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Critique de andreas50


andreas50
  14 août 2019
1899. Au nord de la Chine la famine règne. La situation agricole déplorable, l'hésitation de la Dynastie impériale mandchoue vis à vis des campagnes, la corruption des fonctionnaires, l'empiétement croissant des puissances étrangères, provoquent une révolte populaire. C'est la crise des Boxers ( du nom d'une secte pratiquant les arts martiaux ). le 20 juin 1900, le représentant de la légation allemande est assassiné par un soldat chinois. Ce fait divers déclenche une colère généralisée dans toute l'Europe, alarmée par les menaces et les exactions commises en Chine à l'encontre des Occidentaux et des autochtones chrétiens. Guillaume II appelle à la vengeance, à l'écrasement de l'insurrection. Il est bientôt suivi par les puissances étrangères qui ont des intérêts en Chine. Mais la révolte s'étend rapidement vers la province de Pékin où les légations sont assiégées, les Occidentaux massacrés. L'autorité de l'impératrice Cixi menacée, celle-ci se range du côté des Boxers. Une flotte alliée débarque un contingent aux environs de Tien Tsin et remonte la chemin de fer vers Pékin. Sous le vocable "opération humanitaire internationale humanitaire", les armées étrangères vont commettre d'innombrables exactions : massacres, viols, villes et villages incendiés. Saccage et rapine s'abattent sur la Chine.
Mais que vient faire Pierre Loti dans cet enfer ? En tant qu'officier de marine, il fait partie du corps expéditionnaire. Sur le cuirassé le Redoutable, ancré en rade de Tien Tsin, , l'auteur occupe une situation privilégiée au sein de l'état-major. Loin d'être cantonné à bord, l'aide de camp de l'amiral Pottier se voit confié diverses missions et octroyé de larges permissions. Chroniqueur pour Le Figaro, il va pouvoir entreprendre son exploration et donner naissance à son récit. Son journal relate les multiples étapes de son parcours à la suite de l'armée d'invasion.
Dès les premières pages, le témoignage de Loti provoque chez le lecteur un profond malaise. En effet, c'est avec le regard d'un homme de son époque, que l'auteur aborde la violence de la répression. Certes, il se dit horrifié à l'idée de piétiner des cadavres abandonnés, gêné par l'odeur de la mort, dégoûté à la vue des populations locales, heurté par l'art grimaçant des temples, mais c'est en touriste blasé qu'il promène son regard sur l'intimité la plus sacrée de la terre qu'il foule, laissant libre cours à la description des paysages, des éléments naturels, de l'architecture.
Nous sommes en 1900, à l'apogée du colonialisme européen, et c'est en colonialiste qu'il voyage, accompagné de préjugés, de la recherche de son confort, de la contrainte que sa venue impose aux habitants de Pékin. Sa présence flétrit les lieux qu'il découvre, sa main profane parfois la culture qu'il prétend dévoiler. Il se livre à la contemplation, à la jouissance présente de posséder les lieux en toute impunité.
Pierre Loti écrit avec la mentalité, l'éducation, les idées d'un homme du 19e siècle. de ce fait,Les Derniers jours de Pékin risque de heurter le lecteur d'aujourd'hui.
Il en reste néanmoins un précieux témoignage sur une période particulièrement tragique et sombre à l'aube de l'histoire de la Chine moderne.
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