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EAN : 9782743633387
192 pages
Éditeur : Payot et Rivages (17/08/2016)

Note moyenne : 2.95/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Une seule lettre change et tout est déréglé. Le narrateur va l'apprendre à ses dépens quand après avoir travaillé quelque temps dans une papeterie, il décide de devenir correcteur professionnel. Il y est d'autant plus résolu que sa mère a toujours cru qu'il était prédestiné à ce métier. Il est embauché à ce poste dans la Revue du Tellière, dirigée par Reine, une femme autoritaire et dominatrice qui va bientôt exercer sur lui son emprise. Reine le fascine autant qu'e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
okada
  17 août 2016
J'aime ces livres qui ne se livrent pas totalement à la première lecture ! Ces livres à l'émotion sourde et pudique. Ces livres avec de l'espace entre les lignes afin de permettre au lecteur de s'évader... S'évader de sa vie, c'est peut-être ce que cherche François, le narrateur de "La Correction" : s'évader d'une enfance blessée, faire le deuil de sa mère, d'un mariage en pleine déconfiture, de ses illusions. Enfin échapper à la séduisante et perverse Reine pour laquelle il corrige les épreuves de "La Revue du Tellière".
Le style d'Elodie Llorca vise à l'épure. La prose est précise et concise comme une dentelle. En osmose avec la maniaquerie de son protagoniste - correcteur zélé et collecteur de coquilles qu'il reporte dans un carnet de notes - on sent que la romancière a pris soin de peser chaque mot en fonction de son sens et de sa rythmique. Car "La Correction", selon moi, c'est une petite musique de chambre toute empreinte de mystère et de mélancolie, le chant du cygne d'un vilain petit oiseau (pardon, canard !) aux yeux vairons et au corps chétif (ainsi le protagoniste se définit-il lui-même) qui peine à devenir l'homme qu'il voudrait être...
D'allusions en métaphores, de faux-semblants en rêves fantasmagoriques, le récit m'a emporté. J'ai beaucoup apprécié aussi de suivre le travail de correcteur de François et de me réjouir avec lui des fautes de frappe débusquées : calotte et culotte, par exemple ! Et ces coquilles que le protagoniste recherche, justement, ne sont-elles pas une façon pour lui de revenir au sein de la mère/mer ? A lire ce livre, on se perd avec délectation dans l'océan de la langue française et de ses dangers !
François, dans ses angoisses et son besoin d'amour, est attachant. J'ai pensé au Meursault de Camus dans son roman "L'Etranger" mais aussi au surréalisme de Kafka par moment. Suivant au plus près le personnage dans un effet de steadycam très cinématographique, l'écriture nous accroche par de petits riens, des images brèves. Une ambiance atmosphérique, onirique, parfois humoristique pour un style très personnel et original, donc.
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louispezery
  14 août 2016
On ne sort pas tout a fait indemne de ce livre qui ne lésine pas avec les mots ! Et pourtant on se dit en le refermant, même après la résolution du malaise sous jacent, que l'on a dû manquer un indice essentiel.
Car c'est bien d'une sorte de polar dont il s'agit, mais d'un genre particulier qui a bien secoué les mots et la typo ! Atypique pourrait convenir, angoissant peut-être. Brillant en tout cas.
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Ziliz
  21 août 2016
Chouette, ce roman a pour cadre le monde de l'édition, et le narrateur est relecteur/correcteur ! Autrement dit, il traque la coquille. J'adorerais faire ce boulot, d'ailleurs je jubile quand je trouve des petites fautes dans mes livres - à condition qu'il y en ait peu, sinon j'ai des doutes sur le sérieux de l'éditeur - et je les corrige. Un côté prof refoulé, sadique, perfectionniste, je ne sais pas...
Bref, revenons à l'histoire de ce roman, 'La correction'.
En relisant les textes, le narrateur trouve des fautes énormes, certaines rigolotes comme des lapsus. Est-il victime de sabotage ou en proie à une grosse fatigue ? Par cet aspect, l'histoire m'a rappelé 'Le Horla' de Maupassant. Bon point.
Les chapitres très courts donnent envie de continuer et d'avancer rapidement même si le récit est loin d'être captivant. On retrouve des thèmes rebattus, traités sans originalité ni profondeur : homme quadragénaire en pleine crise existentielle, en concurrence avec son collègue, empêtré dans des problèmes conjugaux, qui fantasme sur sa responsable hiérarchique.
Les personnages manquent de consistance et j'ai suivi mollement cette intrigue trop légère. J'aurais aimé être harponnée par quelques indices (en plus de l'oiseau), avant les toutes dernières pages et la pirouette finale avec ses côtés symbolique et psychanalytique.
Il m'a paru cocasse que ce roman qui a pour thème principal les 'coquilles' en soit truffé - fautes d'orthographe et surtout de conjugaison (passé simple/imparfait, futur/conditionnel)... Et même si j'ai lu les épreuves non corrigées, cela m'a surprise. Vu le sujet, je pensais que l'auteur était passionnée d'orthographe, de grammaire. Je m'attendais presque à un clin d'oeil à la fin, du style : 'Lecteur, as-tu repéré toutes les erreurs glissées ici et là ?'
■ Bizarre : les quelques avis très enthousiastes sur Babelio émanent de membres inscrits depuis peu de temps (au mieux fin juin 2016, lorsque l'ouvrage a commencé à être distribué en 'épreuves non corrigées'). Les Babeliotes plus anciens sont nettement moins emballés par ce premier roman...
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Heleniah
  20 août 2016
François travaille depuis quelque temps comme correcteur pour un journal. Sa patronne, Reine, est séduisante et mystérieuse, quand à son collègue ce n'est pas l'amour fou, mais toujours mieux que son ancien travail dans une papeterie. du côté personnel, il a perdu sa mère quelques mois plus tôt, il y a de nombreuses tensions dans son couple et sa femme a confié leur chien à sa mère sans lui demander son avis.
Alors, lorsqu'il commence à soupçonner Reine de rajouter des coquilles en modifiant une lettre dans les textes qu'il a corrigé, tout commence à se détraquer. C'est aussi à cette période qu'il trouve un petit oiseau mourant qu'il décide de recueillir.
Ce roman se lit vraiment très vite et est très agréable. On a envie de savoir de quoi il en retourne, comme avec le mystère autour du journal intime de Marie (sa femme) qu'il ne veut pas lire et qu'on rêve, nous lecteurs, d'ouvrir pour comprendre ce qui se passe. L'auteur joue réellement sur les mots, démontrant comment d'une simple lettre on peut influencer la lecture et donc le réel. Si de nombreux points sont éclaircis à la fin du roman, je me demande combien de jeux elle a pu glisser dans son roman, choisissant des mots proches qui peuvent faire basculer les interprétations. Malheureusement, je ne suis pas assez maligne pour les trouver ! Je pense en tout cas qu'il y a un jeu entre « lettre » et l »être », les deux pouvant être influencés et changés par de tous petits détails.
Je me suis rapidement laissé emporter dans ce roman, avec ce héros fragilisé dans sa vie par la perte de sa mère, les difficultés de communication avec sa femme, sa relation avec sa patronne et son collègue et la venue d'un petit oiseau amorphe, qu'il tente de protéger sans réellement comprendre ses besoins.
Même si parfois on a justement envie de secouer le personnage, on reste bien accrocher à l'histoire, essayant de comprendre la cause des coquilles!
Est-ce que ça vous tente ? Il est plutôt difficile à résumer et expliquer, mais on passe un bon (court) moment !
Lien : https://girlkissedbyfire.wor..
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DucalmeLucette
  21 août 2016
« Depuis quelque temps, je soupçonnais ma patronne de volontairement introduire quelques coquilles dans la copie afin de pouvoir me prendre en faute ». Ainsi débute le récit d'Élodie Llorca. Sans tergiversation, le sujet est lancé. Dans une écriture agréable et fluide, nous découvrons les craintes de François, correcteur à La Revue du Tellière, dirigée par Reine. Cette dernière, dont le prénom ne fait que renforcer sa position de souveraine au sein de la structure, intimide autant qu'elle attire le narrateur.
Dans le même temps, François nous révèle que son couple bat de l'aile, surtout depuis la mort de sa mère. N'ayant plus de contact avec son père, le narrateur paraît par conséquent bien seul dans cette vie morose, jusqu'à la découverte d'un mystérieux oiseau dans le caniveau. Cet oiseau accompagnera le personnage jusqu'à la fin, tel un talisman.
La culpabilité qu'il éprouve suite au décès de sa mère ainsi que ses soupçons à l'égard de sa patronne ne feront que s'amplifier au fur et à mesure du récit, jusqu'à basculer le lecteur dans une sorte de paranoïa et de délire. François semble perdre la raison, son inconscient lui joue des tours, il finit par avoir des hallucinations. Même les mots se jouent de lui, se transforment en « coquilles », quand une seule de leurs lettres change pour en modifier le sens. Un cauchemar pour le correcteur qu'il est. Bientôt ses maux s'accentuent de toute part.
Les chapitres sont très courts, l'action n'en est pas vraiment une, nous nous demandons où l'auteure souhaite nous emmener, puis nous basculons peu à peu dans un récit psychologique à la tension palpable. Dans la majeure partie du roman, nous cherchons à connaître le responsable des « coquilles », nous tapons du pied, nous déferlons au fil des pages, puis tout se précipite, le récit s'intensifie, prend subitement une tournure maladive et nous surprend. J'avoue avoir été déconcertée par ce bouquet final. Cette lecture me laisse un peu perplexe dans sa complexité mais j'ai aimé être embarquée à un moment donné dans un suspens habilement mené par l'auteure. Ce roman court (moins de 200 pages) nous laisse inexorablement pantois.

Lien : https://ducalmelucette.wordp..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   21 juin 2016
Le journal intime de Marie reposait sur la table, ouvert en son milieu, la pointe du stylo semblant désigner mon délit, au sommet d'une page dont trois lignes étaient noircies. Ma femme le laissait traîner régulièrement, de manière insidieuse ; se débrouillant toujours pour que je le reçoive comme une gifle commandée à l'avance, différée, dont elle prendrait plaisir à distance, m'imaginant le lire pour prendre de plein fouet ce qui serait la vérité. Je ne supportais pas de voir cet objet un peu partout, me narguant aux entournures. Lorsque je le trouvais, je me contentais de le refermer et de le consigner là où j'avais décidé qu'il devait se trouver, c'est-à-dire dans le tiroir consacré à la collection de Marie.
(p. 69)
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hcdahlemhcdahlem   23 décembre 2016
Un battement, telle une série de soufflets, cogna ma tête, puis mes joues, avant de venir se répandre jusque dans mon cou. J'étais estomaqué. Je me levai et me dirigeai vers le buffet. Après avoir extrait du tiroir un feutre, je revins rapidement à ma place et fit glisser le Post-it plus près de moi. Je biffai nerveusement le vocable veux et écrivis à sa suite : je n'en peux plus. Puis je décollai le papillon et le refixai sur le journal. J'attendis quelques instants que la pression retombe. Le battement semble s'éloigner, les intervalles se faisaient maintenant plus lents. J'ouvris une autre canette. Je réfléchis en buvant de grandes gorgées. Comment était-il possible que Marie m'ait laissé une coquille comme dernier adieu ? L'avait-elle fait délibérément, comme une ultime brimade à mon encontre ?
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louispezerylouispezery   27 juin 2016
Le mot était important. Il fallait que ce soit le bon au risque de voir disparaître le sens. Trouver des coquilles, c'était aller à la pêche, voilà le sentiment que j'avais de mon métier. Et la pêche pouvait être plus ou moins bonne selon les jours. Ces derniers temps, il me semblait que des coquilles vicieuses venaient accrocher le ver pourri de ma canne.
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Ariane84Ariane84   17 janvier 2017
Marie aurait fait une mère épouvantable. Quand elle s'adressait à moi, je voyais la patience de façade, médiocre et dégueulasse, qu'affichaient souvent les mères qui au fond bouillonnaient de l'intérieur. Je les voyais faire au parc, à genoux devant l'enfant, le visage contracté, les yeux fixant un horizon lointain, et la voix bizarrement mielleuse, explicative, trop douce. Je trouvais leur attitude criminelle. Autant crier une bonne fois pour toutes, l'enfant comprendrait.
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DucalmeLucetteDucalmeLucette   21 août 2016
Le mot était important. Il fallait que ce soit le bon au risque de voir disparaître le sens. Trouver des coquilles, c'était aller à la pêche, voilà le sentiment que j'avais de mon métier. Et la pêche pouvait être plus ou moins bonne selon les jours. Ces derniers temps, il me semblait que des coquilles vicieuses venaient accrocher le ver pourri de ma canne.
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