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Charles-Noël Martin (Traducteur)Jeanne Campbell Reesman (Préfacier, etc.)
ISBN : 2752903235
Éditeur : Phébus (01/01/2008)

Note moyenne : 4/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Voici celui de ses livres que London considérait comme essentiel, singulier en tout cas. Sous le masque d'un poète anglais et de son fils étudiant en Californie, London et Anna Strunsky se sont réellement envoyés des lettres formant ce roman philosophique.
Roman sans romanesque - mais non sans lyrisme.

Où l'amour entre en jeu avec la genèse de l'homme, sa place dans l'Univers, ses rapports avec la machine, la conquête de la matière et l'importa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Erik35
  27 novembre 2017
DE L'AMOUR.
Qu'est-ce que l'Amour ? Comment se déploie-t-il ? Quel doit être le fonctionnement au sein d'un couple, les rapports de pouvoir, les sentiments pour que celui-ci puisse vivre, s'épanouir, perdurer ? Doit-il n'être qu'une agréable et saine collaboration codifiée par avance, un peu à la manière d'une entreprise fondée par deux compères ? Ne peut-il s'obtenir que lorsque les deux protagonistes du couple s'aiment vraiment, pleinement, faisant ainsi passer l'empire de la passion devant celui de la seule raison ? Quelle place laisser, attribuer au futur enfant, quel est le sens même de la filiation ? Autant de questions, éternelles, auxquelles deux auteurs - l'un déjà en pleine ascension, l'autre moins connu mais activiste réputée parmi ses camarades - vont tenter de répondre, avec leur coeur tout autant qu'avec leur esprit, tout au long des trente-neufs lettres que les deux écrivains s'échangèrent, selon un plan vaguement établi à l'avance, sous ce qui s'appellerait bientôt The Kempton-Wace letters, du nom des deux protagonistes, une mère et son fils adoptif, et que l'édition française à traduit par L'amour et rien d'autre.
Unique ouvrage écrit en collaboration de toute l'oeuvre de Jack-London, L'amour et rien d'autre co-écrit avec la romancière, féministe et sociologue socialiste, américaine d'origine russe, Anna Strunsky , il fallut deux années entières aux deux auteurs pour composer, patiemment et à coup de véritables lettres qu'ils s'écrivaient et s'envoyaient, se donnant ainsi le plaisir de la découverte, parfois de la surprise des réponses du partenaire, et même, peu à peu, préfigurant les débuts d'une véritable histoire d'amour à laquelle Anna Strunsky mit définitivement fin tandis que Jack London était à Londres pour son enquête qui aboutirait bientôt à son éprouvant "Le peuple d'en bas" consacré aux quartiers déshérités de la capitale britannique. Il lui proposa le mariage (n'oublions pas que London était déjà marié avec Bess Maddern), un mariage d'amour, cette fois, tandis que pour le premier, il avait avoué à sa femme qu'il ne l'aimait pas, mais qu'elle lui plaisait assez pour faire un mariage réussi. En quelque sorte, c'est exactement ce genre de mariage-là que Jack London alias Herbert Wace avait/veut conclure, tandis que la réalité de la vie le fit de plus en plus pencher la balance vers une relation telle qu'Anna Strunsky alias Dane Kempton défend avec coeur et intelligence. Mais on peut dire sans trop exagérer que son second mariage avec Charmian Kittredge fut un mélange parfait de celui du coeur et de la raison, Charmian étant tout à la fois l'âme soeur aimée ainsi qu'une véritable partenaire de vie, de travail et de réflexion.
Plus que de longs discours, voici, retrouvé dans la correspondance de London, ce qu'il en fut de la genèse de cette oeuvre tout à la fois étonnante, captivante et d'une grande modernité, malgré les théories abracadabrantes de Wace - et surtout inopérantes - qui, pour peut que l'on apprécie le genre épistolaire, se lit avec grande facilité et un vrai bonheur :
«Je ne ma suis pas expliqué au sujet de mon volume de lettres ? Eh bien, en voici la genèse. Une jeune juive russe de Frisco et moi nous nous étions souvent disputés au sujet de nos conceptions de l'amour. Elle s'est révélée géniale. Elle est à la fois matérialiste par conviction philosophique et idéaliste par préférence innée, et elle est constamment en train d'entortiller tous les faits de l'univers de façon à pouvoir se réconcilier avec elle-même. Ainsi, nous avons finalement décidé que la seule manière de discuter la question était de le faire par lettres. Puis nous nous sommes demandés si un recueil de telles lettres ne mériterait pas d'être publié. Alors nous avons assumé chacun un personnage et nous sommes dans une véritable situation d'amour objectif. Bien sûr, nous ne savons pas encore ce qui en résultera.
Voilà pour la genèse de l'oeuvre. Voici ce qu'il avoua à une amie en 1907, tandis qu'il s'était depuis marié avec Charmian, après qu'Anna lui eut refusé sa main :
«Naturellement, mon Amour, tout à fait inhabituel, a été très intense tandis qu'il me possédait ; naturellement, quand je suis amoureux, j'écris des lettres d'amour dans lesquelles je me mets tout entier. Naturellement, la généralisation biologique, dans les lettres, proposées comme règles de conduite, a faussement accrédité ma croyance dans la valeur de l'amour. J'ai dit souvent que j'aurais pu concentrer tous mes arguments dans mes lettres en faisant franchir deux pas de plus à la discussion biologique. "Une heure d'amour ayant la valeur d'un siècle de science." résume la conclusion... d'une... conduite résultant de ces deux pas en avant sans préciser en quoi consistent ces deux pas.»
Sacré Jack London, qui veut bien tomber amoureux... mais avec toutes les mauvaises justifications du monde !
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gill
  07 mars 2013
Sur une cinquantaine d'ouvrages, "Rien d'autre que l'amour" est le seul que Jack London ait écrit en collaboration.
Il est alors un jeune écrivain de 24 ans.
D'origine russe, Anna Strunsky est une jeune étudiante en sociologie à l'université de Stanford, près de San-Francisco.
Elle rencontre Jack London lors d'une conférence commémorative de la commune de Paris.
Partageant les mêmes opinions politiques, ils deviennent, très vite, de bons amis. Ils s'adressent, alors, un abondant courrier dans lequel ils échangent leurs opinions, élevant le débat jusqu'à un niveau intellectuel élevé.
"On peut dire que c'est le désir de collaborer avec Anna Strunsky qui poussa Jack London à écrire ce livre".
C'est un roman sur l'amour. Sa forme épistolaire en est désuète. Pourtant elle s'impose aux deux écrivains pour ce débat philosophique où apparaît leurs divergences de conception de l'amour.
Jack London devint, pour l'occasion, Herbert Wace, un jeune anglais, étudiant en sciences économiques et Anna Strunsky prit le rôle du père adoptif de ce jeune homme imaginaire, le poète londonien Dane Kempton.
Les deux auteurs s'adressèrent réellement leurs lettres par la poste et se suggéraient, après réception, des modifications et améliorations.
Trente-sept lettres figurent, ainsi, au sommaire de ce bel ouvrage, qui fut, assez longtemps et très injustement, négligé dans l'oeuvre de Jack London.
Anna Strunsky poursuivit, sans succès mémorable, une carrière d'écrivain engagé, ainsi qu'une activité politique assez dense. A la mort de Jack London, elle écrivit un livre sur son amitié avec l'auteur américain.
"Rien d'autre que l'amour" est un ouvrage original, assez déconcertant mais au final passionnant et s'il se détache, par la forme, de l'oeuvre de London, il y reste pourtant bien soudé par le style et le talent.
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taktic66
  10 septembre 2014
Je ne m'attendais à rien en abordant cette oeuvre... Ou plutot je m'attendais à une forme de correspondance amoureuse de style romantique. Quel ne fut pas mon étonnement de tomber dans un débat sur l'amour... Deux positions s'affrontent d'un coté la science et de l'autre la poésie.... Un débat qui nous amène à se positionner plusieurs fois d'un coté comme de l'autre... Brillant, c'est une oeuvre philosophique sur la nature humaine.... Un incontournable!!!
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IsaLise
  15 janvier 2014
Un ouvrage méritant d'être lu. L'approche tout d'abord est intéressante : il n'est pas courant de voir ainsi deux auteurs se livrer à une forme de joute littéraire.
Un des personnages (lettres écrites par Jack London) vient de se fiancer, seulement il ne compte pas se marier par amour, mais par "raison". Au contraire, Anna Strunsky prend la plume d'un homme, autrefois mentor d'Herbert Wace (personnage de JL), un poète pour qui la vie prend tout son sens lorsqu'elle est illuminée par l'amour. Chacun d'eux oppose des arguments à l'autre et je me suis surprise à penser "tiens il a raison" puis "ah mais non"... alors que mon coeur allait du côté du poète. :)
Ensuite les thèmes ouvrent largement la voie à différentes réflexions.
Il y est question de poésie, de pragmatisme, de sélection naturelle remplacée par la sélection humaine (et on découvre au passage une réflexion sur l'homme qui s'imagine Dieu), de comportements "naturels" et de culture (par exemple réflexion glaçante et pourtant peut-être pas erronée... du comportement qu'auraient un homme et une femme grandissant sans aucune culture sur une île déserte).
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
gillgill   05 mars 2013
Rappelez-vous bien ceci - limitez une nouvelle à la plus courte période possible - un jour, ou même une heure si c'est possible - ou bien si, comme parfois dans les meilleures nouvelles, une longue période de temps doit être couverte - des mois, par exemple - il vaut mieux suggérer ou esquisser le passage du temps, et raconter l'histoire seulement dans les moments les plus critiques.
C'est vrai vous savez, que le développement ne convient pas à la nouvelle, il se trouve beaucoup mieux dans le roman.
La nouvelle n'est qu'une brève tranche de vie, une seule humeur, une seule situation, une seule action....
(extrait de la dernière lettre du volume, envoyée par Jack London d'Oakland en Californie le 13 octobre 1904 et provenant du volume paru dans la collection "10/18" en 1983)
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PiatkaPiatka   25 juillet 2013
Pour conserver, il faut accepter de perdre, et pour vivre, il faut mourir un peu.
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Erik35Erik35   19 janvier 2017
Toutefois, l'homme est homme parce que la chance a voulu que son intelligence se développe au lieu de son instinct ; autrement, il serait resté jusqu'à ce jour parmi les singes anthropoïdes. Il s'est détourné de la nature ; il est devenu, en quelque sorte, artificiel ; il a commencé à détester la Terre où il se trouvait et a entrepris d'en modifier l'aspect pour le mettre à son goût. Il a tendu, et tend toujours, à accomplir de plus en plus d'actes rationnels.
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Erik35Erik35   19 janvier 2017
Je veux simplement dire ceci : avant de penser, nous ressentons, et le terme de la pensée, c'est le sentiment.
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IsaLiseIsaLise   15 janvier 2014
"Il faut autant de foi que de force pour demeurer soi-même. Quand les apparences se dissipent, que reste-t-il sinon moi ?"
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Videos de Jack London (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Martin Eden, de Pietro Marcello, fut l?un des temps forts de la 76e édition de la Mostra de Venise. Ce cinéaste italien, remarqué avec La bocca del lupo (2009), s?est attaqué au grand roman d?apprentissage plein d?amertume de Jack London. Il a transposé l?histoire à Naples, dans une époque subtilement incertaine.
Le film raconte comment un marin (fiévreux Luca Marinelli, qui a obtenu la Coupe Volpi du meilleur interprète à Venise) s?émancipe de sa condition et devient écrivain au contact d?une jeune et belle bourgeoise. Émaillée d?images d?archives sublimes (sur le peuple de Naples, le port, les bateaux), la fresque éclaire des moments d?harmonie et de conflits intérieurs vécus par le transfuge, tiraillé entre désenchantement et engagement dans la révolution socialiste, à la fois libre et poursuivi par un sentiment de trahison.
Martin Eden, ?uvre d?un humanisme à vif et au lyrisme dépouillé, sortira en salles le 16 octobre 2019.
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