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Citations sur Martin Eden (334)

colimasson
colimasson   28 mars 2012
Il était trop abruti pour penser, bien qu’il fût mécontent de lui-même. Il se dégoûtait, comme s’il avait subi une dégradation morale, une diminution de sa valeur intrinsèque. Tout ce qui le rendait semblable aux dieux était annihilé ; aucune ambition ne l’éperonnait plus. Son âme semblait morte. Il n’était plus qu’une bête –une bête de somme. La beauté du soleil, perçant de flèches d’or le feuillage, ne le frappait plus ; l’azur du ciel ne lui murmurait plus rien ; les secrets de la nature et l’immensité du mystérieux univers ne l’attiraient plus. La vie était intolérablement monotone, stupide, amère au goût. Un écran sombre recouvrait le miroir de sa vision intérieure et sa fantaisie dormait dans une chambre de malade où ne pénétrait aucun rayon de soleil.
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colimasson   28 mars 2012
Une fois, je suis tombé malade de la typhoïde. A l’hôpital, deux mois et demi, sans rien faire. ca, c’était vivre… C’était vivre !
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colimasson   28 mars 2012
Alors, comme de jeunes taureaux, ils bondissent l’un vers l’autre, les poings nus, de toute l’ardeur de leur haine, de tout leur désir de détruire, de tuer. Que sont devenus les milliers d’années de civilisation et de nobles aspirations ? Il ne reste plus que la lumière électrique pour marquer le chemin parcouru par la grande aventure humaine. Martin et Tête-de-Fromage sont redevenus deux sauvages de l’âge de la pierre. Ils sont redescendus au plus profond des abîmes limoneux, dans la fange primordiale et ils luttent aveuglément, instinctivement comme lutte la poussière d’étoiles, comme lutteront les atomes de l’univers, éternellement.
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colimasson   28 mars 2012
Jusqu’à présent, j’ignorais la signification de la beauté. Elle s’imposait à moi, voilà tout, sans rime ni raison. Maintenant je commence à savoir. Cette herbe –à présent que je sais pourquoi c’est de l’herbe et comment elle l’est devenue-, me paraît plus belle. Mais c’est tout un roman, que l’histoire du moindre brin d’herbe et un roman d’aventures ! Cette seule idée m’émeut. Quand je réfléchis à tout ce drame de la force et de la matière et à leur formidable lutte, j’ai envie d’écrire l’épopée du brin d’herbe !
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colimasson   28 mars 2012
De tout temps, il avait emmagasiné beaucoup de choses dans des cases séparées de son cerveau. Ainsi, il en savait énormément sur la navigation. Sur les femmes également. Mais entre ces deux sujets il n’établissait aucun rapport. Qu’au point de vue scientifique, il pût y avoir une corrélation quelconque entre une femme sujette aux vapeurs et un schooner bravant la tempête lui aurait semblé ridicule, impossible. Herbert Spencer lui démontra qu’il est au contraire impossible qu’il n’y ait pas corrélation. Tout est relié à tout, depuis les myriades d’atomes qui composent un grain de sable sur la plage.
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colimasson
colimasson   28 mars 2012
[…] les hardis yeux noirs ne pouvaient rien lui offrir de neuf. Il savait ce qu’il y avait derrière : de l’ice-cream et un vague intérêt de plus. Mais les yeux angéliques là-bas lui offraient bien mieux et plus qu’il ne pouvait imaginer : des livres et de la peinture, le repos et la beauté, toutes les élégances physiques et morales d’une existence raffinée. Il connaissait par cœur ce que dissimulaient si mal ces yeux noirs : il voyait, comme un intérieur de montre, tous les rouages de la pauvre mécanique cérébrale ; le bas plaisir en était le but, le plaisir morne menant à la mort absolue de toute espérance. Mais dans les yeux angéliques s’offraient le mystère, l’enchantement, l’au-delà. En eux miroitait le reflet d’une âme et aussi un peu de son âme à lui.
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colimasson   28 mars 2012
Tout se coalisait pour l’empêcher de s’élever, sa sœur, la maison de sa sœur et sa famille, Jim, l’apprenti, toutes ses connaissances, ses moindres attaches. Et il trouva un goût amer à l’existence. Jusqu’alors il l’avait acceptée telle qu’elle était et trouvée bonne. Il ne l’avait jamais interrogée, excepté dans les livres : mais ces livres étaient pour lui des contes de fées parlant d’un monde impossible et magnifique. A présent qu’il avait vu ce monde possible et réel, dont cette femme-fleur, Ruth, était le centre, tout le reste n’était qu’amertume, désirs douloureux et désespoirs exaspérés par l’espoir même.
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colimasson   28 mars 2012
Il la regardait fiévreusement, sans se rendre compte de la fixité de son regard et du fait que toute la masculinité de sa nature luisait dans ses yeux. Mais elle, qui savait peu de choses des hommes, sentait la brûlure de ce regard. […] Gênée, elle s’interrompit au milieu d’une phrase, le fil de ses idées était coupé net. Il l’effrayait et, en même temps, elle trouvait agréable d’être regardée ainsi. Son éducation l’avertissait d’un danger et d’une tentation mauvaise, subtile, mystérieuse. D’autre part, parcourant tout son être, son instinct l’induisait à rejeter l’esprit de caste et à séduire cet habitant d’un autre monde, ce rude jeune homme aux mains abîmées, au cou marqué à vif par le frottement inaccoutumé d’un faux col et qui, trop évidemment, était souillé, dégradé par une pénible existence. Elle était pure et son sens de la propreté morale se révoltait –mais elle était femme et elle commençait à apprendre les paradoxes de la femme.
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