AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Louis Postif (Traducteur) Jeanne Campbell Reesman (Préfacier, etc.)
ISBN : 2369145161
Éditeur : Libretto (13/09/2018)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 41 notes)
Résumé :
" John Barleycorn " (littéralement " John Graindorge "), c'est, pour l'Américain de la rue, la personnification familière de l'alcool - c'est-à-dire du whisky -, le mauvais génie des compagnons de comptoir, le Dionysos du pauvre.

Publié en 1912, soit quatre ans avant la mort de London, c'est son dernier grand livre, qui eut à l'époque un retentissement énorme. Il y raconte sa vie - toute sa vie - mais vue à travers la lentille déformante de la bouteil... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Bellonzo
  08 janvier 2014
Il y avait pour moi un mystère John Barleycorn, très ancien. Très attiré par l'Amérique, son histoire, sa géographie, sa musique, sa littérature, son cinéma, et souvent interrogé par ses dérives, j'avais souvent rencontré le patronyme John Barleycorn que je traduisais par Jean Orgeblé et dont je croyais qu'il constituait une sorte d'Américain moyen, très moyen, de la Conquête de l'Ouest et de la Ruée vers l'Or surtout. Les mythiques groupes "Traffic" et "Jethro Tull", entre autres, l'ont chanté, "Fairport Convention", "Procol Harum" l'ayant aussi évoqué sans que je percute davantage bien que les ayant beaucoup écoutés. de plus j'ai lu Jack London, sans en être un spécialiste mais "L'amour de la vie" et "Martin Eden" notamment m'avaient beaucoup plu. Et la route de Jack London en soi est une aventure, pas seulement littéraire. Mais la lente distillation a opéré et j'ai enfin compris que ce Monsieur John Barleycorn est en fait l'alcool.

Ainsi donc sans le savoir nombreux sont les amis de J. B., ses amis ou ses disciples, ses esclaves ou ses séides, jamais ses maîtres. Nul mieux que Jack London n'est autorisé à en parler, les deux personnages ayant été intimes, avec quelques brouilles, de cinq à quarante ans, la mort de Jack London. Longtemps plus connu sous le titre "Le cabaret de la dernière chance" le récit-roman "John Barleycorn" a été publié en 1912, alors que le pauvre Jack, jadis misérable, pilleur d'huîtres, pilier de saloon, bagarreur, est devenu riche et couvert d'honneurs, restant plus que jamais militant socialiste précoce et tout ça sans jamais s'éloigner beaucoup de John Barleycorn, cet ami qui vous veut. . . Jack et John resteront d'ailleurs associés jusqu'à la mort, controversée de Jack. John, aux dernières nouvelles, se porte bien.

Ce livre, je le considère comme une oeuvre maîtresse sur l'homme et sa destinée, sa fragilité et ses ressources. Car London s'est battu toute sa vie, contre la trajectoire qui lui semblait imposée, contre le haut fric, contre vents et marées au sens propre et figuré, contre la maladie, contre et avec John. Dès ses primes expériences de la bière à cinq ans et du vin à sept London a senti le danger. Mais voilà, le sourire de John Barleycorn n'est pas toujours édenté et fétide. Il sait se faire charmeur et se parer des plumes de la légèreté et de la belle amitié qu'il fracassera d'autant mieux plus tard. Marin, Jack a besoin de John. D'ailleurs, à eux deux ils font parfois un sacré boulot, l'alcool en ces années 1900 trônant partout en cette Californie des chercheurs d'or et des journaliers de ce pays neuf. Pas une éprouvante journée de travail sans que le maigre salaire ne soit délesté au premier cabaret du port d'Oakland d'où partirent les voyages de London. Ce John Barleycorn est tel que sans lui point de salut pour ces forçats du rail ou de la mer. Avec lui encore moins de salut. "Ni avec toi ni sans toi" confie Jack London. Correspondant en Corée, voyageur à Londres ou Paris, quelque part sur son bateau le Snark aux Nouvelles-Hébrides ou au Japon, l'écrivain multiple, essayiste et penseur qu'est devenu Jack London traitera toujours d'égal à égal avec J. B.


Ce livre est fabuleux et je suis heureux de l'avoir rencontré. Les derniers chapitres montrent London arrivé au sommet de ses influences, l'homme sans qui Kerouac, Hemingway ou Jim Harrison ne seraient pas ce qu'ils sont. London, lui, lucide, sceptique, fier malgré tout, doute encore et condamne John Barleycorn. On le sent capable d'initier, avec le féminisme naissant dont il sera un rare partisan précoce, d'initier une croisade contre son autre moi, ce J. B. qui nous rapproche en quelque sorte de cet autre roman fondateur d'un autre grand voyageur qui lui-même céda parfois aux paradis artificiels, "L'étrange cas du Docteur Jekyll". Alors bien sûr pendant des décennies Jack London et Robert Louis Stevenson ont fleuri sur les étagères des chambres d'enfants. On a mis bien du temps avant de trouver leur vraie place, en littérature, la plus haute.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
TristanPichard
  22 juin 2015
Peu importe le sujet, l'alcool et l'alcoolisme, ici ce qui compte c'est à la fois le témoignage d'un homme parti de rien et devenu un écrivain reconnu de son vivant, d'un homme aventurier au destin picaresque, d'un homme exceptionnel par sa force de travail et sa volonté, d'un homme qui a connu un changement de siècle et le dépeint sobrement par petites touches, d'un homme à la plume assurée et au style simple et puissant. Bref, c'est à découvrir. Il se dégage un je-ne-sais-quoi d'unique dans ces pages. Après si certains veulent s'enivrer à bon compte d'image d'auto-destructions, ils seront servis.
Lien : https://www.tristan-pichard...
Commenter  J’apprécie          50
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   13 juin 2016
Pour la deuxième fois de ma vie, j'entendais l'appel irrésistible de John Barleycorn. Ç'avait été, d'abord, à la suite d'un surmenage cérébral. A présent, tel n'était plus le cas. Au contraire, j'éprouvais le morne engourdissement d'un cerveau qui ne fonctionnait pas. C'était justement là le problème. Mon esprit était devenu si alerte et si avide d'apprendre, à tel point stimulé par les merveilles d'un nouveau monde découvert grâce aux livres, qu'il endurait actuellement toutes les tortures de l'inaction et de l'inertie.
Lié de longue date avec John Barleycorn, je ne voulais connaitre de la vie que ce qu'il m'en avait promis : caprices d'imagination, rêves de puissance, oubli de tout, n'importe quoi plutôt que ces lessiveuses tourbillonnantes, ces cylindres rotatifs, ce vrombissement des essoreuses, ce blanchissage sans fin, et ces interminables processions de pantalon de coutil fumant sous mon fer infatigable.
Voilà bien ce qui se passe. John Barleycorn lance son appel aux faibles et aux vaincus, démoralisés par l'ennui et l'épuisement. Pour tous, il représente le seul moyen d'en sortir. Mais c'est une duperie continuelle. Il offre une force factice au corps, une fausse élévation de l'esprit, en dénaturant les choses qu'il montre sous un jour considérablement embelli.
N'oublions pas non plus que John Barleycorn est d'humeur très versatile. Il s'adresse aussi bien à la force herculéenne, à la vitalité débordante qu'à l'ennui oisif. Il passe son bras sous celui de n'importe qui, sans s'inquiéter de son état d'esprit. Sur tous les hommes, il lance son filet de séductions. Il fait passer de vieilles lampes pour des neuves, saupoudre de paillettes les grisailles de la réalité, et, en définitive, trompe tous ceux qui sont en rapport avec lui.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
nedlonedlo   19 avril 2012
Tout ce pour quoi je m'étais battu et avais passé de longues heures à veiller m'avait déçu. Le succès ? Je le méprisais. Ma célébrité ? Je la comparias à des cendres éteintes. La société que je fréquentais, composée d'hommes et de femmes à peine au-dessus de la lie des gens du port et du gaillard d'avant, me déconcertait par sa laideur et sa médiocrité intellectuelle. L'amour féminin ? Il ressemblait au reste. Quant à l'argent, je ne pouvais dormir que dans une seul lit à la fois, et que représentait pour moi le valeur de cent biftecks par jour alors que je n'en pouvais consommer qu'un ? L'art et la culture - qu'en restait-il devant les faits positifs de la biologie ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
zaphodzaphod   18 mai 2015
I found myself in the old familiar work-beast condition, toiling longer hours than the horses toiled, thinking scarcely more frequent thoughts than horses think. The books were closed to me. I had brought a trunkful to the laundry, but found myself unable to read them. I fell asleep the moment I tried to read; and if I did manage to keep my eyes open for several pages, I could not remember the contents of those pages.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
nedlonedlo   06 avril 2012
Je considérais le whisky comme dangereux, mais non immoral. Avec lui on courait les mêmes risques qu'avec les autres choses périlleuses dans l'ordre naturel. Certes, des hommes meurent par l'alcool, mais les pêcheurs ne s'exposent-ils pas à chavirer et à se noyer, les trimardeurs à glisser sur les rails et à être écrabouillés ?
Commenter  J’apprécie          50
KhatKhat   11 mars 2014
Certains critiques ont contesté la rapidité avec laquelle Martin Eden, un de mes personnages, est parvenu à s'instruire. Parti comme matelot avec des rudiments de l'école primaire, j'en ai fait, en trois ans, un auteur à succès. Ces critiques prétendent que la chose est impossible. Pourtant Martin Eden, c'est moi.
Commenter  J’apprécie          40
Lire un extrait
Videos de Jack London (28) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Croc-Blanc : extrait exclusif et jeu-concours - lecteurs.com .Croc-Blanc, le chef-d??uvre de Jack London, a marqué des générations de lecteurs. Son adaptation en film d?animation est à la hauteur du mythe : c?est le moment de repartir pour le Grand Nord!Pour accompagner la sortie de Croc-Blanc en DVD et Blu-Ray le 29 août, c?est une véritable avalanche de cadeaux que nous vous proposons : https://www.lecteurs.com/article/jeu-croc-blanc-gagnez-des-dvd-blu-ray-editions-collectors-romans-et-albums-du-film/2443388En jeu grâce à Wild Side Vidéo et aux Editions Gallimard Jeunesse : des éditions collector, Blu-Ray et DVD de Croc-Blanc, mais aussi des romans et albums du film !Réalisé par le réalisateur oscarisé Alexandre Espigares, on retrouve dans le film voix de Virginie Efira, Raphaël Personnaz et Dominique Pinon.Visitez le site : http://www.lecteurs.com/Suivez lecteurs.com sur les réseaux sociaux :Facebook : https://www.facebook.com/orange.lecteurs/Twitter : https://twitter.com/OrangeLecteursInstagram : https://www.instagram.com/lecteurs_com/Youtube : https://www.youtube.com/c/LecteursDailymotion : http://www.dailymotion.com/OrangeLecteurs
+ Lire la suite
autres livres classés : autobiographieVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox






Quiz Voir plus

l'appel de la foret

comment s'appelle le chien ?

holly
Buck
Billy
Rachid

3 questions
141 lecteurs ont répondu
Thème : L'appel de la forêt de Jack LondonCréer un quiz sur ce livre