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EAN : 9791097273330
560 pages
Éditeur : Le Poisson Volant (07/07/2021)
4.9/5   25 notes
Résumé :
Peu après son élection, le président Alessandro Contente, leader d’extrême droite, outrancier et manipulateur, reçoit comme porte-bonheur une tamanoir albinos. Ils cohabitent en parfaite symbiose : Contente est frileux et craint les insectes, tandis que le placide animal n’aspire qu’à rafraichir son pelage et à gober des fourmis.
Pour parfaire le bonheur de Contente, de superbes maîtresses se succèdent tous les soirs dans le bureau présidentiel et l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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sur 25 notes
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Mcare
  07 août 2021
Alessandro Contente est président d'une fédération démocratique d'Amazonie, où démocratie est un vain mot. Il manipule, exploite, terrorise, méprise, tout ce qui ne flatte pas son égo. Il se joue des femmes – même de son épouse – qui se révèleront cependant plus fortes, plus intelligentes et compatissantes que lui.
La forêt brule, des barrages s'effondrent, des rivières disparaissent : mais rien ne l'atteint. Il détourne chaque catastrophe annoncée en un spectacle à sa gloire.
Il a cependant une phobie des insectes, lègue névrotique de son enfance, mais une fidèle compagne, la Tamanoir, le débarrasse de ces nuisances et réchauffe ses extrémités toujours glacées.
La belle et insaisissable Charlotte écrit des romans qui l'absorbent. Léthé a besoin d'espace pour prendre du recul avec Charlotte : une mission pour son ONG World Forest Care lui en fournit l'occasion. le jour-même de sa décision de partir en Amazonie, Charlotte disparaît.
Sur une île de l'archipel de Titic, un roi est habité de rêves et de prémonitions qui lui font craindre la destruction de son royaume. Son épouse est l'élément stabilisateur de ce monarque et sa fille en est l'avenir.
Tout au long de ce roman des personnages se croisent et se cherchent, s'affrontent et se défient. Les femmes restent fortes et mènent une danse de vie et d'espoir, où les hommes ne sont souvent que de pales figurants.
La nature malmenée et sacrifiée par les uns résiste et donne à tous l'espoir d'un avenir plus lumineux pour notre planète.
Captivée et impressionnée par ce roman politique et écologique, où les idées, les références littéraires et l'intertextualité foisonnent. Texte dévoré en 3 jours et qui me hante depuis.
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M2Brt
  14 août 2021
La Tamanoir, roman satirique de David A Lombard, ne pourrait pas être plus Zeitgeist, publié au moment même où la conférence des Nations Unies sur les changements climatiques va s'ouvrir à Glasgow. L'Amazonie brûle, en réalité ainsi que dans cette oeuvre de fiction, tandis que le populiste président Contento, alias Jair Bolsonaro, déclame ses discours à la Trump pour rallier ses fidèles, lance ses tweets pour museler les journalistes et tromper les ONG. L'auteur nous promène dans un futur pas si lointain, 2022, ainsi que tout autour de notre globe, du Japon à Paris, du Brésil aux îles du Pacifique. Les pistes et les indices sont lancés dès l'introduction pour nous tenir en haleine, et les liens entremêlés de lieux et de personnages sont dénoués à la fin. Richesse de la langue, références classiques à la culture gréco-romaine ainsi qu'à notre vie tout à fait contemporaine, humour, rires et sourires, une lecture pour captiver le lecteur exigeant.
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Marielaurek
  26 août 2021
Alessandro Contente, président de la Fédération Démocratique d'Amazonie, a de quoi être satisfait. de superbes maîtresses défilent tous les soirs dans son bureau, son épouse est populaire et sa tamanoir le comprend mieux que personne. Certes, sa fonction apporte chaque jour son lot de crises, la forêt brûle et des barrages s'effondrent, mais son cabinet et son gouvernement se montrent à la hauteur. Surtout, il peut toujours compter sur un bol fumant de nouilles préparé par son chef étoilé.
Léthé veut quitter Charlotte, mais n'y parvient pas. Il lui reproche de laisser trop de place à son imagination envahissante et aux romans sans cesse en train de naître dans son esprit. Alors qu'il s'apprête à lui annoncer leur septième rupture, Léthé est mandaté par son chef Edouard, fondateur de l'ONG World Forest Care, pour une mission en Amazonie. le même jour, Charlotte disparaît.
Taianui, roi de l'archipel de Titic, dans le Pacifique Occidental, est inquiet. Dans ses songes et par d'étranges nappes noires qui surgissent sur l'océan, les dieux multiplient les augures. Un matin, sa fille Stanza trouve sur la plage un bateau miniature, portant un mystérieux message dans une fiole. Titaina, son épouse aimante, lui reproche encore d'avoir accepté l'exploitation du gisement de son archipel par une société étrangère. Un homme apparaît sans cesse dans les rêves du roi et prend bientôt corps sous le nom d'Ishi.
D'autres histoires encore se mêlent à ces grands axes narratifs.
Très rapidement, les fils du récit s'entremêlent et l'unité romanesque transparait. Une réflexion drôle, érudite et profonde sur l'unité de notre monde minuscule, sur l'impact de chacun de nos actes, et sur l'importance de l'imagination dans les choix qui guident nos vies.
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Nicolas875
  26 août 2021
Dans ce grand roman, qui deviendra sans aucun doute rapidement culte, David A. LOMBARD, avec une aisance déconcertante, oscillant entre un ton faussement détaché et franchement ironique, nous promène à travers le temps et l'espace, multipliant les portraits et les situations dramatiques. Des drames, intimes ou collectifs, minuscules ou spectaculaires, se succèdent à Kyoto et à Paris, en Amazonie et au coeur de l'océan Pacifique. Mais, grâce à une machinerie narrative impitoyable, l'étau se resserre rapidement. Transparait alors la première leçon de ce récit polyphonique : nous vivons dans un monde-village, formant une seule scène, toutes nos actions sont reliées, et notre responsabilité est collective, conséquence de ce que l'auteur appelle le décloisonnement du monde.
Portée par cette symphonie dramatique, s'élèvent peu à peu deux mélodies qui se répondent : d'une part la fanfare burlesque et pathétique d'Alessandro Contente, un président populiste qui évoque sans ambiguïté Jair Bolsonaro, d'autre part l'aria en mineur de Léthé, hydrographe dans une ONG, héro attachant qui traverse sa septième crise de couple et ne s'est jamais remis de la disparition de son petit frère, à l'âge de 8 ans.
Avec une grande maitrise, ce récit ambitieux mène une réflexion profonde sur l'opposition entre ceux qui outragent le langage par amour du pouvoir et ceux qui tentent de réparer leur vie en rétablissant le chemin oublié des mots.
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Cicera
  13 août 2021
Engagé, ambitieux et fun.
Voici un pamphlet à la narration travaillée qui condamne et propose, qui pense et panse, qui amuse et élève. Un livre qui entend nous soulager d'une partie des horreurs d'aujourd'hui et des peurs de demain. Par le rire et par la définition d'une certaine forme de spiritualité du lien.
Dans ce Brésil contemporain si peu alternatif, on est fasciné par la relation à la fois risible et mystique entre cet ersatz de Bolsonaro et la tamanoir, où le maître n'est pas celui que l'on croit. On est encoléré par la vacuité et l'appât du gain dévorateurs qui érigent la dévastation et le meurtre en politiques publiques. On est bouleversé par les sentiments qui unissent Léthé et Charlotte et les façonnent en foyer d'espoir. On est interpellé par le cheminement des protagonistes qui nous rappellent que tout est toujours là depuis le début et que la somme de ce qu'il nous faut abandonner pour espérer nous accomplir est immense.
« La tamanoir » est un tissage fait main d'aventures, de convictions et d'affirmation de ce qui fait sens dans l'être. Une vaste intrication. de la littérature en somme, de la littérature somme. Captivante et nourrissante. Comme une respiration dans une fureur.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
olgachoolgacho   26 août 2021
Vers quatorze heures, plus de deux millions de manifestants entamèrent une marche fraternelle autour des remparts du palais présidentiel, brandissant haut des photographies de victimes de la dictature accompagnées de la légende « Jamais plus ! ».
Leurs pieds battaient les rues, ils chantaient Enquanto seu lobo não vem (« Pendant que le loup n’y est pas ») de Caetano Veloso, et des montagnes se soulevaient sous l’asphalte.
Ils étaient fiers de leur nombre et de leur détermination, ils chantaient Opinião (« Opinion ») de Zé Keti, et sentaient le ciel descendre jusqu’à leur paume.
Ils levaient des fleurs vers les canons, ils chantaient Pra não dizer que não falei de flores (« Pour ne pas dire que je n’ai pas parlé de fleurs ») de Geraldo Vandré, et les soldats abaissaient leurs fusils et rejoignaient leurs rangs.
Ils chantaient Amanhã vai ser outro dia (« Demain sera un autre jour ») de Chico Buarque, et les nuages s’écartèrent au-dessus d’eux.
Ils dansaient en marchant, ivres d’allégresse, ils chantèrent O Bebâdo e a equilibrista (« L’ivrogne et l’équilibriste ») d’Elis Regina, et des viaducs pleuvaient du ciel buvard.
À quinze heures, ils étaient trois millions assis en vastes cercles concentriques autour de la haute muraille et des canaux circulaires anti-myrmécéens. Ils se tenaient la main et entonnaient sans répit des chants de Chico Buarque, Zé Keti, Nara Leão, Geraldo Vandré, Caetano Veloso, Gilberto Gil, Elis Regina et João Bosco.
Des chansons d’un temps où la survie de l’art était une chose incertaine.
Un temps dont ils craignaient le retour.
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nadegekenadegeke   26 août 2021
Décidément, cette nouvelle courtisane prenait trop ses aises. Elle s’était même permis de dire du mal de Fifille. Il avait bien fait de la mettre à la porte. L’humiliation attiserait certainement son désir et leur prochaine entrevue n’en serait que meilleure.
Le président songea à cette admirable analyse de Joyce et Bloom dans le Diário de Amazonia sur libido et quête de puissance. Il n’y avait pas que des torchons dans ce journal. Selon ces auteurs, plusieurs études ont montré un lien entre capacité de séduction et aptitude au pouvoir chez les hommes. « Depuis les prémices de l’homo sapiens trois-cent mille ans avant nous, les supermâles sont les leaders naturels de leur groupe social », soulignait Bloom. « D’Alexandre le Grand à John Kennedy, on reconnaît un meneur naturel à ses réserves inépuisables de désir », surenchérissait Joyce. La conclusion lui plaisait encore plus que le reste de l’article. Le président la connaissait par cœur : « Le véritable Dominant, celui qui surpasse tous les autres, est celui qui place le goût du pouvoir au-dessus de sa concupiscence. » Ces brillants sociologues voyaient juste : le président de la Fédération Démocratique d’Amazonie surpasserait César et Napoléon.
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nadegekenadegeke   26 août 2021
Dans le milieu confiné que constitue une plateforme pétrolière, l’échange de livres est un des modes majeurs d’interactions sociales extraprofessionnelles.
Selon une célèbre analyse de Pamuk et Shékuré publiée dans Revisão sociológica da Amazônia, dans l’acte de partage d’un livre, ce n’est pas la dimension économique, voire écologique, qui prime. Le partage de ce condensé de mots que forment les objets littéraires renvoie l’individu aux premiers moments de sa vie, lorsque ses parents lui font don du langage, présent qu’il ne reçoit pas comme objet, mais comme fragment assimilé organiquement à son être pensant en cours de développement. En partageant des livres, les humains fondent un trésor commun sur la matrice de l’intime.
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philippeharephilippehare   26 août 2021
Dans le Palais Organique d’Alessandro Contente, premier président de la jeune Fédération Démocratique d’Amazonie, la chaleur moite de ce début d’après-midi accablait la Tamanoir blanche.

Fidèle à son habitude en pareil cas, la bête se glissa sous la table de travail et s’allongea. Comme elle s’y attendait, le président se déchaussa, retira distraitement ses chaussettes et, presque sans y penser, posa ses pieds glacés sur l’animal. Leurs téguments s’unissaient, leur rituel s’accomplissait. À aucun moment le président ne montrait le moindre signe d’empressement, ce que l’animal appréciait tout particulièrement dans ces moments de calme symbiose avec son maître.
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olgachoolgacho   26 août 2021
Certains biologistes allaient même jusqu’à prétendre que la plupart des prédateurs de cette gigantesque bande est-ouest ne subsisteraient pas plus d’une année en milieu ouvert, tant s’était dégradé leur instinct de chasse.
Selon une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature par Vargas, Rigoberto et Llosa, le seul bruit des véhicules avait fait perdre l’usage de l’ouïe à de nombreux animaux de la zone.
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