AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2842612094
Éditeur : Le Serpent à plumes (16/05/2000)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 36 notes)
Résumé :
C’est un port, l’un des plus beaux du bord des eaux. Il est illustre sur tous les parallèles. À tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers. Il est l’un des grands seigneurs du large. Phare français, il balaye de sa lumière les cinq parties de la terre. Il s’appelle le port de Marseille. Il a plus de cinq kilomètres de long. Il n’en finit pas. Peut-être bien a-t-il six, ou même sept kilomètres. Môle A, Môle B, Môle C. Il ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Krout
  01 mai 2018
J'avais imaginé quelques belles formules. Aïe, aïe, aïe, pas notées... Elles s'en sont allées en ritournelles, je le crains. Pourtant, le sens de la formule, la signature d'un bon journaliste, comme l'était en son temps Albert Londres. Sûr il l'était, pour se faire commanditer en 1926 cette série d'articles par le Petit Parisien, avec en tête de les étoffer pour les relier en un petit ouvrage de juste cent pages.
Aussi je sais que dans Marseille doit se languir de voir paraître cette chronique, cette amie qui m'a offert le 22 mars à Bruxelles Marseille Porte du Sud. "A-t-il aimé ? Il traîne, c'est mauvais signe." Comment expliquer ? M'est venue en tête, l'idée de lire maximum un chapitre par jour, comme si l'on m'apportait le journal. Une idée de gourmet, plutôt que d'avaler le tout goulument. Et encore, hors de question de ne pas le lire dans un endroit plaisant, propice à l'évasion. Respecter les marées de mes envies.
Le sais-tu Nadia, j'ai déjà vu Marseille. Et même mangé une bouillabaisse au port. Que je me souvienne les dockers étaient en grève. Mais je ne peux prétendre connaître Marseille. Je n'y ai même pas passé une nuit. Je ne l'avais pas jusque là touchée du doigt cette grande roulette où beaucoup joue le sort de toute leur vie qu'ils accostent ou qu'ils larguent définitivement les amarres.
"Et les gens rêvent !
Cela doit faire une étonnante somme de rêves que tous les rêves qui se poursuivent ici." p.95
Tu veux que je te dise ? le Marseille d'Albert Londres n'a jamais existé et pourtant existera toujours. J'ai beaucoup voyagé, c'est vrai, mais je ne suis jamais parti. Je ne suis pas de ceux que Mr Londres a côtoyés et si bien décrits. Je n'ai jamais porté un ailleurs meilleur à découvrir à tout prix, quels qu'en soient les risques. Je suis de ceux qui pensent qu'il est à bâtir ici et maintenant. Dans 'Des racines et des ailes', je serais côté racines. "Dans un café de la Cannebière, il est trois tables de marbre..." p.63 J'y serais mal venu.
Il n'empêche que j'ai une admiration sans borne pour Jacques Brel qui parti pour un tour du monde, le poumon en feu, ou pour Olivier de Kersauson dont l'ailleurs est la mer elle-même, mauvais exemples, je sais ils ne partirent pas de Marseille. Mais alors peut-être Alexandre Yersin qui d'abord médecin, chercheur s'embarqua comme officier médecin de la marine, puis l'Indochine où il s'établit définitivement après avoir découvert le bacille de la peste et élaboré un vaccin contre cette terrible maladie... "Ce n'est pas une vie que de ne pas bouger" écrivait-il. Faute de rêver à cet ailleurs, j'ai donc rêvé à ceux qui en rêvaient.
Parfois le style est porté par un lyrisme suranné : "Cette ville est une leçon. L'indifférence coupable des contemporains ne la désarme pas . Attentive, elle écoute la voix du vaste monde et, forte de son expérience, elle engage, en notre nom, la conversation avec la terre entière." p.100 Puisse cette leçon être pleinement comprise, Marseille rester terre d'accueil alors que les loups gris semblent vouloir réinvestir la ville.
Donc tu l'auras compris, j'ai aimé.
Juste cent pages, non point. Cent pages justes ! Cela fait une sacré différence. Encore, merci Nadia. Tu n'aurais pu mieux choisir.
Et si jamais je venais à passer à Marseille, je te demanderais de m'emmener voir le phare et me raconter son histoire. Après nous pourrions parcourir les docks et regarder les bateaux.
En attendant : Tais-toi Marseille ! :-)
https://www.youtube.com/watch?v=5zx8KHllp_8
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          3610
nadiouchka
  04 mars 2018
Le célèbre journaliste, écrivain et voyageur Albert Londres (qui fit fermer le bagne de Cayenne) est très connu pour sa bibliographie. C'est sa fille, Florise, qui a créé le Prix Albert Londres qui a lieu, chaque année à la date anniversaire de la mort de l'écrivain.
Dans une petite présentation du livre « Marseille Porte du Sud » d'Albert Londres, il est écrit : « En 1926, au retour d'un reportage dans la Pologne de Jozeph Pilsudski, Albert Londres va concrétiser un projet qu'il formait depuis longtemps : s'arrêter pour une fois à Marseille, ce port où il embarque d'ordinaire pour partir au loin. Faire le portrait de cette cité cosmopolite et déjà « multiraciale », examiner ce port prestigieux dont le destin épouse celui de l'empire colonial. A Marseille, ouverte sur le grand large, se côtoient les immigrés, les aventuriers, les marins. Et puis, il flotte sur cette ville une grande idée à laquelle Albert Londres mieux que quiconque est sensible : celle du départ ».
Grand voyageur, l'écrivain commence son livre ainsi : « C'est un port, l'un des plus beaux du bord des eaux. Il est illustre sur tous les parallèles. A tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers. Il est l'un des plus grands seigneurs du large. Phare français, il balaye de sa lumière les cinq parties de la terre. Il s'appelle le port de Marseille. » (page 11).
Les choses sont déjà bien dites mais je vais tout de même parler un peu parler du livre car j'ai mon mot à dire, j'habite dans cette ville aux mille aspects et qui a bien changé depuis la visite de l'auteur en 1926.
Il parle de Marseille surtout avec le port qui a été bien célèbre mais qui, malheureusement, a périclité. Par contre, il connaît un nouvel essor avec le tourisme et une activité culturelle qui s'affirme de plus en plus.
Marseille, anciennement nommée Massalia, plus ancienne ville de France, fut fondée vers l'an 600 avant J.C. par des marins grecs venus de Phocée.
Dans le premier chapitre, on constate que l'écrivain a été ébloui par le port. Mais il ne faut pas se voiler la face car c'est aussi un endroit où se passent des trafics de toutes sortes – c'est, comme dans chaque port, un lieu de prostitution…
L'auteur décrit la ville comme un creuset de races et de nationalités. Il a raison car on y côtoie facilement toutes sortes de personnages arrivant de multiples pays étrangers et tout cela se passe de façon « normale ».
Il nous décrit également ce qu'il appelle « les cent visages du vaste monde », des départs et des arrivées de nombreux pays : la Chine (avec les Messageries Maritimes) - les Indes – le Maroc – la Syrie – l'Italie, des paquebots japonais…. Et de nombreux autres pays.
Un chapitre sur l'incontournable Canebière – les émigrants : « De partout ils arrivent à Marseille. le grand caravansérail des temps modernes est ici, rue Fauchier. (C'est bien le nom de cette rue). Il s'appelle Hôtel des Émigrants. Il n'est pas en Europe bâtiment plus nostalgique. C'est le foyer des hommes sur la branche. » (p.48).
Un autre chapitre avec un certain humour sur un « antitatoueur » qui demandait aux tatoués de se faire détatouer sans douleur, pour lutter contre cette « religion barbare » et il va même le rencontrer.
Plusieurs autres chapitres complètent ce petit livre pour finir sur « l'envers du port » et arriver au dernier, consacré au phare du Planier qui, pour l'auteur, est le plus illustre du monde.
Je réserve la conclusion à Albert Londres  qui est une invitation au voyage :
 « Mais si le Planier ramène au pays, il préside aussi au départ.
Faites le voyage de Marseille, jeunes gens de France ; vous irez voir le phare. Il vous montrera un grand chemin que, sans doute, vous ne soupçonnez pas, et peut-être alors comprendrez-vous ? ».
D'après cet ouvrage, on voit combien l'écrivain, à son époque, a été séduit par Marseille, son exotisme, ses particularités, mais je dois l'avouer, elle a bien changé tout en restant une ville très importante, non seulement par sa population si diversifiée, sa situation géographique...
Elle mérite bien son surnom de « Terre d'accueil » car elle continue à attirer de nombreux étrangers et rassurez-vous, elle n'est pas plus dangereuse qu'une autre grande ville. Sa mauvaise réputation vient surtout du fait qu'elle est tout de suite montée en épingle par les médias dès qu'il s'y passe un fait divers.
Recommandation importante : « Ne croyez pas tout ce que l'on écrit et ce que l'on vous dit ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
le_Bison
  29 février 2012
Albert Londres me propose aujourd'hui une invitation aux voyages, un véritable tour du monde de 1927. Direction Marseille et son port. Ici on embarque pour toutes les mers, vers tous les ports. Des paquebots arrivent, d'autres partent. Pour où ? Alger, Tunis, Suez, Djibouti, Zanzibar, Madagascar, Colombo, Java, Sydney, Nouméa, Papeete...
Il me fait visiter les quatre coins du globe terrestre sans jamais quitter le quai, simplement en regardant la gueule des dockers, des marins, des capitaines. Marseille, une ville de passage. Il n'est pas bon d'y rester. On est bien accueilli que si l'on est de passage, entre deux destinations. On n'y vit rarement, on est à Marseille juste en escale en attendant une autre destination.
Mais on ne parle pas beaucoup français à Marseille. On y suit des conversations en italien, en grec, en roumain, en russe ou en arabe... Mais rarement en français... C'est plus une terre d'accueil qui à bras ouverts « ramasse » toutes les épaves, tous les déchets, ceux qui ne peuvent plus vivre chez eux et qui tentent l'aventure sous d'autres cieux. Et ils arrivent à Marseille, avec leur misère et leur pauvreté, avant d'en repartir aussitôt pour trouver la richesse ailleurs... Les étrangers, qu'ils soient européens, africains ou arabes sont tous les bienvenus, sans oublier les voyous bandits et autres racailles. Ils font partie de Marseille, ils « sont » Marseille.
Et quelle ambiance à chaque café ! Toujours un ami qui vous attend, prêt à converser avec vous, prêt à vous offrir un café ou un paquet de cigarettes qu'il vous doit... Et quel parfum !
Embarquement immédiat...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
pgremaud
  09 mai 2018
Marseille vue par Albert Londres me laisse une impression étrange. Je m'attendais à un reportage factuel et objectif, comme le fait habituellement ce journaliste. En fait c'est un texte assez composite, avec des histoires de marins, de trafiquants ou de migrants et même un épisode un peu fantastique avec le "détatoueur". Finalement, je trouve que ce portrait de Marseille est davantage une fiction qu'un vrai reportage.
Ce qui ressort quand même de l'ensemble, c'est une déclaration d'amour d'Albert Londres à cette ville de Marseille. Il y a fait des rencontres riches, il y a découvert la misère et la pègre, mais il est persuadé que Marseille est une chance pour la France, une porte vers le monde, mais la France n'en est pas assez consciente !
Commenter  J’apprécie          51
Acerola13
  14 avril 2019
Ce petit essai sur la ville de Marseille ne fait pas exception aux autres écrits d'Albert Londres : on y retrouve une description taquine et curieuse des personnages qu'il rencontre et des quartiers qu'il parcourt, s'étonnant de tout et posant des questions sur ce qu'il y voit, sans perdre de son humour et de sa verve délicieuse à lire.
Et comme bien souvent, l'on s'étonne qu'un reportage écrit il y a maintenant presque un siècle soit si peu différent de notre propre conception de notre Marseille contemporaine, ce qui souligne à mon sens le regard si pertinent d'Albert Londres sur le monde qui l'entourait.
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   29 février 2012
Ce café vient de Moka. Du moins on le dit. Mais je vais vous dire ce que l’on dit. On dit que si tout le café qui vient de Moka poussait à Moka, cela se saurait. On sait tout le contraire. Moka est en Arabie, sur la mer Rouge. Le café qui vient de Moka pousse au Brésil. On l’embarque sur l’Atlantique Sud. L’Atlantique Nord le berce un moment. Il passe par Gibraltar et, doucement, il s’amène sur la Méditerranée. Marseille ! On le débarque. On va le boire ? Pas si vite. Rentrez vos tasses dans le buffet. On le rembarque. Le voilà qui repart sur la Méditerranée, dans l’autre sens. Il longe les côtes de la Corse, il fend le détroit de Messine. Il se prélasse à l’abri de la Crète. A Port-Saïd, il retrouve sa chaleur natale. On le débarque. Qu’il soit sans crainte : ce n’est pas encore pour le brûler. On le rembarque. Sur un bateau khédivial, il va maintenant descendre jusqu’au bas de la mer Rouge. Lui est toujours blanc. Enfin, Moka !

Après un tel voyage, il a mérité de changer de linge. On le change de sac. Comme il se sent légèrement fatigué, on lui rajoute des grains de moka pour le remonter. Puis on le rembarque. Il est baptisé. Tête haute, il peut revenir à Marseille. Il est revenu. Le voici sur le quai.

Maintenant que je sais tout, ce café-là est sacré pour moi. Si je voyais un chien flairer ces sacs, j’irais tirer les oreilles au chien. En tout cas, ce n’est plus moi qui marchanderai quand je boirai du café-moka !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
nadiouchkanadiouchka   28 février 2018
C’est un port, l’un des plus beaux du bord des eaux. Il est illustre sur tous les parallèles. A tout instant du jour et de la nuit, des bateaux labourent pour lui au plus loin des mers. Il est l’un des plus grands seigneurs du large. Phare français, il balaye de sa lumière les cinq parties de la terre. Il s’appelle le port de Marseille.
P.11
Commenter  J’apprécie          170
KroutKrout   07 mai 2018
Dans le même voyage, l'homme de terre et l'homme de mer ont deux buts différents. Le but du premier est d'arriver, le but du deuxième est de repartir. La terre nous tire vers le passé, la mer les poussent vers le futur.
Commenter  J’apprécie          242
pgremaudpgremaud   28 juillet 2017
Où voulez-vous aller ? Au Maroc, en Algérie, en Tunisie ? Au Sénégal, en Egypte ? Au Congo, à Madagascar ? En Syrie, à Constantinople ? Au Tonkin ? Aux Indes ? En Australie ? En Chine ? En Amérique du Sud ? Faites votre choix. Ici, on embarque pour toutes les mers, pour la ! Rouge et la Noire, pour tous les détroits, tous les canaux, tous les golfes. On vous en montrera des pays ! On vous en fera connaître, des choses insoupçonnées ! Pas un coin, si bien endormi qu'il fût, que nous n'ayons déjà réveillé autour du monde. On part pour tous les océans, l'Atlantique, l'Indien, le Pacifique.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
pgremaudpgremaud   05 mai 2018
Allez à Marseille. Marseille vous répondra.
Cette ville est une leçon. L'indifférence coupable des contemporains ne la désarme pas. Attentive, elle écoute la voix du vaste monde et, forte de son expérience, elle engage, en note nom, la conversation avec la terre entière.
Un oriflamme claquant au vent sur l'infini de l'horizon, voilà Marseille (...)
Faites le voyage de Marseille, jeunes gens de France ; vous irez voir le phare. Il vous montrera un grand chemin que, sans doute, vous ne soupçonnez pas , et peut-être alors comprendrez-vous !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Videos de Albert Londres (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Albert Londres
Quand les femmes se racontent à une femme. Avec « Je ne serais pas arrivée là si... », qu?elle publie aux éditions Grasset Fasquelle/Le Monde, la journaliste Annick Cojean, prix Albert Londres, donne la parole aux femmes. de Virginie Despentes, à Françoise Héritier, en passant par Asli Erdo?an et Patti Smith, découvrez un recueil de 27 témoignages touchants et singuliers.
Dans la catégorie : Sud-Est de la FranceVoir plus
>Géographie de l'Europe>France et Monaco>Sud-Est de la France (68)
autres livres classés : marseilleVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Voyage en Italie

Stendhal a écrit "La Chartreuse de ..." ?

Pavie
Padoue
Parme
Piacenza

14 questions
393 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , voyages , voyage en italieCréer un quiz sur ce livre