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ISBN : 2268076172
Éditeur : Les Editions du Rocher (04/09/2014)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 4 notes)
Résumé :


Considéré comme le plus grand écrivain italien de son époque, Gabriele d'Annunzio (1863-1938) est l'une des figures centrales de la Belle Époque, de la Grande Guerre 1914-1918 et des Années Folles.

Enfant surdoué, poète sublime, romancier mondialement reconnu, auteur d'oeuvres de théâtre jouées par les plus grands, il multiplie les aventures amoureuses avec les plus belles femmes de son époque, duchesses et comtesses, artistes et comé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
lelivredapres
  27 novembre 2014
Publié dans la collection « le roman de … » dirigée par Vladimir Fédérovski, « Gabriele d'Annunzio ou le roman de la Belle Epoque » est différent de la plupart des autres ouvrages de cette série. En effet, l'auteur a choisi de se mettre dans la peau de D'Annunzio pour nous livrer l'autobiographie romancée du poète italien, qu'il raconte donc à la première personne. Dès les premières lignes, le ton est donné : D'Annunzio reconnaît sa « tendance à se prendre pour le nombril du monde », due selon lui en partie au fait qu'il n'ait été élevé que par des femmes.
Originaire de Pescara dans les Abruzzes, l'enfant de sept ans, déjà très sensible, aime la campagne qu'il décrit en des termes poétiques. D'une intelligence précoce, le jeune Gabriele est particulièrement lucide sur son caractère et notamment ses défauts, ses propres besoins et ses goûts. Attiré par l'aristocratie, il garde le nom que son père avait emprunté, D'Annunzio, beaucoup moins commun que son véritable nom, Rapagnetta. Il commence à écrire très tôt et à 17 ans, il publie son premier recueil de poèmes intitulé « Odes barbares ». Gabriele D'Annunzio connaît le succès tout de suite et n'hésite pas à reprendre à son compte le terme de « chef-d'oeuvre » que certains critiques ont employé pour désigner ses écrits. Il se vante également d'avoir inventé un mode de vie particulier, mondain, dépensier, aux nombreuses conquêtes féminines.
Un rien agaçant, parfois grandiloquent, D'annunzio est toujours conscient de sa grandeur, de son génie. Il ne s'impose aucune limite et, méprisant l'argent, il dépense sans compter et se retrouve rapidement couvert de dettes, sans vouloir renoncer à rien pour autant.
« Je suis un homme de désordre et je veux rester tel, parce que mon style est de ne jamais contrarier ma nature » (p28).
Par la voix de D'Annunzio, Dominique Lormier passe en revue ses oeuvres, les explique, en révèle les influences. Puis il évoque ses quelques expériences politiques en tant que député. C'est ensuite à une activité théâtrale que l'écrivain prodige se consacre, avant de rencontrer ses premiers vrais problèmes financiers. Pour échapper à ses créanciers, il choisit de s'exiler en France où il reçoit l'aide de sa maitresse Natalia de Goulobev. La période française est très féconde, il rencontre de nombreux artistes. Bientôt installé dans les Landes, il alterne les périodes de fête avec celles de retraite qui sont vitales pour écrire.
En 1915, pressentant l'intervention imminente de sa patrie en guerre, dont il se présente en partie comme l'instigateur par la rédaction du discours de Quarto, l'écrivain rentre en Italie et participe à des opérations militaires périlleuses. Cette partie du récit m'a beaucoup fait penser au récit de Romain Gary dans « La promesse de l'aube ». Il y a d'ailleurs quelques points communs entre les deux hommes, mais aussi de grandes différences, Gary n'étant jamais arrogant en raison d'un formidable humour qui le sauve de ses excès.
D'Annunzio s'installe ensuite à Fiume, et fait de la ville un Etat indépendant en la dotant d‘une constitution particulièrement novatrice. Forcé à partir, il s'installe au bord du Lac de Garde, à Gardone Riviera, où il termine sa vie, une période trop peu développée dans le roman.
En effet, si le roman est richement documenté, et parsemé de nombreuses citations, j'ai regretté un peu que certaines périodes de la vie du grand écrivain soient trop rapidement évoquées. L'image que j'ai gardée de D'Annunzio après cette lecture est celle d'un aristocrate décadent mais génial : un homme qui accordait une grande importance à la beauté, dans l'art, mais aussi à celle des femmes dont il s'est toujours entouré. On ne peut qu'être intrigué par le caractère à la fois passionné, sensuel, original et raffiné de l'homme qui verse sans arrêt dans l'exubérance, l'excès, voire l'irrespect, mais toujours avec une incroyable candeur. Son attitude souvent immodeste et immature qui confine à l'arrogance, est sans doute renforcée par le choix du récit à la première personne. Un personnage original dont on aimerait finalement en savoir davantage.
Je remercie Babelio et Les éditions du Rocher de m'avoir fait parvenir ce roman.

Lien : http://lelivredapres.worpdre..
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Lune
  12 novembre 2014
L'historien et écrivain Dominique Lormier a pu consulter archives, documents, publications et livres à la Fondation du Vittorale, à Gardone Riviera (Italie), la demeure où Gabriele D'Annunzio a vécu au bord du lac de Garde, là où en 1938, il rédigea ses mémoires.
L'originalité de cette biographie réside dans le Je utilisé, le Je de D'Annunzio lui-même.
Il se raconte en s'adressant directement à nous.
Trois parties développées différemment se dessinent : l'avant-guerre 1914, la guerre, l'après-guerre.
L'avant, la "Belle Epoque" ... pour certains, dont notre auteur. Epoque de tous les excès rêvés voire teintés de mégalomanie parfois dérangeante : argent, dettes, femmes, lieux de vie, superstitions, humanité qui le fera aimer des gens modestes.
Tout au long des chapitres, des citations émanant de ses livres et de lettres et des citations de contemporains nous montrent la place tenue par l'écrivain dans le monde des lettres de la première partie du 20ème siècle.
Le style d'une époque et d'un homme s'y lisent : pompeux, emphatique,avec ses grands élans, avec ses références antiques, ses images végétales impressionnistes et art nouveau.
Il y a aussi le D'Annunzio d'avant et d'après l'exil d'Italie vers la France, puis de Paris à Arcachon.
L'amour qu'il porte à ce lieu et la villa Dominique où il vit dans un luxe étouffant est intense, ressourçant et porteur de créativité pour son oeuvre.
Des grands noms de l'époque y défilèrent, complices de l'essor artistique.
La fuite devant de nombreux créanciers par ce "puits sans fond" n'entacha en rien l'enthousiasme dévorant de cet esthète d'un autre monde.
Puis la guerre le rattrape et le bascule dans le monde tel qu'il est. C'est un autre D'Annunzio qui apparaît, s'engage, prône la ralliement de l'Italie au côté des forces alliées, retourne en Italie, se bat, devient mutilé et héros de guerre, prend des positions utopiques et belles (l'affaire de Fiume), est anobli par le roi d'Italie, combat les idées fascistes, se retire dans la demeure du Vittorale en 1922, surveillé par la police mussolinienne.
C'est la troisième partie : boucle bouclée, après l'exil en France, l'exil en son propre pays.
La fin laisse un goût de peu. Dominique Lormier devrait nous écrire une autre biographie racontant ces dernières années qui furent une autre histoire appartenant à L Histoire.
Merci à Babelio et aux Editions du Rocher pour cette lecture.
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Commenter  J’apprécie          50
hrousset
  24 novembre 2014
Cette biographie écrite à la première personne qui tient en presque deux-cent pages ne peut-être qu'allusive et étonne par là même pour un homme aussi prolixe et dont la vie fut si riche.Il est vrai que le ton “auto-hagiographique”pourrait donner l'illusion,d'autant que l'auteur par le choix des longues citations (de la correspondance plus que des oeuvres, des commentaires élogieux des contemporains,sans note discordante et pourtant...) en rajoute beaucoup dans le récit qui s'inspire du style un peu décadent du héros.Une citation peut donner le ton:”Je me considère comme le descendant d'une lignée d'artistes et de mages,où je place Dante,Léonard de Vinci,Michel-Ange,Byron,Shelley,saint François d'Assise,Victor Hugo et Nietzsche .Je suis parvenu à accomplir l'union intime de l'art et de la vie.”
Il est vrai que sa vie esquissée à grands traits le présente comme un aventurier ,un Don Juan (qui ne compta pas ses maitresses:mille e tre ...au moins...),un nationaliste (“exilé volontaire” en France...) jusqu'aux extrêmes,dont il sut finalement se garder,et un engagement personnel politique et militaire qui en fit un héros.Fut-il un grand romancier,un grand poète,un grand auteur dramatique?Probablement et on aurait aimer en savoir plus et par exemple sur sa liaison avec Eleonora Duse dont il fit un roman,à moins que ce fut l'inverse.Il traversa La Belle Epoque et les Années Folles (de 1863 à 1938) et connut du beau monde des Arts et de la Littérature (Cocteau,Proust,Ida Rubinstein ,Sarah Bernhardt,Debussy...) et ses amitiés qui par leur choix en disent autant sur lui que ses amours auraient mérité plus de confidences et d'intérêt .
Gabriele d'Annunzio,le plus grand écrivain italien? Peut-être ,mais qu'en reste-il ? On reste dans l'interrogation ,et ce qu'on a lu de ses “mémoires” apocryphes nous laisse un certain malaise à voir le contraste entre une vie de luxe indécent ,un dandysme égotiste,et des amours volatiles avec par ailleurs des prétentions humanistes et sociales,un mysticisme à relent d'ésotérisme et un féminisme affiché.
Dans l'attente d'un ouvrage plus consistant de la part d'un auteur qui semble être fasciné par le personnage et qui a le talent pour nous conduire dans plus d'intimité.
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Zippo
  02 novembre 2018
Dominique Lormier nous propose un "roman biographique" basé sur les propres mémoires de Gabriele d'Annunzio.
J'ai été captivé par Gabriel d'Annunzio, le plus grand écrivain italien du début du XXème siècle.
Poète, esthète, romancier...et homme d'action, comme le prouve son intense participation à la Première guerre mondiale.
Il a connu toutes les personnalités de son temps : Maurice Barrès, Edmond Rostand, Anna de Noailles, Anatole France, Pierre Loti.
Il eut de très nombreuses aventures amoureuses, car malgré un physique quelconque, il plaisait énormément aux femmes par la flamboyance de son esprit.
Mondain, il fut également un soldat téméraire, il prit la ville de Fiume avec une poignée d'hommes à la fin de la Première guerre mondiale.
Au soir de sa vie, il fit tout pour dissuader Mussolini de s'allier à l'Allemagne nazie.
Un bon livre, d'une lecture très agréable, grâce à la jolie écriture de Dominique Lormier.
Commenter  J’apprécie          40

critiques presse (1)
NonFiction   12 décembre 2014
Un roman biographique richement documenté où transparaît la fascination de Dominique Lormier pour son héros.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Video de Dominique Lormier (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Lormier
Dominique Lormier - Gabriele d'Annunzio ou Le roman de la Belle Epoque .Dominique Lormier vous présente son ouvrage "Gabriele d'Annunzio ou Le roman de la Belle Epoque" aux éditions du Rocher. http://www.mollat.com/livres/lormier-dominique-roman-gabriele-annunzio-9782268076171.html Notes de Musique : Soni Ventorum Wind Quintet/Franz Danzi_ Wind Quintet Opus 67, Nos. 2-3/08 Danzi_ Wind Quintet Op 67 No 3 In E-Flat Major, 4 Allegretto. Free Musique Archives.
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