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Louis Postif (Traducteur)
EAN : 9782859406004
224 pages
Éditeur : Phébus (23/10/1999)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 52 notes)
Résumé :
De son aventure au Klondike à l'époque de la ruée vers l'or, London rapportera quelques grammes de métal jaune et le scorbut. Mais aussi, mais surtout une brassée d'histoires violentes qui immortaliseront ce coin déshérité du monde...bientôt abandonné à sa solitude de toujours.

Dans "les enfants du froid" (1902), l'écrivain décide de raconter cette chronique de l'humaine folie "du point de vue indien, comme à travers les yeux des indiens". Lui-même di... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  17 avril 2017

Jack London a été très tôt livré à lui-même. de San Francisco où il est né, il connaît tous les recoins du port et de ses entrepôts, les bars et le whisky qui ne le lâchera plus, les parcs à huîtres qu'il pille, et surtout la bibliothèque qui fera de lui un autodidacte acharné. A 20 ans, il a lu Marx et Darwin. Il survit grâce à toutes sortes de petits boulots et, en 1897, lorsque la rumeur rapporte que des coulées aurifères ont été découvertes dans le Grand Nord, il s'embarque immédiatement pour le Klondike.
Il n'y reste que deux ans, ne se sent aucune vocation de chercheur d'or mais explore passionnément cet environnement étrange où vivent des Indiens qui observent avec étonnement puis avec colère, les bienfaits de la civilisation. « Aussi loin que l'oeil pouvait porter, jusqu'aux bords des crêtes environnantes, on voyait ces êtres en train de percer, de déchirer et de défigurer la nature » (p. 181).
Il reviendra aussi pauvre qu'à son départ mais la tête remplie d'histoires, réelles ou imaginaires, qu'il jette frénétiquement sur des kilomètres de papier.
Les Enfants du froid retracent la vie au bord du Yukon, l'avidité et la rudesse des aventuriers de l'or, leur vie rudimentaire et alcoolisée, leurs espoirs et leurs déceptions mais surtout sa fascination pour les Indiens qui vivent selon les lois de la nature.
Personne ne connaissait les réalités de cette terre inconnue. Jack London en a fait de multiples récits. A l'écoute des natifs, ce qui le touche le plus c'est leur adéquation à la nature, à tout ce qui y vit et leur acceptation de la mort.
Ce livre est un recueil de dix nouvelles qui balaient d'un faisceau très visuel les vicissitudes, les épreuves et les souffrances des Blancs et des "Rouges". Sa manière de raconter ce qu'il a vu et vécu parmi les Indiens, leurs moeurs, leur mode de vie, leurs croyances, leur justice, peut s'assimiler à un travail ethnologique.
Mes nouvelles préférées sont Li-Wan la belle, jeune Indienne aux rêves troublants depuis l'enfance. Lorsqu'elle rencontre des femmes blanches, elle n'a de cesse de leur montrer qu'elle est de leur race avec les quelques mots rudimentaires que sa mémoire a retenus. Son mari la ramène brutalement à la réalité.
L'autre c'est La mort de Ligoun, vieux chef fort respecté qui réunit les tribus alentour pour un plaidoyer sur la nécessité d'établir une paix durable entre elles. le rassemblement commence par « la gourde de l'amitié », un quass amélioré propre à échauffer les esprits et finit dans un bain de sang.
Une préface remarquable de Jeanne Campbell Reesman, chercheur et professeur à l'université du Texas, spécialisée dans les écrivains réalistes et naturalistes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe, ouvre brillamment cette édition Phébus Libretto, traduite par Louis Postif.
Un grand merci à Erik35 qui m'a conseillé quelques titres de Jack London et qui m'a ouvert les yeux sur l'oeuvre de celui qui s'obligeait à écrire mille mots par jour, ni plus ni moins.
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kuroineko
  07 mai 2018
Lorsque, comme des milliers d'autres, Jack London s'élança à son tour vers la ruée vers l'or du Klondike en juillet 1897, il en revint désillusionné quant à ses succès de prospecteur. Il rapporta de cette aventure, outre le scorbut, une multitude de récits sur le Grand Nord et sur les Indiens qu'il y rencontra. de là naquirent les nouvelles qui composent le recueil Les Enfants du froid.
Jack London fit acte ici de pionnier littéraire en s'intéressant de prime abord aux tribus autochtones, à leur quotidien, leurs traditions et leurs rencontres avec l'homme blanc en quête avide du métal jaune. Loin d'être des histoires manichéennes opposant Indiens-bons / Blancs-mauvais, elles démontrent néanmoins l'impact de la "civilisation" anglo-saxonne sur la nature bien sûr et sur les peuplades originelles.
A travers des récits souvent très émouvants par ce que l'intrigue principal laisse deviner de changements, London dépeint le processus d'acculturation en marche.
Une sourde mélancolie émane de ces beaux textes. L'auteur est un puissant narrateur et chaque nouvelle en apporte la preuve. Faisant presque oeuvre d'ethnologue, il cherche à comprendre et à se mettre à la place des Indiens face aux évolutions amenées avec l'afflux massif de Blancs dans ces terres sauvages et hostiles à la limite entre le Canada et l'Alaska.
Comme souvent dans la lecture d'un recueil, si toutes les histoires sont intéressantes, certaines m'ont plu plus que d'autres. J'ai aimé la facétieuse résolution de l'énigme des couvertures volées dans "Le Maître du Mystère" qui aurait pu aussi s'intituler "À shaman, shaman et demi".
"La loi de la vie"m'a beaucoup émue avec ce vieux guerrier désormais trop âgé pour suivre la tribu dans ses transhumances. Laissé sur la neige, presque aveugle, avec un feu et un petit tas de bois, des loups menaçants à proximité, il sait qu'il n'en a plus pour très longtemps et que c'est bien ainsi. C'est la loi de la vie. Un texte magnifique et bouleversant.
Et un recueil à découvrir absolument. Prévoir une petite laine car les nuits du Yukon et du Klondike sont plutôt froides...
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Shan_Ze
  02 novembre 2015
Jack London, revenu du Klondike à l'époque de la Ruée vers l'Or, nous apporte quelques histoires d'Indiens. Des histoires d'amour, de mort, d'aventures, de conflit avec les Blancs...
Une dizaine de nouvelles toutes différentes les unes des autres qui nous font découvrir ces Indiens et leur mode de vie. J'ai beaucoup aimé ces nouvelles même si je n'ai pas tout de suite compris les histoires, il m'a parfois fallu revenir en arrière, mais surtout parce qu'au moment où je les lisais, je n'avais pas la tête assez "libre". Dans l'ensemble, belles histoires, souvent tristes mais qui permettent de nous faire découvrir la vie des Indiens. J'ai préféré la nouvelle Nam-bok, très subtil et qui montre la différence de culture entre les deux peuples.
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solpoin
  16 juillet 2012
Un recueil à ne pas lire en hiver ou en période de baisse de moral. On y retrouve l'univers réaliste et impitoyable de London.
Les histoires ne sont pas toutes heureuses, les personnages sont parfois insupportables, mais on se laisse happer par la cruauté du grand nord, par la neige, par la violence et on dévore toutes ces nouvelles avec plaisir.
C'est vraiment un livre excellent, du grand London!
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JaneEyre
  06 décembre 2020
Jack London est pour moi un monument de la littérature! Un homme qui semble avoir vécu mille vies, un autodidacte, un homme qui a plongé sa plume dans la noirceur des hommes mais qui ne cesse d'émerveiller par sa capacité à parler de liberté, de fraternité, de courage!
Ces nouvelles m'ont toutes semblé remarquables! Souvent très cruelles, mais toujours avec un mystère, une force brute et sourde qui traverse chaque récit et qui ne s'explique pas!
Egalement énorme merci aux editions Libretto car la préface explique des choses très intéressantes sur la raison pour laquelle l'oeuvre de London est restée estampillée « jeunesse » en France et pourquoi elle doit être à présent promue et diffusée car c'est un immense auteur et un être humain d'exception!
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
ClaireGClaireG   17 avril 2017
C’est drôle, dit [Palitloum le Buveur]. Ce liquide, froid comme de l’eau, devient aussi brûlant que du feu. Il retire de la force à celui qui en boit, vieillit les jeunes et rajeunit les vieux. Il pousse l’homme exténué à se lever et à poursuivre sa route ; quant à celui que la fatigue n’a pas encore entamé, il l’accable d’un lourd sommeil.

pp. 155-156
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kuroinekokuroineko   06 mai 2018
Les vieux qui se tenaient près de moi et se défendaient des moustiques avec tant d'énergie étaient le Dernier Chef et Mutsak, jadis camarades de combat et, aujourd'hui,  dépositaires décrépits des traditions et des anciens faits d'armes de la tribu.
Ils étaient les derniers vestiges de leur génération, et ceux de la nouvelle souche, qui avaient grandi à la limite du monde des mineurs, ne leur témoignaient plus le moindre respect.
Qui donc se souciait de la tradition, à cette époque où l'on pouvait évoquer les esprits de bouteilles noires que les hommes blancs, serviables, échangeaient contre quelques heures de sueur ou une fourrure pelée?

"La maladie du Dernier Chef"
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JoedeCarcJoedeCarc   29 mars 2017
Et sur tout cela, pareille à une race monstrueuse de fourmis, s'éparpillait une armée d'hommes, d'hommes couverts de boue, sales, échevelés, qui, pour entrer dans les trous qu'ils creusaient et pour en sortir, devaient ramper, qui se trainaient le long des conduits aériens comme d'énormes scarabées, trimaient et suaient au tas de graviers, qu'ils malaxaient sans répit. Aussi loin que l'oeil pouvait porter, jusqu'aux bords des crêtes environnantes, on voyait ces êtres en train de percer, de déchirer et de défigurer la nature.
Li-Wan fut saisie d'effroi devant ce formidable bouleversement du sol.
- Vraiment ils sont fous, dit-elle à Canim.
- Ne t'étonne pas. L'or qu'ils extraient est une grande chose, la plus grande chose du monde répondit-il.
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Blandine54Blandine54   28 novembre 2018
Ce sont les Solitudes - oui, les Solitudes : les mauvaises terres de l'Arctique, les déserts du Cercle, le pays morne et rude du bœuf musqué et du loup stérile des plaines. C'est ainsi qu'Avery Van Brunt les a découvertes, dépourvues d'arbres, à peine revêtues de mousses et de lichens, sans attrait ni joie, du moins jusqu'à ce qu'il eût atteint les espaces blancs qui figuraient sur sa carte. Alors, il n'en put croire ses yeux : il vit de magnifiques forêts de sapins et des tribus d'Esquimaux dont on ignorait totalement l'existence.
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kuroinekokuroineko   26 avril 2018
Car London, prodigieux raconteur d'histoires sans doute, est bien plus que cela: l'un despremiers à avoir compris - le premier peut-être - que l'homme "moderne" courait à une méchante chute s'il s'avisait d'oublier, un jour, qu'il a des comptes à rendre au monde sauvage, dont il n'est jamais que l'enfant dévoyé.

Note de l'éditeur Jean-Pierre Sicre, 1999
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Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
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