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Paul Wenz (Traducteur)Firmin Roz (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070393739
Éditeur : Gallimard (22/09/1995)

Note moyenne : 3.98/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Dans ce recueil de nouvelles, Jack London conduit le lecteur dans les contrées solitaires de l'Alaska, où l'humanité apparaît avec toutes les servitudes et les grandeurs de la vie primitive.
Kipling avait décrit les Anglais aux Indes, Jack London retrouve en Alaska les rudes gaillards américains, les chercheurs d'or, les aventuriers de l'absolu, qui bravent le froid et l'adversité pour gagner leur pain et témoigner de leur amour de la vie.
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
raton-liseur
  24 juillet 2013
Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas lu Jack London, plus par manque d'occasion que par choix, quoique je me souviens que la fin de Martin Eden, le dernier livre que j'ai lu de lui, m'avais assez marquée pour que je ne me replonge pas dans ses écrits.
En voyant ce texte relativement court d'accès libre, je me suis laissée tentée, car son titre est comme un démenti de cette dernière lecture, ou de la polémique sur la mort de London lui-même (quoique… Il y a de belles interprétations poétiques de son possible suicide, comme une volonté de vivre entièrement ou de ne pas vivre, mais je ne me risquerai pas sur ce thème que je ne connais pas).
L'amour de la vie, une longue nouvelle (suivie dans mon recueil d'une seule autre nouvelle, Negore le lâche, d'une facture beaucoup plus classique et sur laquelle je ne m'attarderai pas), est un récit poignant et aux accents réalistes du combat pour sa survie, d'un chercheur d'or dans le Nord du Canada, seul, blessé, perdu et affamé au seuil de l'hiver. Dans un style dépouillé de tout artifice littéraire qui rend ce texte à la fois cru comme la réalité qu'il décrit et chargé d'une intensité dramatique et d'un suspens ui ne faiblissent jamais, Jack London ne nous épargne rien des efforts désespérés de son personnage qui n'abandonne jamais, qui malgré la faim et l'épuisement, continue inlassablement à se battre pour survivre, en dépit des évidences. On ne saura rien de cet homme, ni son nom, ni si c'est un homme respectable ou pas, si c'est un homme plein de rêves et d'espoir ou pas. Qu'importe, c'est son amour de la vie, sa volonté indestructible de vivre, jusqu'au seuil de la mort la plus évidente et inéluctable.
Ce livre est traversé de part ou part d'un souffle d'une tendresse infinie pour l'homme et pour la vie, et ce malgré sa dureté, qui m'a poussée à faire une pause dans ma lecture pour pouvoir en accepter les mots et les sensations. Ce livre, caché derrière les trop fameux Croc-Blanc et Appel de la forêt, est une petite pépite, une poussière d'or peut-être, de celle que ce chercheur ramène après une saison de prospection dans le Grand Nord, et elle mérite d'être lue, à petite dose, comme un café amer cuit sur un feu de camp, dans la solitude la plus absolue.
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Erik35
  09 février 2017
LA MORT OU... LA VIE !

Nous sommes en 1907. Cela va bientôt faire dix riches, tumultueuses et créatives années que Jack London est revenu de son expédition -qui aurait très bien pu finir en catastrophe pour lui, puisqu'il y attrapa le scorbut- le long de la rivière Yukon dans ce Klondike froid et mystérieux, héroïque et ardu, parfois plus silencieux que la tranquillité de la mort... Une terre ou l'on ne peut mentir, sans quoi la fin est inévitablement au bout de la route !
En 1907, Jack London a déjà, en grand maître du récit et de la nouvelle, largement commencé à bâtir sa légende -ne le surnomme-t-on pas "le Kipling du froid" ? - et son succès : L'appel sauvage (si mal traduit par : "L'appel de la forêt"), "Le loup des mers" et surtout, l'année précédente, son futur succès mondial, "Croc-blanc" sont dans toutes les mémoires. Par ailleurs, ses nombreuses publications en revue, généralement reprises par lui en recueil, lui assurent tout à la fois confort financier et popularité. Son engagement politique est au plus haut, sa seconde épouse, Charmian, est autant une partenaire qu'une amie et qu'une amante et, n'était cet alcoolisme dont il parlera si crûment dans "John Barleycorn", le romancier vit certaines de ses plus belles années.
Malgré ces presque dix années d'éloignement et ces succès qui s'accumulent, dont beaucoup liés à ses aventures canadiennes, London est loin, très loin d'avoir tout raconté, tout narré, tout exploré de ses pérégrination dans ces régions circumpolaires. "L'amour de la vie" est donc, une fois de plus, et juste avant le célèbre "Construire un feu", le terrible "Radieuse aurore" ainsi que l'ultime et drolatique "Smoke Bellew", de cette veine-là. Recueil superbe s'il en est que l'on ne peut lire, pour nous français, sans une certaine émotion puisque ce fut le premier, ET LE SEUL, ouvrage dans notre langue publié du vivant de son auteur, grâce au traducteur et écrivain australien d'origine française Paul Wenz, par ailleurs ami d'André Gide. Les deux hommes se rencontrèrent même dans la propriété du second, tandis que Jack London se remettait, difficultueusement, des ultimes pépins de santé de sa croisières sur le Snark. Une amitié en découla, ainsi que cette très belle traduction - qui n'a pas trop pris de ride - de Wenz, publiée en 1914 chez Gallimard.
Que dire, alors, de ce septième recueil de huit nouvelles de l'auteur californien ? En premier lieu, que ce titre (pour une fois bien traduit en français) est des plus trompeurs ! Car cet "Amour de la vie" est, au fil des pages, environné par la mort et les décès de toutes sortes : accidentels, meurtriers, d'épuisement, de maladie, de vieillesse... C'est le cas dès l'ouverture avec la nouvelle qui porte le titre de l'ouvrage "L'amour de la vie" qui voit la mort d'un des deux protagonistes, dévoré par des loups, tandis que le second, au bord de l'épuisement total, rampe à quatre pattes sur la glace afin d'échapper aux crocs acérés mais, tant qu'il est vivant, sans danger d'un loup malade, étique, lui aussi épuisé. Dans "La manière des blancs", ce sont deux vieux indiens, au seuil de leur propre fin, qui évoquent leurs deux fils, morts l'un après l'autre "par la faute des blancs". Un peu plus loin, c'est la condamnation par pendaison d'un homme qui, prit de folie jugulée à son rêve de s'en retourner voir sa mère en Irlande, en a massacré deux autres, pensant partir avec leur or gagné à la sueur de leur front. La superbe et envoûtante nouvelle "La piste des soleils" voit la mort de deux hommes : celle accidentelle d'un détective engagé par deux jeunes gens désirant satisfaire leur soif inouïe de vengeance et donc, tout à la fin, et dans un état de délabrement physique des uns et des autres, l'assassinat de cet homme dont on n'apprendra rien ! Pour terminer, c'est le décès par balles, en état d'apothéose, d'un indien ayant pu prouver qu'il n'était pas un lâche et qu'il méritait amplement la confiance de celle qu'il venait d'épouser. Seules trois nouvelles ne connaissent pas un tel sort. Mais dans la première d'entre elles, "Le logement d'un jour", on assiste à l'ultime fin d'une histoire d'amour doublée d'un cocuage ; lequel trouve sa résolution aussi cynique qu'imprévue dans un cabanon situé dans ce grand nord canadien tant affectionné par l'auteur. Quant à Keesh, bien qu'étant une très belle histoire d'un jeune garçon, plus malin que ses congénères, décidé à survivre et à rendre sa dignité à sa mère, cette lutte réussie pour la survie s'accompagne malgré tout du massacre d'un nombre étonnant d'ours blancs. La plus tendre et la moins violente, enfin, de ces nouvelles - écrite la même année que Croc-Blanc et qui en reprend une certaine thématique - se termine malgré tout, dans un choix rien moins que cornélien pour ce beau chien-loup, par la fin d'une amitié pour un couple d'humain au détriment d'un autre humain et... de l'appel du froid.
Bien entendu, la mort, quelle qu'en soit la forme, n'est pas la seule thématique de ce recueil de nouvelles finalement assez violentes et rude, mais c'en est, assurément, l'une des clés. Dans ce contexte, que peut-il rester pour la vie ? Énormément, en vérité et tout particulièrement un appétit plus que mordant, désespéré parfois, comme dans la nouvelle-titre où l'on suit ce malheureux trappeur souffrir au-delà de ce qui est imaginable : la faim, le froid, la solitude -son seul compagnon l'ayant devancé sans un regard derrière lui après qu'il se fut foulé la cheville- la douleur physique, donc, la peur -de perdre sa route, d'être dévoré-, la folie à certain moments. On peine à imaginer comment un être humain, normalement bâti et bien qu'habitué à des conditions extérieures extrêmes, puisse seulement survivre à toutes ces épreuves sans un appétit de vivre proprement surhumain. C'est l'homme nietzschéen totalement dénudé qu'il nous est donné à contempler ! (Et London avait beaucoup Nietzsche, même si avec les erreurs d'interprétation de son époque, même s'il en critiquait ses théories, comme c'est le cas dans "Le loup des mers" et le célèbre "Martin Eden"). C'est encore la vie, dans ce qu'elle a de plus troublant -peut-être de plus infâme- qui permet au jeune couple de "La piste des soleils" de survivre à des conditions auxquels ils ne sont ni préparés ni habitués. Notons, au passage, que cette nouvelle richesse extrême et presque surabondante aborde d'autres thèmes comme celui de la vérité dans l'art, la mémoire, le temps, l'honneur, la servitude par le travail, etc.
Alors oui, définitivement oui : La vie est là, entre ces pages, dans ces histoires d'une force intense. Elle est là, et bien là, parce que le sens de l'existence est la lutte, la lutte contre les événements, une lutte contre les autres ou contre soi-même, une lutte contre le temps et les heures. Elles sont terribles ces pages que notre "Kipling du Nord" nous présente cette fois. Et tellement éloignées du London socialiste, généreux, croyant en la camaraderie, en la solidarité et que l'on a pu lire par ailleurs. Éloignées, tant que cela ? En apparence, pour une part, puisque ces luttes sont presque toutes solitaires et aboutissent presque invariablement à des fins désastreuses ou d'un cynisme à faire peur.
Un recueil acerbe et sombre plus qu'il n'y parait -comme fort souvent chez cet auteur - Un recueil en forme de lutte, par le boxeur amateur qu'il fut...
...Une lutte à mort, on l'aura bien compris !
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Allantvers
  23 mars 2015
Tout est bon dans le London!
Aussi faut-il ne pas bouder son plaisir de débusquer dans les replis ventrus de son oeuvre plantureuse et nourrie au sang de la vie quelques petites pépites cachées comme autant de sot-l'y-laisse, ce à quoi le format de la nouvelle est parfois réduit par d'aucuns qui le comparent dédaigneusement au cuissot replet du roman.
Et donc de déguster cet "Amour de la vie", recueil de nouvelles frigorifiées, situées aux confins de ces terres extrêmes qui ont tant inspiré l'auteur, auquel le format court de la nouvelle va comme un gant pour explorer en quelques courtes histoires les effets du climat extrême sur les limites ultimes de l'homme animal que nous redevenons tous sous ces cieux exigeants : expérience de la survie, confins du sens de la vie, limites de l'amour, choix fondamentaux...
Outre la nouvelle estomaquante qui donne son nom au recueil et voit un homme abandonné dans un froid sans nom lutter au-delà de tout pour sa vie, j'ai une tendresse particulière pour l'histoire de ce chien loup adopté loin de ses bases oscillant sur le chemin entre sa terre d'origine et le confort de son quotidien, puis faisant son choix, guidé par son instinct...
C'est ça que j'adore chez Jack London et qui traverse toute son oeuvre, condensé à l'extrême ici : cette foi joyeuse et en même temps désespérée en notre animalité, à la fois destructive et salvatrice.
Quel bonhomme, ce Jack!


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gill
  03 mai 2012
"l'amour de la vie","l'histoire de keesh","loup brun","Negore le lâche"...Ce magnifique ouvrage contient huit nouvelles d'aventures de la ruée vers l'or au Klondike.
Ce recueil est l'avant dernier des six de même inspiration écrits par London.
La légende dit que c'est le dernier livre que lut Lénine avant de mourir ! Il est une réflexion sur le sens de la vie à travers plusieurs destins
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Bel-Ami
  12 août 2014
Jack London nous offre ici des nouvelles pleines de mystères et de vitalité , comme l'était le personnage "simple et robuste".
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
raton-liseurraton-liseur   24 juillet 2013
Le vaisseau n’était pas à plus de six kilomètres, il pouvait le voir bien distinctement quand il chassait le brouillard qui était devant ses yeux : il apercevait la voile blanche d’un petit bateau qui coupait la blancheur de la mer éblouissante. Mais jamais il ne pourrait se traîner sur une pareille distance. Il le savait et malgré ça restait calme. Il savait qu’il serait incapable de faire cinq cents mètres et pourtant il voulait vivre : il n’y avait pas de raison qu’il mourût après avoir tant supporté. Le destin exigeait trop de lui ; mourant qu’il était, il refusait de mourir. C’était pure folie peut-être, mais même entre les griffes de la mort il la défiait.
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liratouva2liratouva2   30 avril 2010
Dernier récit lu par Lénine sur son lit de mort.
Ecrit par la femme de Lénine : «Il m’a demandé de lui lire du Jack London. L’Amour de la Vie. Ce récit plaisait énormément à Illitch. C’était une très belle histoire. Dans un désert de glace où aucun humain n’a mis le pied, un homme malade, mourant de faim, cherche à atteindre l’embouchure d’une rivière. Ses forces l’abandonnent, il ne peut pas marcher mais seulement ramper, et derrière lui se traîne un loup – mourant aussi de faim. Un combat se produit entre eux… C’était la dernière fois que je lui faisais la lecture »
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gillgill   06 mai 2012
Dans le silence des solitudes glacées, les personnages de Jack London répondent aux questions que couvre le bruit de la civilisation urbaine, affrontent les problèmes - les vrais problèmes - que masquent ses poisons et ses délices.
Le guide indien qui n'aime pas les images, le mari trompé mis en face de son rival, Negore que sa femme elle-même appelle lâche, le jeune esquimau coupable d'avoir pris la parole au conseil des anciens, la larve humaine qui se traîne jusqu'au rivage dans l'espoir d'y trouver un bateau. Et jusqu'à Loup brun, le chien qui ne cesse de fuir et chaque fois plus loin, pour retrouver son maître ; il donne l'exemple aux hommes.
Blancs ou indiens, sous prétexte de trouver un sens à la vie, tous cherchent le sens de leur vie, c'est à dire : leur vérité.
Ce qu'ils découvrent, le voici....
(extrait du texte d'introduction inséré en début du volume de l'édition parue chez "10/18" en 1977)
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Erik35Erik35   07 février 2017
L'indien fait toujours la même chose de la même façon. Le moose descend toujours des hautes montagnes quand l'hiver est ici ; le saumon vient toujours au printemps lorsque la glace a disparu de la rivière. Chacun fait toute chose de la même façon, et l'Indien sait et comprend. Mais le Blanc ne fait pas de même et l'Indien ne sait ni ne comprend.

[in : "La manière des blancs"]
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liratouva2liratouva2   30 avril 2010
"Alors commença une tragédie, farouche comme jamais il n'y en eut: un homme malade qui rampait, un loup malade qui boitait. Deux créatures traînant leurs carcasses mourantes à travers la désolation, l'une à la poursuite de la vie de l'autre."
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