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Francis Lacassin (Éditeur scientifique)
ISBN : 2268062570
Éditeur : Les Editions du Rocher (21/06/2007)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 38 notes)
Résumé :
Mal famé, Jean Lorrain est surtout connu par ses analyses sarcastiques des moeurs de la Belle Epoque.
Dans ses Princesses d'ivoire et d'ivresse, il a réussi ses histoires les plus magiques et les moins sordides, placées sous le mauvais signe de trois princesses qui ont pour nom : Cruauté, Illusion et Désespérance. Mais on n'échappe pas à son destin et Lorrain n'a pu s'empêcher de faire accoucher une reine d'une grenouille, de flétrir le corps des belles endor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
5Arabella
  31 juillet 2016
Citation :
"Par les ciels mouillés de décembre, tandis que les passants enlaidis par le froid se hâtent et se heurtent à l'angle des trottoirs, et que la bise tourmente avec des férocités de chatte les guenilleux attardés au pavé dur des routes, combien il serait doux de pouvoir redescendre le passé, de pouvoir redevenir enfant et, blotti près des braises rougeoyantes, dans la tiédeur des chambres closes, quel repos et quelle fraîcheur ce serait aux pauvres yeux éraillés par la vie à se reprendre au charme de vieux livres d'images, des vieux livres d'étrennes illustrés de jadis, et de pouvoir croire encore aux contes !"

Et pour retrouver ce plaisir du conte, du rêve, de l'évasion, Jean Lorrain en écrit à son tour. Des contes un peu étranges, tout de même. Des contes un peu cruels, où ses héros souffrent (ça c'est normal dans les contes) mais sans espoir d'une fin heureuse, et surtout pas de mariage, et beaucoup d'enfants à l'horizon. Des princesses décadentes, par trop ornées, promènent leur ennui, leur spleen, dans des somptueux palais-prison, et rêvent de mort et de tourments pour enfin avoir quelque chose à ressentir.
Et puis quelques réminiscences reviennent à Jean Lorrain, dans lesquelles il revisite certains contes qu'il a aimé, La reine des neige, Mélusine....Et les contes qu'il a entendu dans la cuisine racontée par sa nounou, et qui rappellent la Normandie de son enfance. Peut être les plus intéressants, les plus touchants, les plus authentiquement contes. Avant que l'âge adulte ne pervertisse la magie du conte, et en fasse une sorte de poème en prose décadent.
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sumitsuki
  08 octobre 2010
Ecrin sombre d'argent terni... Une lecture nocturne et savoureuse, proprement ensorcelante, découverte grâce à la superbe chronique de Psyché, à propos de la princesse sous verre mais aussi (donc) du présent ouvrage, dans le lien ci-dessous :
Lien : http://psycheinhell.wordpres..
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LeilaRogon
  12 décembre 2013
Un livre de conte classique qui est très bien écrit. Malgré le temps il a su me captiver, les histoires sont très jolies. Rien a envier aux contes d'aujourd'hui. Je remercie l'amie que me l'a offert et le conseil aux amoureux du genre.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
psycheinhellpsycheinhell   09 décembre 2012
Il n’est pas au monde émotion un peu délicate qui ne repose sur l’amour du merveilleux : l’âme d’un paysage est tout entière dans la mémoire, plus ou moins peuplée de souvenirs, du voyageur qui le traverse, et il n’y a ni montagnes, ni forêts, ni levers d’aube sur les glaciers, ni crépuscules sur les étangs pour qui ne désire et ne redoute à la fois voir surgir Orianne à la lisière du bois, Thiphaine au milieu des genêts et Mélusine à la fontaine. (…)
Il faut donc aimer les contes et d’où qu’ils viennent, de Grèce ou de Norvège, de Souabe ou d’Espagne, de Bretagne ou d’Orient. Ce sont les amandiers en fleur des jeunes imaginations ; le vent emporte les pétales, dissémine le rêve, mais quelque chose est resté qui, malgré tout, portera fruit et ce fruit-là parfumera tout l’automne. Qui n’a pas cru enfant ne rêvera pas jeune homme ; il faut songer, au seuil même de la vie, à ourdir de belles tapisseries de songe pour orner notre gîte aux approches de l’hiver ; et les beaux rêves même fanés font les somptueuses tapisseries de décembre.
Il faut donc aimer les contes, il faut s’en nourrir et s’en griser comme d’un vin peu dangereux et léger, mais dont la saveur âpre sous un faux goût de sucre insiste et persiste, et c’est cette saveur là qui, le repas fini, enchante le palais et permet au convive écoeuré de la table parfois d’y demeurer.
Pour moi, je l’avoue, je les ai adorés et d’une adoration presque sauvage, les contes aujourd’hui proscrits et dédaignés ; et c’étaient des contes brumeux, trempés de lune et de pluie, semés de flocons de neige, des contes du Nord, car je n’ai connu, moi, que très tard dans la vie l’enchantement ensoleillé du Midi.

["Les Contes", préface]
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Catherine3Catherine3   06 juin 2015
Le lendemain, aux premiers rais de l'aube, les prêtres d'Osiris trouvèrent le petit Pharaon mort, enlisé dans la boue, au milieu des cadavres et de l'immense pourriture amoncelée là depuis des siècles. Debout dans la vase, Narkiss avait été asphyxié par les exhalaisons putrides du marécage mais, enfoncé jusqu'au cou dans le cloaque, il dominait de la tête les floraisons sinistres écloses autour de lui en forme de couronne; et, telle une fleur charmante, son visage exsangue et fardé, sa face adolescente au front diadémé d'émaux et de turquoises se dressait droite hors de la boue et sur ce front mort des papillons de nuit s'étaient posés, les ailes étendues, et dormaient.
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EmniaEmnia   15 novembre 2014
Cependant il devenait de plus en plus faible, et il comprit qu’il ne tarderait pas à mourir s’il ne prenait point quelque nourriture. Il avoua à l’une des fées l’état où il se trouvait, osa même lui demander à quelle heure on souperait. “Eh ! quand il vous plaira !” dit-elle. Elle donna un ordre, et voici qu’un page, qui était un gnome, apporta au prince, pour potage, une goutte de rosée sur une feuille d’acacia. Ah ! l’excellent potage ! Le convié des fées déclara qu’on ne saurait rien imaginer de meilleur. On lui offrit ensuite pour rôti une aile de papillon dorée à un rayon de soleil, – une épine d’aubépine aurait servi de broche, – et il la mangea d’une seule bouchée, avec délice. Mais ce qui le charma surtout, ce fut le dessert, la trace d’un baiser d’abeille sur un pétale de rose. “Eh bien, dit la fée, avez-vous bien soupé, mon enfant ?” Il fit signe que oui, extasié, mais, en même temps, il pencha la tête et mourut d’inanition.

In « Le mauvais convive »
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ChryseiaVonSourdeChryseiaVonSourde   13 février 2016
Et très perplexe, elle allait prendre au fond d'une armoire une tête desséchée de pendu, qu'elle consultait dans les grandes occasions, et, l'ayant posée sur un grand livre ouvert au milieu d'un pupitre, elle allumait trois cierges de cire verte et s'abîmait dans des pensées sinistres. ("La princesse Neigefleur")
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ChryseiaVonSourdeChryseiaVonSourde   13 février 2016
Une poétique de la putrescence et de la charogne s'installe [dans les contes de Lorrain], instaurant une forme encore plus subtile de cruauté qui se plaît à décrire les ravages de la mutilation ou de la décrépitude sur la beauté des corps. (Extrait de la préface de Jean de Palacio.)
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Vidéo de Jean Lorrain
Jean LORRAIN– Un Crime Inconnu
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