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Philippe Mortimer (Autre)Philippe Mortimer (Traducteur)
EAN : 9782377291496
160 pages
Éditeur : Libertalia (03/09/2020)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Nouvelle traduction des deux nouvelles South of the slot et The dream of Debs.

« J’en ai assez de vos variations ineptes sur le sacro-saint droit de travailler.Vous avez accablé la classe ouvrière, et vous l’avez truandée tant et plus, et la classe ouvrière vous rend aujourd’hui la monnaie de sa pièce et vous accable à son tour, voilà tout... Et vous, vous poussez les hauts cris, vous couinez comme des cochons qu’on égorge ! »

Dans Le R... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ErnestLONDON
  14 octobre 2020
Deux nouvelles sociales de Jack London. Il raconte les conséquences d'une grève générale et la grande vulnérabilité des possédants, absolument désarmés face à une classe ouvrière très organisée, puis l'intrigant dédoublement de personnalité d'un sociologue un rien psychorigide dont le personnage d'enquête dans les milieux prolétaires va peu à peu gagner son autonomie.
LE RÊVE DE DEBS
San Francisco se réveille dans un complet silence. Comme dans tous les États-Unis, une grève générale vient d'être déclarée, réalisant le grand rêve d'Eugene Debs, agitateur syndical et militant socialiste. Corf, le narrateur, n'est pas trop inquiet et compte sur le gouvernement fédéral pour la briser sans tarder. Mais cette fois la classe ouvrière s'est particulièrement bien préparée, accumulant pendant des mois, dans le plus grand secret, d'abondantes provisions dissimulées dans les foyers. Tout est calme, aucune échauffourée ne vient troubler l'ordre public, pourtant au club où il se rend comme à l'accoutumé, la plus grande confusion règne : « Il n'y avait pas d'olives pour agrémenter les cocktails, et le service laissait grandement à désirer. » Bertie Messener, riche héritier, provocateur et cynique, exacerbe la colère et prend un malin plaisir à enflammer les débats : « Vous et vos copains, vous commencez sérieusement à me fatiguer. Vous employez tous des ouvriers non syndiqués. Vous m'avez assez rebattus les oreilles avec vos grands discours ronflants en faveur de la liberté d'embauche et du droit des hommes à travailler… Ça fait des années que vous m'infligez vos harangues antisyndicales. La classe ouvrière ne commet aucun crime en se mettant en grève générale. Elle ne viole aucune loi humaine ou divine. (…) Vous ne pouvez échapper aux conséquences inévitables de vos actes. Tout cela résulte d'une petite arnaque sordide. Vous avec accablé la classe ouvrière, et vous l'avez truandée tant et plus, et la classe ouvrière vous rend aujourd'hui la monnaie de sa pièce et vous accable à son tour, voilà tout… Et vous poussez des hauts cris, vous couinez comme des cochons qu'on égorge ! » Cette scène est certainement la plus croustillante et la plus jubilatoire. Toute la mauvaise fois et l'hypocrisie de la classe possédante y sont mises en lumière avec un talent certain. Et bientôt, la famine guette. Comme quoi, avec un peu d'organisation…

AU SUD DE LA FENTE
Freddie Drumond, professeur de sociologie à l'université de Californie, s'immerge non sans difficultés parmi les ouvriers, pour rédiger des ouvrages « d'une irréprochable orthodoxie politique et économique », « contribution perspicace et judicieuse à la saine littérature du Progrès, doublée d'une superbe réfutation à la pernicieuse littérature de la Protestation » selon ses nombreux laudateurs, débordants de généralités « péremptoires et erronées ». Il adopte un rôle qu'il va, petit à petit, jouer avec de plus en plus de conviction et bientôt Bill Totts, de son nom d'emprunt, dit Big Bill, « buvait comme un trou et fumait comme un sapeur, jactait le plus pur argot et ne renâclait pas à la bagarre ». Devenu sa « seconde nature », il ne jouait désormais plus la comédie, développant conscience de classe et haine envers les « jaunes ». Une déclinaison de Docteur Jeckill et Mister Hyde particulièrement truculente.

Lien : https://bibliothequefahrenhe..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ErnestLONDONErnestLONDON   14 octobre 2020
Vous et vos copains, vous commencez sérieusement à me fatiguer. Vous employez tous des ouvriers non syndiqués. Vous m’avez assez rebattus les oreilles avec vos grands discours ronflants en faveur de la liberté d’embauche et du droit des hommes à travailler… Ça fait des années que vous m’infligez vos harangues antisyndicales. La classe ouvrière ne commet aucun crime en se mettant en grève générale. Elle ne viole aucune loi humaine ou divine. (…) Vous ne pouvez échapper aux conséquences inévitables de vos actes. Tout cela résulte d’une petite arnaque sordide. Vous avec accablé la classe ouvrière, et vous l’avez truandée tant et plus, et la classe ouvrière vous rend aujourd’hui la monnaie de sa pièce et vous accable à son tour, voilà tout… Et vous poussez des hauts cris, vous couinez comme des cochons qu’on égorge ! 
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ErnestLONDONErnestLONDON   14 octobre 2020
Il n’y avait pas d’olives pour agrémenter les cocktails, et le service laissait grandement à désirer.
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Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
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