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Francis Lacassin (Éditeur scientifique)
EAN : 9782221053485
1252 pages
Éditeur : Robert Laffont (25/02/1988)

Note moyenne : 4.7/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Jack London : 1876-1916. Quarante années de vie remplies par une cinquantaine de volumes, des pièces de théâtre, des poèmes, des articles et reportages, des discours enflammés pour la cause du socialisme.

Une vie brève et dense à laquelle il mit fin lui-même comme l'avait déjà fait le héros de son roman autobiographique, Martin Eden. Jack London est mort dans son ranch de Glen Ellen, à quelques heures de cheval de sa ville natale, San Francisco.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
candlemas
  14 novembre 2018
Non, les enfants, Jack London n'a pas écrit que Croc-blanc et L'Appel de la forêt, et il me faut rendre hommage à cette édition Bouquin de Robert Laffont grâce à laquelle j'ai pu découvrir ce grand auteur, prolifique, sous ses différentes facettes.
Buck, inspiré du thème darwinien de la lutte pour la vie, ce chien qui retourne à la vie sauvage, malgré la rudesse et et la peur, déçu par les trahisons de la vie domestique, c'est lui, c'est Jack London. Jack London, dans sa vie et son oeuvre, incarne comme son personnage une version désenchantée, mais tellement plus charnelle, du Mowgli de Kipling.
Ouvrant ce recueil de romans et récits autobiographiques, l'écrivain famélique qui lutte pour se faire reconnaître sans perdre son âme donne le La, en contestant par son apprentissage malheureux le surhomme de Nietzche. Bien sûr, Jack London connaîtra, lui, le succès, mais estimera toujours son oeuvre incomprise. Or, la quête de reconnaissance pouvait aller, pour cet homme avide de vie et d'émotion forte, jusqu'aux pensées suicidaires ... aussi, pour moi, ne parler que de Croc-blanc le concernant, c'est le tuer un peu. Merci Martin Eden.
Jack London est aussi un écrivain de la mer. Lui qui mourra en 1916 des suites de son voyage autour du monde à bord du Snark -probablement l'un des grands amours de sa vie- , n'aura pas attendu sa fortune d'écrivain pour s'embarquer, n'ayant rien à envier à RImbaud et Henri de Monfreid.
Dès l'âge de 15 ans, ce prolétaire -on y reviendra- quittait son travail à la conserverie de la baie de San Francisco, pour répondre à l'appel du large... et du gain. achetant son premier sloop pour devenir pilleur d'huîtres. Puis, sur les traces de Moby Dick -ou presque-, on le retrouve deux ans plus tard croisant le détroit de Bering à la chasse au phoque.
Les Pirates de San Francisco, La Croisière du Dazzler et le Cabaret de la Dernière chance, d'autres nouvelles encore, relatent cette tranche de vie. Côté face, Jack London se met en scène dans les Pirates de San Francisco comme ex braconnier converti, désormais membre de la patrouille de pêche. Côté pile, il nous révèle sa rencontre avec un autre compagnon, qui l'accompagnera tout au long de sa courte vie : l'alcoolisme.
Enfin, Les Vagabonds du Rail et le Peuple de l'Abîme sont là pour nous rappeler que ce lecteur attentif de Marx, écrivain engagé, sait de quoi il parle quand il évoque les "exclus" du rêve américain.
Ce trimardeur -durant une partie de sa vie- nous évoque avec la gouaille d'un Léo Malet californien ses démêlées avec les rosses et l'art de se cramponner sous un train pour voyager à l'oeil... mais c'est dans le Londres du Peuple de l'Abîme, qu'il explorera plus tard comme journaliste "infiltré" que son engagement socialiste se révèle le plus clairement, avec la force réaliste et charnelle d'un grand humaniste.
Reporter, explorateur et formidable conteur, Jack London l'est aussi dans le Mexique Puni et maintes autres nouvelles. Dans la Croisière du Snark, au contraire, au delà de l'invitation au voyage, se révèle l'intimité d'un être complexe, d'ombre et de lumière, qui, derrière l'aventurier que rien ne semble effrayer, écrivain reconnu, s'observe avec lucidité face au néant.
Suur la fin de sa vie -à même pas 40 ans- , il semble contempler ses doutes, ses peurs, ses addictions et passions, les confronter à une vie et à une oeuvre créative -qui, chez lui, ne font qu'un- . le vertige d'un ciel muet semble souvent l'emporter sur cette incroyable vitalité terrienne qui le porte dans sa course effrénée. Aussi, à la fois lumineux comme Saint-Ex et ténébreux comme Gainsbarre, après une vie de questionnement permanent, de découverte de soi, des forces sociales et naturelles, de lutte sans compromis pour une vie libre à 360 °, Jack London disparaît en 1916 tel une étoile filante, sa vie brûlée au gasoline, mais en un trait de lumière ô combien magnifique !
Non, les enfants, Jack London, ça n'est pas que Croc-Blanc. Même si son écriture est parfois lapidaire au point de sembler sommaire -mais peut-être faut-il le lire en anglais ?...- , cet homme là est pour moi à mettre au panthéon de ces écrivains qui... comment dire... nous font toucher du doigt les blessures du Christ ! Aux côtés de Steinbeck, Hemingway, ou Malraux, Jack London parle à la fois à l'intelligence, au coeur et aux tripes... avec la liberté de ton et la beauté sauvage d'un chien-loup retourné à la vie sauvage. Des ruelles de Londres à la baie de San Francisco, du Yukon au détroit de Bering, sa voix résonne depuis longtemps et pour longtemps dans mon âme de lecteur.
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andreepierrette
  05 février 2014
concerne Martin Eden, voir critique et citation
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   16 novembre 2019
Le cabaret de la dernière chance

Toute cette histoire remonte à un jour d’élections. Par un brûlant après-midi californien, j’étais descendu à cheval dans la Vallée de la Lune, de mon ranch au petit village, pour voter toute une série de réformes qu’on voulait apporter à la constitution de l’État de Californie. Il faisait si chaud que j’avais bu plusieurs verres avant même de jeter mon bulletin dans l’urne, et pas mal d’autres après le vote. Puis j’avais traversé, toujours à cheval, les collines couvertes de vignes et les prairies onduleuses du ranch, et j’arrivais à point pour l’apéritif et le dîner.

— Comment as-tu voté sur le suffrage des femmes ? me demanda Charmian.

— J’ai voté pour.

Elle poussa une exclamation de surprise. Je dois dire que, dans ma jeunesse, malgré mon ardente foi démocratique, je m’étais déclaré adversaire du vote féminin. Quelques années après, devenu plus tolérant, je l’avais accepté sans enthousiasme, comme un phénomène social inévitable.

— Explique-moi donc pourquoi tu as voté pour ? insista Charmian.
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Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
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