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Michel Courtois-Fourcy (Traducteur)
EAN : 9782869309203
382 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/05/1995)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 210 notes)
Résumé :
Le diable fait de nouveau irruption en littérature. Si David Lodge a revêtu l'habit infernal dans ce roman écrit en 1980, c'est pour poser quelques questions dérangeantes.

Car le diable, c'est l'esprit qui nie, celui qui doute, qui regarde nos actions à la loupe pour en voir les failles et les ridicules.

Avec son scalpel, son bistouri et son microscope, David Lodge dissèque, avec un plaisir certain, le grand corps de l'Église des anné... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  22 mai 2014
N°330– Mars 2009
JEUX DE MAUXDavid Lodge [traduit de l'anglais par Michel Courtois-Fourcy] - Rivages.
L'actualité de l'Église brésilienne avec ses excommunications aussi anachroniques que révoltantes, l'attitude d'un Pape, ancien Grand Inquisiteur, oublieux du message de l'Évangile dont il est pourtant porteur, et qui soulève un tollé de protestations jusque dans les rangs de la hiérarchie épiscopale française, défraient actuellement la chronique. Nous vivons vraiment une époque formidable! le hasard fait que j'ouvre le roman de David Lodge, qu'il monopolise mon attention et que je le lis avec avec plaisir, avec gourmandise même. Non, ce livre écrit en 1980 n'a pas vieilli, bien au contraire!
Voilà un ouvrage qui parle, avec un humour de bon aloi, d'une « religion », le catholicisme, qu'on nous a fait passer pour la seule possible, parce que la seule vraie et incontournable en occident, mais qui a assurément provoqué, au moins chez les jeunes gens des années 50, fantasmes, terreurs intimes, renoncements, scrupules et sacrifices en tous genres qu' adultes ils ont largement eu le temps de regretter. Il parle de l'hypocrisie, des tabous qu'elle a engendrés, des culpabilisations qu'elle a entretenues dans les jeunes esprits autour de la masturbation féminine et masculine, de la virginité et de la manière de s'en débarrasser, de la jouissance sexuelle et de la découverte du plaisir qui étaient forcément bannis, mais aussi de la nature de Dieu, au passage un peu écornée, de la confession, de la transsubstantiation, de la communion, la peur de l'enfer [et de la dépression nerveuse qui pouvait aller avec], bref de l'Église, de ses rituels et de ses pompes largement entretenus par des générations de parents et une hiérarchie catholique attentive... Autant de thèmes qui ont interrogé, torturé, bouleversé les jeunes d'alors au point que certains d'entre eux [de plus en plus nombreux si j'en crois les statistiques], émettent des doutes sur le message, oublient le chemins des églises... ou se tournent vers d'autres religions!
C'est vrai, j'ai lu ce livre avec plaisir. Il dénonce sur un mode plaisant et parfois badin, mais jamais caricatural, l'impact pesant de l'Église face à l'éveil d'adolescents à la vie et les embûches variés que la hiérarchie catholique a su y mettre au nom de la morale, des bonnes moeurs et surtout de l'organisation figée d' une société puritaine et autoritaire dont elle a toujours été l'alliée intéressée et que les jeunes fidèles, plus contestataires, ont su remettre en question quand ils sont devenus adultes. L'immobilisme dogmatique de l'Église catholique face aux grandes interrogations de l'humanité, de la procréation, du respect de la vie, de la contraception, du plein épanouissement de la sexualité individuelle reste une question d'actualité. Nous le voyons bien actuellement.
A travers plusieurs personnages et leur vie sexuelle et familiale parfois difficile et en tout cas rendue avec force détails parfois amusants, l'auteur règle ses compte avec l'Église catholique, ses dogmes et ses interdits absurdes qui déstabilisent inutilement les individus. Cette atmosphère un peu délétère entretenue par elle au regard du péché, dont on nous rappelle à l'envi qu'il s'agit, en ce qui nous concerne d'un état permanent, n'est peut-être pas autre chose que la peur de l'enfer, la nécessaire obéissance aveugle aux paroles de Pape et leurs inévitables interprétations à la fois variées, hypocrites et partisanes qui nourrissent cet état de choses avec lequel chacun finit, un jour ou l'autre, par prendre ses distances.
L'auteur prend soin de rappeler qu'il nous raconte une histoire, que nous sommes ici dans une fiction, que les personnages ne sont pas réels[bizarrement, il s'adresse directement à son lecteur et prend même congé de lui à la fin], mais le contexte dans lequel il les fait évoluer leur donne une virtualité bien actuelle! Il prend des références historiques citant abondamment l'encyclique « Humanae Vitae » ou le concile Vatican II... Il a cependant soin, et c'est sans doute nécessaire, de nous rappeler que ce n'est pas un roman comique. Dont acte!
La société qui nous est proposée est anglaise, un petit groupe d'étudiants catholiques dont il suit le parcours, mais la transposition est aisée et même bénéfique car si cette église est universelle, comme on nous en a largement rebattu les oreilles, la réaction que peut faire naître son enseignement et son exemple ne l'est pas moins.
Finalement l'auteur paraît appeler de ses voeux une église libérale, mais les événements actuels ne semblent pas aller dans ce sens et nous donnent à penser qu'il peut s'armer de patience!
Hervé GAUTIER – Mars 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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litolff
  19 mai 2010
Dans Jeux de maux, David Lodge règle ses comptes avec l'Eglise catholique et ses dogmes relatifs à la sexualité de ses ouailles. Il peint une jeunesse inhibée, refoulée et culpabilisée par une morale contraignante. Les doutes et les hésitations de ces jeunes, qui balancent sans cesse entre velléité sexuelle et refoulement religieux, donnent lieu à des scènes d'une drôlerie consommée. Désopilant !
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BVIALLET
  24 mars 2020
À Londres à la fin des années 50, un groupe de jeunes étudiants tente de vivre sa foi en respectant les préceptes de l'Eglise Catholique. Des amours s'esquissent timidement voire douloureusement, Dorothy et Adrian, Tessa et Edward, Miriam et Michaël, Angela et Dennis alors que quelques autres s'avèrent un peu déséquilibrés comme Violet ou sont tentés par les ordres, la prêtrise ou l'homosexualité. Les filles ne se donnent pas facilement. Les garçons sont maladroits et souvent frustrés. La norme est d'arriver vierge au mariage pour fonder de bonnes familles chrétiennes. Mais au fil des années et surtout avec le concile Vatican II et la révolution de mai 68, tout se délite et s'effiloche peu à peu. Les virginités se perdent, des enfants naissent, la peur de l'enfer disparaît, le culte évolue. Certains s'évadent, se trompent, se séparent, changent de cap. Et les prêtres ne sont pas les derniers à jeter aux orties soutanes et rigidités…
« Jeux de maux » est un roman social très proche du thème de la « Chute du British Museum », mais en moins drôle. David Lodge ne s'intéresse plus à un seul couple mais à toute une cohorte de gens, tous jeunes catholiques, tous inhibés par les contraintes imposées par l'Eglise de l'époque. Il décrit très intelligemment et très finement comment le carcan s'est peu à peu desserré et comment toute une société a basculé dans un libéralisme libertaire au niveau des moeurs et comment tout un monde ancien a disparu progressivement. Cette fois, David Lodge, apparemment très concerné par la problématique catholique, en voulant faire oeuvre de sociologue, a un peu perdu de son humour si charmant et si british. On ne peut que le regretter.
Lien : http://www.bernardviallet.fr
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UglyBetty
  04 juin 2012
" la haut , il y avait le ciel, en bas l'enfer.Le nom du jeu,c'était le salut..."
David Lodge observe de près, un groupe d'étudiants catholiques Anglais et les chemins qu'ils suivent. Il dissèque avec un plaisir certain, le grand corps de l'église des années 50 - 60.
Le " Mauriac " britannique, a revêtu son habit infernal, pour poser les questions dérangeantes... Diable!
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Christophe_bj
  09 février 2020
How Far Can You Go ? Jusqu'à appeler le dernier chapitre « Dénouement », jusqu'à consacrer des pages et des pages à une réflexion sur les dogmes catholiques, jusqu'à mêler critique (Genette !) et praxis littéraires, jusqu'à abuser de la démiurgie omnisciente en toute connaissance de cause dans un roman qui somme toute parle essentiellement de Dieu… Magnifique roman, roman bouleversant et comique, sensible et intellectuel, brillant, un chef-d'oeuvre ! Seules réserves : le traitement du personnage de Miles – l'auteur est si peu à l'aise sur ce terrain qu'il aurait mieux fait de s'abstenir d'y marcher ! – et le dernier chapitre, dont la forme interdit toute émotion, pourtant si vivement provoquée auparavant.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
AustralAustral   15 mai 2017
- A propos de contraception et de préservatifs, il y a eu une proposition d'installer des distributeurs automatiques dans les vestiaires des étudiants à l'université, dit Michael.
- Tu ne m'as jamais dit ça ! s'écria Miriam.
- Dans une université catholique ? Je n'en crois rien, dit Dennis.
- C'est une machine très particulière, conçue pour les catholiques, dit Michael. Tu mets un préservatif dedans et on te rend la monnaie.
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mayangmayang   11 octobre 2011
Avant d'aller plus loin , ce serait probablement une bonne idée d'éclairer la conception du monde, la métaphysique, que ces jeunes gens devaient à leur éducation et à leur milieu catholique. Là-haut il t avait le ciel, en bas l'enfer. Le nom du jeu c'était le salut, c'est à dire la manière d'aller au ciel et d'éviter l'enfer. Le tout ressemblait un peu au jeu de l'oie. Un péché, vous envoyait directement au fond du puits; les sacrements, les bonnes actions, les mortifications vous permettaient d'en sortir et de retrouver la lumière. Tout ce que vous faisiez, tout ce que vous pensiez était soumis à une comptabilité spirituelle. C'était bon, mauvais ou encore neutre. (page 20)
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AustralAustral   17 mai 2017
- Vous ne voudriez pas lui glisser un mot ou deux un de ces jours ? Je veux dire à propos de la religion en général. Même les écoles catholiques semblent avoir renoncé à la théologie de nos jours. Ses cours d'éducation religieuse semblent ne leur enseigner que d'être gentils avec les immigrants et de rassembler des collants pour Mère Teresa.
- Des collants pour Mère Teresa ? Je n'aurais jamais pensé qu'elle en portait.
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BVIALLETBVIALLET   24 mars 2020
La plupart des gens rassemblés ici ne semblent guère penser qu’ils sont de quelque manière supérieurs aux protestants, aux Juifs, aux Hindous ou aux musulmans et aussi aux athées et aux agnostiques. Ce qui est très bien et fait preuve chez eux d’une certaine humilité. Mais alors une question se pose : Pourquoi finalement être catholique plutôt que quelque chose d’autre ou même rien du tout ?
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litolfflitolff   01 octobre 2010
Elle était encore, en principe, vierge, mais elle avait eu l'année précédente avec un étudiant dentiste une relation plutôt passionnée, impliquant des séances de pelotage extrêmement poussées. C'était au cours de celles-ci que son dentiste, plein d'espoir, lui avait expliqué, à plusieurs occasions, les divers moyens anticonceptionnels.
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