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ISBN : 2246853915
Éditeur : Grasset (04/02/2015)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.37/5 (sur 301 notes)
Résumé :
« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »
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Critiques, Analyses & Avis (117) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  12 novembre 2015
Ils ont été déportés ensemble dans les camps de la mort en avril 1944. Elle, Marceline, 15 ans, à Birkenau. Lui, Schloïme, son père, à Auschwitz. Seulement 3 kilomètres les séparaient. 3 kilomètres de barbelés, de champs, de blocs, de crématoires. Comme il le lui avait prédit lorsqu'ils étaient encore à Drancy, elle en reviendra seule.
Rare survivante, elle écrit aujourd'hui une lettre ouverte à son père, écrite à quatre mains avec la romancière Judith Perrignon. Une longue lettre pour celui qui n'est pas revenu.
Elle raconte, tout en émotion, les quelques mois passés là-bas. Elle se rappelle cette missive reçue un dimanche par un électricien. Quelques mots de son père dont, aujourd'hui, elle a oublié le contenu. Elle suppose aujourd'hui qu'il a dû lui supplier de survivre et de tenir bon, que certainement la fin de la guerre approchait et leur libération avec. Elle se rappelle les tentatives pour essayer, ne serait-ce que de l'apercevoir. Les coups reçus lors de cette étreinte ô combien précieuse et à jamais gravée. Mais aussi les chambres à gaz, les tranchées creusées pour enterrer les corps, le vol des dépouilles, la promiscuité, les maigres rations et la faim qui tenaille... et le retour en France dans sa famille. Sa mère n'était pas là pour l'accueillir sur le quai de la gare, seuls son oncle et son petit frère, Michel, étaient présents. Michel, déçu, qui cherchait des yeux, en vain, celui qui n'est pas revenu avec elle.
Puis, elle raconte l'après. La culpabilité de ceux qui en sont sortis vivants, les suicides de ceux qui, sans avoir été déportés, ne s'en remettent pas, les cauchemars, les souvenirs inracontables et la vie qui va cahin-caha.
Marceline Loridan-Ivens nous livre un témoignage émouvant d'une rare intensité et montre une fois de plus combien tout n'a pas encore été dit sur cette période tragique. L'on plonge presque en apnée dans ce récit à la fois personnel et universel et les mots résonnent encore le livre refermé. Un témoignage en toute sincérité porté par une écriture franche et touchante. Une belle déclaration d'amour à son père parti trop tôt.
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Annette55
  08 mars 2015
"Toi, tu reviendras peut- être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas",lui a dit un jour son père , alors qu'à Drancy, début 1944, ils attendaient par centaines, par milliers,comme d'autres Français juifs, le convoi qui allait les emmener vers l'est. Salomon ( de son prénom Shloïme en yiddish ) Rosenfeld et sa fille Marcelline, 16 ans, étaient déportés en Pologne, lui, à Auschwitz, elle à Birkenau......
Il ne s'est pas trompé, il n'est jamais revenu...." Je t'imagine silhouette d'une cohorte d'hommes décharnés et chancelants poussés à bout par des SS. Auchwitz.Mauthausen.Puis Gros- Rosen, Quel chemin tu as parcouru !".......lui écrit sa fille , 70 ans plus tard, une lettre ouverte... une lettre d'amour....pour ce père adoré, écrite à quatre mains avec la journaliste Judith Perrignon.
Elle raconte sobrement sa propre captivité, la maladie, les coups, les interminables attentes à moitié nue, le froid, la faim, la dégradation du corps, la promiscuité mais aussi le hasard ou la chance pour certains , parfois...son retour en France, sa vie d'après .....un récit trés personnel, poignant, fort, digne,douloureux, sans espoir, un constat laconique, sans illusion.....Elle jette un regard en arrière,intelligent , cruel, sur la destruction de sa famille, un regard de "Survivante" sur son voyage au coeur de l'enfer, et surtout sur sa reconstruction lente, longue, difficile, intense, dérisoire,une impossibilité absolue de communiquer et de transmettre aux autres......." J'aurais aimé te donner de bonnes nouvelles, te dire qu'après avoir basculé dans l'horreur, attendu vainement ton retour, nous nous sommes rétablis."
"Mais je ne peux pas. Sache que notre famille n'y a pas survécu . Elle s'est disloquée. Tu avais fait des rêves trop grands pour nous tous, nous n'avons pas été à la hauteur ."
Un texte qui noue la gorge, qui touche au coeur , (après pourtant tant de livres lus sur ce sujet Charlotte Delbo et bien d'autres).....une femme fragile vue à la grande librairie.....une femme inconsolée....les yeux secs ......un texte de toute beauté, cruel qui devrait être lu par tous et toutes,.....untémoignage sublime,édifiant,sur la nature humaine, le devenir et le destin......il est trés délicat d'écrire une chronique à propos d'un tel récit! Je ne suis pas certaine d'avoir réussi à convaincre les lecteurs! J'ai hésité avant de le faire .....
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domisylzen
  12 octobre 2016
Un livre en forme de lettre, en forme de cri. Un livre pour dénoncer les atrocités, les souffrances, l'horreur que certains nazis ont perpétrée lors de la deuxième guerre mondiale.
Le cri d'une jeune fille de quinze ans arrêtée et déportée avec son père qui sait déjà qu'il ne reviendra pas. Un livre pour lui dire tout ce qu'elle n'a pas pu lui dire alors qu'ils n'étaient séparés que de trois kilomètres : c'est la distance entre Auschwitz et Birkenau. Lui, arrivera à faire parvenir un petit mot, quelques lignes ... qu'elle perdra ... qu'elle oubliera ... était-ce réel ?
Une lettre d'amour pour témoigner de l'être qui lui manque depuis tant d'année.
Un livre qui ne sombre pas dans la tristesse mais les moments évoqués sont des moments très forts. Des mots simples puissants et délicats.
Un livre à faire lire à nos ados, pour que l'histoire se transmette et que l'humanité n'oublie jamais.
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canel
  16 mai 2016
« Je suis l'une des 160 qui vivent encore sur les 2 500 qui sont revenus. Nous étions 76 500 juifs de France partis pour Auschwitz-Birkenau. Six millions et demi sont morts dans les camps. »
Marceline Rozenberg et son père ont été déportés en 1944, ils se sont croisés quand elle était détenue à Birkenau et lui à Auschwitz. Il a eu le temps de lui donner un papier avec quelques lignes. Elle ne se souvient pas des mots, elle sait qu'il la suppliait de vivre. Il n'est pas revenu. Soixante-dix ans après son retour, elle lui écrit...
Récit sobre, intense et très honnête. Marceline Loridan-Ivens dit beaucoup en peu de mots. Le lecteur adulte saura lire l'horreur entre les lignes - le matricule, l'humiliation, la violence, l'extrême dénuement, la faim, la maladie, la mort... La difficulté de reprendre le cours de la vie, « après », de dormir dans un lit, de voir une douche, d'en parler avec les autres, ceux qui n'y étaient pas, d'accepter leurs attentes (se marier et avoir des enfants, par exemple). Les stigmates, à vie : « Je dîne une fois par mois avec des amis survivants, nous savons rire ensemble et même du camp à notre façon. Et je retrouve aussi Simone. Je l'ai vue prendre des petites cuillères dans les cafés et les restaurants, les glisser dans son sac [...] ; elle stocke encore les petites cuillères sans valeur pour ne pas avoir à laper la mauvaise soupe de Birkenau. »
L'auteur souligne la responsabilité des autorités françaises, évoque le sentiment de culpabilité de ceux qui en sont revenus alors que les autres y sont restés, les traumatismes aussi de ceux qui y ont perdu des proches, comme le frère de Marceline, « malade des camps sans y être allé » : « [...] il dessinait des croix gammées sur ma boîte aux lettres ou bien laissait des messages sur mon répondeur, il prenait une voix de SS et aboyait 'Vous prendrez le convoi 71 avec madame Simone Veil.' Il s'était même fait tatouer SS sur l'épaule. Il jouait au bourreau pour se rapprocher de la victime, toi [notre père]. Il m'en voulait de t'avoir accompagné, j'avais pris sa place, celle de l'enfant qui marche dans ton sillage. C'est en tout cas comme ça que je l'entendais. »
Ce qui m'a marquée à la lecture de ce témoignage, c'est la sincérité de Marceline Loridan-Ivens : « Alors, tels des animaux, les filles des wagons se battent pour la nourriture. Moi je regarde la scène, je ne me bats pas. Ça m'est peut-être arrivé d'être comme ça et j'ai préféré l'oublier aussi. »
A une époque, on répétait naïvement que des textes comme celui-là empêcheraient l'horreur de revenir. L'auteur n'est pas dupe : « [le monde] est une mosaïque hideuse de communautés et de religions poussées à l'extrême. Et plus il s'échauffe, plus l'obscurantisme avance, plus il est question de nous, les juifs. Je sais maintenant que l'antisémitisme est une donnée fixe, qui vient par vagues avec les tempêtes du monde, les mots, les monstres et les moyens de chaque époque. [...] il ne disparaîtra jamais, il est trop profondément ancré dans les sociétés. »
- Merci Marina.
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Sando
  27 avril 2015
Dans un témoignage absolument bouleversant, véritable « lettre au père » adressée à celui qui n'est pas revenu, Marceline Loridan-Ivens se livre au fil des souvenirs, ravivant l'horreur de la déportation et expliquant l'impossibilité à vivre et à se reconstruire pour tous ceux qui ont survécu…
Déportée à Birkenau tandis que son père est envoyé à seulement trois kilomètres de là, à Auschwitz, Marceline n'a que quinze ans lorsqu'elle est séparée des siens. Soixante-dix ans après, une phrase prononcée par son père au départ de Drancy la hante encore : « Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas ». Une terrible prophétie qui présage déjà l'horreur à venir et qui la marquera à jamais.
A travers ce court texte, d'une rare intensité, Marceline Loridan-Ivens veut laisser un témoignage de sa vie afin de rappeler aux hommes les erreurs qui ont été commises et qui menacent parfois de se reproduire… Un témoignage qu'elle adresse à son père, mort durant la Shoah, comme si elle voulait faire un bilan de tout ce qu'il a manqué.
Loin de ne parler que de la vie dans les camps de concentration, Marceline L.I revient également sur son retour en France, sur la difficulté à revenir dans un pays qui les a abandonnés et qui est responsable de la mort de son père. Elle parle de l'incompréhension de sa famille par rapport à ce qu'elle a vécu, le mutisme, la peur et l'impossibilité à recréer une cohésion avec la disparition du père. Elle revient sur sa vie, son combat pour changer le monde aux côtés de son mari. Elle évoque les traumatismes qui ne disparaîtront jamais. Les mots sont justes, percutants et les phrases courtes. Elles s'impriment chez le lecteur jusqu'à l'étourdir. « Et tu n'es pas revenu » est une confession brutale mais nécessaire et cruciale ! Un texte terrible et bouleversant qui nous rappelle de ne jamais oublier…

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Les critiques presse (3)
Lexpress   20 février 2015
Il existe de nombreux récits de ce voyage au coeur de l'enfer. Celui de Marceline Loridan-Ivens, écrit avec la journaliste Judith Perrignon, est porté par cette puissance que seule la gaieté, même contrariée, sait offrir. Inconsolable et gaie, telle est la petite fille qui revint des camps. Inconsolable et gaie : et c'est ainsi que Marceline est grande.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   18 février 2015
Marceline est infatigable et combative: son esprit libre et sa verve ont séduit tous les médias. Son témoignage est d'une force extraordinaire.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   04 février 2015
Marceline Loridan-Ivens – à quatre mains avec la journaliste et romancière Judith Perrignon – raconte à celui qui n'est pas rentré sa propre captivité, son retour en France, sa vie d'après. Plus exactement, l'impossibilité d'une vie après. Le constat est laconique, tranchant, sans nul espoir, et Marceline Loridan-Ivens le dresse inconsolée, mais les yeux secs.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (115) Voir plus Ajouter une citation
claudine42claudine42   23 juin 2015
Si nous avions eu une tombe, un endroit où te pleurer, les choses auraient été plus simples. Si tu étais rentré, diminué, malade, pour mourir comme tant d'autres, car rentrer ne voulait pas dire survivre, nous t'aurions vu partir, nous aurions serré tes mains jusqu'à ce qu'elles soient sans force, nous t'aurions veillé nuit et jour, nous aurions écouté tes dernières pensées, tes murmures, tes adieux, ils auraient chassé à tout jamais la lettre qui me manque aujourd'hui. Et nous t'aurions fermé les yeux en récitant le kaddish. "
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littlecatlittlecat   07 février 2015
Je les voyais les enfants, depuis mon bloc, qui allaient sur le chemin des chambres à gaz. Je me souviens d'une petite fille, accrochée à sa poupée. Elle avait le regard perdu. Derrière elle, probablement des mois de terreur et de traque. On venait de la séparer de ses parents, on allait bientôt lui arracher ses vêtements. Elle ressemblait déjà à sa poupée inerte.
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Annette55Annette55   08 mars 2015
"Dans la vie, la vraie, on oublie aussi, on laisse glisser, on trie, on se fie aux sentiments. Là - bas, c'est le contraire, on perd d'abord les repères d'amour et de sensibilité. On gèle de l'intérieur pour ne pas mourir. Là-bas, tu sais bien, comme l'esprit se contracte, comme le futur dure cinq minutes, comme on perd conscience de soi- même."
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geisha79geisha79   16 septembre 2016
Ta lettre aussi arrivait trop tard. Elle me parlait probablement d'espoir et d'amour mais il n'y avait plus d'humanité en moi, j'avais tué la petite fille, je creusais tout près des chambres à gaz, chacun de mes gestes contredisait et enterrait tes mots. J'étais au service de la mort. J'avais été son trag. Puis sa pioche. Tes mots ont glissé, s'en sont allés, même si j'ai dû les lire plusieurs fois. Ils me parlaient d'un monde qui n'était plus le mien. J'avais perdu tout repère. Il fallait que la mémoire se brise, sans cela je n'aurais pas pu vivre.
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fannfann   14 mai 2015
Ta lettre aussi arrivait trop tard. Elle me parlait probablement d'espoir et d'amour mais il n'y avait plus d'humanité en moi, j'avais tué la petite fille, je creusais tout près des chambres à gaz, chacun de mes gestes contredisait et enterrait tes mots. J'étais au service de la mort. J'avais été son trag. Puis sa pioche. Tes mots ont glissé, s'en sont allés, même si j'ai du les lire plusieurs fois. Ils me parlaient d'un monde qui n'était plus le mien. J'avais perdu tout repère. Il fallait que la mémoire se brise, sans cela je n'aurais pas pu vivre.
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Videos de Marceline Loridan-Ivens (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marceline Loridan-Ivens
Et tu n'es pas revenu de Marceline Loridan-Ivens aux éditions Grasset
« J?ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l?ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T?écrire m?a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m?enserre le c?ur. Je voudrais fuir l?histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. » http://www.lagriffenoire.com/et-tu-n-es-pas-revenu.html
Vous pouvez commander Et tu n?es pas revenu de Marceline Loridan-Ivens sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com
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