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EAN : 9782842612023
295 pages
Éditeur : Le Serpent à plumes (14/03/2000)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 59 notes)
Résumé :
En 1929, au faîte de sa gloire, Albert Londres décide d'entreprendre une grande enquête sur un sujet qu'il connaît mal : les juifs. Au terme d'un périple qui, de Londres à Prague, en passant par les ghettos de Pologne et de Transylvanie, le conduira jusqu'en Palestine, il rentre avec vingt-sept articles qui formeront la matière de ce livre : Le juif errant est arrivé. Dix-huit ans avant la création de l'État hébreux, Albert Londres se montre optimiste sur le sort de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
ClaireG
  15 août 2015
La critique de Junie m'avait donné envie de relire Albert Londres, journaliste passionné et intrépide. J'en ai lu plusieurs mais ne connaissais "Le Juif errant est arrivé" que de titre. J'ai souri aux nombreuses sautes d'humour de l'auteur, j'ai cheminé et grelotté avec lui dans la neige glacée des montagnes de Transylvanie, j'ai pleuré avec ces femmes décharnées qui n'arrivaient pas à nourrir leurs petits, j'ai retenu ma respiration dans le ghetto de Varsovie, j'ai chanté lorsque nous sommes entrés dans Tel-Aviv, la magnifique, j'ai célébré le courage et la détermination de ces pèlerins qui ont, enfin, trouvé une terre où ils doivent toujours se battre aujourd'hui, 86 ans après les constats d'Albert Londres.
Les courts chapitres sont autant de documentaires sur une époque, certes, révolue mais pas lointaine. Beaucoup de réponses sont données aux interrogations d'aujourd'hui et c'est aussi en cela que réside l'intérêt et la beauté de ce petit ouvrage ayant tout d'un grand.
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Junie
  25 juillet 2015
Si vous n'avez jamais lu Albert Londres, croyant qu'il s'agit d'un ennuyeux correspondant de presse, ou d'un de ces reporters en quête de sensationnel, hâtez-vous de corriger cette lacune. Car cet homme-là, c'est Tintin, c'est Rouletabille, un mousquetaire de la plume, un Cyrano des rotatives, un lanceur d'alerte, de ceux qui réveillent les consciences satisfaites et les estomacs repus, avec brio, avec humour, avec ténacité.
Il n'écrit que sur ce qu'il connait, et donc il va voir sur place, dans les bagnes, les hôpitaux, au fin fond des ghettos ou dans les quartiers louches du Moyen-Orient, et parle de choses soigneusement ignorées et politiquement très incorrectes. Il s'attaque à des sujets qui sont encore et toujours actuels: le dopage des sportifs, la condition inhumaine des détenus et des fous, le sort des minorités ethniques et religieuses, la discrimination, la misère extrême.
Il en fait des articles, puis des livres, et par la grâce de son style vivant, ironique, sensible, et l'authenticité de ses récits, cette écriture bouleverse les lecteurs. Depuis sa mort en 1932, il reste un modèle pour toute sa profession.
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Cacha
  14 avril 2019
Ce grand reporter a décidé de suivre le chemin de certains juifs de l'Europe de l'Est à la Palestine. Il livre là un éloge des débuts du sionisme. Il nous montre la misère du petit peuple d'Europe centrale, ce qui explique que la pensée d'une terre promise les revigore. Cependant les plus religieux pensent que l'heure du Messie n'a pas encore sonné là-bas.
Malgré sa partialité, l'analyse d'Albert Londres en 1929 s'avère visionnaire. L'auteur souligne aussi le rôle trouble joué par Balfour et ses compatriotes, les Arabes poussés par des rumeurs à attaquer les juifs de Palestine les plus faibles et non les conquérants sionistes.
Aujourd'hui les rôles se sont inversés et j'ose espérer que le journaliste aurait changé d'opinion.
Au point de vue stylistique, j'ai beaucoup admiré les descriptions des lieux et des êtres humains.
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Acerola13
  26 septembre 2020
J'ai déjà lu une bonne dizaine de livres d'Albert Londres, je sais donc à quoi m'attendre avec cet auteur que j'apprécie énormément.
Cet ouvrage ne diffère pas des précédents, et souligne à nouveau la grande lucidité de ce reporter infatigable. Comme on peut le deviner au titre, Albert Londres s'attache ici à faire un reportage sur les Juifs et leurs différents modes de vie en fonction des pays dans lesquels ils se sont installés.
On embarque rapidement pour Londres, qui résonne encore de la déclaration de Lord Balfour, et qui voit se faire face les Juifs "assimilés", prêts à aider financièrement leurs coreligionnaires qui se préparent à partir pour la Palestine, sans pour autant choisir de faire eux-mêmes le voyage, trop attachés à leur position confortable. Dès les premiers chapitres, l'auteur s'attarde sur le lien qu'entretiennent les Juifs à la Palestine, souvent relatif à leur niveau de vie ou à leur origine.
Albert Londres poursuit ensuite par un portrait de Théodore Herzl et de sa quête auprès des souverains occidentaux pour donner au peuple juif une terre qui lui serait propre ; si sa démarche fait l'admiration de beaucoup, d'autres lui reprochent la rumeur d'acceptation d'une terre en Ouganda, tandis que d'autres remettent en question la géographie véritable de la "terre promise".
Sur ce, notre reporter s'embarque pour Prague et son cimetière, puis poursuit en Bohême et dans des villes à forte population juive, comme par exemple Moukatchevo, aujourd'hui en Ukraine et à l'origine coincée entre Russie soviétique, Hongrie, Tchécoslovaquie et Roumanie. Comme souvent avec Albert Londres, ses récits et ses rencontres se révèlent de véritables anecdotes géopolitiques : l'instauration des frontières empire la pauvreté des communautés jusqu'alors habituées au travail saisonnier dans les régions voisines.
Le voyage se poursuit jusqu'à Jérusalem, où l'auteur, après avoir commenté les pogroms d'Europe de l'Est, assiste impuissant aux tentatives de création de l'État d'Israël, qui se heurtent à la résistance des Arabes, vivant jusque-là en bonne intelligence avec les Juifs "autochtones", mais rétifs à l'immigration très importante venue du monde entier.
Sans porter de jugement strict, l'auteur nous révèle la grande misère dont les Juifs sont l'objet en Europe de l'Est, et les espoirs fous qui les agitent lorsqu'ils pensent à la Palestine, malheureusement déjà "occupée". le Juif errant est arrivé fait partie pour moi des meilleurs reportages de son auteur, même s'il comporte une dimension plus violente que certains autres reportages, bien sûr à l'image de ce dont il a été témoin sur place.
Encore une fois, un vrai plaisir de lecture !
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ChezVolodia
  03 octobre 2018
J'ai littéralement dévoré ce livre, en l'écrivant Albert Londres ne pouvait savoir ce que celui-ci aurait de prophétique. A la lecture de son récit, on assiste à la résurgence d'un monde abandonné, disparu en Europe Centrale et Orientale, entre les vagues successives de pogroms programmés par : le Tsar, organisés par : les églises Orthodoxes, Catholiques, les Etats : comme la Ruthénie Subcarpatique, spontanés : comme la Pologne et bien d'autres encore.
Le juif désigné comme bouc émissaire de tous les maux, "n'oublions pas qu'ils ont crucifié le christ", qu'ils sont cupides et avares (avec comme seul métier autorisé celui de l'or, difficile de faire autrement). la possession de terres leur est interdite. Ils sont soumis au bon vouloir des rois, princes et seigneurs régnants. Tout en se devant de leur prêter de l'argent qu'on évitait de rembourser en préparant un pogrom.
Ces juifs vivant en vase clos très pieux au demeurant, voyant d'un mauvais oeil ces juifs fiers de l'être, libérés, qui relevaient la tête, venant dans leurs shetlets venant recruter des pionniers pour la terre promise (qui selon les hassids ne pouvaient leur être donnée que par Dieu). Malgré la joie d'un retour sur la terre leur ancêtres, la peur de l'inconnu, malgré la menace des pogroms, était souvent la plus forte, d'autant que leurs rabbins prononçaient des anathèmes envers tous ces apikorsim.
Cette différence entre pieux et intégrés, Orient et Occident, Ashkénazim et Séfardim existe toujours de nos jours et pose de grands problèmes en Israêl. Avec le recul et en lisant ce livre on comprend un tout petit mieux pourquoi la suite est arrivée. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque les fellahs vendaient eux-mêmes leur terre aux juifs à un prix prohibitif et que le grand Muffti de Jérusalem, bien avant de serrer la main de Hitler, n'a pas hésité à monter les fellahs et tous les autres Arabes en organisant des pogroms envers les hassids, qui eux ne portaient pas, ne portent toujours pas et ne porteront jamais les armes.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
sarasvatisarasvati   06 octobre 2010
p.167/Nous marchions dans Marszalskowska, direction du Bacchus, qui est un fameux restaurant de Varsovie. Ben acheta un journal yiddisch et le parcourut.
- En quelle année croyez-vous être ? me demanda-t-il.
- En 1929.
- Nous sommes en 5690.
Et il me montra le chiffre sur la manchette.
- Pour les lecteurs de ce journal, le monde commence avec Adam. C'est juste, mais je vous prie de prêter attention à la chose. C'est peut-être l'éclair déchirant tant d'obscurité. Aux Marmaroches, en Bessarabie, en Bukovine, en Galicie, dans Nalewki, hier à Goura-Kalvarya, nous étions en l'année 5690. Et dans quinze jours, quand vous débarquerez en Palestine, vous serez en l'an X du sionisme. Ne perdez pas de vue ces deux points.
Un pied sur Adam, un autre sur lord Balfour, quel écart ! Je sentis immédiatement le besoin de reprendre équilibre. Nous arrivions fort bien à la porte du Bacchus. Les deux hommes qui avaient perdu leur millésime la poussèrent. Peut-être y retrouveraient-ils l'année 1929 au fond d'une bouteille - ou, s'il le fallait, d'un tonneau !
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SZRAMOWOSZRAMOWO   16 septembre 2015
C’est ainsi que le lendemain matin, à neuf heures, dans le ghetto de Varsovie, entre les numéros 41 et 45, ulica Gesia un homme se bottait le derrière pour se tenir éveillé.
L’homme qui s’humiliait de la sorte, vous l’avez reconnu, c’est ce martyr de grand chemin, ce pauvre voyageur qu’on ne laisse plus dormir son saoul et que les directeurs de journaux mettent sur les routes par 36° de froid comme s’il était un Esquimau !
Ce matin, il ne faisait plus que – 7°. On en frétillait de contentement. J’allais et venais martialement entre ce 41 et ce 45. J’avais l’air d’une sentinelle désarmée montant une garde farouche. Qu’une telle attitude n’eût pas déjà jeté l’émoi dans ulica Gesia, vous ne le croiriez pas.
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ClaireGClaireG   14 août 2015
P. 22 - Quand il n'est pas dans l'air, le brouillard de Londres doit être quelque part. Il est là. J'ai trouvé sa remise. Il se repose sur les trottoirs, contre les murs. Il s'est condensé afin d'y tenir tout entier. Dès qu'il se sentira de nouveau en forme, il s'élèvera non sans laisser de trace, il ira faire sa petite tournée au-dessus de la capitale, après il viendra se dégonfler sur les toits de Whitechapel.
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enkidu_enkidu_   17 mai 2018
Ce n’étaient pas des israélites, mais des Juifs. Je répète cela parce qu’il faut bien comprendre. Les assimilés français, anglais, allemands, hollandais, hongrois, etc., ont renoncé depuis plus ou moins de temps à la vie purement juive. Chez eux, beaucoup plus d’Occident que d’Orient. Les pays qu’ils ont adoptés et loyalement servis les ont baignés de leur génie. Et maintenant, ils sont Français israélites, à peu près comme on est protestant ou catholique français. À notre génie ils ajoutent le leur. C’est tout ce que l’on peut dire.

Ceux de Moravie, de Pologne, de Russie, nos Juifs des Carpathes ne sont pas des israélites, mais des Hébreux. Ils sont Hébreux plus que Déroulède ne fut Français. Et c’est leur vie d’Hébreux qu’ils sont venus cacher dans ces montagnes, la même – la même avec des amendements en accentuant encore le caractère – que leurs ancêtres menèrent dès leur sortie d’Égypte, l’an 1500 avant Jésus-Christ.

Où donc se sont-ils préservés de la contagion européenne ? Dans le ghetto.

C’était leur refuge. Là, ils oubliaient les injures, là se calmaient les brûlures des coups de cravache. Là, ils n’essuyaient plus d’affronts, de moqueries, de crachats. Les rois du jour n’avaient fait que les barricader chez eux. Depuis le XVIe siècle ils n’en sont pas sortis. Ainsi reconstituèrent-ils en milliers de fragments la patrie perdue au temps où notre ère n’avait pas cent ans.

De quoi et comment vécurent-ils dans ces ghettos ? Ils vécurent de rêves. Vous n’avez qu’à les regarder si vous croyez que je vous trompe. Ils ne sont pas maigres, ils sont creux. Joues pâles, estomacs défoncés. Sous un coup de doigt, ils résonneraient comme la caisse d’un violon. C’est que leurs rêves ne sont guère entourés que de maïs, de fruits sauvages, de légumes séchés et de débris d’abattoirs, des poumons aux tripailles.

Leurs métiers ? Ils n’en avaient pas. Vous savez que le moyen âge conduit par l’Église ne leur en avait permis aucun, sauf celui que les chrétiens n’auraient pu exercer sans déchéance : trafiquants d’or.
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ClaireGClaireG   15 août 2015
P? 171 - ...On voit qu'Isaïe était un pur esprit et ne fréquentait pas ces messieurs du bâtiment ! On peut faire de bonnes prophéties et ne pas savoir établir un devis... Le jaspe, hélas ! n'est que du ciment armé.
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Vidéo de Albert Londres
Annick Cojean est grand reporter au Monde, directrice et présentatrice des collections Empreintes et Duels sur France 5 et auteure de plusieurs livres. Elle préside de 2010 à 2020 le jury du Prix Albert-Londres, elle-même lauréate de ce prix en 1996 pour sa série de cinq reportages, "Les Mémoires de la Shoah".
En 2020, elle publie "Une farouche liberté" (Grasset), un livre d'entretiens autobiographiques avec l'avocate Gisèle Halimi qui paraît peu avant la mort de celle-ci. Il revient sur la vie de combattante de cette figure emblématique du féminisme et des droits humains.
>Histoire de l'Europe>Histoire de l'Europe de l'Est>Europe de l'est, Russie, URSS, CEI : histoire (85)
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