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EAN : 9782267023626
346 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (10/05/2012)
3.45/5   21 notes
Résumé :
À force d'obstination, un homme brutal et dénué de scrupules parvient à constituer un vaste domaine agricole, avec l'indéfectible soutien de son contremaître. C'est en patriarche despotique qu'il gouverne son monde : les paysans soumis comme des bêtes ; les bonnes qui s'affairent dans la cuisine et se plient à ses caprices ; son fils qu'il juge bon à rien et qui ne pense qu'à fuir au galop jusqu'au bourg voisin ; ses deux petits-fils, « l'idiot », tout aussi méprisé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Pirouette0001
  26 avril 2020
Premier roman écrit par cet auteur, après ceux plus ou moins autobiographiques ou relatant son expérience de médecin en Angola. De savoir que cet auteur était psychiatre avant de s'adonner à l'écriture explique sans doute beaucoup de l'atmosphère qu'il nous offre dans ses romans.
A nouveau, le même style hypnotique, narrant ce monde incertain entre la mort et la folie qu'on appelle la vie.
J'ai abordé cet auteur par ses deux derniers romans. Est-ce pour cela ? J'ai trouvé celui-ci, pourtant fort plébiscité par la critique à sa sortie, comme étant moins abouti. Mais toujours cette écriture éblouissante, sans guère de ponctuation, emmêlant les personnages, les souvenirs et le lecteur n'a qu'à s'y retrouver ou se laisser bercer par cette longue mélopée.
De la grande littérature assurément.
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brigittelascombe
  30 août 2012
"-Qu'est-ce que vous attendez pour avancer avec moi?
comme si quiconque ayant deux doigts de jugeote pouvait avoir envie d'avancer vers la mort vu que c'est bien là et nulle part ailleurs que vous conduisent les heures..."
La mort. Il est souvent question de mort dans ce roman (que je qualifierai de chaotique): La nébuleuse de l'insomnie de l'auteur portugais Antonio Lobo Antunes. de mort et de folie, une dislocation du moi du personnage principal (fort bien rendue par la longue logorrhée close à chaque fin de chapitre juste fragmentée par des injonctions, interrogations ou bouts de pensées) d'où mon qualificatif de chaotique.
L'histoire narrée par un enfant dit "autiste", par les infirmiers lors de son internement ou "idiot" par son grand-père humiliant, un enfant que je verrais plutôt schizophrène en catatonie (on retrouve la folie de le tambour de Günter Grass mais pas de cri), revient sur des souvenirs et la vie aisée dans le domaine familial de Trafaria près de Lisbonne.
Des animaux aux pattes cassées (dont le narrateur a été témoin), un oiseau aux ailes coupées (dont il a été l'instigateur, on pense au sadisme de la fillette de Poing mort de Nina Bouraoui), incendie, meurtres,transgression des tabous (la belle-fille obéit aux injonctions "Toi" du grand-père à "la fringale de canari" se jetant sur tous les jupons qui passent à sa portée).
Mais ce "Toi" balancé anonymement à qui s'adresse-t-il? A elle, sa mère, aux petites bonnes ou à lui dont le prénom est tu?
"Qui suis-je?" interroge le narrateur perdu.
Ce roman est dur car violent, mais émouvant vu le manque d'amour, les rapports de domination et l'isolement du personnage principal déstructuré, mais j'avoue que le style haché, étouffant (tout comme L'empreinte à Crusoé de Patrick Chamoiseau) m'a perturbée.
La nébuleuse de l'insomnie ne m'a pas vraiment plu (de par son manque de fluidité) car, difficilement compatible avec ma propre méthode de lecture, il m'a semblé que je me heurtais continuellement à des murs.
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michelekastner
  06 octobre 2012
Lecture difficile et laborieuse. Des flash de pensées interrompues, hachées dans un cerveau en morceaux. Je n'ai pas tout compris. Des tragédies, des meurtres (ont-ils vraiment eu lieu ?) ou des envies de meurtres, des infidélités, des viols dans une famille désunie ou l'amour et l'affection sont chose rare.
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lehibook
  27 mai 2019
« Par moment je me sens si seule que tout crie mon prénom comme autrefois ma mère m'appelant dans le jardin » ou bien « celui qui a conçu les tourterelles les a faites de porcelaine et de larmes » on lit cela et l'on comprend qu'on a affaire à un très grand . C'est un livre hypnotique , la noirceur y devient mélopée amère et splendide . Un vrai choc …
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Liberanne
  30 décembre 2014
On démarre et on s'y retrouve, on continue et ne comprend plus rien, on se plonge dans ce style disloqué et somptueux, on suppose : qui est qui ? le narrateur, l'idiot, le frère ? on est emporté , malgré soi, dans cette ronde de personnages, ambigus, cruels, dans cette histoire sordide et belle, dans ces souvenirs qui se conjuguent au présent, au passé, à l'imaginaire, à la folie.
Un livre hors du commun, qui laisse une impression de vertige et de mutisme dans une langue tumultueuse.
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critiques presse (1)
Telerama   09 mai 2012
Déchiquetée, disloquée, perdue entre le passé et le présent, amputée de verbes, privée de liens de cause à effet, la langue d'António Lobo Antunes cherche à capturer le sens d'une vie piétinée.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Pirouette0001Pirouette0001   19 avril 2020
qu'elles sont longues les nuits quand le corps renonce et les meubles visibles malgré l'obscurité, le contour de chaque objet, la moindre brèche au plafond et tout si loin de nous, ce que nous avons vécu, ce que nous avons été, ce qui nous a fait envie un jour, les gens qui nous parlent à travers une paroi de verre et peu importe ce qu'ils disent car même si on comprend ce n'est pas à nous qu'ils s'adressent, c'est à ce que nous avons cessé d'être, des phrases qui se replient sur elles-mêmes sans nous atteindre
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michelekastnermichelekastner   06 octobre 2012
Je ne partirai pas demain, ce sont eux qui m'emmèneront, des hommes venus de je ne sais où me désignant à mon père
- C'est celui-ci ?
les grenouilles du marais s'inquiètent tellement que je n'entends plus les gens, j'entends les bestioles qui m'assourdissent et m'empêchent de mourir, quelqu'un que je ne distingue pas à qui j'inspire de la compassion
- Ce n'est pas la peine de l'attacher
ma mère tentant un sourire et ses yeux qui coulent le long de son visage, chaque larme un oeil qui coule sur ses joues
(pourquoi des larmes ?)
les bonnes de la cuisine
- Le pauvre
et pour quelle raison
- Le pauvre
si moi pas malade, intrigué j'ai interrogé ma mère
- Où avez-vous trouvé tous ces yeux ?
ne vous tourmentez pas pour moi mère, il me suffit d'avoir la certitude que vous n'êtes pas partie et un jour peut-être me remarquerez-vous en train de vous attendre sans vous parler étant donné que je n'ai pas besoin de parler, le parfum des malles suffit et vous savoir dans cette maison pour que j'attende que vous m'accordiez un peu d'attention un jour, sûr que vous m'accorderez un peu d'attention même si c'est par pitié
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SZRAMOWOSZRAMOWO   09 juin 2017
(...) l'oiseau a survolé le toit en sens inverse sans repérer de promontoire où calmer ses tremblements, qu'est-il arrivé à mon père et comment et quand, serait-ce ma mère ou le commis, qu'est-ce qui lui fait mal au-dedans, pourquoi tant de désolation dans cette maison où les gens ne se regardent pas, ne se rassemblent pas, ne parlent pas, des quantités de lapins nus et des quantités de baquets de peaux, des coffres d'où le parfum s'est évaporé, rien que la pompe à eau qui me réveille et mon frère dans le puits qui demande à la vase qui il était, ce qu'on remarquait tout de suite dans la bière du père du contremaître c'étaient les guêtres blanches (...)
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OlivierMaldentOlivierMaldent   24 juillet 2021
… quand il perdait une dent de lait il la mettait sous le traversin et le lendemain, à la place de la dent, une pièce qu’une petite souris complice avait déposée ou alors on attachait la dent avec du fil à coudre à la poignée de la porte, on claquait la porte et un trou juste à l’avant de la bouche que la langue n’arrivait pas à abandonner, comment une dent si petite au bout d’un fil occupait-elle des kilomètres de gencive entravant la parole et puisqu’on évoque le sujet pour quel motif une autre dent dessous dont on pouvait palper les crénelures, combien de dents puis-je avoir se tenant cachées et désirant pousser, si la femme du canapé demandait à cet instant
– Un problème mon nounours ?
je lui désignerais mes molaires, quand je serai seul j’attacherai un fil à la poignée et je claquerai la porte du cabinet pour voir ce qui se passe, peut-être pas seulement la dent, moi tout entier suspendu à la porte, certains matins, je vous assure, je soulève le traversin à la recherche des pièces et la déception qu’aucune ne soit là à m’attendre, un espace interminable entre la taie et le drap, comme l’existence perd toute saveur quand on cesse d’avoir peur du noir, le crayon avait un mal de chien à éloigner l’enfance…
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Pirouette0001Pirouette0001   19 avril 2020
j'ai toujours imaginé que c'était comme ça qu'on mourait, un son ténu qui se prolonge quelques secondes avant de renoncer et renoncer ça signifie les yeux ailleurs vu que ce qui reste ce ne sont pas des yeux
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Vidéo de Antonio Lobo Antunes
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