AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2265099023
Éditeur : Fleuve Editions (08/01/2015)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 93 notes)
Résumé :
Jamais Antoine n'aurait pensé que son grand-père puisse agir ainsi : il y a quelques heures à peine, l'adolescent sortait du lycée, s'apprêtant royalement à rater son bac. Kidnappé par papi à bord d'un vieux coupé Volvo, il roule à présent vers l'inconnu, privé de son iPhone. À 82 ans, François Valent, journaliste brillant, aura parcouru le monde et couvert tous les conflits du globe sans jamais flancher.

S'il a conclu un marché avec son petit-fils, ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
Ellane92
  24 janvier 2015
François Valent vieillit. C'est le combat contre la souche de son arbre qui le lui dit : son coeur ne supporte plus les efforts violents. En l'absence de sa femme Clémence, partie apprivoiser ses grandes douleurs à la cure thermale, il croise par hasard son ancienne bru, divorcée, pas très en forme. C'est son fils, Antoine, qui lui cause des soucis : ce dernier, adolescent dans toute sa splendeur, accro aux réseaux sociaux et à sa console de jeux, ne cesse de se disputer, aussi bien avec elle qu'avec son père quand il le voit. Il est d'ailleurs bien parti pour rater son bac, ses études, sa vie...
Pendant la seconde guerre mondiale, un narrateur décrit les évènements qui ont eu lieu dans le village de Villefranche-de-Rouergue, et qui ont conduit à un drame historique mais dont l'histoire a perdu le souvenir, et des drames bien plus personnels.
C'est vendredi soir, et François a sorti sa belle voiture de collection pour faire la sortie du lycée. Il propose un deal à Antoine, ce petit-fils qu'il ne côtoie plus : en échange d'un weekend en sa compagnie, sans communication avec l'extérieur, le jeune homme pourra choisir soit de travailler plus assidument pour obtenir son bac, soit d'être riche !
Voici donc une drôle de quête à laquelle nous convie Sophie Loubière : partir sur les trace du passé d'un grand-père, comprendre ses choix et ses échecs, pour "sauver" un petit-fils. Ça, bien sûr, c'est là où le lecteur pense être convié. Mais A la mesure de nos silences comporte suffisamment de surprises pour dévier de cette ligne que l'on croit discerner dans les premières pages.
Pour moi, ce livre parle avant tout d'une rencontre entre deux individus d'une même famille, chacun persuadé de connaitre l'autre. D'un côté, un papi has been, ancien reporter de guerre, qui a couvert de sa présence les conflits du monde entier, au détriment de sa famille. de l'autre, un adolescent, un geek qui joue à la guerre, désabusé voire fainéant, qui ne veut rien faire de sa vie, obnubilé par ses équipements connectés.
Les apparences sont souvent trompeuses, et les motivations profondes aussi : est-ce vraiment son petit-fils que François va sauver en remontant à ses origines, à son histoire, aux évènements de Villefranche-de-Rouergue ?
J'ai aimé l'évocation d'un épisode de l'histoire qui m'était totalement inconnu, la pudeur avec laquelle l'auteur approche la honte et le remord de ceux qui y ont assisté (et le fait de découvrir pourquoi une avenue de Villefranche-de-Rouergue se nomme "avenue des Croates"). J'ai beaucoup aimé le rapprochement des deux protagonistes, leurs rapprochements mais aussi leurs éloignements, la passation de l'ancienne génération vers la nouvelle de son histoire, de ses erreurs, mais aussi de l'art de déguster un vin ou du plaisir de conduire une voiture de collection bien entretenue. J'ai aimé également la finesse d'évocation des univers de chacun des narrateurs de l'histoire, le passage d'un univers "d'jeuns" avec son langage, ses codes, et ses outils (connectés) à celui de l'homme au bout du chemin qui cultive son jardin mais reste sensible, toujours et aujourd'hui encore, à la détresse humaine. J'ai enfin aimé être surprise par le drame qui survient à la fin du livre, auquel je ne m'attendais certes pas !
Je suis en revanche moins sensible au "happy end" qui clôt l'ouvrage, et qui me parait étrangement factice après cette échappée belle improbable. Oui, s'inscrire dans une histoire familiale, lui donner du sens et une direction, c'est important. Et parfois, quand cette histoire nourrit la réalité d'un individu, elle peut avoir un impact sur sa vie. Mais Sophie Loubière traite bien trop finement et intelligemment ses personnages pour se permettre de tels raccourcis !
En bref, j'ai aimé ce livre, A la mesure de nos silences, dont le titre est sacrément bien choisi, pour son histoire, sa finesse d'analyse, l'écriture fluide qui s'adapte à chaque narrateur, et si j'ai moins aimé la fin, ce livre me donne envie de découvrir d'autres livres de cet auteure.
Je remercie Babelio et les Editions Fleuves de ce beau cadeau, et suis ravie à l'idée de rencontrer Sophie Loubière lundi !
PS : j'ai lu A la mesure de nos silences à l'occasion d'un déplacement dans le sud de la France, et c'est un formidable compagnon de voyage !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          434
gruz
  12 janvier 2015
Trois destins, trois voix, une belle émotion.
Sophie Loubière nous conte une jolie et triste histoire entre passé et présent, entre différentes manières de percevoir le monde également.
Loin des ambiances de polar de certains de ses romans, l'auteure met en scène trois personnages très différents mais qu'un fil conducteur va rassembler.
Il y a d'abord ce rapprochement d'un grand-père au crépuscule de sa vie, et de son petit-fils adolescent. Une thématique déjà développée par d'autres mais qui, sous l'oeil de Sophie Loubière, prend un caractère à la fois universel et très personnel.
Il y a aussi ce retour vers un passé douloureux. Deuxième guerre mondiale et un drame dans le drame, dont on a peu parlé.
A la mesure de nos silences est un superbe et approprié titre de roman. Entre deux personnages plutôt taiseux, adolescent revêche et papy fatigué par le poids du passé, les silences sont autant de mots qui confrontent les générations. Deux personnages qui ne parlent pas pour ne rien dire et qui communiquent avec difficulté, alors qu'ils ont tant de choses à partager.
S'en suit un voyage initiatique sur les pas d'un passé pesant et douloureux ; un passé qui s'intercale dans ce récit au fil des chapitres.
La grande force du roman de Sophie Loubière est cette sensibilité et cette réserve derrière chaque mot et chaque émotion. On est loin de l'émotion surjouée de pacotille, l'auteure pose son récit et construit les relations naissantes avec une jolie délicatesse.
Elle a eu la bonne idée de métamorphoser sa plume alternativement entre les trois personnages, nous plongeant dans la tête de chacun d'eux, avec leur propre langage et leurs propres ressentis. Cela nous donne des changements de tons franchement intéressants, entre une langue hachée et directe (comme peut être celle de la jeunesse d'aujourd'hui), une tonalité plus posée (d'un homme de 82 ans qui a beaucoup vécu) et la manière dont on pouvait s'exprimer il y a plusieurs décennies.
Une prose pleine de poésie pour un roman tendre, sincèrement touchant, poignant parfois, saisissant aussi. Une universalité qui touchera à coup sûr une part très personnelle de chacun, loin des sensations artificiellement exacerbées de pas mal de romans actuels.
Ce livre est sorti le lendemain du massacre terroriste du 07 janvier 2015. Il est aussi là pour nous rappeler toute la barbarie de notre passé, qu'il ne faut justement pas passer sous silence pour ne pas la laisser se reproduire.
Lien : https://gruznamur.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          410
tiben
  13 mars 2015
Je découvre Sophie Loubière avec son dernier roman A la mesure de nos silences.
Ce titre, énigmatique et beau, m'a incité à me procurer ce roman. Je n'ai même pas lu la 4e de couverture. Juste intrigué par ce titre et cette image de jeune homme habillé à l'ancienne, levant la tête vers le ciel, les yeux fermés...
Curieux et sans idée préconçue au départ, j'ai vite été immergé dans ce très beau roman au point de le dévorer sans m'en rendre compte. Que l'écriture est belle, que l'histoire est émouvante.. Et pourtant, que le thème est compliqué: les relations familiales, les conflits inter générationnel, les regrets d'une vie, la mort...
Le parallèle entre l'histoire passé et l'intrigue présente m'a tout d'abord dérouté puis convaincu: elle explicite parfaitement les agissements de papy envers son petit fils. de même, l'auteur dépeint parfaitement le monde actuel des "djeuns": l'impossibilité de vivre sans son smartphone (sms, facebook and co), l'inutilité de travailler à l'école (qu'il est bien plus intéressant de jouer à la console), les conflits parents/enfants, le peu d'intérêt accordé "aux vieux" que sont les grands parents.
Et surtout, la préférence d'un monde matériel, virtuel à tout le reste. Entre tout faire pour avoir son bac et toucher un chèque énorme pour faire sa vie: le choix d'un jeune est rapidement fait malheureusement.
De même, les remords de papy François qui ne peut se défaire du passé; sa volonté de mourir plus que vivre, ses silences vis à vis de sa famille (ses fils en particulier) et son périple fou avec son petit fils à qui il souhaite apprendre la vie, la vraie vie!
Etant plutôt vieux jeu, je n'ai pu qu'apprécier cette leçon de vie du grand père envers son enfant. Cette histoire vraie est enrichissante et elle m'a touché au plus profond de moi même.
Le style de l'auteur m'a aussi beaucoup plu: l'écriture est souvent poétique, recherchée, précise, musicale et très agréable à lire. Il faut néanmoins un petit temps d'adaptation au départ pour s'habituer et profiter au maximum.
En conclusion, je ressors convaincu par Sophie Loubière et conquis par ce roman poignant où finalement la tendresse triomphe de l'indifférence...
La dernière page résume a elle toute seule mon sentiment de lecteur en refermant celle-ci:
"À celui qui résiste et frappe sous mes pieds, enseveli sous les pierres, celui dont je croyais devoir porter la croix, je voudrais tendre la main et, enfin délivré, désapprendre le destin, m'enhardir de ce passé, comme la bête domptée s'abreuve à mes doigts.
Puisse ce printemps durer éternellement.

À mes enfants et mes petits-enfants,
Chelles, juillet 2013.

François Valent"
Ne jamais oublier L Histoire... Lisez ce beau roman je ne peux que vous y inciter.
4/5
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
spleen
  11 mars 2015
Il suffit parfois d'être attiré par un titre et faire une bonne pioche !
Un road movie qui entraine François, octogénaire et Antoine, son petit fils , un ado accroc aux SMS, Facebook et jeux virtuels (vous voyez ce que je veux dire, vous en avez un à la maison ?) sur les routes vers Villefranche-de -Rouergue au volant d'une sublime Volvo des années soixante !
Scénario un peu classique et convenu qui m'a, au départ, je dois l'avouer, fait craindre de m'être fourvoyé entre un senior sentencieux et un gamin bougon .
Or, si François conduit Antoine dans la ville où il a vécu enfant pendant l'occupation, pour lui raconter un épisode dramatique qui va marquer sa vie, celui qui a le plus besoin de l'autre n'est pas celui qu'on imagine et on rentre petit à petit dans l' engrenage irraisonné de la fuite en avant de François pour un acte commis gamin sous l'emprise de la jalousie.
Culpabilité que l'adulte porte comme une croix, fuyant son pays et sa famille dans la peau d'un reporter de guerre toujours à l'affut d'un bon papier dans les coins les plus dangereux de la planète guettant la mort comme une rédemptrice .
Entre les chapitres, l'histoire racontée par François de son enfance pendant la guerre et qui aborde un épisode méconnu de la seconde guerre mondiale: la rébellion en 1943 de jeunes musulmans croates enrôlés de force dans les troupes SS et qui s'est terminée dans le sang .
La honte et le remords poursuivent ce vieil homme si maladroit dans ses rapports avec ses propres enfants.
L'écriture est très sensible donnant un roman poignant sur la difficulté d'accepter ses fautes, de comprendre et de pardonner aussi aux autres.
Petit bémol sur la toute fin du roman ...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
jeunejane
  12 août 2015
François Valent, un ancien journaliste de 82 ans va aller à la rencontre de son petit-fils Antoine. Celui-ci se sent loin de ses parents et est en plein décrochage scolaire au moment de passer son bac.
Ensemble, ils vont traverser la France jusqu'au village d'enfance de François, à Villefranche-de-Rouergue où se sont déroulés de tragiques évènements pendant la deuxième guerre mondiale.
Le vieil homme reste marqué par cette période.
Petit à petit, Antoine va s'ouvrir aux confidences de son grand-père et va se sentir considéré.
Les chapitres sont partagés entre le présent et la passé ( en italique).
Les faits de la guerre sont très bien documentés et offrent une histoire humaine bien racontée.
Le présent est pimenté par quelques évènenements et rendent le récit attachant.
Ce qui est énervant, c'est le changement de chapitre et de période comme dans les séries télé, au moment où le suspense s'installe.
Commenter  J’apprécie          250
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
migdalmigdal   20 août 2018
Ce matin-là, comme une porte brusquement se ferme en pleine messe, le fracas des armes cogna le silence. Les détonations répercutées de ruelle en ruelle annonçaient bien plus qu’un chapitre sanglant à consigner dans les livres d’histoire. Elles faisaient tomber sur nous un rideau de ténèbres, transfigurant ce qui devait être une journée radieuse en un torrent colère. Là-bas, au creux de cette faille qui scinde la ville, là où le pont enjambe l’Aveyron, on abattait des hommes…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
denisarnouddenisarnoud   02 février 2015
François connaissait l'irréversible principe d'impertinence pour avoir vu défiler dans son bureau de jeunes stagiaire dissimulant mal l'indifférence avec laquelle ils considéraient leurs tuteurs, convaincus de mieux maîtiriser les outils, confondant efficacité et rapidité, incapables de questionner leurs propres aptitudes, leurs facultés d'implication et d'adaptation. Toute une génération de petits experts , tranchants, plus insupportables que les pontifes d'antan, privés d'un enseignement essentiel : le respect.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
jeunejanejeunejane   12 août 2015
- C'est la première fois que je te vois pleurer. Je ne pensais pas que tu avais vécu des trucs aussi durs.Pourquoi mon père ne m'en a jamais parlé ?
Le regard de François s'assombrit. La question pénétra en lui lentement, dans un silence presque parfait. Il perçut alors le vide en sa mémoire, et la charge impérissable du remords souleva sa poitrine.
-Parce qu'il l'ignore. Ce que je t'ai raconté de la révolte et de Jean, je ne l'ai dit à aucun de mes fils.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
denisarnouddenisarnoud   02 février 2015
-Elle te manque?
-Pas autant que lorsqu'elle est à côté de moi perdue dans ses pensées.
Antoine plongea un croissant dans son bol/
-Tu devrais l'appeler.
-On n'aura plus rien à se raconter à son retour si je lui téléphone sans cesse.
-Vous les vieux, on dirait que vous avez l'habitude de vous manquer.
C'est le seul moyen qu'on ait trouvé pour continuer à s'aimer.
Commenter  J’apprécie          80
stokelystokely   20 janvier 2015
Deux milles âmes.
La ville, dont un panneau vantait l'accueil à la sortie de l'autoroute, évoquait plutôt le décor pétrifié d'un film d'anticipation, terni par l'abandon. Les habitants semblaient avoir déserté les rues, fuyant un invisible rayon gamma. Antoine se demanda quel genre d'ami son grand-père pouvait bien connaître en pareil endroit ; un technicien fantôme retraité de l'ORTF, une ancienne maîtresse jadis élue Miss Lentilles vertes du Berry, un vieux juif errant, réfugié sous une couverture....? Le passé de son grand-père était comme une colline paressant sous le soleil couchant, une prairie ondoyante sous la tendresse du vent d'où pouvait jaillir d'improbables personnages, tels son père avec un sabre laser en caoutchouc. (p92)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Sophie Loubière (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sophie Loubière
Sophie Loubière, l?étape polar de la Route 66 | lecteurs.com .Corsé, comme un petit noir tôt le matin, puis suave, comme un Capuccino décoré d?un latte art. Black Coffee et White Coffee nous entraînent sur le bitume de la Route 66, à la poursuite d?un serial killer sans relâche qui sévit depuis des décennies, puis dans la (re)construction et l?évolution de Lola et Desmond, les héros. L'article est en ligne sur lecteurs.com: http://www.lecteurs.com/article/sophie-loubiere-letape-polar-de-la-route-66/2442947 Visitez le site : http://www.lecteurs.com/ Suivez lecteurs.com sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/orange.lecteurs/ Twitter : https://twitter.com/OrangeLecteurs Instagram : https://www.instagram.com/lecteurs_com/ Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCWQQ-VlGEFs22XKdO15tQCg/videos Dailymotion : http://www.dailymotion.com/OrangeLecteurs
+ Lire la suite
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Quiz sur le livre "L'enfant aux cailloux" de Sophie Loubière.

Comment s’appelle la retraitée de l’histoire ?

Elsa
Laurie
Isabelle

10 questions
20 lecteurs ont répondu
Thème : L'enfant aux cailloux de Sophie LoubièreCréer un quiz sur ce livre
.. ..