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Michel Courtois-Fourcy (Traducteur)
ISBN : 2869309201
Éditeur : Payot et Rivages (01/05/1995)

Note moyenne : 3.93/5 (sur 186 notes)
Résumé :
Le diable fait de nouveau irruption en littérature. Si David Lodge a revêtu l'habit infernal dans ce roman écrit en 1980, c'est pour poser quelques questions dérangeantes.

Car le diable, c'est l'esprit qui nie, celui qui doute, qui regarde nos actions à la loupe pour en voir les failles et les ridicules.

Avec son scalpel, son bistouri et son microscope, David Lodge dissèque, avec un plaisir certain, le grand corps de l'Église des anné... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Herve-Lionel
  22 mai 2014
N°330– Mars 2009
JEUX DE MAUXDavid Lodge [traduit de l'anglais par Michel Courtois-Fourcy] - Rivages.
L'actualité de l'Église brésilienne avec ses excommunications aussi anachroniques que révoltantes, l'attitude d'un Pape, ancien Grand Inquisiteur, oublieux du message de l'Évangile dont il est pourtant porteur, et qui soulève un tollé de protestations jusque dans les rangs de la hiérarchie épiscopale française, défraient actuellement la chronique. Nous vivons vraiment une époque formidable! le hasard fait que j'ouvre le roman de David Lodge, qu'il monopolise mon attention et que je le lis avec avec plaisir, avec gourmandise même. Non, ce livre écrit en 1980 n'a pas vieilli, bien au contraire!
Voilà un ouvrage qui parle, avec un humour de bon aloi, d'une « religion », le catholicisme, qu'on nous a fait passer pour la seule possible, parce que la seule vraie et incontournable en occident, mais qui a assurément provoqué, au moins chez les jeunes gens des années 50, fantasmes, terreurs intimes, renoncements, scrupules et sacrifices en tous genres qu' adultes ils ont largement eu le temps de regretter. Il parle de l'hypocrisie, des tabous qu'elle a engendrés, des culpabilisations qu'elle a entretenues dans les jeunes esprits autour de la masturbation féminine et masculine, de la virginité et de la manière de s'en débarrasser, de la jouissance sexuelle et de la découverte du plaisir qui étaient forcément bannis, mais aussi de la nature de Dieu, au passage un peu écornée, de la confession, de la transsubstantiation, de la communion, la peur de l'enfer [et de la dépression nerveuse qui pouvait aller avec], bref de l'Église, de ses rituels et de ses pompes largement entretenus par des générations de parents et une hiérarchie catholique attentive... Autant de thèmes qui ont interrogé, torturé, bouleversé les jeunes d'alors au point que certains d'entre eux [de plus en plus nombreux si j'en crois les statistiques], émettent des doutes sur le message, oublient le chemins des églises... ou se tournent vers d'autres religions!
C'est vrai, j'ai lu ce livre avec plaisir. Il dénonce sur un mode plaisant et parfois badin, mais jamais caricatural, l'impact pesant de l'Église face à l'éveil d'adolescents à la vie et les embûches variés que la hiérarchie catholique a su y mettre au nom de la morale, des bonnes moeurs et surtout de l'organisation figée d' une société puritaine et autoritaire dont elle a toujours été l'alliée intéressée et que les jeunes fidèles, plus contestataires, ont su remettre en question quand ils sont devenus adultes. L'immobilisme dogmatique de l'Église catholique face aux grandes interrogations de l'humanité, de la procréation, du respect de la vie, de la contraception, du plein épanouissement de la sexualité individuelle reste une question d'actualité. Nous le voyons bien actuellement.
A travers plusieurs personnages et leur vie sexuelle et familiale parfois difficile et en tout cas rendue avec force détails parfois amusants, l'auteur règle ses compte avec l'Église catholique, ses dogmes et ses interdits absurdes qui déstabilisent inutilement les individus. Cette atmosphère un peu délétère entretenue par elle au regard du péché, dont on nous rappelle à l'envi qu'il s'agit, en ce qui nous concerne d'un état permanent, n'est peut-être pas autre chose que la peur de l'enfer, la nécessaire obéissance aveugle aux paroles de Pape et leurs inévitables interprétations à la fois variées, hypocrites et partisanes qui nourrissent cet état de choses avec lequel chacun finit, un jour ou l'autre, par prendre ses distances.
L'auteur prend soin de rappeler qu'il nous raconte une histoire, que nous sommes ici dans une fiction, que les personnages ne sont pas réels[bizarrement, il s'adresse directement à son lecteur et prend même congé de lui à la fin], mais le contexte dans lequel il les fait évoluer leur donne une virtualité bien actuelle! Il prend des références historiques citant abondamment l'encyclique « Humanae Vitae » ou le concile Vatican II... Il a cependant soin, et c'est sans doute nécessaire, de nous rappeler que ce n'est pas un roman comique. Dont acte!
La société qui nous est proposée est anglaise, un petit groupe d'étudiants catholiques dont il suit le parcours, mais la transposition est aisée et même bénéfique car si cette église est universelle, comme on nous en a largement rebattu les oreilles, la réaction que peut faire naître son enseignement et son exemple ne l'est pas moins.
Finalement l'auteur paraît appeler de ses voeux une église libérale, mais les événements actuels ne semblent pas aller dans ce sens et nous donnent à penser qu'il peut s'armer de patience!
Hervé GAUTIER – Mars 2009.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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litolff
  19 mai 2010
Dans Jeux de maux, David Lodge règle ses comptes avec l'Eglise catholique et ses dogmes relatifs à la sexualité de ses ouailles. Il peint une jeunesse inhibée, refoulée et culpabilisée par une morale contraignante. Les doutes et les hésitations de ces jeunes, qui balancent sans cesse entre velléité sexuelle et refoulement religieux, donnent lieu à des scènes d'une drôlerie consommée. Désopilant !
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UglyBetty
  04 juin 2012
" la haut , il y avait le ciel, en bas l'enfer.Le nom du jeu,c'était le salut..."
David Lodge observe de près, un groupe d'étudiants catholiques Anglais et les chemins qu'ils suivent. Il dissèque avec un plaisir certain, le grand corps de l'église des années 50 - 60.
Le " Mauriac " britannique, a revêtu son habit infernal, pour poser les questions dérangeantes... Diable!
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Floccus
  27 juillet 2014
“À un certain moment, au cours des années 60, l'enfer a disparu.” (171)
David Lodge compose, sur le mode d'une étude universitaire, une vision caustique des pratiques catholiques anglaises. L'écriture est fine et précise, comporte une certaine élégance, bien que le propos soit piquant. On jubile à la lecture des flèches – étayées et pragmatiques – plantées dans le derrière de la religion. J'ai commencé à m'ennuyer vers le milieu, quand les cheveux sont coupés en quatre, puis en huit, voire en seize. L'ensemble reste agréable et atypique, à la manière d'une chronique familiale qui, tout en les asticotant, ne perd jamais le respect de ses personnages, tout embringués qu'ils soient dans le “jeu de l'oie spirituel”. L'absurdité des comportements sociaux ressort avec force. Nous sommes décidément des animaux bien étranges.
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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Bermondsey
  02 avril 2013
Ce n'est pas le roman que je préfère de David Lodge, mais il est tout de même agréable à lire. Beaucoup d'humour dans cette description des moeurs catholiques dans les années 50-60.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
AustralAustral   15 mai 2017
- A propos de contraception et de préservatifs, il y a eu une proposition d'installer des distributeurs automatiques dans les vestiaires des étudiants à l'université, dit Michael.
- Tu ne m'as jamais dit ça ! s'écria Miriam.
- Dans une université catholique ? Je n'en crois rien, dit Dennis.
- C'est une machine très particulière, conçue pour les catholiques, dit Michael. Tu mets un préservatif dedans et on te rend la monnaie.
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mayangmayang   11 octobre 2011
Avant d'aller plus loin , ce serait probablement une bonne idée d'éclairer la conception du monde, la métaphysique, que ces jeunes gens devaient à leur éducation et à leur milieu catholique. Là-haut il t avait le ciel, en bas l'enfer. Le nom du jeu c'était le salut, c'est à dire la manière d'aller au ciel et d'éviter l'enfer. Le tout ressemblait un peu au jeu de l'oie. Un péché, vous envoyait directement au fond du puits; les sacrements, les bonnes actions, les mortifications vous permettaient d'en sortir et de retrouver la lumière. Tout ce que vous faisiez, tout ce que vous pensiez était soumis à une comptabilité spirituelle. C'était bon, mauvais ou encore neutre. (page 20)
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AustralAustral   17 mai 2017
- Vous ne voudriez pas lui glisser un mot ou deux un de ces jours ? Je veux dire à propos de la religion en général. Même les écoles catholiques semblent avoir renoncé à la théologie de nos jours. Ses cours d'éducation religieuse semblent ne leur enseigner que d'être gentils avec les immigrants et de rassembler des collants pour Mère Teresa.
- Des collants pour Mère Teresa ? Je n'aurais jamais pensé qu'elle en portait.
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litolfflitolff   01 octobre 2010
Elle était encore, en principe, vierge, mais elle avait eu l'année précédente avec un étudiant dentiste une relation plutôt passionnée, impliquant des séances de pelotage extrêmement poussées. C'était au cours de celles-ci que son dentiste, plein d'espoir, lui avait expliqué, à plusieurs occasions, les divers moyens anticonceptionnels.
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Videos de David Lodge (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Lodge
David Lodge - Transfuge magazine .Entretien avec l'écrivain David Lodge, pour le magazine Transfuge, à l'occasion de la parution de sa pièce de théatre, "La Vérité toute nue", en janvier 2007. A 71 ans, David Lodge est connu dans le monde entier pour son érudition élégante teintée d'humour britannique, et sa capacité à épingler par le rire les travers et les onsessions de ses contemporains. A la fois romancier, dramaturge et essayiste, il a en outre gardé de ses années universitaires une passion pour la chose littéraire, dont il tente d'éclairer le procésus. Rencontre avec un joueur de mots.
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