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Louis Postif (Traducteur)Jeanne Campbell Reesman (Préfacier, etc.)
EAN : 9782369145165
272 pages
Libretto (13/09/2018)
3.96/5   70 notes
Résumé :
" John Barleycorn " (littéralement " John Graindorge "), c'est, pour l'Américain de la rue, la personnification familière de l'alcool - c'est-à-dire du whisky -, le mauvais génie des compagnons de comptoir, le Dionysos du pauvre.

Publié en 1912, soit quatre ans avant la mort de London, c'est son dernier grand livre, qui eut à l'époque un retentissement énorme. Il y raconte sa vie - toute sa vie - mais vue à travers la lentille déformante de la bouteil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  14 avril 2021
"J'ai toujours, je crois, poussé les choses à l'extrême".
Comme tu dis, Jack, et pas qu'un peu, que ce soit dans l'effort physique, dans la tension de ta volonté, dans l'expérimentation de l'extrême, dans la création, dans la réussite... et dans la consommation d'alcool.
Jack London, dont j'admire au-delà du raisonnable la personne plus encore que l'écrivain, est un homme fascinant, absolument hors des normes, doté d'une force vitale sidérante mise au service d'un parcours social éblouissant : parti d'en bas, hissé à la force des bras et de l'intelligence jusqu'au sommet, et encore capable une fois là-haut de voir à travers les mirages... mais pas sans l'aide d'un verre, de plusieurs, d'une quantité effarante de verres de John Barleycorn, l'ami whisky qui a fini par réussir à le prendre par le bras, lui qui n'était pas alcoolique.
Et c'est tout à l'honneur de London d'avouer sans fard que toute grandeur humaine ne se peut concevoir sans faiblesse, l'addiction à l'alcool en l'occurrence, surtout quand celui-ci se rencontre dès l'enfance à tous les coins de rue et est un passage obligé pour la socialisation. Et plus encore pour supporter la lucidité d'avoir vu en face "l'aveuglante intuition" de la condition humaine.
Outre un plaidoyer d'une efficacité redoutable contre les ravages sociaux causés par l'alcool (bien que je doute que Jack London eut apprécié le puritanisme des années de prohibition et plus encore celui, plus moral et insidieux, de l'époque actuelle), cette autobiographie offre le bonheur pour les aficionados de l'auteur de revisiter à travers l'évocation de son parcours toute son oeuvre romanesque, tant cette dernière est fécondée par les expériences de vie riches en nombre, en amplitude et en intensité de cet homme incroyable, atypique jusque dans la mort.
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Bellonzo
  08 janvier 2014
Il y avait pour moi un mystère John Barleycorn, très ancien. Très attiré par l'Amérique, son histoire, sa géographie, sa musique, sa littérature, son cinéma, et souvent interrogé par ses dérives, j'avais souvent rencontré le patronyme John Barleycorn que je traduisais par Jean Orgeblé et dont je croyais qu'il constituait une sorte d'Américain moyen, très moyen, de la Conquête de l'Ouest et de la Ruée vers l'Or surtout. Les mythiques groupes "Traffic" et "Jethro Tull", entre autres, l'ont chanté, "Fairport Convention", "Procol Harum" l'ayant aussi évoqué sans que je percute davantage bien que les ayant beaucoup écoutés. de plus j'ai lu Jack London, sans en être un spécialiste mais "L'amour de la vie" et "Martin Eden" notamment m'avaient beaucoup plu. Et la route de Jack London en soi est une aventure, pas seulement littéraire. Mais la lente distillation a opéré et j'ai enfin compris que ce Monsieur John Barleycorn est en fait l'alcool.

Ainsi donc sans le savoir nombreux sont les amis de J. B., ses amis ou ses disciples, ses esclaves ou ses séides, jamais ses maîtres. Nul mieux que Jack London n'est autorisé à en parler, les deux personnages ayant été intimes, avec quelques brouilles, de cinq à quarante ans, la mort de Jack London. Longtemps plus connu sous le titre "Le cabaret de la dernière chance" le récit-roman "John Barleycorn" a été publié en 1912, alors que le pauvre Jack, jadis misérable, pilleur d'huîtres, pilier de saloon, bagarreur, est devenu riche et couvert d'honneurs, restant plus que jamais militant socialiste précoce et tout ça sans jamais s'éloigner beaucoup de John Barleycorn, cet ami qui vous veut. . . Jack et John resteront d'ailleurs associés jusqu'à la mort, controversée de Jack. John, aux dernières nouvelles, se porte bien.

Ce livre, je le considère comme une oeuvre maîtresse sur l'homme et sa destinée, sa fragilité et ses ressources. Car London s'est battu toute sa vie, contre la trajectoire qui lui semblait imposée, contre le haut fric, contre vents et marées au sens propre et figuré, contre la maladie, contre et avec John. Dès ses primes expériences de la bière à cinq ans et du vin à sept London a senti le danger. Mais voilà, le sourire de John Barleycorn n'est pas toujours édenté et fétide. Il sait se faire charmeur et se parer des plumes de la légèreté et de la belle amitié qu'il fracassera d'autant mieux plus tard. Marin, Jack a besoin de John. D'ailleurs, à eux deux ils font parfois un sacré boulot, l'alcool en ces années 1900 trônant partout en cette Californie des chercheurs d'or et des journaliers de ce pays neuf. Pas une éprouvante journée de travail sans que le maigre salaire ne soit délesté au premier cabaret du port d'Oakland d'où partirent les voyages de London. Ce John Barleycorn est tel que sans lui point de salut pour ces forçats du rail ou de la mer. Avec lui encore moins de salut. "Ni avec toi ni sans toi" confie Jack London. Correspondant en Corée, voyageur à Londres ou Paris, quelque part sur son bateau le Snark aux Nouvelles-Hébrides ou au Japon, l'écrivain multiple, essayiste et penseur qu'est devenu Jack London traitera toujours d'égal à égal avec J. B.


Ce livre est fabuleux et je suis heureux de l'avoir rencontré. Les derniers chapitres montrent London arrivé au sommet de ses influences, l'homme sans qui Kerouac, Hemingway ou Jim Harrison ne seraient pas ce qu'ils sont. London, lui, lucide, sceptique, fier malgré tout, doute encore et condamne John Barleycorn. On le sent capable d'initier, avec le féminisme naissant dont il sera un rare partisan précoce, d'initier une croisade contre son autre moi, ce J. B. qui nous rapproche en quelque sorte de cet autre roman fondateur d'un autre grand voyageur qui lui-même céda parfois aux paradis artificiels, "L'étrange cas du Docteur Jekyll". Alors bien sûr pendant des décennies Jack London et Robert Louis Stevenson ont fleuri sur les étagères des chambres d'enfants. On a mis bien du temps avant de trouver leur vraie place, en littérature, la plus haute.
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Ismaelstrom
  12 décembre 2021
– Quand les femmes iront à l'urne, elles voteront pour la prohibition, dis-je. Ce sont les épouses, les mères, et elles seulement, qui cloueront le cercueil de John Barleycorn…
– Je te croyais son ami, m'interrompit Charmian.
– Je le suis. Je l'étais. Je ne le suis jamais vraiment. Jamais je n'éprouve moins d'amitié pour lui que lorsqu'il est en ma compagnie et que j'ai l'air de lui être le plus fidèle. Il est le roi des menteurs et, en même temps, la franchise même. Il est l'auguste compagnon avec qui on se promène en la société des dieux. Mais il est aussi de mèche avec la Camarde [la mort]. Il vous conduit à la vérité toute nue et à la mort. Il produit des visions claires et des rêves immondes. Il est l'ennemi de la vie et le maître d'une sagesse supérieure à celle de la vie. C'est un meurtrier aux mains rouges, l'assassin de la jeunesse.
*John Barleycorn, littéralement « Jean Grain d'orge » est la personnification de l'alcool, plus spécifiquement du whisky, populaire en Amérique du nord.
Ça y est, enfin, je l'ai.
John Barleycorn est le GRAND livre de London que je cherchais sans savoir.
John Barleycorn, ça cause alcool ; cette chose « sans laquelle nous choisissons ce que l'on veut bien montrer de nous-mêmes » disait Bukowski.
Diantre ! j'en suis tout émoustillé, mon panthéon d'auteurs se retrouvent autour du même verre !
PAS.DU.TOUT.
John Barleycorn se veut un réquisitoire contre cet ami insidieux. Mais c'est surtout un fragment de la vie du grand London, aussi pur qu'un diamant brut car profondément intime.
S'il est question du rapport de l'auteur à l'alcool et que la majeure partie du livre fait figure de genèse de leurs relations, John Barleycorn s'attarde longuement sur l'adolescence étonnante de Mr London et n'est pas avare de détails autobiographiques. Il y dépeint particulièrement sa vie le long des docks d'Oakland et offre un paysage fourni de l'existence des marins de la baie, alcooliques endurcis luttant à bras le corps avec la vie et s'oubliant, à quai, dans l'ivresse des bars…
Non loin de s'astreindre à dépeindre une réalité dramatique, John Barleycorn enivre et c'est là tout le travail de London : plutôt que de s'acharner sur des dérives connues de tous, il retrace avec précision le chemin d'un garçon sans aucune prédisposition à la boisson (et qui rend franchement envieux, tant cette vie est aventureuse), mais qui finira malgré tout piégé dans ses filets. Car la question est celle-ci : comment se fait-il que si nombreux s'y jettent allègrement, quand le goût lui-même n'inspire d'abord que dégoût ? Parce que l'alcool a un caractère social et London ne lésine pas sur les exemples de scènes de beuverie qui lui attirèrent la sympathie de compagnons.
Contrairement à de nombreux écrivains, l'alcoolisme de Jack London est moins connu. Ce n'était pas un alcoolisme tapageur mais plus intime. Jack London avait une forte constitution qui le rendait moins enclin à une ivresse rapide (motif dérisoire de fierté). Néanmoins, à 15 ans, l'auteur est déjà un alcoolique notoire et cette erreur de jeunesse le poursuivra toute sa vie, le menant à voter en faveur du suffrage des femmes qui, selon lui, interdiront sa commercialisation.
Ce qui est drôle, c'est que John Barleycorn a été publié en 1913 et qu'en 1920 suit la prohibition aux États-Unis. Même si Jack London est déjà, cette année, mort depuis 4 ans, on ne peut négliger l'impact probable de son livre dans cette conclusion, lui qui fut un des auteurs les plus influents du 20ème siècle.
John Barleycorn est un ouvrage magnifique qui s'enfonce dans les profondeurs des docks d'Oakland et tranche des fragments d'existence dans ces marins ivres de vie et aux destins souvent tragiques. C'est aussi un des livres qui en dit le plus sur cet auteur incroyable… À lire.
Lien : https://www.instagram.com/is..
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Vielivre
  12 décembre 2019
Le cabaret de la dernière chance ou aussi paru sous le titre John Barleycorn est un livre de Jack London qui traite de l'effet de l'alcool sur l'homme. John Barleycorn qui se traduit par « Jean Grain d'orge », l'orge qui sert à la fabrication du whisky, est personnifié dans le livre. John Barleycorn est l'alcool dont s'abreuve le « je » du livre. « Telle fut la farce de John Barleycorn ».
Jack London analyse avec finesse, justesse, et tristesse les effets désastreux de John Barleycorn. Ce dernier revêt l'habit de l'ami, l'habit du diable et surtout l'habit des amis, des bars, des retrouvailles.
Il est celui qui permet d'être reconnu dans certains milieux, d'être accepté, « tu es un homme et tu fais la connaissance de plusieurs hommes », celui qui permet d'oser, qui désinhibe.
Jack London essaye de comprendre pourquoi les hommes boivent, quelles sont les raisons qui les poussent à s'enivrer. Son analyse est exemplifiée par son expérience personnelle à Oakland.
La boisson était spécifique à son environnement et s'adonner à elle était une façon de se faire reconnaitre des marins, d'appartenir à leur communauté.
Il présente aussi les effets très négatifs de l'alcool qui peut pousser au suicide, au crime.
La pression sociale est aussi une des raisons qu'il met en avant « je buvais par esprit d'imitation et parce que mon tempérament m'interdisait de rester au-dessous des autres dans leur passetemps favori. ».
Quelle analyse perspicace ! Jack London a cette capacité, à être le miroir de lui-même, à observer, à sonder ses travers pour les transcrire sur la page blanche. L'écriture est l'expression d'un « je » clairvoyant, qui chemine vers une vérité universelle.
A lire !
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Draner
  06 décembre 2021
Ce livre où London livre ses réflexions, sur la vie, la mort, la société m'a profondément touché.
Dans cet ouvrage écrit en 1912, quatre ans avant sa mort, Jack London retrace sa vie et ses démêlées avec l'alcool. London était un personnage d'une force physique et d'une force mentale hors du commun. Il a grandi dans la misère ; à l'âge de dix ans, il s'est retrouvé crieur de journaux dans les rues d'Oakland, il a fait quantité de petits métiers pendant son adolescence. A 15 ans, avec le bateau qu'il avait réussit à acheté, il se fit pilleurs d'huîtres dans la baie de San Francisco. Et dans le milieu marin, il fallait boire pour tenir son rang. A 17 ans, il s'engagea pour un voyage de plusieurs mois sur un bateau dont le but était d'aller chasser le phoque tout au nord du Japon. de retour, il entama des études qui le conduisirent à l'université où il passa deux années de sa vie. Puis il partit dans le grand nord, dans le Klondike, lors de la ruée vers l'or dans cette région. Une vie dure l'y attendait au milieu des prospecteurs, il en revint sans or mais avec le scorbut. C'est alors qu'il se mit à écrire des petits feuilletons, des articles pour les journaux, puis des romans. Il réussit à se faire éditer et devint rapidement un écrivain de renom, célébré. Pacifiste et socialiste, il se fit, dans ses écrits, le défenseur du peuple d'en bas. Miné par sa vie aventureuse et l'alcool il mourra en 1916.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
pierre31pierre31   23 janvier 2022
L’alcool laisse entrevoir la vérité, mais une vérité anormale. Les choses normales sont saines – et ce qui est sain tend vers la vie. La vérité normale appartient à un ordre différent – et inférieur. Prenez, par exemple, un cheval de trait. À travers toutes les vicissitudes de sa carrière, et bien que sa pensée soit confuse et incompréhensible pour nous, il lui faut croire, à tout prendre, que la vie est bonne ; que de tirer dans les harnais est une excellente chose ; que la mort, si vaguement qu’il la pressente, est un géant redoutable ; que la vie est douce et vaut la peine d’être vécue ; et, qu’en fin de compte, quand la sienne arrivera à son déclin, il ne sera pas bousculé, ni maltraité, ni pressé au-delà de la limite de ses efforts. Il doit croire que la vieillesse elle-même conserve jusqu’au bout une certaine décence, une certaine dignité et quelque valeur. Pourtant, sa vraie forme est celle d’un épouvantail squelettique trébuchant sous les coups entre les brancards d’une charrette de revendeur, poursuivant éperdument, dans une servitude sans pitié, son calvaire de lente désintégration, jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à la dispersion de ses éléments, – de sa chair subtile, de ses muscles roses et élastiques, et de toute leur sensibilité inhérente – jusqu’à leur répartition entre le poulailler de ferme, la vannerie, la fabrique de colle et l’usine de noir animal. Jusqu’au dernier faux pas de sa carrière chancelante, ce cheval de trait doit s’en tenir aux données de cette vérité mineure qui est la vérité de la vie et rend possible sa persistance.

Le cheval de trait, comme tous les autres animaux, l’homme y compris, est aveuglé par la vie et reste le jouet de ses sens. Coûte que coûte, il veut vivre. Le jeu de la vie est bon, malgré toutes les misères, bien que toutes les existences perdent en fin de compte la partie. Voilà le genre de vérité qui gouverne, non pas l’univers, mais les êtres qui l’habitent, s’ils veulent durer tant soit peu avant de disparaître.
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pierre31pierre31   22 janvier 2022
Seul parmi les animaux, l’homme jouit du terrible privilège de la raison. L’homme, avec son cerveau, peut transpercer le mirage enivrant des choses et contempler un univers figé dans la plus parfaite indifférence envers lui et ses rêves. Oui, l’homme peut entrevoir cette vision, mais elle ne vaut rien pour lui. Pour vivre, pour vivre pleinement, pour palpiter de vie, pour être une créature vivante, – ce qu’il doit être – il est bon que l’homme se trouve ébloui par la vie et illusionné par les sens. Ce qui est bon est vrai. Et tel est le genre de vérité, de vérité inférieure, qu’il doit connaître et prendre pour guide de ses actes, avec la certitude inébranlable que c’est la vérité absolue et que nulle autre ne saurait prévaloir dans l’univers. Il est bon que l’homme accepte à première vue les tromperies des sens et les pièges de la chair, qu’à travers les brouillards de la sensiblerie il poursuive les leurres de la passion, sans en discerner les ombres ni la futilité, sans être terrifié par ses convoitises et ses désirs.
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Erik35Erik35   13 juin 2016
Pour la deuxième fois de ma vie, j'entendais l'appel irrésistible de John Barleycorn. Ç'avait été, d'abord, à la suite d'un surmenage cérébral. A présent, tel n'était plus le cas. Au contraire, j'éprouvais le morne engourdissement d'un cerveau qui ne fonctionnait pas. C'était justement là le problème. Mon esprit était devenu si alerte et si avide d'apprendre, à tel point stimulé par les merveilles d'un nouveau monde découvert grâce aux livres, qu'il endurait actuellement toutes les tortures de l'inaction et de l'inertie.
Lié de longue date avec John Barleycorn, je ne voulais connaitre de la vie que ce qu'il m'en avait promis : caprices d'imagination, rêves de puissance, oubli de tout, n'importe quoi plutôt que ces lessiveuses tourbillonnantes, ces cylindres rotatifs, ce vrombissement des essoreuses, ce blanchissage sans fin, et ces interminables processions de pantalon de coutil fumant sous mon fer infatigable.
Voilà bien ce qui se passe. John Barleycorn lance son appel aux faibles et aux vaincus, démoralisés par l'ennui et l'épuisement. Pour tous, il représente le seul moyen d'en sortir. Mais c'est une duperie continuelle. Il offre une force factice au corps, une fausse élévation de l'esprit, en dénaturant les choses qu'il montre sous un jour considérablement embelli.
N'oublions pas non plus que John Barleycorn est d'humeur très versatile. Il s'adresse aussi bien à la force herculéenne, à la vitalité débordante qu'à l'ennui oisif. Il passe son bras sous celui de n'importe qui, sans s'inquiéter de son état d'esprit. Sur tous les hommes, il lance son filet de séductions. Il fait passer de vieilles lampes pour des neuves, saupoudre de paillettes les grisailles de la réalité, et, en définitive, trompe tous ceux qui sont en rapport avec lui.
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AllantversAllantvers   11 avril 2021
La vigueur transmise par John Barleycorn n'est pas du tout imaginaire. Elle existe réellement. Seulement elle est puisée aux sources mêmes de la vie et en fin de compte il faut la payer, et avec usure. Mais allez demander à un pauvre bougre mourant de fatigue de prévoir les choses si loin! Combien d'hommes d'affaires et de professions libérales, terrassés par le surmenage, ont suivi, comme de simples manoeuvres, la route meurtrière de John Barleycorn parce qu'ils n'ont pas compris cette simple vérité.
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AllantversAllantvers   10 avril 2021
Dans l'ardeur de ma jeunesse j'avais commis l'erreur, vieille comme le monde, de m'acharner à la recherche de la Vérité. Lorsque j'eus déchiré ses voiles, ce que je vis m'inspira une horreur que je ne pus surmonter. En un mot, presque rien ne me resta de mes belles croyances, sauf ma foi en l'humanité, une humanité vraiment pure.
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Vidéo de Jack London
Aleksi Barrière vous présente ses traductions des ouvrages Jack London "Monter un feu (versions de 1902 et 1910)" aux éditions L'Extrême Contemporain.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2597304/jack-london-monter-un-feu-versions-de-1902-et-1910
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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