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EAN : 9782369144083
Libretto (07/06/2018)
3.77/5   56 notes
Résumé :
Lesbos, royaume des Nymphes et des rivières, des bois couronnés de verdure et des merveilleux jardins. Deux pauvres orphelins abandonnés, Daphnis et Chloé, ont été recueillis ici par de paisibles bergers. Ils sont purs et innocents. Ils ne connaissent qu'une seule morale, celle de la nature. Qu'une seule loi, celle qui s'accomplit chaque jour devant eux : le miracle de la vie. C'est ainsi que naît leur amour.
Mais que d'obstacles à leur union ! Que d'épreuve... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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colimasson
  23 juin 2012
A l'époque de Longus, il ne faisait aucun doute que les animaux ne faisaient pas des parents moins recommandables que les autres. Ainsi, Daphnis et Chloé, chacun de leur côté, furent protégés et nourris respectivement par une chèvre et par une brebis. A une semaine d'intervalle, Daphnis le premier fut découvert par un couple de chevriers, puis Chloé par un couple de bergers. Elevés à proximité l'un de l'autre, les deux enfants grandissent ensemble dans un cadre pastoral idyllique, proche d'une nature qui ne ressemble à rien que nous ne pouvons aujourd'hui imaginer. Confrontés l'un à l'autre dans ces landes d'innocence, ils découvriront les premières manifestations du sentiment amoureux, qu'ils auront bien du mal à qualifier comme tel.
Daphnis et Chloé est désarmant à plusieurs égards. Il offre à première vue une apparence d'extrême simplicité, qui frôle souvent la naïveté. Les jeunes personnages, n'ayant jamais connu autre chose que le milieu pastoral au sein duquel ils ont grandi, ne connaissent rien des sentiments humains et, bien qu'ils ne soient pas épargnés par leurs manifestations, il leur est impossible de les désigner par leur nom. Culmine pour eux le mystère du sentiment amoureux, qu'ils conçoivent peu à peu l'un pour l'autre sans qu'il ne leur évoque rien. Vierges de toute représentation antérieure de ce sentiment, ils l'abordent avec une innocence entière –et souvent drôle car Daphnis et Chloé n'ont pas d'autre objet de comparaison que celui que leur offrent les éléments de la nature : moutons, brebis, coqs et poules… Ce qui amène les personnages à une crudité des actes et des propos d'autant plus jubilatoire qu'on ne l'aurait pas associé à l'innocence qui les caractérise d'autre part.
« Mon bonheur serait d'être changé en chèvre et de manger herbe et feuilles, tout en écoutant la syrinx de Daphnis devenu mon berger. »
Pour ne pas les laisser en proie à la torture d'un sentiment qu'ils ne comprennent pas, de nombreux personnages secondaires viendront s'immiscer dans la sphère de leur couple, extrayant chaque membre du duo suivant des schémas symétriques. Cette extrême géométrisation des intrigues est surprenante car elle semble laisser peu de place à l'improvisation ou au hasard, ce que la multiplication des références mythologiques vient confirmer. Malgré une myriade de personnages flamboyants aux individualités marquées, malgré la profusion et la richesse de leurs particularités, leurs interventions semblent relever de la seule nécessité d'instruire Daphnis et Chloé.
Pour toutes ces raisons, Daphnis et Chloé est un récit surprenant. Construit sur une mécanique rigide, il permet pourtant à la fantaisie de se déployer à travers une succession de personnages bigarrés, de chansons, de danses et de musiques. L'univers regorge de vie et constitue une ode à la nature et à la simplicité des moeurs. Enfin, le récit joue à un double niveau avec le lecteur. Alors que nous sommes gavés des variations infinies qui existent autour du thème du sentiment amoureux, Daphnis et Chloé nous offre une seconde jeunesse et nous permet de redécouvrir les balbutiements de ce mythe que nous appelons maintenant le « sentiment amoureux ».
Lien : http://colimasson.over-blog...
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Anassete
  02 décembre 2010
Un très bon ouvrage qui montre que les grecs aimaient aussi les récits grivois. On connaît les mythologies de la Grèce ancienne, mais on connaît moins ses pastorales. Daphnis et Chloé est une sorte de roman d'initiation à l'amour et à l'aventure. Un bon souvenir de mes cours de grec ancien au lycée, même si on était peu habitués à ce genre de textes, venant des grecs !
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Darkcook
  24 mars 2013
Lu à l'occasion d'un cours un peu particulier sur le roman grec... C'est un embryon du genre romanesque, écrit durant l'Antiquité, genre tellement honteux à cette époque que peu connaissent son existence, et qu'il y était l'équivalent de la "littérature de bonnes femmes", comme on dirait de nos jours.
Il est donc structuré en alternance de péripéties abracadabrantesques et aberrantes en tous genres, attaques de pirates... Toutefois, il a aussi son charme. Malgré sa maladresse, son idylle pastorale est plutôt rafraîchissante et touchante, sans atteindre, là encore, des sommets. On se plaît à vivre cette histoire, au milieu de cette campagne...
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JCLDLGR
  17 décembre 2018
Cette pastorale, hymne à la nature, à l'amour et à la beauté... est un plaisir à lire. C'est l'érotisme de l'histoire qui est une surprise dès le départ car le cadre ensoleillé, les bébés nourris aux mamelles de chèvres et de brebis nous met dans une ambiance sensuelle, servie par la simplicité du style...
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terrystad
  12 mai 2021
On dit: « La romance est un genre littéraire poétique populaire, apparu en France au XVIIIe siècle »… Quelle prétention!
Ses 1ers balbutiements sont du IIe ou IIIe siècle, en Grèce, et qu'on a nommé «Roman pastoral » parce que le tout se déroule dans le pré de Pan et se termine dans une grotte des Nymphes… au lieu de se dérouler dans un parc « x » et se terminer dans une chambre d'hôtes « y » ;)
Blague à part, l'oeuvre de Longus est une belle introduction aux oeuvres de l'antiquité, approche aisée, par ici chers lectrices et lecteurs!
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   08 juillet 2012
[…] elle lui demanda ce qu’il y avait de plus fort que de se donner des baisers, de se serrer dans les bras et même de s’étendre. Que pensait-il faire lorsqu’ils seraient l’un contre l’autre tout nus ? « Ce que font, dit-il, les béliers aux brebis et les boucs aux chèvres. Tu vois qu’après cet acte elles ne les fuient plus et qu’eux ne se fatiguent pas à les poursuivre ; comme s’ils avaient enfin assouvi une jouissance commune, ils restent ensemble à paître. Cet acte est agréable, semble-t-il, et il calme l’irritation de l’amour. – Mais alors tu ne vois pas, cher Daphnis, que, lorsqu’il s’agit des chèvres et des boucs, des béliers et des brebis, les mâles font cela debout et que les femelles se laissent faire debout : ils leur ont sauté dessus et elles les ont reçus sur leur dos. Toi, au contraire, tu veux que je me couche conter toi et que je sois toute nue. Or ces bêtes-là portent une toison autrement épaisse que mes habits. » Daphnis se laisse convaincre et, allongé contre elle, il reste là longtemps, puis, ne sachant pas réaliser ce dont il a grande envie, il la fait mettre debout et, en la pressant par-derrière, il imite les boucs. Mais comme il se trouve encore plus dans l’embarras, il s’assied et se met à pleurer, en voyant que, pour faire l’amour, il en sait moins qu’un bélier.
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colimassoncolimasson   10 juillet 2012
« Hélas, mes roses, comme elles ont été détruites, hélas, mes violettes, comme elles ont été piétinées, hélas, mes jacinthes et mes narcisses qu’un scélérat m’a déterrés ! Viendra le printemps, et ces fleurs ne fleuriront pas ; ce sera l’été, et elles ne s’épanouiront pas, un autre automne, et elles ne feront de couronnes pour personne. Et toi, Dionysos, mon maître, tu n’as pas non plus pris en pitié ces malheureuses fleurs, dont tu étais voisin, que tu voyais, et dont j’étais heureux de te couronner si souvent.
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colimassoncolimasson   23 juin 2012
C’était le début du printemps : toutes les fleurs s’épanouissaient, aussi bien dans les bosquets de chênes et les prés que sur les collines. Déjà bourdonnaient les abeilles, se faisaient entendre les oiseaux chanteurs et bondissaient les jeunes bêtes. Les agneaux sautaient sur les collines, les abeilles bourdonnaient dans les prés et les oiseaux faisaient chanter les buissons. Dans cette joie de toute la nature, naïfs et jeunes qu’ils étaient, ils imitaient ce qu’ils entendaient et voyaient : en entendant les oiseaux chanter ils chantaient, en voyant les agneaux bondir ils sautaient lestement et, voulant imiter les abeilles, ils cueillaient des fleurs, pour les jeter dans le creux de leur vêtement, ou peur s’en tresser des couronnes qu’ils apportaient aux Nymphes.
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colimassoncolimasson   09 juillet 2012
[…] ils se lavent, mangent, boivent, puis font un tour pour chercher des fruits mûrs. Or il y en avait une grande abondance, car c’était le moment de la pleine production : beaucoup de poires sauvages, beaucoup de poires des jardins, beaucoup de pommes, les unes étaient déjà tombées, les autres restaient encore sur l’arbre ; celles qui étaient par terre étaient plus parfumées, celles sur les branches plus fraîches : les unes dégageaient un parfum de vin, les autres brillaient comme de l’or. Un pommier avait déjà été cueilli. Il n’avait plus ni fruit ni feuille ; toutes les branches étaient nues. Tout en haut des plus hautes une seule pomme mûrissait, grosse et belle, dont le parfum l’emportait sur toutes les autres. En les cueillant on n’avait pas osé grimper jusque-là et on ne s’était pas soucié de la prendre. Sans doute une aussi belle pomme était-elle réservée à un berger amoureux.
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colimassoncolimasson   04 juillet 2012
Cette syrinx, qui est un instrument de musique, n’était pas un instrument de musique, mais bien une jolie fille à la belle voix : elle gardait ses chèvres, jouait avec les Nymphes, chantait comme aujourd’hui. Tandis qu’elle gardait, jouait, chantait, Pan s’approcha d’elle, la pria de ce qu’il désirait, en lui promettant que chacune de ses chèvres aurait deux chevreaux. Mais elle se moqua de son amour et lui dit qu’elle ne se donnerait pas à un amant qui n’était ni bouc ni homme complet. Pan se met à la poursuivre pour lui faire violence, Syrinx cherche à fuir Pan et sa violence. Epuisée par sa fuite, elle se blottit dans les roseaux et disparaît dans un marais. Pan, dans sa colère, coupe les roseaux, ne trouve pas la jeune fille et comprend le malheur qu’il a causé. Il invente alors l’instrument de musique et ses tuyaux de roseaux qu’il relie avec de la cire en les mettant inégaux, en raison de l’inégalité de leur amour. Et la jolie fille de jadis est maintenant une syrinx mélodieuse.
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