AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782130829300
Presses Universitaires de France (31/03/2021)
3.91/5   23 notes
Résumé :
Deux artistes de deux pays et deux générations très différentes, Ken Loach et Edouard Louis, échangent sur l'art, le cinéma, la littérature et leur rôle aujourd'hui. Comment l'art peut-il, notamment, poser et repenser la question de la violence de classe ? Comment représenter les classes populaires comme ont tenté de le faire les deux auteurs du présent livre dans leur travail ? Et quel est le rôle de l'art dans un contexte politique mondial où les plus précaires se... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Vielivre
  14 septembre 2021
La Collection « Des mots », des éditions PUF est dirigée par Édouard Louis. Il a publié dans cette collection Dialogue sur l'art et la politique, un dialogue avec Ken Loach, le réalisateur engagé. Ce livre, Édouard Louis a choisi de l'écrire en dialoguant avec Ken Loach, inspiré par son film, Moi, Daniel Blake qu'il estime être un film dans lequel on « parle de persécution sociale et politique ».
Dans ce dialogue, ils abordent de nombreux thèmes : l'art, le cinéma et la littérature et ce qu'ils peuvent transmettre comme message dans notre société. L'exclusion, le travail, les dominés, les dominants, la persécution sociale, la violence, les partis politiques, la pauvreté sont le lexique essentiel de ce livre pour révéler des particularités présentes dans notre société contemporaine.
« Encore une fois, je pense que tout ça vient du sentiment de sécurité, n'est-ce pas ? Si tu te sens en sécurité, tu peux être généreux. Si tu ne te sens pas menacé personnellement, tu peux d'autant plus facilement accueillir celles et ceux qui ont besoin d'aide, que ce soit parce qu'ils cherchent l'asile ou pour une autre raison. C'est quand on se sent bien qu'on peut être généreux. Si tu as peur, si tu te sens en danger, si tu es sans espoir, si tu te sens poussé au cynisme, alors tu rejettes les autres. – mais alors comme tu interprètes le fait que les dominants ont cette sécurité et qu'ils ne sont pas pour autant accueillants ? – parce qu'eux ne peuvent maintenir leur sécurité qu'en maintenant tous les autres en dessous d'eux ! ». A cette seule locution, on pourrait résumer le livre d'Édouard Louis tant elle est significative et représentative du contenu de son livre.
L'art est un sujet important dans ce livre. Comment définir l'art ? Que doit-être l'art ? « L'art se fait dans une forme de colère contre l'art ». Édouard Louis prend souvent son expérience personnelle pour mieux se sentir vrai dans ses propos. Issu d'un milieu défavorisé, il prend pour exemple et pour foi son propre passé pour dénoncer les injustices.
L'entretien est fort et défend des causes sociales chacun à leur manière. Il se termine par une interrogation sur le partage de la part de Ken Loach.
A lire !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
ArmelleAlx
  29 avril 2021
Très stimulant petit livre !
Dialogue intelligent et très clair entre deux artistes engagés et talentueux, le cinéaste et l'écrivain, l'homme âgé et le jeune, le britannique et le français. J'ai adoré cette capacité à exprimer des idées neuves et à susciter la réflexion sur la politique et l'art. Ce n'etait pas gagné : on trouve tellement de discours rébarbatifs et incompréhensibles et/ou simplistes !
(Seule réserve : qui pose les questions ? Je n'ai pas trouvé le nom)
Commenter  J’apprécie          20
PGilly
  07 avril 2021
Le titre est mal équilibré. Il y est beaucoup question de politique, très peu d'art. La disette de contacts sociaux me pousse à acheter des livres qui invitent des conversations dans mon salon de lecture. Je connais et j'apprécie Ken Loach, cinéaste militant, depuis toujours mégaphone des luttes sociales et politique. Je ne connaissais pas Édouard Louis, très prolixe, auquel le cinéaste laisse souvent la parole.
Bon le livre est court, le propos clair : la gauche doit changer son fusil d'épaule pour renouer avec le monde ouvrier, les pauvres, séduits par l'extrême-droite. Soit. En revanche, exacerber les tensions, les fractures, les oppositions afin d'inspirer et de stimuler une énergie créative me paraît risqué. Montrer l'insupportable pour appeler le supportable, peut-être, mais le rejet guette. Je préfère la fédération à l'opposition.
Lien : https://cinemoitheque.eklabl..
Commenter  J’apprécie          21

Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
NievaNieva   11 avril 2021
K. L. : Encore une fois, je pense que tout ça vient du sentiment de sécurité, n’est ce pas ? Si tu te sens en sécurité, tu peux être généreux. Si tu ne te sens pas menacé personnellement, tu peux d’autant plus facilement accueillir celles et ceux qui ont besoin d’aide, que ce soit parce qu’ils cherchent l’asile ou pour une autre raison, n’importe quelle raison qu’une communauté peut affronter. C’est quand on se sent bien qu’on peut être généreux. Si tu as peur, si tu te sens en danger, si tu es sans espoir, si tu te sens poussé au cynisme, alors tu rejettes les autres.
 
É. L. : Mais alors comment tu interprètes le fait que les dominants ont cette sécurité et qu’ils ne sont pas pour autant accueillants ?
 
K. L. : Parce qu’eux ne peuvent maintenir leur sécurité qu’en maintenant tous les autres en dessous d’eux !
 
É. L. : C’est la réponse que j’attendais !
 
K. L. : C’est comme cela qu’ils contrôlent l’empire n’est-ce pas ? En maintenant les indigènes à leur place. Et en maintenant les classes populaires à leur place. Ils ne peuvent pas se permettre d’être généreux, parce que leur richesse dépend de la misère des autres. C’est pour cela que nous avons besoin d’un autre type de société, fondée sur l’égalité et la solidarité, et la liberté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
NievaNieva   11 avril 2021
Et votre position sur l’empathie ?
 
É. L. : C’est difficile parce que ce n’est pas avec ce terme-là que je réfléchis en général, c’est un peu abstrait pour moi. Je m’intéresse plutôt à la confrontation, c’est ce dont je parlais tout à l’heure ; comment faire en sorte que les lecteurs ou les lectrices se confrontent à la réalité qu’on leur montre ? Et qu’ils ne détournent pas le regard comme on le fait en croisant un SDF dans la rue ? C’est une question formelle autant que politique, peut-être une question avant tout esthétique d’ailleurs : si tout le monde a accès au réel, si tout le monde à peu près sait qu’il existe de la pauvreté, de la violence sociale, du racisme, comment faire pour que les gens s’y confrontent et que naisse en eux la volonté de changer cela ? Le temps où la littérature – ou les films – présentait une réalité que personne ne connaissait est presque totalement passé, même s’il reste des choses qu’on ignore bien sûr. Zola écrivait pour montrer la vie des ouvriers à l’usine ou dans les mines, Sartre écrivait pour rendre visibles les prostitués ou les homosexuels, il a d’ailleurs beaucoup écrit sur cet enjeu littéraire et politique, rendre visible… Maintenant, avec les nouveaux médias dont on parlait il y a un instant, les technologies, tout ou presque est visible. La question n’est donc plus de montrer, mais de confronter – je pense que c’est un basculement important : qu’est-ce que serait une esthétique de la confrontation ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
NievaNieva   11 avril 2021
É. L. : La situation est à peu près la même en France. On voit des gens dormir dans la rue, partout… C’est étrange d’ailleurs, parce que cette violence est ultra-visible, et en même temps elle n’interpelle presque plus. Cela rejoint ce que Ken disait avant sur le fait que les dominants savent qu’ils produisent de la violence. La question se pose donc pour la politique, mais aussi pour l’art : quels outils trouver, si la seule visibilité ne suffit pas, pour forcer celles et ceux qui ont du pouvoir à réagir ? Si le problème n’est pas de montrer quelque chose, comme le met en lumière la situation des SDF, mais de faire en sorte que les gens se confrontent à ce qu’ils savent déjà – mais qu’ils choisissent d’ignorer ?
 
K. L. : Je pense qu’on doit se débarrasser de ceux qui ont le pouvoir !
 
É. L. : Oui, bien sûr, les forcer à réagir, cela peut vouloir dire les faire partir, tu as raison !
 
K. L. : Ils ne changeront jamais.
 
É. L. : C’est certain…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
NievaNieva   11 avril 2021
K. L. : Je pense que ce qui pollue l’espace politique, c’est que les discours publics ne reflètent pas du tout les difficultés que les gens rencontrent au quotidien. C’est comme une machine de propagande, nos médias sont partie prenante, et ce qui était avant, dans un pays comme l’Angleterre, une presse plutôt de gauche n’a plus rien de gauche du tout. Mais je crois que c’est dans les livres et dans les écrits, comme dans tes livres, qu’on peut retrouver sa voix. Cette voix devrait être dans nos médias de masse, elle devrait être audible à la télévision, mais on n’entend pas de voix comme la tienne, ou quand c’est le cas, on la marque d’une sorte de mise en garde. C’est ce qui arrive aux gens comme nous, nos prises de parole sont systématiquement marquées d’une mise en garde.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
VielivreVielivre   14 septembre 2021
• « La gauche s’en fiche de nous, ils ne parlent pas de nous » avant d’ajouter que l’extrême droite était la seule à se préoccuper d’eux, « les petits », les « ouvriers », « les gens comme nous ». Ce sentiment d’être invisible était très fort, ma mère répétait tous les jours : « les politiques s’en foutent des petits comme nous ». Elle avait notamment l’impression d’être invisible dans les discours de la gauche progressiste, celle dont on aurait pu attendre qu’elle nous défende et qu’elle se batte pour nous.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Édouard Louis (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Édouard Louis
"Combats et métamorphoses d'une femme" d'Édouard Louis lu par Irène Jacob I Livre audio
autres livres classés : Inégalité socialeVoir plus
Notre sélection Non-fiction Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Avez vous bien lu "En finir avec Eddy Bellegeule" ?

Par combien de garçons Eddy se fait-il brutaliser dans les couloirs du collège ?

2
3
4
5
6

10 questions
194 lecteurs ont répondu
Thème : En finir avec Eddy Bellegueule de Édouard LouisCréer un quiz sur ce livre