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ISBN : 2234069467
Éditeur : Stock (16/01/2013)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Après un scandale qui a détruit sa vie et sa carrière, Leonardo, écrivain et professeur à l’université, s’est retiré dans son village natal. Mais la barbarie s’est répandue dans tout le pays. L’armée est en déroute. Les gens ont peur et prennent les armes. Les lignes téléphoniques sont coupées, les banques à court d’argent et les pharmacies n’ont plus de médicaments. La vague de violence atteint les collines paisibles où Leonardo mène sa vie tranquille, l’obligeant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
horline
  03 février 2013
Que reste-t-il quand il ne reste plus rien ? C'est la question qui s'impose lorsqu'on suit les pas de Leonardo, professeur d'université et écrivain déchu qui voit progressivement une ombre froide et sombre recouvrir son pays. L'Italie s'est effondrée, gangrénée par un nouveau mal qui la transforme en un monde chaotique et hostile, où tente de survivre une humanité effrayée et belliqueuse.
La presse a disparu, l'autorité de l'Etat n'a plus cours. Sans que l'on sache ce qui se passe, chacun tente de fuir le pays avant que les frontières soient fermées, avant l'arrivée des mystérieux « extérieurs », avant que cette menace sans nom gagne tout le pays.
Leonardo, retiré dans son village natal après un scandale qui l'a conduit à une mort sociale, préfère trouver refuge dans ses livres. Mais le jour où la barbarie impose peu à peu des images et un langage nouveaux, il choisit de partir, découvrant un monde infiniment plus féroce que celui qu'il avait fui.
Dans une sorte d'odyssée crépusculaire, face à un monde redevenu primaire, il est confronté à une sauvagerie brutale qui lui a été étrangère toute sa vie ; la violence, les pillages, les meurtres, les viols offrent une vision cauchemardesque. L'auteur n'épargne pas le lecteur, on assiste impuissant à cette folie furieuse avec un sentiment de solitude infinie et d'implacable chagrin.
Et pourtant, dans cet univers anxiogène et frustre, la narration porte à bout de bras la lueur vacillante de l'amour de Léonardo pour sa fille Lucia qui l'accompagne. C'est cet amour qui lui permet de ne pas renoncer face aux pires supplices et actes de cruauté, de se redresser et continuer à avancer parce que même lorsqu'il n'y a plus rien, il reste quand même la vie.

Lecture éprouvante et passionnante. Éprouvante parce que cette oeuvre est traversée de manière magistrale par une esthétique de la désolation. Tout est sauvage, terrifiant, dramatique, le désespoir se fait lancinant d'autant plus que le danger qui met l'humanité en péril n'est autre que l'homme lui-même.
Mais au-delà de cette noirceur, le talent de l'auteur est d'inscrire son roman dans la dimension humaine rendant tout le reste superflu. La langue est d'une lucidité grave et sans complaisance, et pourtant Davide Longo parvient à nous faire absorber les émotions de cette humanité en souffrance, même lorsque ces êtres se sont repliés sur eux-mêmes. C'est émouvant parce qu'on pénètre de manière singulière la réalité de l'existence humaine, on voit un homme prendre conscience douloureusement du sens de la vie, abandonner le confort de la faiblesse et la vie qu'il s'était construit pour que persiste le verbe être.
Oeuvre fascinante car elle rappelle cette vérité ontologique de la manière la plus obscène mais aussi la plus majestueuse qui soient. Parfois le beau nait de ce qu'il y a de plus terrible...et en cela, L'homme vertical n'est pas sans rappeler La route de McCarthy.
Coup de coeur de l'année 2013.
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diablotin0
  07 mars 2018
En lisant rapidement l'auteur du livre, j'ai cru que c'était David Lodge et mon erreur a été confortée lorsque le début de la quatrième de couverture parle d'un professeur d'université. Je n'ai alors pas hésité et ai emprunté ce livre. C'est en regardant de plus près que je me suis aperçue de mon erreur mais je ne regrette absolument pas cette confusion, cela a été une découverte très intéressante.
J'ai beaucoup apprécié cette histoire où l'Italie du nord subit une crise hors du commun qui entraine une barbarie amenant Leonardo , professeur d'université à fuir avec sa fille Lucia et Alberto son beau-fils vers la suisse ou la France. Nous les suivons donc sur la route qui devient progressivement un enfer. On pense alors inévitablement au roman de Cormac McCarthy .
Malgré toute la violence rencontrée sur leur chemin, Léonardo restera digne et en accord avec ses valeurs , il ne se laissera pas happer par cette violence et la barbarie. Malgré les vols, les viols, les atrocités vécues et vues, nous gardons grâce à Léonardo, une lueur d'espoir, l'humanité n'a pas complétement disparu.
Ce roman d'anticipation fait sans aucun doute référence à notre société actuelle en évoquant la peur suivie de la haine des personnes «extérieures», la fuite d'un pays, mais aussi montre l'incertitude et la fragilité de notre système économique et politique.
Davide Longo mêle des moments sombres, très noirs, à des passages poétiques et des réflexions philosophiques. Je suis vraiment très contente d'avoir découvert ce livre et cet auteur .
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isabelleisapure
  29 septembre 2014
Enorme coup de coeur !
Dans une ville dévastée, que l'on suppose en Italie, Léonardo se souvient de sa vie et de cette liaison avec une de ses élèves qui avait précipité sa déchéance professionnelle et causé son divorce.
Il vit avec ses livres enferré dans la solitude au point de n'avoir pas pris conscience du chaos dans lequel le pays s'enfonce irrémédiablement.
Il reviendra à la réalité, lorsque son ex épouse lui confie leur fille dont elle a la garde et un autre enfant, le temps pour elle de retrouver son nouvel époux.
Peu à peu la situation se dégrade au point que la seule issue lui semble être la fuite en espérant atteindre la France ou la Suisse.
S'ensuivra une incroyable odyssée où Léonardo traversera les épreuves pour sortir de l'enfer et tenter de protéger les personnes qui lui sont chères.
Avec une écriture sensible et élégante, Davide Longo dresse le portrait d'une société ravagée par la violence, la corruption, l'intolérance mais qui cache toujours dans son passé le plus lointain les prémices d'un avenir différent.
J'ai été littéralement happée par cette lecture angoissante, parfois insoutenable qui rappelle inévitablement : La route de McCarthy mais également le magnifique roman de Jacqueline Harpman : « moi qui n'est pas connu les hommes ».
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Sando
  31 octobre 2013
Quelque chose de grave est arrivé… Une catastrophe sans précédent qui a mis fin au monde tel que nous l'avons toujours connu, n'offrant plus à la population restante qu'un scénario apocalyptique dans lequel même les plus téméraires ont de quoi trembler de peur… Leonardo, un ancien écrivain à succès et professeur à l'université autrefois respecté, a fui les répercussions d'un scandale dont il est l'objet, trouvant refuge dans un petit village d'Italie. Mais lorsque la situation dégénère, il se voit confier par son ex-femme sa fille de 17ans, qu'il n'a pas vue depuis huit ans, ainsi qu'un jeune garçon de dix ans. Dès lors, il n'aura plus qu'une obsession, les protéger tous deux de l'atrocité et du danger ambiant et les mener sains et saufs en France, où il espère trouver l'asile. Mais comment survivre quand l'horreur est partout et que le monde entier devient fou ?
Dans ce roman post-apocalyptique brillant, Davide Longo nous dépeint le combat d'un père, animé par l'énergie du désespoir, pour préserver son enfant du chaos environnant. L'écriture est brute, incisive et nous plonge en plein coeur de cet univers violent, privé de repères et de morale et dans lequel certains font appel à leur instinct le plus primitif pour survivre. Un roman captivant, extrêmement dense, qui met à jour toute la noirceur de l'âme humaine dans tout ce qu'elle a de plus barbare et de plus cruel, au point de rendre certaines scènes à la limite du soutenable… Malgré ça, en dépit de cette atmosphère chaotique, Davide Longo n'oublie pas que l'homme a aussi du bon et réserve quelques belles scènes d'entraide, d'autant plus fortes qu'elles se font rares… Un roman fort donc, très bien écrit, qui prend le lecteur aux tripes pour ne plus le lâcher !
Merci à Libfly et aux éditions Stock de m'avoir permis de découvrir ce livre dans le cadre du Salon des Littératures Européennes de Cognac.
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mireille.lefustec
  17 novembre 2013
Roman apocalyptique sur l'effondrement d'un monde; en 2025.
On ignore ce qui a fait basculer le monde d'avant; quelle catastrophe ou bouleversement politique ou économique;
Ce n'est pas cela qui est important. Ce qui est important , c'est la façon dont les protagonistes réagissent à l'après.
Beaucoup ont quitté le pays pour se réfugier en Suisse ou en France, laissant leurs maisons qui seront pillées, saccagées par des bandes de jeunes, du pays ou immigrés.
Ceux qui sont restés luttent contre le froid, la faim, le manque de médicaments et de communications.
Ceci me semble propre aux romans pessimistes d'anticipation. Tout comme l'existence de quelques personnes qui ne se laissent pas abrutir par le défaitisme et réagissent avec les valeurs de l"ancienne culture et de l'humanité.
Le narrateur, ancien professeur qui vit avec ses nombreux livres,
refuse de se laisser engluer dans un processus de violence et d'horreurs et sortira grandi de ces épreuves. Il est "l'homme vertical" .
Ce roman préfigure-t-il une société toujours plus violente et égoïste ?
L'ultime chapitre, heureusement, ne laisse pas le lecteur sur des visions essentiellement pessimistes. le final comporte de belles images et la foi dans le rôle thérapeutique des histoires contées et de la littérature.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
horlinehorline   03 février 2013
Peu avant de s’endormir, il eut l’impression de mesurer pour la première fois la gravité de ce qui se passait. Un âge nouveau s’annonçait, un âge nu qui promettait de durer et dont le mot-clé serait « sans », de la même façon que le précédent avait été « avec ».
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littleonelittleone   20 mai 2013
C'était la douloureuse vérité qu'il avait dû admettre depuis longtemps, au moins vis-à-vis de lui-même : la vie jaillissait du gaspillage, pas de la parcimonie, du hasard, pas du calcul, et toute création était le fruit d'un geste téméraire sans lequel il n'y aurait que répétition. L'histoire et les progrès de la civilisation avaient été une longue tentative couronnée de succès de rassurer les hommes doux et peureux, en camouflant cette terrible hypocrisie derrière l'impératif de la logique, de la morale et de la beauté. Avec son métier, ses livres, son long corps maigre dépourvu d'agressivité, il n'était que l'ultime produit de cette avancée : un napperon de dentelle insipide, habilement crocheté, fait pour attirer la poussière et les compliments sur la commode d'une vieille tante.
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diablotin0diablotin0   05 mars 2018
Depuis sept ans, si on exclut des lettres qui n'ont jamais obtenu de réponse, je n'ai pas écrit une ligne, mais cela ne m'a pas empêché d'habiter les terres de mes livres et celles des livres des autres.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   17 novembre 2013
Peu avant de s'endormir, il eut l'impression de mesurer pour la première fois la gravité de ce qui se passait. Un âge nouveau s'annonçait, un âge nu dui promettait de durer et dont le mot-clé serait "sans" , de la même façon que le précédent avait été "avec" .
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claraetlesmotsclaraetlesmots   10 février 2014
Leonardo comprit que l'esprit de l'enfant concevait une de ces pensées qui accompagnent un homme depuis l'instant ou il naît jusqu'à celui où il quitte cette terre. Elle concernait la fin d'un besoin qui nous a été transmis par ceux qui nous ont précédés. Il resta sans voix devant la violence et la grâce dont cet instant était nimbé.
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