AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Bernard Hoepffner (Traducteur)
EAN : 9782910233013
Éditeur : 1001 Nuits (02/03/1998)

Note moyenne : 4.05/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Un steak est la plus réussie des quatre nouvelles de Jack London évoquant le " noble art " : le texte dépouillé au ton clinique et à la précision millimétrique donne au lecteur le sentiment de pénétrer au coeur même de l'agir pugilistique.
Cet effet de réel doit beaucoup à la longue expérience de praticien et d'observateur de la boxe de l'auteur de Martin Eden.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
GabySensei
  12 février 2013
Cette courte nouvelle est extraordinaire!
C'est sans doute le meilleur texte que j'ai lu sur la boxe et sur l'art du combat en général. On sent que Jack London était un amateur éclairé et il a su mieux que personne nous faire entrer "au coeur de l'agir pugilistique".
En plus de toutes ces qualités ce texte est émouvant. Il nous raconte le combat d'un boxeur sur le retour, qui doit reprendre les gants pour payer ses dettes:
"Il rit avec le plus de conviction possible tandis qu'elle se serrait plus fort contre lui. Par-dessus ses épaules, il regarda la pièce vide. C'était tout ce qu'il possédait au monde, avec un loyer en retard, plus elle et les gosses. Et il quittait tout cela pour aller chercher dans la nuit la nourriture pour sa compagne et ses petits - pas comme le travailleur moderne rejoignant sa corvée machinale mais à la manière animale ancienne, primitive, royale: en se battant pour l'avoir."
Il doit partir au combat le ventre creux car le boucher n'a pas voulu lui faire l'avance d'un steak. Il lui faudra économiser ses forces car son adversaire est beaucoup plus jeune que lui. Ce sera le combat de la sagesse et de l'expérience contre celui de la jeunesse. Là encore Jack London excelle à nous décrire la stratégie des combattants. Ce n'est pas évident car un combat est toujours rapide et si l'on réfléchit, on a perdu. C'est pourquoi l'entrainement est si important. Il permet de réfléchir et d'acquérir des automatismes qu'il faudra mettre en place en un instant durant le combat.
Tout cela est magnifiquement rendu dans ce texte qui dit beaucoup de choses en peu de mots. C'est selon moi la marque des grands écrivains.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          290
Clelie22
  23 mai 2020
A 40 ans, Tom King est vieux. Un vieux boxeur au coeur fatigué et aux jointures usées. Un ancien champion qu'on oppose aux jeunes rookies pas encore cotés. Ce soir-là, c'est une simple soupe de pain dans le ventre et 2 kilomètres dans les jambes qu'il doit affronter sur un ring de second ordre un jeune boxeur néo-zélandais pas encore connu. Son expérience suffira-t-elle à vaincre la fougue de son fringant adversaire ? Si seulement le boucher avait bien voulu lui faire crédit d'une tranche de bifteck...
Je ne suis pas très sport en général mais la boxe est peut-être le sport que je trouve le plus débile. N'en déplaise aux afficionados, il me semble qu'il consiste simplement à parer du nom de sport, l'une des occupations les plus primaires de l'homme, à savoir taper sur son prochain par n'importe quel moyen, de la pichenette à la bombe atomique. La boxe consiste quand même à taper sur son adversaire jusqu'à ce qu'il ne soit plus capable de se relever ! Et on appelle ça un sport... Cela dit, j'aime beaucoup certains films de boxe comme de l'ombre à la lumière ou Million dollars Baby. Et j'ai été complètement captivée par la nouvelle de Jack London. Je l'ai commencée sans savoir du tout de quoi elle traitait et le style exceptionnel de l'auteur m'a fait faire corps avec Tom King. Je suis restée accrochée jusqu'au bout. London nous livre non seulement le récit d'un combat haletant dont l'issue paraît certaine jusqu'au moment où il commence. Alors, on se prend à espérer que Tom l'emporte. Ce récit sensible exprime bien tout le désarroi de ce vieux boxeur. Lui qui a été le jeune champion qui se faisait les dents en écrasant les vieux est devenu le vieux qu'on oppose à la jeunesse. Mais, alors que son adversaire ne se bat que pour la gloire, lui se bat pour nourrir sa famille. Arrivera-t-il à vaincre la fatalité ?
En résumé : Un récit superbement écrit, haletant, prenant, touchant. À écouter sur France Culture, lu par Bernard-Pierre Donnadieu pour le régal des oreilles.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Malise
  05 novembre 2020
Poignante et condensée, cette nouvelle de Jack London frappe au coeur. La boxe ? La boxe c'est la toile sur laquelle l'auteur tisse l'histoire d'un affrontement entre une jeunesse fringante, vantarde et, souvent, trop sûre d'elle et la vieillesse riche de son expérience mais physiquement dépassée. Les temps sont durs pour ces boxeurs de seconde zone, presque oubliés, vieux à quarante ans et qui n'ont d'autre ambition que de gagner de quoi manger et nourrir leur famille quand leurs jeunes adversaires ambitionnent la gloire et ses fastes. Jack London nous plonge le temps d'un match, d'un dernier match, dans la vie cabossée de l'un d'entre eux, une vie qui ne tient qu'à un steak, une vie de coups et de mauvais coups, gagnée et perdue à la force des poings.
Commenter  J’apprécie          30
Cannobia
  14 février 2019
Petit bouquin mais grand impact !
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (5) Ajouter une citation
EffeLouEffeLou   07 novembre 2014
Et lui, il n’avait rien à gagner, sinon trente livres pour payer le propriétaire et les commerçants. Et tandis que Tom King ruminait de la sorte, lentement, il fut envahi par une vision de la jeunesse, une jeunesse glorieuse se dressant triomphante, invincible, avec ses muscles souples et sa peau soyeuse, avec son cœur et ses poumons qui jamais encore n’avaient été fatigués ni déchirés, insouciante des limites imposées à l’effort. Oui, la jeunesse était la fatalité. Elle détruisait les vieux sans être consciente que, par la même occasion, elle se détruisait elle-même. Elle élargissait ses propres artères et broyait ses jointures, avant d’être à son tour détruite par la jeunesse. Car la jeunesse est toujours jeune. Seul l’âge vieillit. Il tourna à gauche dans Castlereagh Street et, trois pâtés de maison plus loin, s’arrêta devant le Gayety. Une foule de jeunes voyous qui traînaient devant la porte s’écartèrent respectueusement sur son passage, et il entendit l’un deux dire à un autre : "C’est lui ! C’est Tom King !" à l’intérieur, sur le chemin du vestiaire, il croisa le secrétaire, un jeune homme aux yeux perçants et au visage ouvert qui lui serra la main.

– Comment ça va, Tom ? demanda-t-il.

– Comme un charme, répondit King en sachant pertinemment qu’il mentait et que, s’il avait eu une livre, il l’aurait échangée sur-le-champ contre un bon steak.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
GabySenseiGabySensei   11 février 2013
Assis dans son coin et observant son adversaire de l'autre côté du ring, la pensée lui vint que l'alliance de sa sagesse avec la jeunesse de Sandel ferait un champion du monde des poids lourds. Mais c'était justement là le problème. Sandel ne deviendrait jamais champion du monde. Il lui manquait la sagesse et son seul moyen de l'obtenir était de la payer de sa jeunesse. Lorsqu'il posséderait la sagesse, il aurait dépensé sa jeunesse à l'acheter.
(P49)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
deriblekderiblek   04 avril 2012
Avec son dernier morceau de pain. Tom King nettoya son assiette, enleva la dernière trace de sauce blanche et mâcha lentement, pensivement, cette ultime bouchée. Lorsqu'il se leva de table, il fut accablé de s'apercevoir qu'il avait encore faim.
Commenter  J’apprécie          40
EffeLouEffeLou   07 novembre 2014
"(La boxe) est inscrite dans notre être aussi profondément que l’est notre conscience et sa texture est identique à celle de nos propres fibres ; elle se développe en nous exactement comme le langage lui-même. C’est une passion instinctive attachée à nos racines."
Commenter  J’apprécie          30
GabySenseiGabySensei   11 février 2013
Disons tout de suite qu'un homme n'a en lui qu'un nombre déterminé de combats. C'est une règle de fer de jeu (la boxe). L'un peut avoir en lui une centaine de combats difficiles et l'autre une vingtaine seulement. Chacun en fonction de sa constitution et de sa force, en a un nombre déterminé et quand il les a faits, il est cuit.
(P33)
Commenter  J’apprécie          10

Videos de Jack London (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jack London
Jack London : Faire un feu (France Culture / Samedi noir). Émission “Samedi noir” diffusée sur France Culture le 12 novembre 2016. Production : Blandine Masson. Image : dessin de Patrick Chabouté pour son adaptation en bande dessinée de la nouvelle “Constuire un feu” de Jack London. Un homme qui voyage seul dans le Yukon confronté au plus destructeur de ses ennemis : le froid. Traduit par Marc Chénetier. Réalisation : Christophe Hocké. En direct du studio 110, de la Maison de la radio. Lecture Carlo Brandt. Musique composée par John Greaves. À l’occasion de la parution dans La Pléiade des “Romans, récits et nouvelles” de Jack London en octobre 2016, édition publiée sous la direction de Philippe Jaworski. “Faire un feu” (paru en août 1908 sous le titre “To build a fire” dans le Century Magazine) est “le compte rendu” terrible et tragique " (pour reprendre le titre de l'essai de London sur les thèmes et les ressorts de la grande littérature), minutieusement agencé, d'une inexorable descente dans l'enfer du froid, la plus brutale description, et littérairement la plus parfaite, de la rencontre meurtrière du chétif corps humain, minuscule atome de vie perdu dans un infini de la blancheur, avec le plus immatériel et le plus destructeur de ses ennemis. Le récit n'est nulle part ailleurs chez London aussi dépouillé et concentré que dans ces pages. Comme dans bien d'autres nouvelles, ce n'est pas une intrigue qu'il déploie ou qu'il développe, mais une situation d'affrontement, un état de tension, qu'il mène, degré par degré, jusqu'au point de rupture. […] Dans un silence jamais rompu par aucune parole directement prononcée se déroule, rythmée par le passage des heures, la tragédie de la lente détérioration du corps, en même temps que s'amenuise l'espoir de survie. […] Marc Chénetier. Note publiée dans La Pléiade, extraits. Musiciens : John Greaves, Piano, chant Laurent Valero, Alto, violon, flûte, bandonéon Scott Taylor, Accordéon, kalimba, percus, cuivres Assistant à la réalisation : Pablo Valero Source : France Culture
+ Lire la suite
autres livres classés : boxeVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

l'appel de la foret

comment s'appelle le chien ?

holly
Buck
Billy
Rachid

3 questions
179 lecteurs ont répondu
Thème : L'appel de la forêt de Jack LondonCréer un quiz sur ce livre