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Bruno Vercier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070393356
Éditeur : Gallimard (23/04/1998)

Note moyenne : 3.97/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Quand Mme Kermadec lui demande de veiller sur son fils Yves, Pierre Loti s'engage à en prendre soin comme de son propre frère sans s'aveugler sur les difficultés de la tâche. Depuis sept ans qu'ils appartiennent à la Marine nationale, à force de naviguer ensemble, il sait de quoi Yves est capable.
En mer parfait matelot, à terre il se déchaîne avec les conséquences que cela peut avoir, que cela entraîne presque toujours air retour à bord, la discipline étant ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
  20 novembre 2015
Quel dommage que Pierre Loti, cet écrivain du 19ème siècle au talent indéniable, soit tombé dans un oubli quasiment abyssal! Bien sûr avec lui on ne parle ni de Paris, ni du petit monde ouvrier, ni des petites classes laborieuses, ni de peinture, ni de chemins de fer.il ne s'appelle ni Huysmans, ni Zola ... Avec lui on part loin, très loin. Mon frère Yves, en partie autobiographique , nous raconte cette amitié improbable, voir surréaliste entre Pierre Loti officier sorti de l' Ecole navale et Yves Kermadec entré comme mousse, devenu matelot sur le même navire que Loti.
Comment cet homme, épris de sa Bretagne, brave garçon , excellent matelot, une fois à terre devient un autre quand l'ivresse le tient.....
Nous allons donc suivre Yves et Pierre, Pierre et Yves. La mer, les mers Est Ouest,Nord ou Sud ils sillonnent tous les océans , essuient des tempêtes, soignent leurs blessures et il y a la mer toujours et encore...Parfois 3 4 ou jours de permission et là il y a la Bretagne Saint Pol de Léon ou la région de Rosporden et ses paysages,ses fleurs, ses parfums,sa pluie,ses calvaires et ses Pardons et ses habitants sortis du passé mais toujours bien vivants .
Vous l'aurez compris j'ai beaucoup apprécié ce roman, si vous aimez les bateaux à voile,les histoires d'amitié,une écriture épurée, sobre toute pleine de poésie alors ce livre est pour vous !
merci à tous ces challenges qui courent sur le forum de babelio qui m'ont fait sortir ce roman du fin fond de ma bibliothèque.......
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Herve-Lionel
  04 mars 2014
J'ai choisi aujourd'hui un ouvrage de Pierre Loti pour moult raisons dont la première est que j'aime son oeuvre en général, autant pour elle-même que pour la personnalité de son auteur
.
Ce roman est « Mon frère Yves » publié avec succès en 1883 . A cette époque , il était déjà connu comme écrivain mais exerçait le métier d'officier de marine .
Il s'agit d'un roman et les faits qui y sont rapportés ne font pas référence à un épisode peu connu de sa vie où son frère aîné, Gustave Viaud, chirurgien de marine, victime du choléra durant une mission en Cochinchine est mort et a été immergé dans le Golfe du Bengale par 6°11 de latitude Nord et 84°48 de longitude ouest.
Comme on le sait l'auteur est né à Rochefort en Charente Maritime le 14 Janvier 1850 ,mais c'est en Bretagne que se déroule cette histoire qui n'est cependant pas exactement une fiction. Écrivain déjà célèbre, il décrit avec humanité mais aussi avec réalisme un monde de gens simples et pauvres auquel il n'appartient cependant pas, des familles harcelées par la misère, une Bretagne rurale, dévote, travailleuse…
Parmi ces gens Yves Kermadec qui a choisi comme beaucoup de Bretons la mer et ses dangers. Il sera donc dans la « Royale » , mais comme simple matelot, c'est à dire qu'il sera voué aux tâches les plus rudes, les plus ingrates, les plus périlleuses. Il les accomplira cependant avec discipline
Quand il est en mer, il est dur à la tâche et fait son métier, mais quand une escale lui fait toucher terre, il redevient querelleur, buveur, laissant volontiers sa maigre solde dans les bouges où il est souvent laissé pour mort.
Il n'y a pas de lien de parenté entre Loti et lui, bien qu'il apparaisse lui-même comme un personnage de sa propre oeuvre et soit le parrain du fils d'Yves Kermadec. Une grande amitié est née entre ces deux hommes. Cette « filiation »se fit un soir de confidence où l'officier qu'il était mais qui avait tu son grade, avait rencontré la mère déjà vieille d'Yves Kermadec qui lui avait raconté sa pauvre condition de femme de marin perdu par l'alcool et que la mort avait prématurément emporté. Des treize enfants qu'il lui avait laissé à élever, les garçons s'étaient faits marins, un peu forbans, déserteurs parfois.
Pour Yves c'était différent et cette pauvre femme fit promettre à Loti dont elle avait senti qu'il était différent des autres hommes de lui faire un serment. L'auteur à cette phrase merveilleuse et émouvante «  le regard anxieux et profond fixé sur moi me causait une impression étrange. C'était pourtant vrai que toutes les mères, quelle que soit la distance qui les séparent, ont, à certaines heures des expressions pareilles. Maintenant il me semblait que la mère d'Yves avait quelque chose de la mienne » et il ajoute « [je] jure de veiller sur lui toute ma vie comme [s'il] était mon frère ».
Dès lors Pierre Loti décrit leurs séparations et leurs retrouvailles au gré des affectations sur différents bâtiments, mais malgré ses grandes qualités d'homme et de marin, Yves retombait toujours, attiré par les cabarets et les bouges. « A cet instant il était irresponsable, il cédait à ses influences lointaines et mystérieuses qui lui venaient de son sang. Il subissait la loi de l'hérédité de toute une famille, de toute une race ».
Pierre Loti évoque la vie de ce marin, de cet homme humble qui finit par tenir la résolution qu'il avait prise de ne plus boire, de changer de vie, de se marier, d'avoir un enfant dont l'auteur sera le parrain, d'être un homme comme les autres dont la hiérarchie reconnaîtra cependant les mérites. C'est vrai que l'officier de marine Pierre Loti l'a protégé, a obtenu que certaines sanctions soient atténuées, l'a fait nommé « second »… Ces eux hommes que tout séparaient seront donc devenus frères au nom du respect de la parole donnée, un soir à une vieille dame.
Dans chaque roman, il y a l'histoire qui nous est racontée, mais il y a aussi la manière de le faire, le style. Ici aussi j'ai retrouvé des descriptions et des évocations aux accents de Zola, et je pense que Loti, déjà célèbre était bien modeste en écrivant à Alphonse Daudet à qui il dédia ce livre « Voici une petite histoire que je veux vous dédier, acceptez-la avec mon affection. ».
Je trouve en tout cas que cet écrivain majeur qu'est Pierre Loti a été trop longtemps injustement oublié. Son oeuvre mérite davantage d'attention et le cent cinquantième anniversaire de sa naissance qui tombe cette année en est sans aucun doute l'occasion.

© Hervé GAUTIER.
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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ProfDoc45
  27 août 2015
Amateurs de la Bretagne et de la marine, ce récit est fait pour vous. Pierre Loti propose, en effet, une description très (trop ?) détaillée d'une Bretagne de la fin du XIXe, ainsi que du quotidien de marins de l'époque. Et pour cause, son histoire, racontée par un officier, dresse le portrait d'un jeune engagé breton, voué aux démons de l'alcool à chaque passage sur terre, sur lequel le narrateur a promis de veiller.
Si le premier tiers du récit, qui plante le décor, peut paraître un peu long, la naissance du lien d'amitié entre les deux protagonistes et l'évolution (ou plutôt les évolutions) du comportement du héros permettent au lecteur de s'inquiéter, à son tour, du devenir de ce marin.
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Portedusoleil
  07 février 2015
Un livre plein d'humanité et de douceur porté par la merveilleuse plume de Loti...
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allard95
  09 février 2014
Vous qui aimez la Bretagne, ses villages, ses ports et ses pêcheurs: jetez-vous sur "Mon frère Yves". Très fort moment de bonheur littéraire.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
gillgill   26 mai 2016
Le livret de marin de mon frère Yves ressemble à tous les autres livrets de tous les autres marins.
Il est recouvert d'un papier parchemin de couleur jaune, et, comme il a beaucoup voyagé sur la mer, dans différents caissons de navire, il manque absolument de fraicheur.
En grosses lettres il y a sur la couverture : Kermadec, 2091 P.
Kermadec, c'est son nom de famille ; 2091, son numéro dans l'armée de mer, et P, la lettre initiale de Paimpol, son port d'inscription ...
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GleskerGlesker   19 mars 2014
Cette dentelle de granit qui nous soutenait en l’air était polie, rongée par les vents et les pluies de quatre cents hivers. Elle était d’un gris foncé à reflets roses ; il y avait dessus, par plaques, ce lichen jaune, cette mousse du granit qui met des siècles à pousser et qui jette ses tons dorés sur toutes les vieilles églises bretonnes. Les gargouilles à laide figure, les petits monstres aux traits vagues, qui vivent là-haut dans l’air, grimaçaient à côté de nous au soleil, comme gênés d’être regardés de si près, comme s’étonnant en eux-mêmes d’être si vieux, d’avoir essuyé tant de tempêtes et de se retrouver en pleine lumière. C’était ce monde-là qui avait présidé de haut à la naissance d’Yves ; c’était ce monde aussi qui de loin nous regardait avec bienveillance passer sur la mer, quand nous ne distinguions, nous, qu’une indécise flèche noire. Et nous faisions connaissance avec lui.
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Herve-LionelHerve-Lionel   04 mars 2014
Le regard anxieux et profond fixé sur moi me causait une impression étrange. C’était pourtant vrai que toutes les mères, quelle que soit la distance qui les séparent, ont, à certaines heures des expressions pareilles. Maintenant il me semblait que la mère d’Yves avait quelque chose de la mienne 
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   02 avril 2013
Après, quand nous eûmes bien mangé et bien bu, Jean commença d'une jolie voix haute une chanson de bord que connaissent tous les matelots bretons. Yves et moi, nous chantions les basses, et la vieille mère marquait la mesure avec sa tête et la pédale de son rouet. On n'entendait plus les refrains tristes que le vent chantait tout seul dehors.
La chanson disait :
Nous étions trois marins de Groix,
Nous étions trois marins de Groix,
Embarqués sur le Saint-françois.
Il vente !...
C'est le vent de la mer qui nous tourmente.
Pauvre homme, 'l a tombé à la mer,
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Herve-LionelHerve-Lionel   04 mars 2014
A cet instant il était irresponsable, il cédait à ses influences lointaines et mystérieuses qui lui venaient de son sang. Il subissait la loi de l’hérédité de toute une famille, de toute une race
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