AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Yves Pélicier (Éditeur scientifique)
EAN : 9782264009814
316 pages
Éditeur : 10-18 (08/07/2006)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Situées en des temps et lieux aussi divers que l'époque du quaternaire et un avenir lointain, en Amérique, à Tahiti ou au Mexique, ces huit nouvelles portent l'écho d'une seule et même plainte. Celle de l'homme écrasé par un système économique implacable.
Hommes préhistoriques déjà victimes de ce qui sera le capitalisme, chinois guillotiné par erreur et pour l'exemple, vieux boxeur en quête d'un bifteck avant un match décisif, jeune mexicain offrant la douleu... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Allantvers
  21 mars 2018
Opprimés de tous les pays, Londonisez-vous !
Qui mieux que l'inimitable Jack London peut en effet porter la parole des sans voix écrasés aux quatre coins du monde sous le joug des puissances d'argent ? On retrouve ici, parmi les multiples facettes de l'auteur, le socialiste engagé, homme fort ancré du côté des faibles, puisant comme souvent dans sa propre expérience la matière de ses nouvelles : l'usine, la boxe, le vagabondage, le vaste monde : il connait.
Ce court recueil, percutant comme un uppercut, fait mouche car il nous donne à voir l'oppression sous une variété d'angles assez riche : un angle géographique d'une part, chaque nouvelle se situant sur un continent et dans un contexte culturel différent, accentuant de ce fait le caractère universel du propos ; mais aussi, ce qui m'a particulièrement plu, le fait que London nous expose son sujet, l'oppression capitaliste, par ses deux faces : ceux qui s'y soumettent, et ceux qui y résistent.
Au coolie chinois qu'on assassine sans motif à Tahiti répond dans une autre nouvelle le gamin qui, devenu homme après dix ans d'usine, jette le gant pour prendre la route, ou encore ce professeur d'université qui, à force d'immersion dans les milieux ouvriers qu'il étudie, choisira d'y rester.
Ces contrepoids à la souffrance subie donne à l'ensemble une note d'espérance voire (effet sans doute beaucoup plus recherché par l'auteur à l'époque) titille la fibre révolutionnaire du lecteur ; la nouvelle qui m'a pourtant le plus touchée est l'histoire de Tom King, ce vieux boxer qui monte une dernière fois sur le ring pour une tranche de steack qu'il ne gagnera pas : je retrouve dans cette nouvelle tout mon London, la puissance de ses convictions sur la supériorité des dominants et l'insondable tristesse de ses désillusions.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          400
cmpf
  17 décembre 2017

Parce que j'ai été troublée par Martin Eden, j'ai voulu connaître un autre volet de l'oeuvre de Jack London. Cette fois-ci des nouvelles, toutes dédiées à la lutte des faibles.
La première met en scène un groupe d'hommes préhistoriques et montre comment certains commencent à dominer leurs semblables.
Un enfant mis à l'atelier dès l'âge de sept ans s'est si bien plié au travail répétitif qu'il est devenu presque une machine et rapporte plus d'argent. Mais à la suite d'une grippe qui lui enseigne enfin le repos, il décide de ne plus rien faire. Il y a les petits frères, sa mère veut laisser son second enfant à l'école. Qu'il travaille à son tour !
Du récit du procès de “chinagos”, chinois venus travailler à Tahiti, à la suite d'un meurtre au sein de leur communauté, à celui d'un match de boxe dans lequel l'un des hommes ne gagne plus assez d'argent pour se nourrir correctement et avoir une chance de gagner, c'est l'impuissance qui est en oeuvre.
Il a y aussi la lente “contamination” d'un intellectuel qui pour ses travaux passe dans l'autre moitié de la ville, celle des prolétaires, et peu à peu développe une double personnalité qui finira par être celle qu'il choisira.
Un jeune mexicain met sa vie en jeu dans des combats de boxe uniquement pour obtenir des fonds pour la Révolution.
Un groupe “Les favoris de Midas” exerce un chantage sur les entreprises les plus riches : de l'argent ou un inconnu mourra.
Enfin une grève générale des travailleurs, sans aucun trouble, met les privilégiés face à la nécessité de survivre sans domestiques mais surtout sans nourriture.
Nouvelles qui démontrent sans ambiguïté que London était bien du côté des pauvres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          270
gill
  29 janvier 2012
La nouvelle placée en prologue de ce recueil, intitulée "la force des forts", est l'histoire de Barbe en long et de trois petits-fils à qui il raconte son histoire. Ce récit de souvenirs préhistoriques raconte les premiers pas du clan dans la vallée de la mer, mais Jack London nous offre là une histoire intemporelle qui résume toute l'histoire humaine. Un texte universel.
"le chinago" et "une tranche de bifteck" sont deux autres histoire de ce livre qui laissent sans voix. Ce recueil est peut-être un des plus forts de Jack London.
Son énorme talent fait de son écriture un outil efficace pour conter l'ironie de la condition humaine, quelque-soit le lieu où les circonstances.
Commenter  J’apprécie          90
Pigafetta
  27 décembre 2014
Je ne connaissais pas cette facette de Jack London. Ces courtes nouvelles sont fascinantes. Très "politiques" elles décrivent pour la plupart les rapports de classes et l'oppression de la classe ouvrière au début du XXème siècle.
Le recueil s'ouvre sur "la force des forts" sorte de conte préhistorique retraçant l'évolution de nos sociétés condensée sur la durée d'une génération. Bien qu'intéressant je trouve que le côté trop démonstratif et évident en limite un peu la portée. L'histoire vise à montrer l'absurdité et les dérives de l'accaparement des richesses et des moyens de production par divers stratagèmes.
"Au sud de la fente" m'a particulièrement impressionné; elle décrit un étrange dédoublement de personnalité d'un professeur de sociologie de San Francisco qui s'immerge dans les quartiers populaire de la ville, "au sud de la fente".
D'autres comme "Chinago" ou "Une tranche de bifteck" sont poignantes et mettent en scène l'absurdité de la condition humaine aux prises avec des systèmes qui la dépasse. Dans certaines Jack London utilise sa passion pour la boxe et la met en scène magistralement ("Une tranche de bifteck", "Pour la révolution mexicaine").
Il met également en scéne différentes formes de luttes; les grèves générales dans "Le reve de debs", la révolution dans "Pour la revolution mexicaine", la lutte armée violente de type terroriste dans "Les favoris de Midas". Difficile d'ailleurs de savoir ce que l'auteur en pense vraiment.
On sent transparaitre dans toutes ces nouvelles la révolte de Jack London contre l'organisation du capitalisme au début du XXème siècle. Et on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec notre époque et de constater que sous bien des aspects les choses n'ont malheureusement pas beaucoup changés…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
chartel
  26 août 2016
Jack London sera à l'honneur cet automne avec son entrée dans la fameuse collection La Pléiade dans une nouvelle traduction. C'était donc l'occasion de dépoussiérer un vieux livre de ma bibliothèque (édition de 1973, imprimé en 1974) pour prendre réellement connaissance avec l'oeuvre du célèbre auteur de Croc-Blanc et L'Appel de la forêt.
Les Temps Maudits regroupe huit nouvelles, écrites entre 1901 et 1911. Malgré leur diversité apparente: fable préhistorique, politique fiction ou réquisitoire contre la peine de mort sous le soleil polynésien, ces récits ont tous pour objectif commun de dénoncer la rapacité humaine et de témoigner du terrible sort réservé aux perdants d'un système implacable.
Le Renégat est peut-être celle qui m'a le plus touché. A la manière de Charles Chaplin, Jack London y montre l'absurdité d'un système basé sur l'exploitation par le travail.
Commenter  J’apprécie          60

Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
santorinsantorin   10 juin 2018
Certains apprentis flânaient, perdaient du temps et usaient la mécanique en ne remplissant pas tout de suite les bobines vides. Un contremaître était chargé d'y veiller. Il surprit en faute le voisin de Jeannot et lui calotta les oreilles.
- Regarde ton voisin Jeannot… Pourquoi ne fais-tu pas comme lui ? demanda-t-il avec colère ?
Les bobines de Jeannot tournaient à toute vitesse, mais cet éloge indirect ne l'enthousiasma pas le moins du monde… Jadis, mais il y avait si longtemps ! Il conserva son visage apathique en s'entendant citer en exemple. Il était le parfait travailleur, et il le savait : on le lui avait répété maintes fois. C'était une banalité qui ne signifiait plus grand chose pour lui. De parfait travailleur, il devenait parfaite machine. Quand son travail allait de travers pour lui comme pour la machine, il fallait s'en prendre à un matériel défectueux. Il lui était impossible de se tromper, autant qu'à un parfait moule à clous de produire des clous imparfaits.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
gillgill   29 janvier 2012
Le vieux Barbe-en-long fit une pause dans son récit, lécha ses doigts pleins de graisse et les essuya sur ses flancs laissés à découvert par le fragment usé de peau d'ours qui constituait son unique vêtement.
Accroupis sur leurs jarrets l'entouraient trois jeunes gens, ses petits-fils, Courre-daim, Poil-de-carotte et Froussard-de-nuit. Ils se ressemblaient beaucoup, chichement vêtus de peaux de bêtes, maigres et mal bâtis, hanches étroites et jambes torses, mais avec de vastes poitrines, des bras musclés et des mains énormes...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
dodo3333dodo3333   11 mai 2019
À force de réflexions pareilles, Tom King en arriva, chose bizarre, à entrevoir une vision de la Jeunesse, se dressant magnifique, triomphante, invincible avec ses muscles souples et sa peau soyeuse, avec son cœur et ses poumons jamais fatigués ni déchirés, et se riant des limites de l’effort. Oui, la Jeunesse prenait forme de Némésis. Elle démolissait les vieux sans songer qu’en agissant ainsi elle se détruisait elle-même. L’effort lui élargissait les artères et lui brisait les jointures, et son tour venait d’être annihilé par la jeunesse. Car la jeunesse est toujours jeune, et il n’y a que l’âge qui vieillisse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
chartelchartel   21 août 2016
Cette semaine, je n'ai pas bougé du tout. Voici des heures et des heures que je ne fais pas un seul geste. Et je trouve magnifique de rester assis là à ne rien faire pendant des heures et des heures.Jamais auparavant je n'avais goûté le bonheur: je n'en avais pas le loisir. J'ai remué tout le temps: ce n'est pas le moyen d'être heureux, et je ne remuerai plus. Désormais je m'immobilise, je m’asseois, je me délasse, je me repose encore, et je recommence à me reposer!
[Le Renégat]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
chartelchartel   21 août 2016
Il entendit un commandement bref du maréchal des logis. Ah-Cho ferma vivement les yeux. Il sentit le couperet, pendant l'infini d'un bref instant.
Commenter  J’apprécie          20

Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
+ Lire la suite
autres livres classés : nouvellesVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox

Vous aimez ce livre ? Babelio vous suggère




Quiz Voir plus

l'appel de la foret

comment s'appelle le chien ?

holly
Buck
Billy
Rachid

3 questions
179 lecteurs ont répondu
Thème : L'appel de la forêt de Jack LondonCréer un quiz sur ce livre