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Critiques sur La vie en sourdine (70)
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Bazart
  03 septembre 2013
Il est temps de vous parler du livre de poche que j'ai préféré des 5 que j'ai pu dévorer pendant mes pauses estivales.

Ce roman , il est pas vraiment tout neuf, puisqu'il a été publié en 2008 aux Editions Rivages, je l'avais depuis super longtemps dans ma bibliothèque( même avant que je blogue).

C'est à ce jour le dernier roman en date de l'excellent auteur britanique David Lodge, dont je n'avais lu pour le moment que le non moins excellent "Pensées secrètes", publié quelques années avant celui ci.

Même si je n'ai lu que deux livres de cet auteur, je sais que la vie universitaire tient une place très importante dans toute son oeuvre, puisque Lodge a longtemps été un universitaire très reconnu en Grande Bretagne.

Ici, comme dans plusieurs romans précédents de David Lodge, le monde universitaire est évidemment bien présent puisque le héros de cet histoire, est comme dans tous les romans de l'auteur, très fortement impregné de lui: la narration est organisée, les 9/10èmes du livre, autour du journal intime d'un professeur d'université en linguistique à la retraite, un certain Desmond Bates qui possède une caractéristique que possède également David Lodge: il est affreusement sourd.

Ce professeur à la retraite doit donc composer avec cette surdité qui le handicape énormément dans la vie de tous les jours, et qui peut l'amener dans des situations parfois tragi comiques. On voit que l'auteur connait intimement ce handicap, car jamais on n'a aussi bien retranscrit les aléas de ce handicap, avec sincérité, mais toujours avec cet humour anglais que j'affectionne tant et tant. Ce handicap dont souffrait mon grand père paternel, celui qui crée un mur de verre entre vous et les autres jusqu'à provoquer un repli terrible. Rien que pour cela, ce livre fut une aubaine pour moi.

Mais la vie en sourdine n'est pas qu'une simple chronique sur la surdité vue de l'interieur, tant Lodge aborde d'autres sujets que j'ai trouvé tout aussi passionnants et qui sont ici traités de façon remarquable en acuité et en justesse : parmi ceux ci, on note les relations familiales et conjugales, les troubles de l'âge, et plus particulièrement aussi la gravité de la vieillesse du père qu'il faut accompagner, et bien sur comme toujours, mais il le fait avec une tel bonheur, les arcanes du monde universitaire anglais, avec ses guerres d'égos sur fond de thèses alambiquées.

Car le roman commence lorsque Bates rencontre une jeune étudiante américaine qui lui parlera sans qu'il ne comprenne un traitre mot à la discussion, et lorsque l'objet de sa demande deviendra plus claire, notre héros va se trouver confronter à des situations assez incongrues, mais jamais prévisibles et toujours jouissif.

Dans ce si brillant roman, David Lodge nous raconte avec ce qu'il faut d'humour malicieux et de vraie gravité (avec notamment le récit d'un voyage poignant à Austwitchz), quelques évènements vécus par cet universitaire en l'espace de quelques mois.

On pourrait penser que ces évenements d'un quotidien d'un retraité sont un peu banals, mais Lodge sait mettre la quantité parfaite de dérision, de tendresse et d'originalité pour captiver et rendre ces personnages si attachants et tellements humains.

Cette vie en sourdine est un roman superbemement touchant et terriblement drôle qui m'a totalement convaincu et que j'ai été triste de quitter aussi vite.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Kittiwake
  20 septembre 2012
Desmond Bates, linguiste en préretraite, pour éviter l'isolement que lui confère ses troubles de l'audition, utilise différents subterfuges : se battre avec la technique, feindre de comprendre son interlocuteur, ou se perdre dans sa bulle de silence. Et quand il doit faire face à la démence débutante de son père : l'étendue des malentendus (!) donne le vertige. Les relations avec l'entourage se teintent d'exaspération , voire de suspicion (n'entendrait - il que ce qu'il veut bien entendre?

Il n'est pas simple d'être drôle avec des sujets aussi déprimant que la vieillesse, le handicap, la difficulté de vivre en couple. Il faut tout le talent de David Lodge pour se sortir de ce défi. Et c'est à grand renfort d'ironie et d'auto dérision qu'il se tire de ce mauvais pas. le ton est loin d'être badin, et le sujet n'est pas esquivé. Et l'on sent poindre à l'occasion un certain désespoir.

L'irruption d'une jeune étudiante au comportement énigmatique vient mettre d'un peu de piment au récit, en maintenant en éveil la curiosité du lecteur.

Rédigé sous la forme d'un journal, le propos est à l'occasion livré à la troisième personne (tentative de distancier le discours pour mieux analyser ce qu'il sous-tend?)

Une grande part de l'oeuvre est autobiographique : non que je veuille sous-estimé les capacités de documentation de David Lodge, mais il est évident que ce témoignage est vécu de l'intérieur

Les personnages secondaires permettent de donner quelques coups de griffe à la société bien-pensante de ce début de 21ème siècle.

C'est une agréable lecture, à condition d'être plutôt optimiste, afin de ne pas se laisser glisser dans la dépression que pourrait induire la peinture réaliste de l'entrée dans la vieillesse avec toutes ses conséquences
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Puszi
  16 octobre 2014
J'ai écouté ce livre par hasard n'ayant jamais rien lu de cet auteur.
J'ai tout de suite été très séduite par la voix du narrateur d'une part, par l'humour de l'auteur d'autre part et enfin par le thème de l'histoire.

Desmond est un ancien professeur de linguistique à la retraite. Il ne sait pas trop comment occuper son temps libre et ce d'autant plus qu'il souffre de surdité et que cela le gêne profondément dans sa vie quotidienne.
Travaillant avec des personnes âgées, j'ai particulièrement apprécié tous les passages relatifs à la surdité de Desmond : son ressenti, la manière dont il doit s'adapter tous les jours, l'impact que cela a sur sa vie de famille, ses relations avec le monde extérieur... Cela me fait et m'aide à réfléchir à ma manière de me comporter avec des personnes souffrant de troubles de l'audition. J'ai apprécié l'humour avec lequel l'auteur évoque la surdité.

Il ne s'agit pas uniquement de surdité dans ce texte. Il y a aussi la thèse d'Alex sur les lettres de suicidés (je l'aurais volontiers claquée celle-là et j'ai été contente que Desmond ne lui cède pas) ; les relations de Desmond et de son père dont la tête commence à partir dans les nuages (l'affection qu'ils éprouvent l'un pour l'autre en en même temps les moments où ils ne se supportent plus), la famille de Desmond...

J'ai pris beaucoup de plaisir à écouter cette histoire et cela me donne envie de découvrir d'autres textes de David Lodge.
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Corboland78
  26 mars 2012
Depuis de nombreuses années déjà, l'écrivain britannique David Lodge nous régale de ses romans délicieusement drôles, de cet humour dont on dit que les Anglais sont maître. Ce bouquin, La vie en sourdine, paru en 2008, n'échappe pas à cette règle. Quoique.
Le narrateur, Desmond, un professeur de linguistique à la retraite remarié à une femme très active tenant une boutique de décoration très prisée en ville se fait du souci pour son père devenant de plus en plus vieux et vivant seul dans sa maison. Mais, le ressort du roman, ce qui en fait le fil rouge, c'est que Desmond souffre d'une surdité qui s'aggrave de jour en jour. Telle est la vie quotidienne de notre héros qui par un malentendu (c'est le cas de le dire, au propre comme au figuré) va se retrouver embringué à aider une étudiante américaine venue en Grande-Bretagne rédiger une thèse sur les lettres écrites par les suicidés.
L'écrivain qui lui-même est devenu malentendant connaît bien son sujet et il l'évoque ici avec beaucoup de précisions et de vécu, sans oublier bien sûr son fameux humour qui fait tout le charme de ses écrits. Si comme moi vous connaissez des sourds ou des durs de la feuille, vous apprécierez à leur juste valeur, ces pages où Desmond comprend de travers ce qu'on lui dit, voire ne comprend rien du tout et préfère se retrancher dans sa solitude. Bien évidemment c'est dramatique pour les sourds mais qui n'a jamais souri face à un Tryphon Tournesol aux esgourdes bouchées ? David Lodge joue sur ces deux aspects avec une maestria certaine.
Comme l'auteur n'est pas un scribouillard mais un grand écrivain, son ouvrage ne se contente pas de nous faire rire avec les tracas physiques de son personnage principal. Il y ajoute un rôle secondaire inquiétant et trouble comme cette étudiante qui au début semble anodine, puis qui s'immisce lentement dans la vie de Desmond et dont on sent petit à petit qu'elle est dangereuse, peut-être déséquilibrée. Mais ce qui m'a le plus touché, ce sont les longues pages sur son père. Les visites qu'il se doit de lui faire régulièrement, chaque visite montrant sa déchéance, l'esprit et le corps s'émiettant inéluctablement. Cette description de la vieillesse est magistrale de simplicité et de réalité, quand son père finalement décèdera, j'ai eu beaucoup de mal à retenir mes larmes.
David Lodge nous donne là, l'un de ses meilleurs romans, le plus autobiographique c'est certain et c'est cette vérité qui en fait toute sa valeur. Au-delà de l'anecdote et des trouvailles romanesques, combien de détails de la vie de tous les jours, de nos vies et de celle nos proches qui vont nous « parler » directement. D'une aventure autobiographique, comme je le disais, il fait une oeuvre universelle qui nous concerne tous, sans jamais se départir de ce fameux humour qui nous sauve du pathétisme pleurnichard dans lequel tout autre nous eut plongés. Ouvrez grandes vos oreilles : « Il faut lire ce bouquin ! »
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sandrine57
  06 juin 2011
Rien ne va plus pour Desmond! Sa retraite qu'il espérait paisible et sereine s'avère finalement ennuyeuse et perturbée. Son père, de moins en moins capable de vivre seul, lui pose problème. Sa surdité va en s'empirant et ce ne sont pas les prothèses auditives souvent défaillantes qui vont le tirer d'ennuis. Sa femme, plus active que jamais, mène sa vie professionnelle et sociale tambour battant et l'entraîne dans des soirées culturelles où souvent il s'isole, handicapé par sa surdité. C'est justement lors d'un de ces vernissages qu'il rencontre Axel Loom, une étudiante américaine. Sur un malentendu, il accepte de la revoir et de lui apporter son aide pour rédiger sa thèse...

Comment occuper sa retraite quand on a eu une carrière riche et brillante et qu'on vit avec une femme encore active? Comment ne pas devenir vieux? Comment ne pas céder à la tentation d'isolement qu'induit la surdité? Comment aider un parent vieillissant qui perd son autonomie?... Autant de questions (et bien d'autres) auxquelles tente de répondre Desmond et par son intermédiaire David LODGE. Mais même si les thèmes semblent graves, il faut compter avec l'humour de l'auteur pour ne pas sombrer dans le mélodrame. C'est souvent drôle, parfois touchant, émouvant et je l'ai lu avec beaucoup de plaisir. Cela faisait un moment que j'avais abandonné LODGE et j'ai retrouvé avec bonheur son univers "cosy", son écriture fluide, son humour "so british", son ton pince-sans-rire. Un livre à lire bien installé dans un fauteuil confortable, un bon thé à portée de main.
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Loutre_des_Rivieres
  16 novembre 2012
Drôle! Quel bon moment passé à lire les aventures de Desmond Bates et de ses problèmes auditifs. Ancien professeur de linguistique, retraité depuis quelques années, remarié avec une décoratrice en plein boom professionnel, Desmond commence à s'enfermer dans sa routine, faite essentiellement de tasses de thé et de lectures du Guardian. Clairement, il s'ennuie.
Lors d'un vernissage, à cause de quelques ennuis d'appareils auditifs, il s'engage plus ou moins à superviser la thèse d'une étudiante...
Entre roman et journal, David Lodge évoque encore une fois avec beaucoup d'humour et beaucoup de finesse le milieu universitaire mais aussi la vieillesse, les problèmes de communication et finalement livre une belle chronique sociale et culturelle de notre époque.
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carre
  18 janvier 2012
Une nouvelle fois David Lodge nous ravie avec cette vie en sourdine.
Desmond, universitaire à la retraite, passablement en train de perdre l'ouie, c'est installé dans une certaine routine. Entre son père, octogénaire dans la santé et l'esprit décline et son épouse encore en activité, Desmond rentre doucement mais sûrement dans la vieillesse.
Desmond c'est bien sur en grande partie le portrait de Lodge, et si l'humour est toujours très présent chez ce grand romancier, il ajoute une nouvelle palette à son univers en brossant une portrait à la fois touchant et délicat sur son père. Et si le roman bascule par moment dans la mélancolie, Lodge réussit toujours à nous faire sourire et à nous émouvoir par son écriture ficelée et érudite. Auteur incontournable.
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cathe
  03 septembre 2015
Lodge n'a rien perdu de sa verve pour imbriquer et développer des histoires avec le ton enlevé et plein d'humour qui est le sien. La grosse différence avec ses romans (que j'ai à peu près tous lus sauf les tout derniers) est que cette fois la partie personnelle, la surdité et les problèmes avec son père, est complètement autobiographique (il le signale à la fin du livre) et donc que le récit prend une épaisseur beaucoup plus importante. L'analyse de ce que ressent quelqu'un qui perd peu à peu l'ouïe est poussée à son extrême, les aspects psychologiques sont extrêmement bien décrits ainsi que la solitude et le sentiment de rejet que provoque cette infirmité. L'auteur ne perd rien de son humour pour en parler mais c'est sous un ton souvent cynique, et le ton oscille sans cesse entre l'humour caustique (le week-end dans le "Center Park" anglais, ainsi que les scènes avec l'étudiante) et l'extrême gravité (son impression d'être "emmuré", mais aussi sa visite à Auschwitz).



J'ai été très agréablement surprise par ce dernier livre de Lodge dont j'avais un peu abandonné les histoires d'universitaires à le libido exacerbée. Déjà "Thérapie" lui avait permis de faire passer beaucoup d'auto-dérision dans son problème de douleur au genou qui devenait existentielle. Avec "La vie en sourdine", on entre carrément dans ses pensées les plus secrètes et c'est toujours avec beaucoup de distance (c'est ce qu'on appelle l'humour anglais sans doute...) qu'il nous offre ce récit où l'émotion côtoie la causticité.
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Ydamelc
  28 janvier 2015
J'ai lu ce livre, il y a quelques temps, sur les conseils d'une de mes cousines. Quand je lui racontais mes anecdotes concernant ma surdité (je suis quasi sourde d'une oreille et appareillée), ça lui faisait penser à ce bouquin.
Et en effet, j'ai bien rigolé !!! Je me suis bien reconnue dans certains passages et me suis sentie proche du personnage.
La prothèse auditive en panne de pile au mauvais moment, les discussions dans les lieux bruyants, où on comprend tout de travers et du coup, nos réponses sont à côté de la plaque... le ridicule ne tue pas... Heureusement... Et surtout, l'incompréhension de tes interlocuteurs face à cet handicap. Quand tu demandes de répéter 2 ou 3 fois, ça énerve les gens (?!).
J'ai donc passé un bon moment avec ce roman. Tantôt drôle, tantôt touchant, le personnage de Desmond est attachant. A lire.
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Shan_Ze
  12 février 2014
(J'ai écouté ce livre). C'est le premier livre que j'ai eu plaisir à écouter, la voix est agréable et ne sonne pas faux par moments. On est dans la peau d'un vieil homme qui est sourd. Il a parfois du mal à se faire comprendre, que ce soit avec sa femme, ses anciens collègues ou cette jeune étudiante qui lui parle de sa thèse. Ce livre fait écho avec la vie de l'auteur pour aborder ses problèmes d'ouïe. Il ne fait que narrer les événements du quotidien, ses relations avec femme, père ou la jeune Alex. J'ai retrouvé avec plaisir le style de Lodge, on reste dans la sphère universitaire de Pensées secrètes, une ambiance un brin mélancolique. Vivement le prochain Lodge !
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