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Clément Baude (Traducteur)
EAN : 9782070130283
446 pages
Éditeur : Gallimard (01/02/2011)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Houston, 1981. Jay Porter, petit avocat noir, mène une vie sans relief avec sa femme enceinte. Malgré lui, il se retrouve confronté à son passé. Un soir, il entend une fusillade. Il sauve une femme blanche de la noyade et la laisse sur les marches du commissariat. Plus tard, il décide d’enquêter sur cette histoire et se retrouve plongé au milieu d’une affaire de corruption énorme.
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
Cormorobin
  16 août 2015
Je termine à l'instant ce livre, et je reste sur une impression mitigée.
Comme indiqué par d'autres contributeurs, l'affirmation sur la 4ème de la couverture "l'arrivée fracassante d'un nouveau talent" semble exagérée.
L'histoire est assez intéressante, quelque chose qui pourrait se rapprocher d'autres ouvrages plus aboutis comme l'affaire pélican par exemple, c'est à dire une histoire bâtie autour du pétrole dans le sud des Etats Unis en même temps que la lente progression des droits des Noirs.
Jay Porter, au passé un peu lourd, est confronté à un problème complexe qui peut le mettre en danger ainsi que sa femme sur le point d'accoucher.
Le style assez direct est un peu déconcertant. Il n'est pas vraiment désagréable mais laisse une impression d'inachevé. Peut-être une traduction un peu bâclée, n'en voulons pas à l'auteur, ce ne serait pas la première fois.
En fait, sans malice, ou si peu, le plus intéressant est certainement la post-face où l'auteur nous explique le lien avec son histoire personnelle. Si on ne doit lire qu'un extrait, ce sont ces 4 pages !
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encoredunoir
  24 avril 2013
En 1981, à Houston, Jay Porter avocat noir, ancien militant radical en faveur des droits civiques, fête l'anniversaire de sa femme sur un bateau minable voguant sur le bayou Buffalo qui traverse la ville. le dîner en amoureux est interrompu par des coups de feu et l'apparition d'une femme apparemment poursuivie qui manque se noyer dans la rivière. Cet événement met en branle une mécanique impitoyable. Confronté à une histoire qu'il ne comprend pas, à la réminiscence de sa jeunesse militante et des souvenirs amers qui lui sont associés, au moment où les dockers noirs soutenus par son beau-père pasteur menacent de se mettre en grève, Jay se trouve happé dans cet engrenage.
Premier roman d'Attica Locke Marée noire est un livre ambitieux tant au niveau de la construction complexe de son intrigue que de la reconstitution de deux époques (le début des années 80 et le boom pétrolier de Houston, les années 60-70 et le militantisme noir). Il est par ailleurs, comme l'indique l'auteur en conclusion, étroitement lié à sa propre histoire familiale. C'est en partie ce qui fait le charme de ce roman mais en marque aussi les limites.
De fait, investie dans son sujet, soucieuse d'expliciter les agissements d'un Jay qui apparait comme un double de son père, Attica Locke tend à négliger les explications qui seraient parfois nécessaires à une bonne compréhension de l'intrigue. Si l'on se laisse facilement embarquer dans l'histoire personnelle de Jay Porter, si l'on s'intéresse à ses cas de conscience, à ses renoncements mal assumés à cette forme de lâcheté compensée par un profond désir de justice et la honte même de cette lâcheté – ou plutôt de cette peur profondément ancrée – qui l'habite, on peine souvent à se retrouver dans ces questions de grève des dockers, de collusion entre politiques, magistrats et homme d'affaires qui, pourtant, auraient pu être une formidable trame à cette histoire.
Quelque peu dépassée par son sujet, Attica Locke offre un roman à moitié réussi – ou à moitié raté – avec des personnages complexes et bien campés, mais déroule avec peine son intrigue. Il reste au final quelques belles pages, des personnages ambigus comme on aimerait en voir plus souvent, mais aussi le sentiment d'être passé à côté de ce qui aurait pu être un excellent roman. On espère toutefois que l'on aura l'occasion de lire un autre livre, plus abouti, de cet auteur prometteur.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Charybde2
  17 mars 2013
Houston 1981 : dans la ville pétrolière, un avocat noir, ancien activiste, essaie de s'en sortir...
Native de Houston, Attica Locke a publié ce premier roman à trente-cinq ans en 2009 (traduction française en 2012). Scénariste professionnelle à Los Angeles, elle réalise un roman largement honorable en tant que thriller policier, mais parvient surtout à captiver par la belle double plongée qu'elle exécute, dans les mouvements noirs des droits civiques à la fin ds années 60, au moment où se préparent la défaite et la radicalisation sans espoir, sous les assauts paranoïaques d'un FBI agissant à cette époque en véritable police politique, d'une part, et dans l'écheveau des liens et des compromissions intense qui lient les milieux d'affaires pétroliers internaitonaux et les patriciens texans qui, à l'instar des Bush, ont fait fortune dans le secteur, d'autre part...
A travers le personnage de Jay Porter, petit avocat noir tentant de faire son "trou" et de faire vivre son couple après un séjour de plusieurs années en prison en tant qu'activiste, la ville de Houston en 1981, son port, ses complexes pétrochimiques, ses dockers syndiqués essayant de résister aux pressions (comme un clin d'oeil à la deuxième saison de "The Wire"), son boom immobilier et sa maire, ancienne compagne de lutte de Jay, opportuniste en diable, dont on ne sait vraiment si, à l'époque des revendications musclées, elle a trahi ou non, tout ce décor assez rarement peint prend des couleurs singulières, à la fois attachantes et désespérantes.
Peut-être moins acéré que le très bon "Les péchés de nos pères" de Lewis Shiner, en ce qui concerne la mémoire et les traces contemporaines des luttes émancipatrices des Afro-Américains, "Marée noire", dans un cadre inhabituel, nous propose un fort bon moment de lecture.
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Pat0212
  14 mai 2018
Il s'agit d'un premier roman roman très réussi qui nous fait voyager dans le Texas des années 1970-1980. Jay Porter est avocat à Houston, mais il ne faut pas s'imaginer un riche avocat qui brasse les dollars par millions. Il est au contraire un avocat noir qui tire le diable par la queue, il a un petit bureau dans un centre commercial et la majeure partie de sa clientèle n'est pas solvable ou du moins très pauvre. Pour l'anniversaire de sa femme il organise une petite croisière dans un bayou. Mais la malchance le poursuit, le diner romantique est interrompu par des coups de feu tirés sur la rive et une jeune femme blanche poursuivie se jette à l'eau. Jay plonge pour la sauver et la conduit devant le commissariat de la ville. le Klu Klux Klan n'est pas tout à fait mort, l'égalité entre Noirs et Blancs n'est pas encore une réalité, par conséquent il n'est pas prudent pour un Noir d'être vu en compagnie d'une Blanche victime d'une agression.
Cette affaire replonge Jay dans son passé de militant radical des droits civiques dans les années 1960 et 70, il a connu la prison et il a assisté à de nombreuses exactions policières, ce qui lui a laissé une peur panique de la police. Il faut dire qu'en ce temps là, le FBI fonctionnait comme une police politique et ses snippers n'hésitaient pas à régler les problèmes à leur manière. Jay se trouve plongé dans ces souvenirs et son passé nous est raconté par bribes tout au long du livre.
Dans le même temps, son beau-père, pasteur, lui demande de soutenir les dockers noirs syndiqués, et en particulier l'un d'eux qui a été passé à tabac. Une grève est à l'ordre du jour, mais la maire noire de la ville ainsi que les syndicats blancs veulent absolument l'éviter. Jay connaît bien la maire de Houston qui a aussi été une militante radicale des droits civiques, mais qui a peut être trahi la cause. Quant au syndicat, il n'est pas uni, c'est plutôt un instrument des Blancs pour asseoir leur domination et l'inégalité de fait qui règne entre les dockers.
Ce thriller passionnant conjugue deux histoires, celles des années 1960- 70, marquées par le boum pétrolier de la région et surtout par la lutte plus ou moins pacifique pour les droits civiques. Et au début des années 1980, les injustices sont toujours criantes, la grève des dockers perturbent gravement l'économie de la ville complètement dépendante du pétrole. Surtout Jay va mettre au jour un complot impliquant le principal groupe pétrolier de la région.
Ce livre est remarquable, surtout pour un premier roman, mais le lecteur est parfois un peu perdu. En voulant dresser un tableau exhaustif de la situation de ces vingt années de la vie du Texas, à force de détails, on a parfois l'impression de perdre le fil de l'histoire. Toutefois ces défauts de jeunesse n'enlève rien au plaisir de lire cet excellent thriller qui nous permet de visiter un aspects des Etats Unis que l'on ne connaît pas très bien.

Lien : https://patpolar48361071.wor..
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henrimesquida
  27 janvier 2018
Dans un contexte de tension liée à la proximité de la grève des dockers, quand la maire de Houston repeigne hâtivement son brushing pour les caméras, et se rappelle soudain qu'elle a bien, bien connu Jay Porter, pour son malheur à lui… au temps de leurs luttes communes pour les droits civiques, le jeune avocat va courir pour sauver sa peau, sans pouvoir renoncer à comprendre.

Avec un grand talent, Attica Locke installe des personnages sensibles, ambigus ce qu'il faut, échangeant des dialogues parfois elliptiques qui construisent le suspens, décrivant la chaleur et la sueur des hommes dans les réunions politiques, et surtout, surtout…racontant le racisme ordinaire. En 1981, à Houston la très grande majorité des ouvriers est noire. Noirs aussi les pauvres, les analphabètes, les malades et les miséreux. Les industriels, les responsables politiques ou administratifs, les décideurs… sont blancs.

La fresque historique est assez large, couvrant les combats des années soixante-dix jusqu'à ceux des années quatre-vingt. Elle est intelligemment mise en valeur en même temps qu'humanisée au travers du destin de Jay Porter et de sa communauté.Un beau livre, fort, qui se termine par le constat tristement répétitif de la folie des hommes et de leur âpreté au gain, de ce qu'elle fait des esprits faibles.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
rkhettaouirkhettaoui   30 janvier 2018
Il y a des assassins et des violeurs dans les couloirs, des escrocs et des voleurs vont et viennent à l’intérieur du bâtiment ; il y a des menottes et des agents de police armés de pistolets. À lui seul le spectacle suffit à donner à chacun l’impression d’accomplir une tâche héroïque, ou du moins le plonge dans un état d’excitation surchauffée. Au tribunal civil, en revanche, il n’y a qu’un seul enjeu : l’argent. Ici, le bien et le mal, qui a fait quoi à qui, toutes ces questions sont débarrassées de leur charge morale et réduites à de simples équations chiffrées. Combien vaut votre souffrance ? Quel est le tarif en vigueur pour le malheur ? Si ni votre argent ni votre souffrance ne sont en jeu, alors vous aurez beaucoup de mal à vous enflammer pour les débats, qui n’attirent d’ailleurs pas grand monde.
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CormorobinCormorobin   16 août 2015
" J'en conclus que tu ne suis pas mon conseil, donc.
- C'est à dire ?
- J'ai comme le sentiment que tu n'as pas l'intention d'abandonner. "
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rkhettaouirkhettaoui   30 janvier 2018
Il pensait sincèrement qu’ils pouvaient changer les choses et il ne voyait pas pourquoi les Blancs ne devaient pas participer à leur effort. Après tout, c’étaient les Blancs qui avaient créé cette saloperie d’inégalité des races ; pourquoi ne pourraient-ils pas aider à réparer les dégâts ?
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rkhettaouirkhettaoui   30 janvier 2018
Il se dit qu’il existe d’autres rêves américains.
L’argent, bien sûr, en est un. Une autre forme de liberté, et apparemment à sa portée. S’il travaille dur, s’il porte un costume, s’il joue selon les nouvelles règles.
Ses rêves sont devenus simples. Son foyer, sa femme, son enfant.
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rkhettaouirkhettaoui   30 janvier 2018
À chaque nouvelle difficulté qui surgira, à chaque négociation, ils poseront le problème en termes de races. C’est diviser pour mieux régner.
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