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ISBN : 2021362159
Éditeur : Seuil (17/08/2017)

Note moyenne : 3.37/5 (sur 91 notes)
Résumé :
Quelque part entre la banlieue et la campagne, là où leurs parents avant eux ont grandi, Jonas et ses amis tuent le temps. Ils fument, ils jouent aux cartes, ils font pousser de l’herbe dans le jardin, et quand ils sortent, c’est pour constater ce qui les éloigne des autres.

Dans cet univers à cheval entre deux mondes, où tout semble voué à la répétition du même, leur fief, c’est le langage, son usage et son accès, qu’il soit porté par Lahuiss quand i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
rabanne
  27 mai 2018
Je ne vais pas m'inventer un nouveau langage pour vous dire si j'ai "kiffé grave" ce premier roman... "Bien ou quoi, gros ?". Ben si, un petit kiff quand même ! ;-)
Jonas et sa bande. Tous des copains d'enfance, de leur quartier péri-urbain, mais pas tout à fait de la banlieue non plus. Ils fument à gogo, picolent sec, jouent aux cartes et s'ennuient ferme. Ils rêvent d'autres horizons, mais ne savent pas comment sortir de leur monde, de leur torpeur, de leur gêne, de leur ignorance. Il y a bien la boxe, les filles, mais...
Le roman peut déstabiliser, oscillant constamment entre deux styles, deux rythmes : d'un côté un univers limite claustral, avec ce sentiment d'étouffement, de manque de respiration dans la narration (langage wesh-wesh) et de l'autre, de belles échappées littéraires, voire poétiques, avec les passages consacrés à la boxe, Wanda et les sorties.
Derrière la fraîcheur du récit, l'amitié, les répétitions, l'humour (oui j'ai ri souvent, mais parfois jaune) et un prosaïsme feint, les héros de ce roman livrent un portrait doux-amer et tragi-comique d'une certaine jeunesse sacrifiée : en mal de reconnaissance, en mal d'émancipation, en manque de repères, préférant se retrancher à l'abri de leur Fief (communautarisme / langage / codes), par instinct de protection.
L'intention de l'auteur était, je présume, de témoigner de cette réalité actuelle, mais tabou (pas cliché pour moi, il ne s'agit pas ici de grande délinquance), celle du désoeuvrement terrible d'une partie de notre jeunesse, qui noie de plus en plus tôt ses angoisses, sa colère, son indifférence, sa précarité, dans des vapeurs de cannabis (taux de consommation quotidienne préoccupant) et d'alcool.
(NB : pas spécifié être un roman jeunesse, mais il peut convenir à partir de la Sde.
NB bis : allez lire la désopilante critique d'Acoun !!)
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Sebthos
  02 novembre 2017
Une photo de classe sur fond rose.
Jonas et ses potes. Ils habitent une petite ville à la périphérie d'une grande, entre champs et bitume. Ils s'ennuient. Ils cherchent un travail qui n'existe pas. Ils fument des joints et jouent aux cartes pour s'occuper.
Le décor est planté, et entre scènes désopilantes et moments attendrissants, on ne devrait pas perdre notre temps. le problème est là : l'ennui devient contagieux. Et les moments charmants deviennent lassants.
Ils sont tous gentils, tellement. Et, c'est tant mieux. Mais ça ne colle pas. Même les passages sur la boxe, dans lesquels on peut vraiment ressentir le combat entre l'ennui et les frustrations de leur condition - les moments les plus littéraires - n'y suffisent plus.
J'ai décroché complètement quand l'auteur nous raconte qu'il aimait, petit garçon, les vacances de Pâques parce qu'il commençait à faire beau, celles de la Toussaint, pour les feuilles mortes, à Noël pour le froid, et l'été parce qu'il fait chaud... Et en grandissant la découverte du joint et que c'est pas bien... Trop c'est trop !
Une photo de classe sur papier glacé qui ne me dit plus rien.
Lu en octobre 2017.
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Acoun
  22 février 2018
Ça y est, j'ai tourné la dernière page, refermé le bouquin. Je m'étire sur le canapé. Je suis bien, tranquille. Je mate sur la table basse le mégot du spliff qui traîne sur le carton du Pizzat Hut. Tout à l'heure peut être...
J'entends la sonnette de la porte. Ouais ? Entrez ! Toni débarque dans ma turne. Derrière mon pote, la silhouette du gros Ludo, comme d'hab. Wesh Cousin, bien ou quoi ? Tu vois... Posé, tranquille. Un check, la bise.
Toni entre, laisse la place à l'ours qui lui sert de frère. Ludo, t'es là Gros ? Wesh, t'as vu , ça va ou quoi ? Tu fais quoi demande Toni. Rien je dis. Je glande, j'ai fini un bouquin. Jure, il fait... C'est quoi le titre ? Je connais ? Je crois pas, ça s'appelle Fief. Fief ? C'est quoi ça ? Attends, je crois que ça veut dire voleur en anglais, dit le gros Ludo. Toni il rigole. D'où tu parles anglais toi maintenant ? Tu crois tu vas comprendre Eminem ? le gros Ludo se fâche. Ta mère ! Je parle aussi bien que toi.
J'essaie de désamorcer le truc. Ça va les gars, tranquille... C'est pas de l'anglais... C'est de David Lopez... Ha ouais, il dit Ludo, Lopez je le connais, c'est le ptit de la tour B de la cité Prévert . Mais arrête gros naze, hurle Toni, Lopez de la tour B, il sait même pas écrire. D'où il va écrire un bouquin ? Gros Ludo se marre. Jure... J'suis con... le ptit Lopez... Ouais dit Toni, mais sa frangine, c'est quand elle veut. Grave, il dit Ludo. Et du coup il y a plus personne qui moufte. On est tous dans nos pensées secrètes...
Toni s'agite. Il demande. Vas-y, on fait quoi là ? Rien, je dis... Comme d'hab...
Ok les gars, je roule ? Vas y dit le gros Ludo, moi j'suis raide.
Et sinon, ça parle de quoi ton bouquin ? Ben, de ça... Justement... Ha ouais... Et t'as aimé ? Grave, je réponds en secouant ma tête... C'est trop stylé....
Jure dit Toni... Vas y dit Ludo... T'as vu ? je dis...
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mumuboc
  16 novembre 2017
Attention, mise en garde, ce livre ne plaira pas à tout le monde.
Il va heurter certains, les dérouter, les mettre mal à l'aise car l'écriture, la structure et le récit nous plongent dans l'univers d'un groupe de jeunes, environ 16 à 18 ans, pas des délinquants, pas d'une cité difficile, non mais d'une petite ville de 15 000 habitants, partagée en différentes zones : tours, pavillons et centre ville. On ne se mélange pas ou peu, on s'évite : les bourges, les jeunes, les autres.
Ils sont livrés à eux-mêmes, ont abandonné les bancs des études. Ils ont pour certains des talents :  Poto écrit des textes mais bourrés de fautes d'orthographe, il cherche du boulot. Ixe : ravitaille le groupe en cannabis, cultive son "jardin...", Lahuiss lui a fait des études s'est éloigné un peu de ses anciens amis mais revient de temps en temps les voir, Sucré lui travaille mais souffre de surpoids, Miskine, petite frappe, flambeur et Untel, le grossiste en cannabis et fournisseur du père de Jonas.
Jonas, le narrateur, nous livre son quotidien en une quinzaine de chapitres, sa bande de copains aussi désoeuvrés que lui, vivant au jour le jour, avec comme principale occupation le shit, la fumette, le cannabis, l'alcool, les jeux : cartes et vidéos. Ils sont sans projet, ne se voient pas d'avenir, sans idéaux. Il faut passer le temps.
Ils sont le plus souvent sans repères, livrés à eux-mêmes car les parents comme le père de Jonas, ne sont pas des exemples : on ne parle pas travail, les parents eux-mêmes sont consommateurs de shit. Pourtant lorsque Jonas parle de son père on sent du sentiment, même s'il n'est pas exprimé. On ne se dit pas ses choses là. Il y a des petits gestes, des frolements, des regards.
Son défouloir à Jonas c'est la boxe, mais même la boxe il va arrêter malgré Monsieur Pierrot, son vieil entraîneur, qui tente de motiver tous ces jeunes, qui l'encourage pour un dernier combat. Pour Jonas la vie ressemble souvent à un combat.
Et puis il y a Wanda, son amie, on ne dira pas sa petite amie car il n'y a guère de sentiment réellement dit, mais plus un plan c.. ou alors peut-être plus mais on ne parle pas non plus d'amour. On découvre, on expérimente, on performe..... le reste !
La lecture peut être déroutante car l'auteur a intégré tous les dialogues à la narration de Jonas ce qui donne un texte dense mais qui reflète bien, je trouve, leur façon de parler : untel dit que ...... et l'autre dit que ..... en plus dans un langage fait de verlan et autres mots que nous, plus vieux, nous ne connaissons pas toujours, langage des cités peut être. Donc à plusieurs reprises il m'a fallu relire à l'endroit, à l'envers ou essayer de comprendre.
Par contre les pensées, le ressenti de Jonas sont rédigés dans une forme de langage habituel et elles sont parfois de profondes  réflexions, ses interrogations sur le sens de la vie, de sa vie.
Il y a des passages savoureux en particulier lorsqu'on parle de Voltaire, de Céline, quand ils décident de faire une dictée pour savoir qui est le pire en orthographe ou du nettoyage de jardin car en fin de compte ils ne demandent ces jeunes qu'à s'occuper, à être reconnus. Mais il faut que cela vienne d'eux.
C'est un livre qui nous immerge totalement dans cette jeunesse où le seul point d'ancrage c'est les amis, le groupe, c'est leur famille, celle qu'ils ont choisie, celle sur qui ils peuvent compter, celle où ils existent. 
Bien sûr ce n'est pas mon univers ni le domaine de lecture que je préfère mais cela fait prendre conscience de leur monde, du vide de celui-ci.
C'est un premier roman original par l'écriture, osé où l'écriture est très détaillée (on vit les scènes) parfois trop pour certaines, assez crue et l'ambiance générale peut choquer mais pas par le texte, en fin de compte, mais par ce qu'il raconte et qui est une réalité notre monde.
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bananenstrat
  06 septembre 2017
Fief est un roman du domaine du superbe !
Superbe, déjà , le style. La narration est faite par Jonas qui se trouve être le personnage central du roman et qui rapporte de manière libre à la fois les actions mais aussi les paroles de son entourage. Il en résulte des passages superbes sur la boxe, d'un dynamisme et d'une précision parfaits, que ce soit dans le rendu des mouvements ou dans la restitution du discours de l'entraîneur.
On trouve également des passages superbes sur la « glande organisée » de ces jeunes et leurs joutes verbales. Et là, l'exercice loin d'être facile, est très bien réussi.
Une forme exceptionnelle donc, mais un fond qui l'est tout autant. J'ai entendu l'auteur à la radio dire que son dessein n'était pas de faire une démonstration sociale avec ce livre. Et pourtant la portée sociologique en est bouleversante. A travers d'abord le quotidien anesthésié de ces jeunes gens, qui n'aspirent à rien, sont rejetés de partout. Mais la description se fait sans complaisance et l'auteur ne les dédouane pas de leurs responsabilités. Toutefois grâce à certains chapitres on voit bien comment le déterminisme social les frappe tôt et les enferme dans le carcan qui les tiendra toute leur vie peut-être. On comprend bien aussi que pour eux il y a un certain confort à jouer les perdants, que ce soit sur les terrains professionnels, sociaux, amoureux, sportif et en assez peu de pages on balaie le champ assez vaste de leurs échecs.
Il n'en demeure pas moins que leur humanité est grandiose et le tragique de leurs situations n'en est que plus touchant.
Un livre extrêmement émouvant à mon sens, qui je le souhaite sera primé cette année.
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critiques presse (3)
LeMonde   30 octobre 2017
Le jeune trentenaire formé au rap réussit son entrée dans les lettres avec « Fief », résultat de son master de création littéraire – et de sa fidélité à ses amis.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   09 octobre 2017
David Lopez signe "Fief" (Seuil), un premier roman radical et remarqué dans cette rentrée littéraire 2017. Le jeune romancier y fait le récit de la vie de Jonas et de ses copains, dont le fief est planté en zone périurbaine.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Culturebox   02 octobre 2017
Avec "Fief" (Seuil), David Lopez signe sur le plan formel le roman le plus radical de la rentrée. L'action se déroule entre la campagne et la ville, entre les tours et les pavillons, mais surtout dans les mots.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (49) Voir plus Ajouter une citation
jcamillejcamille   15 juin 2018
"Mon père avait laissé son joint dans le cendrier et était parti faire une course. À peine il avait passé la porte d’entrée que je m’étais rué sur le joint et l’avais allumé pour le goûter. J’ai beaucoup toussé, c’était le feu dans ma tête. J’avais quatorze ans. Les mecs avaient décidé à l’unanimité que c’était à moi de rouler le joint parce que je devais avoir vu mon père le faire, et donc avoir quelques notions. La vérité c’est que je n’avais aucune foutue idée de comment on allait se démerder. J’ai le tout petit bout de shit dans la main, et Ixe dit qu’il faut le chauffer, alors je fais comme quand on a froid aux mains en hiver, je les joins puis souffle dedans où j’ai calé la croquette, mais Untel rigole et me dit que c’est avec le briquet qu’il faut chauffer le shit. Bah t’as qu’à le faire toi au lieu de casser les couilles, et c’est parti on s’embrouille. Tant bien que mal je finis par fabriquer un truc qu’aujourd’hui je ne fumerais pour rien au monde, mais à ce moment-là, putain, c’était le Graal qu’on tenait entre nos mains. Il y avait un adage qui disait qui roule boule, qui fournit suit."
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SebthosSebthos   28 octobre 2017
Les gars, j’vais vous la faire courte, mais "Candide" c’est l’histoire d’un p’tit bourge qui a grandi dans un château avec un maître qui lui apprend la philosophie et tout l’bordel t’as vu, avec comme idée principale que, en gros, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Du coup Candide t’as vu il est bien, il fait sa vie tranquillement sauf qu’un jour il va pécho la fille du baron chez qui il vit tu vois, Cunégonde elle s’appelle. Bah ouais, on est au dix-huitième siècle ma gueule. Du coup là aussi sec il se fait téj à coups de pompes dans l’cul et il se retrouve à la rue comme un clandé. De là il va tout lui arriver : il se retrouve à faire la guerre avec des Bulgares, il va Paraguay, carrément l’autre il découvre l’Eldorado enfin bref, le type j’te raconte même pas les galères qui lui arrivent. Ah ouais j’te jure, le gars il bute des mecs, y a un tremblement de terre, son maître il se fait pendre, il manque de crever en se faisant arnaquer par un médecin, il se fait chourave ses lovés par un prêtre, carrément, un merdier j’te jure c’est à peine croyable. J’vous dis ça en vrac, j’me rappelle pas forcément le bon ordre hein, je l’ai lu y a longtemps t’as vu. Bien plus tard donc il retrouve sa meuf, Cunégonde, sauf qu’elle a morflé vénère t’sais, parce qu’elle a eu la lèpre ou je sais plus quoi mais voilà quoi elle a une gueule toute fripée la meuf on dirait un cookie, mais t’as vu Candide c’est un bon gars alors il la renie pas. Et puis il retrouve son maître aussi, qu’est pas mort en fait, on sait pas pourquoi. Et à la fin, le mec, après avoir eu toutes les galères possibles, il se fait un potager t’as vu, et à ses yeux y a plus que ça qui compte, le reste il s’en bat les couilles. Il tire sur sa clope. Et la dernière phrase du livre, c’est quand le maître en gros il arrive et il dit que la vie est bien faite parce que si Candide il avait pas vécu tout ça, alors il serait pas là aujourd’hui à faire pousser des radis, et Candide il dit c’est bien vrai tu vois, mais le plus important c’est de cultiver son jardin. Poto réagit en disant qu’il a connu un mec comme ça qui a tout plaqué et qu’est devenu agriculteur, mais Lahuiss dit que ce n’est pas vraiment de ça qu’il s’agit.

Pages 53-54, Le Seuil, 2017.
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SebthosSebthos   01 novembre 2017
On habite une petite ville, genre quinze mille habitants, à cheval entre la banlieue et la campagne. Chez nous, il y a trop de bitume pour qu’on soit de vrais campagnard, mais aussi trop de verdure pour qu’on soit de vraies cailleras. Tout autour, ce sont villages, hameaux, bourgs, séparés par des champs et des forêts. Au regard des villages qui nous entourent, on est des citadins par ici, alors qu’au regard de la grande ville , située à un peu moins de cent kilomètres de là, on est des culs-terreux. Personnellement je n’y connais rien agriculture.

Page 57, Le Seuil, 2017.
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rabannerabanne   26 mai 2018
A côté de moi un type ne fait que de rire à ses propres blagues en tchatchant une blonde avec qui il aimerait certainement bien coucher ce soir, et ses blagues moi je ne les trouve pas drôles. Il a le rire qui glousse. Quand il dit un truc un peu osé il jubile. Excité à l'idée d'être dans la transgression. C'est un rire qui vient de la gêne, ça. Nous on a le rire gras.
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Charybde2Charybde2   02 octobre 2017
On passe la véranda, un store cassé pend du haut de la vitre jusqu’à toucher le sol, et on arrive dehors où une petite terrasse précède un jardin tout en longueur. Derrière c’est comme devant. Ce Romain est soit une feignasse soit un putain d’amoureux de la nature. Sur la gauche, là où se dirige Ixe, un espace semble pourtant aménagé. Il a construit un cabanon aux parois grillagées qui contient un buisson. Il attrape l’extrémité d’une branche passée à travers le grillage, regarde-moi ça il dit, et je vois une grosse tête d’herbe bien compacte, dense, et grasse au toucher. On dirait un mini sapin de Noël. Je fais oh putain, et lui il se met à rire, il est tout excité. Il commence à m’expliquer des trucs sur la floraison, les branches, les boutures, les engrais. Dans ce qu’il dit il y a le mot compact qui ressort souvent, et il insiste bien dessus. Il ajoute qu’il lui parle à sa plante, c’est pour ça qu’il ne pouvait pas venir m’ouvrir.
On reste un peu dehors à contempler le buisson. Il dit que ce n’est pas pour faire un billet, que c’est pour nous. Je dis c’est cool, et je lui demande si je peux tirer une latte sur le joint qu’il a subtilisé. Chargé le spliff. Et c’est qui ce Romain alors, je demande. C’est un pote de Poto au départ. Il vit seul dans cette maison, depuis que ses parents sont morts. On ne sait pas de quoi, simplement que c’est arrivé l’année dernière. Je dis merde. Et ça le gêne pas que tu plantes chez lui ? Il dit non, lui il est content, j’avoue je profite un peu mais je vais le mettre bien, c’est un bon gars le p’tit. Je hoche la tête. Ixe ce n’est pas le genre à profiter des gens. Pas comme Untel. Et toi ça va ? je demande. Il répond gros, toujours la même merde, j’ai envie de m’casser, voir autre chose, j’te jure j’en peux plus, mais bon, que veux-tu. Je dis ouais dans un soupir et il jette la fin du joint par terre.
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