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ISBN : 2350760677
Éditeur : Editions Privé (06/04/2007)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :


L'histoire est banale, c'est celle de Marc Louboutin, presque un simple citoyen. Dès l'année 2002, il assiste à une invasion étrange. Des " Nicolas " apparaissent partout.

L'auteur se souvient alors qu'il a été, dans une autre existence, officier de police durant seize ans. Il a travaillé à l'époque à Paris, Chambéry et Quimper. Mais un jour, il a décidé de rendre les armes et de démissionner. Fin 2006, Marc Louboutin prend l'un de ce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Garoupe
  05 novembre 2014
Marc Louboutin a eu plusieurs vies. Entre 1984 et 2001, il a été policier. Elève inspecteur en 1984, il a quitté la maison « Poulaga » 17 ans plus tard. Ce livre explique ce qu'a été son « métier de chien » pendant cette grosse quinzaine d'années.
Ce n'est pas tant un brûlot qu'un état des lieux dressé par Marc Louboutin à partir de sa propre expérience. Il a pourtant été censuré en 2009, 2 ans après sa première publication. Ce constat, il l'a forgé par réaction à la dérive sécuritaire qui diffuse, selon moi, ses relents abjects depuis tellement longtemps. Il l'a publié parce que le métier de policier est méconnu du plus grand nombre qui voit dans l'agent assermenté tour à tour un être imbu de sa puissance, abusant de sa situation dominante, un violeur de la propriété privée, un être au-dessus des lois et surtout de la morale. Alors c'est peut-être vrai de quelques éléments pourris (Coluche, dans un sketch sur la police, disait d'ailleurs : « c'est comme dans tous les troupeaux, il y a des brebis galeuses »), mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, il faut prendre le temps de ces quelques 400 pages pour cerner ce que peut-être (ou ce qui était à un moment donné) la vérité du quotidien d'un policier.
Le policier est un être humain qui se fracasse la tête dans ce que la nature humaine possède de plus abject et qui lui renvoie, tel un miroir pas forcément déformant, l'image de ce qu'il essaie de combattre, parfois en lui-même, du travail qu'il tente de faire, bien ou mal, mais dont le résultat est soumis à tant d'aléas (erreur de procédure, abus, faute, hiérarchie incompétente,…) qu'il en est incertain et donc par définition potentiellement frustrant.
C'est aussi un peu le récit de la dure confrontation entre une législation dont on ne pourrait se passer et une réalité du terrain qui va parfois à son encontre.
Marc Louboutin prend le parti de vouloir « prendre [le lecteur] par la main » pour le traiter en « collègue ». Il dit d'ailleurs en forme d'introduction-avertissement que « là où je vais t'emmener, il va te falloir de gros efforts pour que nous restions amis ». Ce tutoiement et ce soucis d'accompagner le lecteur sur une pente savonneuse est salutaire ; les coupures créées par les espèces d'intermèdes où Marc décrypte les situations qu'il vient de retranscrire en s'adressant directement au lecteur et qui rythment les descriptions plus cliniques et factuelles de ses expériences opèrent comme des souffles bienvenus pour le lecteur qui peut respirer après une autopsie ou une intervention plutôt musclée.
Au fur et à mesure que Marc déroule sa carrière et fait voler en éclats les bulles de protection qui obturaient notre vision des choses (bulles issues de notre ou de son éducation, de la société,…), fait tomber les barrières qui nous empêchaient de voir de quelle couleur est l'herbe du côté de la Police, il fait parallèlement s'élever ses propres digues de protection, celles qui rendent son métier vivable un tant soit peu. Cela passe par une dépersonnification de la part de l'auteur d'une exaction pour ne plus voir que le crime derrière l'individu.
Marc fixe son métier de chien d'un regard acerbe, ne voilant rien, ne se cachant derrière aucun faux-fuyant pour justifier l'injustifiable. C'est donc un récit âpre, salutaire pour l'auteur peut-être autant que pour le lecteur dont la réalité parfois un peu rose se fissure face à la vérité de la rue, à sa violence, à sa sournoiserie.
Quand bien même cette violence et cette sournoiserie pourraient-elles être éradiquées qu'il n'en resterait pas moins celles de l'administration elle-même vis-à-vis de ses propres troupes : carriérisme virant à l'arrivisme, détournement de la loi non plus au profit du respect de la loi mais au profit personnel, sanctions aveugles… Marc ne nous prend pas en traître, le sous-titre « de la vocation au dégoût » est là pour clarifier le propos, et son tableau a forcément quelque chose d'alarmiste et de défaitiste.
C'est son histoire : le descriptif qu'il fait de ce métier est celui vu par le prisme automatiquement déformant de son cas particulier… Si on ne peut pas faire une généralité de cette succession d'écueils et de déboires, ce livre sent (bon ou mauvais à vous de vous faire votre propre idée) le vécu, le réel. le sang et les larmes qui coulent ne sont pas des larmes et du sang qui vient d'un stylo racontant une sordide histoire, ce sont le sang et les larmes de personnes ayant réellement existé.
Au-delà d'une narration plutôt bien construite et bien écrite, c'est ce côté témoignage qui donne sa force au récit de Marc. Un récit prenant, poignant et sincère, certes un peu à charge, mais personnellement je n'arrive pas à en vouloir à l'auteur. Autant le « Flic de rue » de Fred de Mai (même éditeur) sentait l'urgence qui transparaissait dans la mélopée rapide du slam dont le style s'inspirait, autant « Métier de chien » est une machinerie plus construite et, si elle relève également de la nécessité de s'exprimer, est plus du ressort d'une volonté de faire ressortir une vérité, intemporelle ou non, de déciller les yeux d'un lecteur attentif.

Lien : http://wp.me/p2X8E2-hl
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Loley
  02 novembre 2014
On imagine sans mal que la vie d'un flic dévoilée et décrite à l'état brut doit être entourée d'une noirceur bordée de ténèbres.
Savoir que "Métier de chien" a été censuré une première fois lors de son édition initiale attise ma curiosité et ma soif de comprendre. Savoir ce qu'il se cache derrière ces pages devient une envie réelle.
Marc Louboutin s'adresse à son lecteur de façon directe et cash afin de l'amener dans le monde de la sécurité publique et de la police nationale.
C'est fait avec simplicité et naturel, je réponds donc à cette invitation et plonge dans cet univers glauque, mal connu du citoyen lambda.
Il s'agit d'un témoignage cru et sans détours qui relate le quotidien du métier de flic.
Il est clair que cette immersion dans l'horreur est loin d'être facile, comment tenir toute une carrière sans péter un plomb?
De nombreux suicides sont recensés chaque année, ces hommes et ces femmes ne sont visiblement pas soutenus comme ils le devraient par leurs supérieurs.
On les envoie aux portes de l'enfer et c'est à eux de se débrouiller pour en revenir indemnes.
Souffrance, violence, déchéance, alcoolisme subis par ces "fonctionnaires" de police, waw ce que j'ai pu lire dans ce livre est terriblement dur.
Cette vie-là est tellement loin du quotidien de Monsieur et Madame tout le monde, je trouve qu'il est important de savoir ce qu'il s'y passe.
Cette profession s'est chargée d'attirer ses flics dans ses filets, ses bas-fonds noirs et cruels.
Je sors profondément touchée par un tel vécu, j'en ai eu des frissons.

Une partie de la carrière professionnelle de l'auteur est retracée dans ce premier tome "De la vocation au dégoût", on y trouve des anecdotes, des journées de flic avec tout ce qu'elles peuvent comporter, formations, cadavres, autopsies, violences, drogue ...
Un tome 2 est prévu pour début 2015.
J'ai trouvé une écriture de qualité qu'on suit avec facilité tout au long des 450 pages;
Ce témoignage est prenant, ça m'a changé des thrillers et je l'ai trouvé carrément bien foutu, s'cusez l'expression.
Je me suis retrouvée dans cette réalité qui la nôtre, celle de nos rues, sûrement un hommage aux collègues tombés.
"Je pensais laisser au placard dix-sept ans de ma vie d'officier de police et ne jamais retourner en arrière.
Je me trompais.
La police est une maîtresse exigeante que l'on ne quitte pas si facilement ..."
Une lecture clairement instructive et intéressante, je recommande vivement.
Lien : http://leshootdeloley.blogsp..
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