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Elias Lönnrot (Éditeur scientifique)Gabriel Rebourcet (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070129652
1092 pages
Éditeur : Gallimard (10/06/2010)

Note moyenne : 4.24/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Le 25 février 1835, quand Elias Lönnrot fait paraître Le Kalevala ou les Vieilles Chansons caréliennes du peuple finnois d’antan, il hisse le peuple finnois à hauteur de l’humanité tout entière : la somme poétique qu’il a récoltée auprès des bardes en Carélie du Nord et de l’Est, cette moisson de chants n’a guère d’équivalent dans l’héritage universel. Dans ce poème psalmodié se mêlent les voix du tragique, du lyrique et du magique. Le Kalevala contribue à enrichir ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Zebra
  16 juin 2015
Les Éditions La Farandole publient en 1961 « Le Kalevala », petit ouvrage (167 pages) écrit par Élias Lönnrot au 19ème siècle. Étudiant poète, Élias recueillit à cette date des éléments de la tradition orale finlandaise, éléments qui se transmettaient alors de père en fils chez les paysans : Élias souhaitait en tirer parti et façonner ainsi un des joyaux de la littérature nationale. L'essentiel nous est conté en prose dans ce livre, destiné aux 10-14 ans.
Résumer « Le Kalevala », c'est ne s'attacher qu'aux épisodes qui le composent. C'est oublier que ces poèmes étaient chantés, en vers, par des hommes passés maîtres en la matière, assis, deux par deux, à califourchon sur un banc, à la veillée, et se balançant au rythme des "runots". C'est négliger la dimension magique ou symbolique des faits comme des contrées dans lesquelles se situent la rencontre de héros, de chasseurs et d'hommes incroyablement courageux. C'est passer sous silence la puissance des paroles et de la musique de la langue finnoise (puisque l'ouvrage a été traduit en français), langue rocailleuse et forte, à l'image de l'eau qui s'échappe en grondant des torrents des montagnes, qui bondit au-dessus des pins arrachés, roulant des pierres énormes et qui vient désaltérer les loups et les ours. C'est, enfin, ne pas accorder la place qui convient aux bardes qui contaient une hospitalité nationale légendaire et l'accueil aimable et simple fait par les locaux aux étrangers de passage.
Poème épique, « Le Kaleva » se compose de 31 chapitres, depuis la naissance de Vainamoïnen (le barde) jusqu'à la fabrication d'un kantélé (une sorte de cithare locale) aux cordes harmonieuses, instrument permettant de chanter des hymnes à la natures, aux hommes et aux femmes de bonne volonté ainsi qu'aux bêtes des bois. La dimension magique du Kalevala est immédiatement perceptible : ainsi, la déesse Ilmatar crée le soleil, la lune, les étoiles et l'air avant de donner le jour à Vainamoïnen, son fils ; Sampan-Pellervoïnen, fils des champs, sème en quelques jours nombre de pins, sapins, bruyères, saules argentés, bouleaux, chênes, genévriers et merisiers ; un homme de cuivre (sic), minuscule -mais d'une force surnaturelle- abat un arbre dont la cime monte jusqu'au ciel ; une mésange s'exprime en finnois à l'adresse des hommes, tout comme le font un aigle, un coucou, une barque, un chemin, le soleil et la lune ; une mère, à force de passion et d'efforts, arrive à ramener son fils chéri à la vie. Les personnages du Kalevala sont toujours riches en couleurs et d'un caractère bien trempé : Joukahaïnen, vaniteux, provoque d'autres bardes en duel ; Vainamoïnen, courageux, lutte contre des hommes et des divinités qui ne lui veulent pas que du bien ; la belle Aïno, jeune et éblouissante jeune fille à la chevelure de soie, belle comme la fleur sur le sentier ou comme la fraise dans la clairière tente de résister à ses amants ; Ilmarinen, le puissant forgeron dont on entend le marteau sonner sur l'enclume à des lieux à la ronde, est sollicité pour fabriquer un sampo, moulin magique pouvant moudre de la farine, du sel et de l'argent ; Kankomiéli, homme à la voix d'or et aux yeux pétillants de vie, vole de fille en fille sans jamais se fixer. La dévotion aux parents et aux anciens est évidente, tout comme l'harmonie entre les hommes et la nature : quand l'homme est triste, les oiseaux se taisent et les fleurs baissent la tête, tandis que le soleil et la lune s'ennuient. La femme mariée est forte, infatigable mais docile envers son époux : quand elle est jeune et vierge, ses boucles, sa robe de fête, sa couronne de fleurs ou son collier d'or font l'admiration de tous. L'homme juste et droit est habile de ses mains et n'épargne pas sa peine : il est hardi, courageux et respectueux de son entourage comme de ses engagements. Les méchants sont toujours punis, les divinités étant partout et au service de l'homme bon.
Mon analyse : donner un sens à tout ce qui est perçu, chanter d'une voix sure et forte les antiques souvenirs, l'origine des choses et le commencement du commencement, nous enchanter, nous émerveiller et nous faire vibrer au son du kantélé, voilà ce qu'était avec « le Kalevala » le pari d'Élias Lönnrot. Pari tenu et réussi ! Voici un ouvrage agréablement illustré, vivant et addictif, plein de féérie, de quiétude et d'harmonie. Je mets quatre étoiles et je recommande.
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fabienlac
  30 octobre 2013
La tradition orale des ouraliens

"Les mots me fondent dans la bouche
grains de gorge, pluie de parole,
ils se ruent, torrent sur ma langue,
ils s'embruinent contre mes dents."

C'est d'abord l'histoire d'une transmission. le Kalevala provient d'une tradition orale de milliers de vers que les bardes des peuples ouraliens récitent et enrichissent, en respectant des règles de versifications contraignantes. La constellation des peuples ouraliens s'étend de la Finlande jusqu'à l'Oural en passant par les rives de l'Arctique. Lonnrot, un médecin finlandais, récolta ces vers auprès des bardes en échange de consultations médicales. Il compila ce corpus foisonnant au XIXèm siècle. Gabriel Rebourcet est le dernier maillon de la chaîne qui nous relie aux récits du Kalevala. Fruit de longues années de travail, sa deuxième traduction est un chef-d'oeuvre.

Le parti pris d'une traduction audacieuse

Rebourcet a restitué la sonorité du Kalevala. Ses jeux d'assonances (répétitions de certaines consonnes) en font une langue poétique singulière. En outre, le Kalevala utilise des mots anciens avec lesquels un finlandais contemporain n'est pas familier. Rebourcet a rendu ce décalage en effectuant un travail sémantique d'une rigueur étonnante (il refuse d'employer le mot ski, qui n'est pas d'origine française et lui préfère le lugeon). C'est une langue française délaissée qui revit dans ce texte finnois : les forêts deviennent des halliers, des taillis et futaies zebrées de laies (pas la femelle du sanglier).

La chanson de Roland, Isis et Osiris, la corne d'abondance...

Des histoires avant toutes choses ! le Kalevala est une geste épique qui retrace les aventures de plusieurs archétypes de la mythologie dévoilés par Dumézil : le prêtre, l'artisan et le guerrier. Ces mythes résonnent ou dissonnent avec ceux dont nous sommes pétris. L'épique allié à la poésie des bardes recèle une immense puissance de rêve. Lisez le chant 15. La mère d'un guerrier découpé et jeté dans un fleuve repêche les morceaux de son fils et lui redonne vie à l'aide de miessée (quand je dis qu'il fait revivre une langue oubliée ! ) et d'un chant.
Ne vous laissez pas dérouter par le début et par la versification. On entre dans cette langue progressivement jusqu'à ce qu'elle devienne pour nous une seconde nature. Comme tous les grands textes, le Kalevala est exigeant mais il rend au centuple.

+ Lire la suite
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fabienlac
  30 octobre 2013
La tradition orale des ouraliens

"Les mots me fondent dans la bouche
grains de gorge, pluie de parole,
ils se ruent, torrent sur ma langue,
ils s'embruinent contre mes dents."

C'est d'abord l'histoire d'une transmission. le Kalevala provient d'une tradition orale de milliers de vers que les bardes des peuples ouraliens récitent et enrichissent, en respectant des règles de versifications contraignantes. La constellation des peuples ouraliens s'étend de la Finlande jusqu'à l'Oural en passant par les rives de l'Arctique. Lonnrot, un médecin finlandais, récolta ces vers auprès des bardes en échange de consultations médicales. Il compila ce corpus foisonnant au XIXèm siècle. Gabriel Rebourcet est le dernier maillon de la chaîne qui nous relie aux récits du Kalevala. Fruit de longues années de travail, sa deuxième traduction est un chef-d'oeuvre.

Le parti pris d'une traduction audacieuse

Rebourcet a restitué la sonorité du Kalevala. Ses jeux d'assonances (répétitions de certaines consonnes) en font une langue poétique singulière. En outre, le Kalevala utilise des mots anciens avec lesquels un finlandais contemporain n'est pas familier. Rebourcet a rendu ce décalage en effectuant un travail sémantique d'une rigueur étonnante (il refuse d'employer le mot ski, qui n'est pas d'origine française et lui préfère le lugeon). C'est une langue française délaissée qui revit dans ce texte finnois : les forêts deviennent des halliers, des taillis et futaies zebrées de laies (pas la femelle du sanglier).

La chanson de Roland, Isis et Osiris, la corne d'abondance...

Des histoires avant toutes choses ! le Kalevala est une geste épique qui retrace les aventures de plusieurs archétypes de la mythologie dévoilés par Dumézil : le prêtre, l'artisan et le guerrier. Ces mythes résonnent ou dissonnent avec ceux dont nous sommes pétris. L'épique allié à la poésie des bardes recèle une immense puissance de rêve. Lisez le chant 15. La mère d'un guerrier découpé et jeté dans un fleuve repêche les morceaux de son fils et lui redonne vie à l'aide de miessée (quand je dis qu'il fait revivre une langue oubliée ! ) et d'un chant.
Ne vous laissez pas dérouter par le début et par la versification. On entre dans cette langue progressivement jusqu'à ce qu'elle devienne pour nous une seconde nature. Comme tous les grands textes, le Kalevala est exigeant mais il rend au centuple.

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Cronos
  08 mars 2020
Epopée épique dans une époque pleine de contes et légendes. C'est ma came ce genre de récit donc j'en suis content. Pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude de lire des chansons de gestes et autres, il est accessible. Beaucoup de personnages sont encore connus de nos jours, surtout grâce aux séries télé.
Par contre il y a trop d'intrigue pour que je puisse résumer les 600 pages, il y a de la baston, des complots politiques, de l'amour, du quotidien, bref tout ce qui fait la vie d'un peuple conquérant embellie en lettres dorées.
La seule difficulté viendrait de l'écriture désuète avec des « que nous n'eussions pas terrassé ».
Un roman comme un océan, parfois calme avec de forts courants et parfois déchaînée.
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Amelie44
  02 janvier 2014
Le Kalevala est à découvrir pour en savoir plus sur la culture finnoise, qui est très intéressante.
Néanmoins, les chants finissent par se ressembler tous.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
ZebraZebra   24 juin 2015
page 102 - "Et le forgeron entra ainsi dans sa maison avec son épouse et ses invités.
Jamais tant de bonnes gens ne s'étaient réunies sous ce toit. Les invités, vêtus de blanc, prennent place et l'on dirait que la forêt couverte de givre est entrée dans la maison. Les parures d'argent luisent comme l'aurore, les bijoux d'or scintillent comme des étoiles.
Jamais sous ce toit, il n'y eut si riche festin.
Avec ses dix doigts légers, la bonne hôtesse, Lokka, a cuit le pain et les pâtés, a brassé la bière, a rôti le porc, a préparé le poisson. Les couteaux tranchants se sont émoussés d'avoir dépecé tant de saumons. Les lames d'acier se sont tordues d'avoir nettoyé tant de lavarets.
Déjà la bière et l'hydromel coulent à flots pour égayer les hôtes. Qui va chanter le premier en l'honneur de ce jour ?
Le coucou seul sait lancer son appel, le barde seul sait lancer son chant. Qui commencerait à chanter sinon le vieux et sage Vainamoïnen ?
Il loue la jeune épouse, et la mère âgée, il loue chacun des hôtes, il loue les beaux-parents. Mais avant tout, il loue le maître de maison, le forgeron éternel, Ilmarinen. Il chante les louanges de celui qui a construit sa demeure dans les marécages, qui a apporté les branches de sapin, les troncs des pins, qui a tiré la tourbe des marais et dépouillé de leur écorce les bouleaux pour bâtir ici une vaste et magnifique demeure."
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psechpsech   17 avril 2018
Voici maintenant que je pars
Avec un autre compagnon
Au sein de la nuit automnale,
Sur le sol glissant du printemps,
Sans laisser trace sur la glace,
Ni marque de pas sur le sol,
Ni traînée de pans sur la neige,
Ni rayure sur le verglas.
Quand je reviendrai dans ces lieux,
Que je reverrai mon logis,
Qui sait si mère m'entendra,
Si père percevra mes pleurs,
Lors même que je gémirais
Sous leurs yeux, tout près de leur tête ?
Un jeune gazon croit déjà,
Un genévrier a poussé
Sur la face de ma nourrice,
Sur les pommettes de ma mère.
(...)
Adieu maintenant, chère chambre,
Avec ton plafond de sapin!
Il sera doux de te revoir,
Beau de te visiter un jour.
Adieu maintenant, vestibule,
Avec ton plancher de sapin !
Il sera doux de te revoir,
Beau de te visiter un jour.
Adieu maintenant, large cour,
Avec tes superbes sorbiers!
Il sera doux de te revoir,
Beau de te visiter un jour.
A vous tous je fais mes adieux,
Terres, forêts riches en baies,
Chemins bordés de mille fleurs,
Landes couvertes de bruyère,
Lacs semés d'îles par centaines,
Profonds golfes à lavarets,
Monts couronnés de grands sapins,
Vallons cachés sous les bouleaux!
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   22 mars 2012
Le désir têtu me démange,
l’envie me trotte la cervelle
d’aller entonner la chanson,
bouche parée pour le chant mage
égrenant le dit de ma gent,
la rune enchantée de ma race.

Les mots me fondent dans la bouche,
grains de gorge, pluie de paroles,
ils se ruent, torrent sur ma langue,
ils s’embruinent contre mes dents.
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nathalie_MarketMarcelnathalie_MarketMarcel   22 mars 2012
« Quelle engeance d’homme est la tienne,
miteux, quelle race de mâles ?
Guère plus fringant qu’un gisant
et tout juste plus beau qu’un mort ! »
Commenter  J’apprécie          60
psechpsech   17 avril 2018
Le froid m'a fredonné des chants,
La pluie a murmuré des mots,
Le vent m'en ont chanté maint autre,
Maints autres, les flots de la mer,
Les oiseaux ont fourni des sons,
Les cimes des arbres, des vers.
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Vidéo de Elias Lönnrot
Chronique sur l'art du conte, animée en alternance par les conteurs Fabien Delorme et Manuella Yapas. Pour ce numéro, Fabien présente le Kalevala, l'épopée nationale finlandaise, et il termine par une histoire. - "Le Kalevala", par Elias Lönnrot, trad. par Gabriel Rebourcet : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/Le-Kalevala - le site de Fabien Delorme : http://www.fabiendelorme.fr/ - le site de Manuella Yapas : http://www.manuellayapas.fr/
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