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Louis Postif (Traducteur)Jeanne Campbell Reesman (Préfacier, etc.)
EAN : 9782369145165
272 pages
Éditeur : Libretto (13/09/2018)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 58 notes)
Résumé :
" John Barleycorn " (littéralement " John Graindorge "), c'est, pour l'Américain de la rue, la personnification familière de l'alcool - c'est-à-dire du whisky -, le mauvais génie des compagnons de comptoir, le Dionysos du pauvre.

Publié en 1912, soit quatre ans avant la mort de London, c'est son dernier grand livre, qui eut à l'époque un retentissement énorme. Il y raconte sa vie - toute sa vie - mais vue à travers la lentille déformante de la bouteil... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Bellonzo
  08 janvier 2014
Il y avait pour moi un mystère John Barleycorn, très ancien. Très attiré par l'Amérique, son histoire, sa géographie, sa musique, sa littérature, son cinéma, et souvent interrogé par ses dérives, j'avais souvent rencontré le patronyme John Barleycorn que je traduisais par Jean Orgeblé et dont je croyais qu'il constituait une sorte d'Américain moyen, très moyen, de la Conquête de l'Ouest et de la Ruée vers l'Or surtout. Les mythiques groupes "Traffic" et "Jethro Tull", entre autres, l'ont chanté, "Fairport Convention", "Procol Harum" l'ayant aussi évoqué sans que je percute davantage bien que les ayant beaucoup écoutés. de plus j'ai lu Jack London, sans en être un spécialiste mais "L'amour de la vie" et "Martin Eden" notamment m'avaient beaucoup plu. Et la route de Jack London en soi est une aventure, pas seulement littéraire. Mais la lente distillation a opéré et j'ai enfin compris que ce Monsieur John Barleycorn est en fait l'alcool.

Ainsi donc sans le savoir nombreux sont les amis de J. B., ses amis ou ses disciples, ses esclaves ou ses séides, jamais ses maîtres. Nul mieux que Jack London n'est autorisé à en parler, les deux personnages ayant été intimes, avec quelques brouilles, de cinq à quarante ans, la mort de Jack London. Longtemps plus connu sous le titre "Le cabaret de la dernière chance" le récit-roman "John Barleycorn" a été publié en 1912, alors que le pauvre Jack, jadis misérable, pilleur d'huîtres, pilier de saloon, bagarreur, est devenu riche et couvert d'honneurs, restant plus que jamais militant socialiste précoce et tout ça sans jamais s'éloigner beaucoup de John Barleycorn, cet ami qui vous veut. . . Jack et John resteront d'ailleurs associés jusqu'à la mort, controversée de Jack. John, aux dernières nouvelles, se porte bien.

Ce livre, je le considère comme une oeuvre maîtresse sur l'homme et sa destinée, sa fragilité et ses ressources. Car London s'est battu toute sa vie, contre la trajectoire qui lui semblait imposée, contre le haut fric, contre vents et marées au sens propre et figuré, contre la maladie, contre et avec John. Dès ses primes expériences de la bière à cinq ans et du vin à sept London a senti le danger. Mais voilà, le sourire de John Barleycorn n'est pas toujours édenté et fétide. Il sait se faire charmeur et se parer des plumes de la légèreté et de la belle amitié qu'il fracassera d'autant mieux plus tard. Marin, Jack a besoin de John. D'ailleurs, à eux deux ils font parfois un sacré boulot, l'alcool en ces années 1900 trônant partout en cette Californie des chercheurs d'or et des journaliers de ce pays neuf. Pas une éprouvante journée de travail sans que le maigre salaire ne soit délesté au premier cabaret du port d'Oakland d'où partirent les voyages de London. Ce John Barleycorn est tel que sans lui point de salut pour ces forçats du rail ou de la mer. Avec lui encore moins de salut. "Ni avec toi ni sans toi" confie Jack London. Correspondant en Corée, voyageur à Londres ou Paris, quelque part sur son bateau le Snark aux Nouvelles-Hébrides ou au Japon, l'écrivain multiple, essayiste et penseur qu'est devenu Jack London traitera toujours d'égal à égal avec J. B.


Ce livre est fabuleux et je suis heureux de l'avoir rencontré. Les derniers chapitres montrent London arrivé au sommet de ses influences, l'homme sans qui Kerouac, Hemingway ou Jim Harrison ne seraient pas ce qu'ils sont. London, lui, lucide, sceptique, fier malgré tout, doute encore et condamne John Barleycorn. On le sent capable d'initier, avec le féminisme naissant dont il sera un rare partisan précoce, d'initier une croisade contre son autre moi, ce J. B. qui nous rapproche en quelque sorte de cet autre roman fondateur d'un autre grand voyageur qui lui-même céda parfois aux paradis artificiels, "L'étrange cas du Docteur Jekyll". Alors bien sûr pendant des décennies Jack London et Robert Louis Stevenson ont fleuri sur les étagères des chambres d'enfants. On a mis bien du temps avant de trouver leur vraie place, en littérature, la plus haute.
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Vielivre
  12 décembre 2019
Le cabaret de la dernière chance ou aussi paru sous le titre John Barleycorn est un livre de Jack London qui traite de l'effet de l'alcool sur l'homme. John Barleycorn qui se traduit par « Jean Grain d'orge », l'orge qui sert à la fabrication du whisky, est personnifié dans le livre. John Barleycorn est l'alcool dont s'abreuve le « je » du livre. « Telle fut la farce de John Barleycorn ».
Jack London analyse avec finesse, justesse, et tristesse les effets désastreux de John Barleycorn. Ce dernier revêt l'habit de l'ami, l'habit du diable et surtout l'habit des amis, des bars, des retrouvailles.
Il est celui qui permet d'être reconnu dans certains milieux, d'être accepté, « tu es un homme et tu fais la connaissance de plusieurs hommes », celui qui permet d'oser, qui désinhibe.
Jack London essaye de comprendre pourquoi les hommes boivent, quelles sont les raisons qui les poussent à s'enivrer. Son analyse est exemplifiée par son expérience personnelle à Oakland.
La boisson était spécifique à son environnement et s'adonner à elle était une façon de se faire reconnaitre des marins, d'appartenir à leur communauté.
Il présente aussi les effets très négatifs de l'alcool qui peut pousser au suicide, au crime.
La pression sociale est aussi une des raisons qu'il met en avant « je buvais par esprit d'imitation et parce que mon tempérament m'interdisait de rester au-dessous des autres dans leur passetemps favori. ».
Quelle analyse perspicace ! Jack London a cette capacité, à être le miroir de lui-même, à observer, à sonder ses travers pour les transcrire sur la page blanche. L'écriture est l'expression d'un « je » clairvoyant, qui chemine vers une vérité universelle.
A lire !
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TristanPichard
  22 juin 2015
Peu importe le sujet, l'alcool et l'alcoolisme, ici ce qui compte c'est à la fois le témoignage d'un homme parti de rien et devenu un écrivain reconnu de son vivant, d'un homme aventurier au destin picaresque, d'un homme exceptionnel par sa force de travail et sa volonté, d'un homme qui a connu un changement de siècle et le dépeint sobrement par petites touches, d'un homme à la plume assurée et au style simple et puissant. Bref, c'est à découvrir. Il se dégage un je-ne-sais-quoi d'unique dans ces pages. Après si certains veulent s'enivrer à bon compte d'image d'auto-destructions, ils seront servis.
Lien : https://www.tristan-pichard...
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
Erik35Erik35   13 juin 2016
Pour la deuxième fois de ma vie, j'entendais l'appel irrésistible de John Barleycorn. Ç'avait été, d'abord, à la suite d'un surmenage cérébral. A présent, tel n'était plus le cas. Au contraire, j'éprouvais le morne engourdissement d'un cerveau qui ne fonctionnait pas. C'était justement là le problème. Mon esprit était devenu si alerte et si avide d'apprendre, à tel point stimulé par les merveilles d'un nouveau monde découvert grâce aux livres, qu'il endurait actuellement toutes les tortures de l'inaction et de l'inertie.
Lié de longue date avec John Barleycorn, je ne voulais connaitre de la vie que ce qu'il m'en avait promis : caprices d'imagination, rêves de puissance, oubli de tout, n'importe quoi plutôt que ces lessiveuses tourbillonnantes, ces cylindres rotatifs, ce vrombissement des essoreuses, ce blanchissage sans fin, et ces interminables processions de pantalon de coutil fumant sous mon fer infatigable.
Voilà bien ce qui se passe. John Barleycorn lance son appel aux faibles et aux vaincus, démoralisés par l'ennui et l'épuisement. Pour tous, il représente le seul moyen d'en sortir. Mais c'est une duperie continuelle. Il offre une force factice au corps, une fausse élévation de l'esprit, en dénaturant les choses qu'il montre sous un jour considérablement embelli.
N'oublions pas non plus que John Barleycorn est d'humeur très versatile. Il s'adresse aussi bien à la force herculéenne, à la vitalité débordante qu'à l'ennui oisif. Il passe son bras sous celui de n'importe qui, sans s'inquiéter de son état d'esprit. Sur tous les hommes, il lance son filet de séductions. Il fait passer de vieilles lampes pour des neuves, saupoudre de paillettes les grisailles de la réalité, et, en définitive, trompe tous ceux qui sont en rapport avec lui.
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nedlonedlo   19 avril 2012
Tout ce pour quoi je m'étais battu et avais passé de longues heures à veiller m'avait déçu. Le succès ? Je le méprisais. Ma célébrité ? Je la comparias à des cendres éteintes. La société que je fréquentais, composée d'hommes et de femmes à peine au-dessus de la lie des gens du port et du gaillard d'avant, me déconcertait par sa laideur et sa médiocrité intellectuelle. L'amour féminin ? Il ressemblait au reste. Quant à l'argent, je ne pouvais dormir que dans une seul lit à la fois, et que représentait pour moi le valeur de cent biftecks par jour alors que je n'en pouvais consommer qu'un ? L'art et la culture - qu'en restait-il devant les faits positifs de la biologie ?
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nedlonedlo   06 avril 2012
Je considérais le whisky comme dangereux, mais non immoral. Avec lui on courait les mêmes risques qu'avec les autres choses périlleuses dans l'ordre naturel. Certes, des hommes meurent par l'alcool, mais les pêcheurs ne s'exposent-ils pas à chavirer et à se noyer, les trimardeurs à glisser sur les rails et à être écrabouillés ?
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KhatKhat   11 mars 2014
Certains critiques ont contesté la rapidité avec laquelle Martin Eden, un de mes personnages, est parvenu à s'instruire. Parti comme matelot avec des rudiments de l'école primaire, j'en ai fait, en trois ans, un auteur à succès. Ces critiques prétendent que la chose est impossible. Pourtant Martin Eden, c'est moi.
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nedlonedlo   19 avril 2012
L'appel était impérieux, irrésistible. Plus que toute autre chose au monde, mon esprit en capitolade voulait puiser du répit aux sources qu'il savait certaines. Et voici où je veux en venir : pour la première fois de ma vie, pleinement conscient et de propos délibéré, j'avais envie de boire. Manifestation nouvelle, totalement différente, du pouvoir exercé par John Barleycorn. J'éprouvais pour l'alcool non pas un besoin corporel, mais un désir cérébral. Mon esprit, surmené et fêlé, cherchait de l'oubli.
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Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
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