AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2412015627
Éditeur : First (02/06/2016)

Note moyenne : 2.75/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Un grand destin de femme, de l'Allemagne nazie à assassinat de John F. Kennedy Peu de gens peuvent dire que les événements majeurs de l'histoire du XXe siècle se sont déroulés sous leurs yeux.

Ilona Lorenz fait partie de ceux-là. Née en Allemagne en 1939, à la veille de l'invasion de la Pologne, d'un père allemand et d'une mère américaine, elle fut internée enfant au camp de concentration de Bergen-Belsen. Peu après la fin de la guerre, à l'âge de 7 ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ChatDuCheshire
  16 août 2016
Acheté "sur impulsion" dans un supermarché. Je n'avais jamais entendu parler de cette histoire et la quatrième de couverture, assez habilement rédigée, m'a donné envie de découvrir l'histoire d'une femme qui m'apparaissait assez libre, idéaliste et en avance sur son temps pour vivre une histoire avec "el commandante", Fidel Castro.
Je dois dire avoir immédiatement déchanté lorsque, rentrée chez moi, j'ai lu les toutes premières pages où l'auteure (qui fut sérieusement aidée dans son entreprise par la journaliste Idoya Noain, qui eut sans doute beaucoup de mal à recueillir des confidences probablement passablement décousues) révèle, non sans une désarçonnante candeur, qu'elle fut considérée comme "témoin non crédible" par la Commission parlementaire étasunienne enquêtant sur l'assassinat de JF Kennedy (en effet l'auteure compta, parmi ses nombreux "faits d'armes", la participation a une étrange équipée en voiture entre la Floride et Dallas, en 1963, en compagnie de Lee Harvey Oswald et de quelques patibulaires cubains anti-castristes imputant à Kennedy l'échec de l'invasion foireuse de la Baie des Cochons). A cette conclusion de la Commission l'auteure oppose une "évidence" désarmante: "Moi, je sais où se trouve la vérité, parce que j'étais là". Bon, si elle le dit...
Le problème du témoignage de Marita Lorenz sur sa vie (née en 1939 d'un père allemand, capitaine de vaisseau et souvent absent, et d'une mère américaine, cadette de quatre enfants et internée avec sa mère, soupçonnée de sympathie avec "l'ennemi", durant quelques mois au camp de Bergen-Belsen alors qu'elle n'avait que 4-5 ans, aucune preuve n'est fournie de ce fait et ne peut l'être car les archives de Bergen-Belsen furent détruites par les nazis à la fin de la guerre) est qu'il apparaît notoirement entaché d'une tendance, ainsi que l'on souligné maints observateurs, à "enjoliver" systématiquement la réalité. Contrairement à Enric Marco (voy. le récent livre de Javier Cercas qui lui est consacré) elle n'est pas une impostrice (Enric Marco, un imposteur de génie, s'inventa un passé et fit croire de nombreuses années qu'il avait été interné dans un camp de concentration) en ce sens que les deux faits les plus marquants de sa vie sont avérés (son idylle avec Fidel Castro, alors qu'elle n'avait que 19 ans, le bateau de son père ayant un jour mouillé au large de Cuba; sa relation subséquente avec l'ex dictateur vénézuélien Marcos Pérez Jiménez, dont elle eut une fille, Monica Pérez Jiménez) mais bien d'autres figurant dans cet auto-récit de sa vie sont soit sujets à caution soit carrément contredits par des faits avérés (voy. le très intéressant article de Ann Louise Bardach, publié dans Vanity Fair en 1993: http://www.vanityfair.com/culture/2016/03/marita-lorenz-fidel-castro-conspiracy-theories). Alors, bien sûr, d'emblée ma motivation à me farcir le récit de ses aventures s'en est trouvé plombé.
D'autant plus que la lecture de ces souvenirs révèle un personnage, disons particulier, très éloigné de ce à quoi je m'attendais à l'achat de ce livre. Pour faire court, le sous-titre que je serais tentée de donner à cet opus serait quelque chose comme : "Grandeur et décadence d'une petite écervelée cupide et narcissique". Marita est loin d'être une idéaliste tombée amoureuse d'un "noble" révolutionnaire. Elle a eu le coup de cœur d'une adolescente pour son premier amour qui s'est trouvé être Fidel Castro. Ensuite elle n'eut aucun mal, peu de temps plus tard, à se laisser séduire par un ex dictateur sanguinaire (Pérez Jiménez, en exil en Floride) dont les idées étaient pour le moins diamétralement opposées à celles de Castro et qui, d'ailleurs, passait son temps à téléphoner à Castro pour claironner qu'il lui avait pris sa petite amie et l'avait mise enceinte. Mais Pérez Jiménez, immensément riche, avait à ses yeux la beauté de son compte en banque. Malheureusement pour elle, elle fut trop stupide pour conserver le bénéfice des trust funds qu'il avait mis en place pour elle et pour sa fille...
Plus tard sa fille Monica la décrira en ces termes, particulièrement éclairants:
"Castro was the big, glamorous hunk at that time. It was like being with Bon Jovi or Patrick Swayze. My mother was a dictator groupie (...) She was a power junkie".
Marita Lorenz apparaît en fait totalement apolitique mais aussi amorale, cupide et sans reconnaissance vis-à-vis d'une famille qui, quoiqu'ayant du mal à la comprendre, a toujours volé à son secours (sa mère à qui elle doit la vie lorsqu'elle fut "parachutée" avec sa fille au coeur de la jungle vénézuélienne dans des circonstances rocambolesques, son frère diplomate et sa soeur consultante qui lui fournit du travail mais qu'elle accuse de l'avoir volée et qu'elle traite de "saleté").
A l'issue de sa romance avec Castro - dont elle sortira très meurtrie, ayant perdu l'enfant qu'elle attendait de lui dans des circonstances jamais élucidées - elle se laissa persuader par la CIA que la meilleure chose à faire était de retourner à Cuba pour l'assassiner. Par amour elle refusa d'abord de le faire mais révisa son jugement lorsqu'on lui promit beaucoup d'argent. Mais sur place elle affirme n'avoir pu le faire, car toujours amoureuse de lui. En réalité, elle n'aurait alors pas pu le faire car elle avait eu la sottise de dissimuler sans protection les pilules destinées à l'empoisonner dans un pot de crème où elles se désagrégèrent... Par ailleurs Castro était plus que conscient de son ascendant sur elle...
La suite de sa vie ensuite fut un festival de double-jeu, la Mata Hari des Caraïbes fut le surnom dont elle fut affublée, occultant une réalité nettement plus sordide: sans cesse en manque d'argent, qui lui brûlait les doigts dès qu'elle en avait (les films "Casino" et "Boogie Nights" viennent à l'esprit lorsqu'elle décrit sa vie de patachon, multipliant les amants, de préférence mafiosi), elle infiltrait pour le plus offrant, CIA, FBI, mafia etc., faisant allégeance aux anti-castristes (d'où son équipée prétendue à Dallas à la veille de l'assassinat de Kennedy) tout en clamant son amour éternel pour le peuple cubain et Castro, jurant sa loyauté aux uns et à leurs opposants (la scène de son interrogatoire par des agents de Castro à Cuba et, à son retour, par des agents de la CIA auxquels elle répond avec la même complaisance est hallucinante) mais se lamentant, comme c'est étonnant, qu'on ne lui fasse pas confiance... Et manipulée tout du long par un certain Frank Sturgis, impliqué dans l'affaire du Watergate et lui-même agent double, triple, quadruple... mais doté d'une certaine intelligence quant à lui...
Finalement et presque à mon corps (et esprit) défendant j'ai été fascinée par la manière dont cette femme raconte son histoire, réelle et prétendue, quoiqu'il soit bien difficile de la trouver sympathique. Il y a chez elle une candeur dans l'amoralité qui la rend, disons, intéressante, même si, quelque part, cela me fait un peu mal de savoir qu'un peu de mon argent lors de l'achat de ce livre filera dans le panier percé d'un tel personnage. Aux dernières nouvelles Hollywood prépare un film sur sa vie et l'entreprise commerciale apparaît donc savamment orchestrée...
Pour le reste ne vous attendez certes pas à une œuvre littéraire: c'est très mal écrit, bourré de coquilles et de fautes d'orthographe et lamentablement traduit de l'espagnol...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Jocelyn24
  25 novembre 2017
Un titre très intrigant pour mes lecteurs mordu de biographie ou encore de l'histoire des personnages qui ont marqués le monde par leurs décisions ou actes. Simplement au dela du premier chapitre, Fidèle Castro est tres peu mentionné pour laisser place à d'autres personnages ou aux mouvements politiques de l'époque. En bref, si vous pensez lire une oeuvres sur Fidèle Castro, vous serez déçu comme je l'ai été.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
ChatDuCheshireChatDuCheshire   15 août 2016
La grossesse fut une joie pour nous deux mais servit également de combustible en nourrissant la rivalité que ressentait Marcos à l'égard de Fidel, qu'il détestait profondément. Quant à moi, je ne lui avais jamais raconté grand-chose de ma relation précédente; toutefois Marcos connaissait cette histoire jusque dans les moindres détails et parfois, lorsqu'il se trouvait avec moi et qu'il avait bu plus qu'il n'aurait dû, il téléphonait à Fidel à la Havane pour l'insulter, des appels dans lesquels il se mit à se targuer que la petite amie de ce dernier lui appartenait désormais et qu'il l'avait mise enceinte. Cette idée récurrente dans ses soûleries devint si fréquente qu'un jour des agents secrets frappèrent à ma porte et me chargèrent de convaincre Marcos d'arrêter de passer de tels coups de fil à Cuba.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
ChatDuCheshireChatDuCheshire   15 août 2016
Avec Fidel, j'ai vécu cette passion que l'on ne peut éprouver qu'à 19 ans, une sorte de jalousie animale. J'étais une gamine et je suis tombée amoureuse de lui, de sa grandeur, de son charisme. Son regard, ses caresses m'ont fait perdre la tête... Mais c'était David contre Goliath. Il avait une personnalité si forte et si charismatique qu'il effrayait, intimidait : il faisait sentir qu'il était quelque part tout là-haut, tandis que je me trouvais tout en bas en un lieu quelconque d'où il n'était pas vraiment possible de parvenir jusqu'à lui. Quand je le vois à présent, âgé, à la télé, il paraît triste, quoique j'imagine que s'il me voyait il dirait la même chose de moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
ChatDuCheshireChatDuCheshire   13 août 2016
J'ai été une femme dans un environnement d'hommes. J'ai inventé des mensonges pour nous protéger, mes enfants et moi, et j'ai dit la vérité quand cela me convenait.
Commenter  J’apprécie          50
Lire un extrait
Livres les plus populaires de la semaine Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacRakutenLeslibraires.frMomox

Autres livres de Marita Lorenz (2) Voir plus




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
636 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre