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Critique de Nastasia-B


Nastasia-B
  12 janvier 2014
Le proverbe espagnol : " El perro del hortelano, que ni come las berzas ni las deja comer al amo. " peut se traduire comme : " le chien du jardinier ne mange pas de chou et ne permet pas qu'on en mange. "
Le titre de cette pièce de 1618 est difficile à comprendre si l'on ne possède pas cette information. le proverbe espagnol est lui-même inspiré d'une fable d'Ésope. (J'inclinerais à penser qu'en français, cette même fable à donné le proverbe : " Faites du bien à un chien, il vous mordra. " car le jardinier d'Ésope, en voulant sauver le chien tombé dans le puits, se fait mordre par lui car sa consigne est de mordre quiconque pénètre dans le jardin, mais je n'ai rien lu là-dessus qui confirmerait ou infirmerait cette intuition.)
Qu'en est-il ici ? Nous avons une belle — très belle, même — comtesse, Diana, très courtisée. Les gentilshommes de grande condition se massent à sa porte pour la demander en mariage.
Mais Diana n'en a cure. Elle s'imagine être au-dessus des bestiales aspirations de l'amour.
Mais ça, c'était avant... Avant d'avoir senti son petit coeur fier et orgueilleux battre pour de vrai au fond de sa cage à oiseaux. Tous la laissent insensible, tous sauf un : son secrétaire Teodoro.
Elle l'adore en secret, dans les replis altiers de son coeur de comtesse, ne songe à rien de mal, jusqu'au moment où elle s'aperçoit que l'une de ses servantes, Marcela, est sur le point de conclure son mariage avec le beau Teodoro.
La jalousie est un puissant stimulant et Diana, à son corps défendant, constate qu'elle brûle d'amour pour son secrétaire. Mais voilà, ce n'est que son secrétaire, une personne d'humble extraction, donc fatalement incompatible avec les exigences conjugales d'une comtesse. Il faudrait qu'il eût un titre, Teodoro, même un tout petit titre, pour qu'elle pût, sans nuire à son honneur, espérer une union.
Alors, elle sait se montrer suffisamment claire avec Teodoro pour lui faire entendre qu'elle en est amoureuse et pour savoir si la réciproque est vraie. Elle sait maintenant qu'elle fait flamber cet homme, que jamais plus il ne pourra regarder Marcela comme avant.
Mais quand l'homme se fait pressant, elle l'envoie blackbouler et regarde avec délice s'effondrer le château de cartes des espérances de ce petit secrétaire de rien du tout.
Mais qu'il s'avise de vouloir retourner avec Marcela, et elle montrera les crocs.
La situation semble sans issue... Tristán, le valet de Teodoro, qui possède plus d'un tour dans sa musette parviendra peut-être à faire un peu bouger les choses, qui sait ?...
De mon point de vue, cette pièce, ni spécialement tragique, ni spécialement comique, contrairement à ce que l'appellation de tragicomédie pourrait nous laisser croire est plutôt à considérer comme un drame psychologique. C'est une pièce plaisante mais sans plus, loin du grand plaisir que m'avait suscité la divine Fuente Ovejuna, qui reste de loin ma préférée de Félix Lope de Vega. Ici, bien qu'à mi-chemin entre l'expérience vécue de l'auteur et la fiction, le côté légèrement misogyne de l'auteur ou, plus exactement, " pas spécialement flatteur à l'endroit des femmes " est plus marqué.
Cela reste néanmoins du très bon théâtre du siècle d'or espagnol, mais ce n'est qu'un petit chien d'avis, sans doute un peu dans les choux, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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