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EAN : 9782246853916
112 pages
Éditeur : Grasset (04/02/2015)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.38/5 (sur 524 notes)
Résumé :
"J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille."
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Critiques, Analyses et Avis (168) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  12 novembre 2015
Ils ont été déportés ensemble dans les camps de la mort en avril 1944. Elle, Marceline, 15 ans, à Birkenau. Lui, Schloïme, son père, à Auschwitz. Seulement 3 kilomètres les séparaient. 3 kilomètres de barbelés, de champs, de blocs, de crématoires. Comme il le lui avait prédit lorsqu'ils étaient encore à Drancy, elle en reviendra seule.
Rare survivante, elle écrit aujourd'hui une lettre ouverte à son père, écrite à quatre mains avec la romancière Judith Perrignon. Une longue lettre pour celui qui n'est pas revenu.
Elle raconte, tout en émotion, les quelques mois passés là-bas. Elle se rappelle cette missive reçue un dimanche par un électricien. Quelques mots de son père dont, aujourd'hui, elle a oublié le contenu. Elle suppose aujourd'hui qu'il a dû lui supplier de survivre et de tenir bon, que certainement la fin de la guerre approchait et leur libération avec. Elle se rappelle les tentatives pour essayer, ne serait-ce que de l'apercevoir. Les coups reçus lors de cette étreinte ô combien précieuse et à jamais gravée. Mais aussi les chambres à gaz, les tranchées creusées pour enterrer les corps, le vol des dépouilles, la promiscuité, les maigres rations et la faim qui tenaille... et le retour en France dans sa famille. Sa mère n'était pas là pour l'accueillir sur le quai de la gare, seuls son oncle et son petit frère, Michel, étaient présents. Michel, déçu, qui cherchait des yeux, en vain, celui qui n'est pas revenu avec elle.
Puis, elle raconte l'après. La culpabilité de ceux qui en sont sortis vivants, les suicides de ceux qui, sans avoir été déportés, ne s'en remettent pas, les cauchemars, les souvenirs inracontables et la vie qui va cahin-caha.
Marceline Loridan-Ivens nous livre un témoignage émouvant d'une rare intensité et montre une fois de plus combien tout n'a pas encore été dit sur cette période tragique. L'on plonge presque en apnée dans ce récit à la fois personnel et universel et les mots résonnent encore le livre refermé. Un témoignage en toute sincérité porté par une écriture franche et touchante. Une belle déclaration d'amour à son père parti trop tôt.
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Annette55
  08 mars 2015
"Toi, tu reviendras peut- être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas",lui a dit un jour son père , alors qu'à Drancy, début 1944, ils attendaient par centaines, par milliers,comme d'autres Français juifs, le convoi qui allait les emmener vers l'est. Salomon ( de son prénom Shloïme en yiddish ) Rosenfeld et sa fille Marcelline, 16 ans, étaient déportés en Pologne, lui, à Auschwitz, elle à Birkenau......
Il ne s'est pas trompé, il n'est jamais revenu...." Je t'imagine silhouette d'une cohorte d'hommes décharnés et chancelants poussés à bout par des SS. Auchwitz.Mauthausen.Puis Gros- Rosen, Quel chemin tu as parcouru !".......lui écrit sa fille , 70 ans plus tard, une lettre ouverte... une lettre d'amour....pour ce père adoré, écrite à quatre mains avec la journaliste Judith Perrignon.
Elle raconte sobrement sa propre captivité, la maladie, les coups, les interminables attentes à moitié nue, le froid, la faim, la dégradation du corps, la promiscuité mais aussi le hasard ou la chance pour certains , parfois...son retour en France, sa vie d'après .....un récit trés personnel, poignant, fort, digne,douloureux, sans espoir, un constat laconique, sans illusion.....Elle jette un regard en arrière,intelligent , cruel, sur la destruction de sa famille, un regard de "Survivante" sur son voyage au coeur de l'enfer, et surtout sur sa reconstruction lente, longue, difficile, intense, dérisoire,une impossibilité absolue de communiquer et de transmettre aux autres......." J'aurais aimé te donner de bonnes nouvelles, te dire qu'après avoir basculé dans l'horreur, attendu vainement ton retour, nous nous sommes rétablis."
"Mais je ne peux pas. Sache que notre famille n'y a pas survécu . Elle s'est disloquée. Tu avais fait des rêves trop grands pour nous tous, nous n'avons pas été à la hauteur ."
Un texte qui noue la gorge, qui touche au coeur , (après pourtant tant de livres lus sur ce sujet Charlotte Delbo et bien d'autres).....une femme fragile vue à la grande librairie.....une femme inconsolée....les yeux secs ......un texte de toute beauté, cruel qui devrait être lu par tous et toutes,.....untémoignage sublime,édifiant,sur la nature humaine, le devenir et le destin......il est trés délicat d'écrire une chronique à propos d'un tel récit! Je ne suis pas certaine d'avoir réussi à convaincre les lecteurs! J'ai hésité avant de le faire .....
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Harioutz
  15 mars 2019
L'émotion m'a submergée dès les premières lignes ... tant de douleur, un père dont le retour a été attendu toute une vie, une plaie béante qui ne peut se refermer, et la vie qui pèse parfois comme un fardeau, à tel point que ceux qui en sont revenus ont pu se demander s'il n'aurait pas été mieux pour eux de finir gazés, comme les autres ...
J'ai beaucoup aimé le travail de Marcelline Loridan-Ivens, ses ouvrages, ses films, ses prises de position et plus que tout, sa voix. Invitée du Grand Entretien de François Busnel, elle a été tellement sincère ... si vous ne l'avez pas entendue, je vous encourage vivement à copier le lien ci-après :
https://www.franceinter.fr/culture/des-entretiens-pour-memoire-re-ecoutez-marceline-loridan-ivens-sur-france-inter

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andman
  22 septembre 2018
Âgée de quatre-vingt-dix ans, Marceline Loridan-Ivens s'en est allée cette semaine. Sa compagne de tous les jours l'année de ses seize ans, lui aura finalement octroyé un sursis de… 74 ans. La grande faucheuse a parfois, et c'est heureux, d'étonnants ratés !
D'avril 1944 à mai 1945, Marceline a connu plusieurs univers concentrationnaires : d'abord l'immense camp d'extermination de Birkenau en Pologne (situé à 3 kilomètres d'Auschwitz), puis les camps de concentration de Bergen-Belsen et de Raguhn en Allemagne, et enfin le camp-ghetto de Terezin près de Prague libéré par l'armée soviétique le 9 mai 1945.
Seulement 3% des 76 500 juifs de France déportés de Drancy à Auschwitz-Birkenau, sont revenus de l'enfer nazi. Seuls les plus vigoureux, ceux dans la force de l'âge, avaient une chance infime de sauver leur peau.
Dans le wagon plombé qui les emmenait vers le grand Est, la jeune Marceline entend son père lui dire qu'elle rentrera peut-être un jour de cet effroyable voyage mais que lui, en raison de son âge, ne reviendra pas. Prémonition, lucidité, réalisme : Szlama Rozenberg a survécu 9 mois à Auschwitz et serait probablement mort en février 1945 à Gross-Rosen, un camp situé au nord de la Pologne.
“Et tu n'es pas revenu”, rédigé sous forme de lettre, est un témoignage bouleversant de Marceline à feu son père. Ce père à la prophétie funeste dont la présence aurait été si précieuse pour l'aider à se reconstruire dans les années d'après-guerre.
Ce récit, rédigé avec la journaliste Judith Perrignon, est d'un format court ; les deux femmes avaient probablement à coeur d'éviter au maximum tout pathos. Le pari est gagné. Si le quotidien dans les camps est d'une épouvantable brutalité, les années de l'immédiat après-guerre où l'opinion publique se désintéresse du sort des déportés sont évoquées avec justesse ainsi que le parcours de vie de Marceline qui va à l'essentiel. Ce livre-témoignage traitant de l'horreur absolue est conçu avec intelligence et se lit donc d'une traite.
En seconde partie du livre, un dossier d'une trentaine de pages rédigé par Annette Wieviorka vient apporter un éclairage précis sur la Shoah. Prenant appui sur la lettre de Marceline à son père, l'historienne explique à grand renfort de dates et de chiffres les conséquences de la “Solution finale” mise au point par les dignitaires nazis le 20 janvier 1942. Elle s'interroge aussi sur le devoir de mémoire qui, avec la disparition des derniers survivants des camps de la mort, risque malheureusement de s'étioler dans le temps.
"Auschwitz-Birkenau. Camp De concentration et d'extermination allemand nazi (1940-1945)" (appellation de l'UNESCO) est aujourd'hui un musée du souvenir. Je l'ai visité il y a peu de jours. Alors que notre petit groupe s'arrêtait devant une potence, le guide polonais, un ancien professeur de français de Cracovie aujourd'hui à la retraite, nous raconta alors le fait profondément choquant qui s'est déroulé devant ses yeux quelques semaines auparavant :
“Un groupe d'hommes au crâne rasé, billet d'entrée en poche, est venu déposé une gerbe de fleurs au pied de la potence où fut pendu Rudolph Höss le 16 avril 1947, avant de sortir précipitamment du camp.
Höss était le commandant d'Auschwitz de 1940 à 1943, celui-là même qui s'attacha avec zèle à rationaliser au maximum l'industrialisation de la mort au sein de ce vaste complexe de 170 hectares.''
Vous aviez raison Marceline de toujours vous méfier de la bête immonde qui aujourd'hui encore se manifeste où elle peut et jusqu'à votre dernier souffle vous êtes restée sur le qui-vive sachant depuis l'enfance que “l'antisémitisme est une donnée fixe, qui vient par vague avec les tempêtes du monde, les mots, les monstres et les moyens de chaque époque”.
Puisse votre parcours de vie et ce livre-testament empreints de dignité pousser les jeunes générations à ne jamais oublier l'origine des périodes les plus sombres de notre Histoire !
Votre père aurait été fier de vous Marceline, de votre courage exemplaire.
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domisylzen
  12 octobre 2016
Un livre en forme de lettre, en forme de cri. Un livre pour dénoncer les atrocités, les souffrances, l'horreur que certains nazis ont perpétrée lors de la deuxième guerre mondiale.
Le cri d'une jeune fille de quinze ans arrêtée et déportée avec son père qui sait déjà qu'il ne reviendra pas. Un livre pour lui dire tout ce qu'elle n'a pas pu lui dire alors qu'ils n'étaient séparés que de trois kilomètres : c'est la distance entre Auschwitz et Birkenau. Lui, arrivera à faire parvenir un petit mot, quelques lignes ... qu'elle perdra ... qu'elle oubliera ... était-ce réel ?
Une lettre d'amour pour témoigner de l'être qui lui manque depuis tant d'année.
Un livre qui ne sombre pas dans la tristesse mais les moments évoqués sont des moments très forts. Des mots simples puissants et délicats.
Un livre à faire lire à nos ados, pour que l'histoire se transmette et que l'humanité n'oublie jamais.
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critiques presse (3)
Lexpress   20 février 2015
Il existe de nombreux récits de ce voyage au coeur de l'enfer. Celui de Marceline Loridan-Ivens, écrit avec la journaliste Judith Perrignon, est porté par cette puissance que seule la gaieté, même contrariée, sait offrir. Inconsolable et gaie, telle est la petite fille qui revint des camps. Inconsolable et gaie : et c'est ainsi que Marceline est grande.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   18 février 2015
Marceline est infatigable et combative: son esprit libre et sa verve ont séduit tous les médias. Son témoignage est d'une force extraordinaire.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama   04 février 2015
Marceline Loridan-Ivens – à quatre mains avec la journaliste et romancière Judith Perrignon – raconte à celui qui n'est pas rentré sa propre captivité, son retour en France, sa vie d'après. Plus exactement, l'impossibilité d'une vie après. Le constat est laconique, tranchant, sans nul espoir, et Marceline Loridan-Ivens le dresse inconsolée, mais les yeux secs.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (242) Voir plus Ajouter une citation
andmanandman   19 septembre 2018
J'ai quatre-vingt-six ans et le double de ton âge quand tu es mort. Je suis une vieille dame aujourd'hui. Je n'ai pas peur de mourir, je ne panique pas. Je ne crois pas en Dieu, ni à quoi que ce soit après la mort. Je suis l'une des 160 qui vivent encore sur les 2 500 qui sont revenus. Nous étions 76 500 juifs de France partis pour Auschwitz-Birkenau. Six millions sont morts dans les camps. Je dîne une fois par mois avec des amis survivants, nous savons rire ensemble et même du camp à notre façon. Et je retrouve aussi Simone. Je l'ai vue prendre des petites cuillères dans les cafés et les restaurants, les glisser dans son sac, elle a été ministre, une femme importante en France, une grande figure, mais elle stocke encore les petites cuillères sans valeur pour ne pas avoir à laper la mauvaise soupe de Birkenau. S'ils savaient, tous autant qu'ils sont, la permanence du camp en nous. Nous l'avons tous dans la tête et ce jusqu'à la mort.
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claudine42claudine42   23 juin 2015
Si nous avions eu une tombe, un endroit où te pleurer, les choses auraient été plus simples. Si tu étais rentré, diminué, malade, pour mourir comme tant d'autres, car rentrer ne voulait pas dire survivre, nous t'aurions vu partir, nous aurions serré tes mains jusqu'à ce qu'elles soient sans force, nous t'aurions veillé nuit et jour, nous aurions écouté tes dernières pensées, tes murmures, tes adieux, ils auraient chassé à tout jamais la lettre qui me manque aujourd'hui. Et nous t'aurions fermé les yeux en récitant le kaddish. "
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   12 mars 2018
A tout ceux qui dans le hall consultaient les listes (...), je répétais, "Tout le monde est mort". S'ils insistaient, me montraient des photos d'une famille, je disais calmement : "Il y avait des enfants ? Pas un enfant ne reviendra." Je ne prenais pas de gants, je ne les ménageais pas, j'avais l'habitude de la mort. J'étais devenue dure comme ces anciens déportés qui nous virent arriver à Birkenau sans un mot de réconfort. Survivre vous rend insupportables les larmes des autres. On pourrait s'y noyer.
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littlecatlittlecat   07 février 2015
Je les voyais les enfants, depuis mon bloc, qui allaient sur le chemin des chambres à gaz. Je me souviens d'une petite fille, accrochée à sa poupée. Elle avait le regard perdu. Derrière elle, probablement des mois de terreur et de traque. On venait de la séparer de ses parents, on allait bientôt lui arracher ses vêtements. Elle ressemblait déjà à sa poupée inerte.
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Annette55Annette55   08 mars 2015
"Dans la vie, la vraie, on oublie aussi, on laisse glisser, on trie, on se fie aux sentiments. Là - bas, c'est le contraire, on perd d'abord les repères d'amour et de sensibilité. On gèle de l'intérieur pour ne pas mourir. Là-bas, tu sais bien, comme l'esprit se contracte, comme le futur dure cinq minutes, comme on perd conscience de soi- même."
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Videos de Marceline Loridan-Ivens (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marceline Loridan-Ivens
Quand elle est déportée à Auschwitz en 1944, Marceline Loridan-Ivens a 15 ans. 70 ans plus tard, celle qui est devenue cinéaste, écrivaine, féministe, se souvient précisément de son arrivée au camp de Birkenau. À l'occasion des 75 ans de la découverte des camps. À voir : exposition au Mémorial de la Shoah, "La voix des témoins" : http://www.crif.org/fr/revuedepresse/75-ans-lexposition-la-voix-des-temoins-donne-la-parole-aux-survivants-ecoutons-les
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