'enfance et nous fait partager son "paradis" : ce lieu de vacance bien particulier puisqu'il passait quand même ses étés sur un bord de plage idyllique où, paradoxalement, ne résidaient que des militaires (nous sommes encore dans l'Espagne de Franco). L'auteur détaille les paysages, sa famille (son père, militaire gradé ; sa mère, distante du monde mais si proche de ses enfants) ; il décrit l'atmosphère étrange de cet endroit dont il dit que "la beauté avait échoué sur l'île en fuyant un maléfice capricieux auquel elle ne put échapper complètement et qu'elle nous laissa en héritage" ; il parle aussi de l'intrusion de la littérature, de la musique, lors de visite d'amis de ses parents, et il l'indique bien dès les premières lignes de son récit : "En fin de compte, quand le paradis disparaît, c'est toujours la littérature qui apparaît." Vous l'aurez compris, ce livre est aussi le prétexte à penser l'écriture, le souvenir et le temps, et donc la littérature. José Carlos Llop est un écrivain majorquin, outre cette éventuel exotisme, c'est surtout un écrivain qu'il serait bon de lire pour la qualité et l'originalité de ses écrits parce que ses deux derniers livres sont véritablement magnifiques.
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JeanRene43
  04 janvier 2017
Solstice de José Carlos Llop est un roman traduit de l'espagnol dont l'action se passe sur l'Ile de Majorque. le titre Solstice n'a rien à voir avec la Saint-Jean, le jour le plus long de l'année, non c'est une sorte de métaphore pour nous dire que la période décrite correspond au point dominant de bonheur de l'auteur, période qu'il qualifie de paradis. En fait, il faut bien classer les oeuvres, l'éditeur l'a qualifiée de roman mais en réalité, il n'y a pas de fiction, l'auteur nous raconte puis s'analyse et rapporte le sens d'une période de son enfance. Ce n'est pas non plus une biographie, l'auteur ne nous raconte pas sa vie, seulement le sens de vacances vécues entre l'âge de 5 et 12 ans. C'est pourquoi, il s'agit plus d'un essai une sorte de réflexion philosophique d'un intellectuel adulte sur le bonheur de ces étés de l'enfance. Pourquoi cette période représente-t-elle le Solstice de l'existence de l'auteur ? Il nous le dit avec art mais je retiens un passage qui me semble clé au regard de la compréhension : "Tous les étés étaient le même été. Toutes les mers étaient la même mer. Notre vie était identique chaque mois d'août. Et c'était justement ce qu'on recherchait dans ma famille. Ou du moins ce que recherchait mon père. Grâce à lui, j'ai découvert l'unité du temps, ou plutôt j'ai ébauché ma première conception de cette unité : en été il n'y avait pas de passé, ni de futur ; seulement le présent, et ce présent se projetait sur le reste de la vie comme un royaume ancien se projette sur les civilisations qui lui succèdent. Un présent solaire, méditerranéen, classique." Voilà je ne veux pas en dire plus, il ne faut que donner l'envie de le lire, c'est très beau, puissant et certainement un enseignement qui reste vrai en vue du bonheur des enfants de tous les temps, un bonheur qui laisse la marque d'un solstice dans une vie.
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gromit33
  26 juin 2017
JC Llop est un auteur délicat et avec beaucoup de délicatesse et d'élégance il nous entraîne dans ses souvenirs d'enfance. Ce texte nous parle de ses vacances d'été lorsqu'il était enfant et qu'au mois d'août toute la famille partait à Betlem, une zone militaire au sud de l'ile de Majorque. le père du narrateur est militaire et sa famille est cantonnée dans une caserne, mais c'est aussi un lieu de découverte de la nature, des sorties à la plage, la visite des environs. L'auteur nous entraîne dans les souvenirs de l'enfance, et c'est aussi un beau portrait de son père et sa mère. Il nous parle aussi de lui et de la période avant l'écriture, la période de l'enfance où il découvre le monde environnant, le monde naturel (de belles pages sur le paysage) et les êtres qui l'entourent : les membres de la famille, les amis…
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louistardy
  28 juillet 2017
J'ai eu la chance de lire ce livre en espagnol.
On se dit qu'au début ce ne sera pas facile: un fils de militaire qui passe ses vacances dans un vieux fort militaire avec un papa militaire.
Et pourtant on est ravi par l'écriture, par la lumière, les senteurs…
On sent battre la méditerranée. José Carlos LLop écrit en castillan (un défi aujourd'hui dans le monde catalan) et sa langue nous renvoie à Camus : une petite merveille.
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critiques presse (1)
LeFigaro   23 septembre 2016
L'auteur catalan, indissociable de Palma de Majorque, encense la beauté nostalgique de son terrain de jeu.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   11 décembre 2016
À la maison, nous n’avions pas l’habitude de nous rendre dans les cimetières. Les morts étaient morts, disait ma mère.....La messe et la prière étaient le moyen d’accéder aux morts.....Cette attitude n’était pas fondée sur des superstitions ataviques –la crainte des morts, par exemple, à l’origine de toute une mauvaise littérature gothique, ou une prévention contre les cimetières –mais était une façon d’affirmer la force de la vie face à la mort.
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YANCOUYANCOU   02 octobre 2016
"Le temps de Betlem fut le temps de la vérité. Le temps où il n'y avait pas de faux pas et où tout était vérité, où tout était essentiel. Je veux dire que l'envers de la vérité -s'il y en avait un - n'était pas le mensonge mais le silence. Le mensonge viendrait plus tard. Après le début de la jeunesse et de ses faux départs. Dans le temps dont je parle, avant l'entrée dans le royaume inconnu des faux-semblants, il n'y avait pas d'écriture. La lecture oui, il y a toujours eu de la lecture. Mais pas l'écriture. Si le paysage mégalithique des environs était un paysage d'avant la littérature, il se produisait quelque chose de semblable avec mon paysage intérieur. Je n'étais pas encore écriture - et je ne savais pas, je ne soupçonnais pas que je le serais un jour. Comme les hommes des talayots et des dolmens à moitié recouverts par la rude végétation, dont la vie était étrangère à l'écriture, la mienne aussi l'était ; mais, à cause de mon père elle n'était pas étrangère aux Écritures. De la protohistoire à la protolittérature. Mais il y a aussi le pressentiment que c'est là que toute a littérature a pris naissance. Dans toutes ces années et dans leur perte : la perte du lieu, plus que tu temps. Ensuite, je suppose que d'autres pertes ont suffi - et la vie était une succession de pertes - pour que s'articule à travers l'écriture une façon de comprendre la vie et, surtout, de la vivre. Parce que la vie de quelqu'un qui revient tout les étés à l'endroit des étés de son enfance n'est pas la même que celle de celui qui ne revient jamais, ce qui déclenche la perte définitive et spéculaire de deux paradis de la mémoire. Je veux parler de paradis préservés uniquement par la mémoire, comme nous conservons des livres qui nous ont rendus heureux mais que nous refusons de relire, pour en garder cela, justement : les dons qui ont rendu notre vie différente de ce qu'elle aurait pu être. Comme l'ont fait, dans la civilisation, les grand maîtres de la peinture, les maîtres primitifs ; mais la prose marque la distance. Il y a un parallèle entre la vie d'un homme et l'histoire de la civilisation à laquelle elle appartient. Un parallèle et une symbiose. C'est pourquoi ce livre naît aussi du désir de défendre un caractère indéchiffrable de la beauté. Son mystère. Un livre réactionnaire, dans la mesure où il s'inscrit en faux contre la liquidation de l'art promue par le XXe siècle. Le siècle de la mégamort, également insatiable dans son acharnement à détruire la beauté en désarticulant son mystère, en une constante leçon d'anatomie menée par des gens qui ne connaissent même pas l'anatomie. Oui, c'est pourquoi ce livre est un livre ancien qui revendique son besoin d'être ancien pour être. Il est né dans son paysage, un paysage propre, noble et ascétique, qui de tout temps a fini dans la mer."
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BookycookyBookycooky   10 décembre 2016
Après avoir pris son café sur la terrasse, face à la mer ou aux montagnes, dans la première lumière du jour, elle prépare le déjeuner. Tôt, pour être prête au plus vite, dit-elle, comme si elle devait être prête pour quelque chose, et chez elle ce quelque chose c’est exister : sans entraves, sans obligations.
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JeanRene43JeanRene43   04 janvier 2017
J'avais l'impression d'avoir intériorisé le paysage et que ce paysage et aucun autre serait toujours le paysage du bonheur. Un bonheur dont je n'ai jamais imaginé qu'il pourrait être interrompu, comme je n'ai jamais imaginé le contraire, qu'il serait éternel.
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JeanRene43JeanRene43   04 janvier 2017
Pendant sept étés - ou plus exactement six mois d'août - nous avons vécu à Bétlem, dans la baie d'Alcùdia, près de la Colonia de San Pedro, que nous appelions alors Colonia de San Pedro, bien que nous disions toujours Betlem et jamais Belèn. J'avais cinq ans la première fois et douze ans lorsque nous en sommes partis, toute mon enfance, un autre territoire que l'on associe habituellement au paradis, non comme lieu mais comme état. Mais dans l'enfance le paradis est dépourvu de base théorique : il est là, il n'est pas une essence, il est dans l'espace et non le contraire, il n'est pas en nous. L'imaginaire des adultes ; sauf que ce mythe n'en est pas un - il n'y a pas d'invention -, il s'agit plutôt de la transfiguration d'un espace réel en espace mythique.
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