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ISBN : 2021117707
Éditeur : Seuil (02/01/2014)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.51/5 (sur 1513 notes)
Résumé :
"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut co... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (352) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
06 avril 2014
En finir avec Eddy Bellegueule, le premier roman de celui qui a désormais choisi le nom d'Edouard Louis, se lit d'une traite, c'est certain. Poignant, direct et vraiment horrible, on peut dire que ce roman autobiographique tape là où ça fait mal.
Et il y a sûrement de quoi c'est certain. Même s'il est surmonté de l'indication « fiction », ce roman est clairement autobiographique et Edouard Louis tente de nous raconter l'enfer de sa jeunesse. Sa vie de jeune garçon confronté au regard des autres qui le juge parce qu'il a parfois des « manières de fille » et qu'il n'aime pas ce que les autres garçons font « habituellement ». Dans une extrême misère sociale, le petit Eddy subit encore et encore les brimades de son père violent, de sa mère pas très futée et de ses frères et soeurs trop coulés dans le moule. Et c'est bien de cela qu'il s'agit ici surtout : se couler dans un moule préfabriqué ou non. La Picardie qui nous est dépeinte ici est bien loin d'être reluisante et l'auteur dénonce, tour à tour, les débordements liés à l'alcool, le manque d'éducation de la population locale et la xénophobie latente (envers les étrangers non français, comme envers ceux non locaux d'ailleurs). C'est moche, c'est glauque et nous pouvons avoir peine à enchaîner les péripéties de ce jeune Eddy tant il cumule en quelques pages des situations consternantes.
Malgré tout, il y a de quoi être constamment gêné de voir ce jeune auteur déblatérer sur sa famille et les atrocités qu'il a déjà pues rencontrer. En effet, il semblerait que ce soit bien son histoire ou une partie qu'il ait fini par raconter dans son premier roman. le but pour lui est sûrement de tourner la page d'une jeunesse meurtrie, mais pour cela il va particulièrement fort dans la critique de son entourage, de son environnement d'alors. Aucune excuse pour la bêtise ambiante, aucun pardon pour les brimades subies : l'heure est à la dénonciation simple et gratuite qui peut lasser, même si cet ouvrage tourne seulement autour des deux cents pages. Les raccourcis pris dans l'accumulation de scènes parfois horribles donnent aussi l'impression d'un condensé qui écrase la réalité, sûrement déjà bien assez horrible comme ça. Même des lieux comme l'école, qui pourrait, et devrait, être un refuge pour lui, ne sont propices qu'à des comparaisons douloureuses avec les autres.
Comme aborder ces deux aspects à la fois très lourds et fort gênants à lire ? Avec du recul, sûrement. En essayant de se départir de l'aspect horrible de ces scènes et en comprenant que l'auteur est avant tout dans la rancoeur et la dénonciation. C'est vraiment le manque de recul de celui-ci qui gêne la lecture. Comme par exemple quand il parle de sa mère au point d'excuser, de manière plutôt condescendante, son manque d'éducation et sa bêtise vis-à-vis de lui. Bien sûr, il ne s'agit pas de tendre l'autre joue, bien au contraire, mais l'auteur, si c'est bien son histoire exacte ici, a pu se sortir de cette situation et faire des études supérieures depuis. le fait qu'il ne semble pas que ce soit le cas généralement dans sa région natale crée déjà un décalage non négligeable. Pour autant, bien sûr, bien des préjugés dénoncés dans cet ouvrage sont à mettre en avant tant ils sont encore particulièrement prenants dans notre société : l'auteur parle surtout ici « des pédales, des gouinasses et des précieux », mais rien que la condition de la femme pourrait également un axe de lecture tristement intéressant.
En finir avec Eddy Bellegueule est donc un cri du coeur de ce jeune Edouard Louis, poignant au possible, mais qui pêche par un énorme manque de recul sur sa situation et son environnement. Qu'il est difficile de donner un avis tranché sur ce récit dérangeant !
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carre
13 mars 2014
Bienvenue en enfer. "En finir avec Eddy Bellegueule" c'est une plongée sans oxygène dans la misère sociale, intellectuelle, morale. C'est l'interdiction d'être différent sous peine d'en payer le prix fort. C'est aussi comment dire non à un fatalisme ambiant ou l'avenir semble s'arrêter à la sortie du village.
Comment se construire dans un tel environnement ou chômage, violences, alcoolisme, brimades sont le pain quotidien d'Eddy ? On vit au jour le jour, l'argent manque, on reste devant la télé, on picole jusqu'à la syncope, on s'insulte, on profère des injures de toutes sortes (de préférence raciale ou homophobe). Et lorsqu'on s'aperçoit qu'on est différent de ces gens là, une seule échappatoire, la fuite.
On ne peut rester insensible à tant d'horreurs. le récit d'Edouard Louis n'épargne pas le lecteur, du cru, du cul, du malsain, de la bêtise humaine, ces pages en sont remplies, jusqu'à la nausée. On se dit que c'est pas possible, pas autant, le calvaire d'Eddy est impensable. Et pourtant.
Un premier roman coup de poing, dérangeant et malsain qui se lit d'une traite.
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Aela
15 janvier 2014
On ne sort pas indemne de la lecture de ce livre.
Le narrateur relate son enfance dans un milieu très défavorisé, en Picardie.
Au-delà des souvenirs d'enfance qui sont plutôt malheureux, c'est la peinture d'une catégorie sociale qui vit très mal. Les habitants du petit village dans lequel grandit le jeune Eddy vivent très mal le chômage, les difficultés financières, les conditions de vie plus que difficiles dans des logements insalubres, la promiscuité, le manque de culture, l'ennui qui mène vite à l'alcoolisme, au trafic de stupéfiants, à la violence domestique.
Cela pourrait passer pour une version XIXème siècle de Zola mais cela va plus loin à mon sens: ce qui est intéressant ici c'est la révolte du jeune Eddy contre son milieu d'origine.
Une révolte qui n'exclut pas les sentiments; on voit bien que la mère a bien du mérite à boucler les fins de mois, tout en supportant un mari alcoolique et un travail ingrat (aide à domicile).
Le héros va se sentir rejeté par sa différence: il est dans ce milieu comme le vilain canard d'Andersen: il a des goûts féminins, n'aime pas le foot, les manières rudes.. Tout cela va aboutir à son exclusion: il est toléré mais critiqué.
Son parcours va être difficile mais porteur d'espérance: à l'image de l'auteur, le jeune Eddy va réussir de brillantes études, dans le domaine du théâtre puis des lettres, qui vont le mener jusqu'à Normale Sup.
Ce livre est un livre qui fait réfléchir: nous sommes au début du 21ème siècle, dans un pays encore relativement "riche" et pourtant des poches de misère subsistent.
Cela se lit comme un témoignage courageux.
L'auteur, Edouard Louis; est très jeune (21 ans); il a été élève de l'Ecole Normale Supérieure et a déjà écrit un livre sur Pierre Bourdieu, dont on peut voir l'influence dans cette oeuvre empreinte de "déterminisme social".
A lire absolument même si le sujet est un peu difficile.
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nannou71
09 janvier 2016
Vu le nombre de critiques éditées, je ne les lirai pas pour ne pas influencer ma propre critique.
Perturbée par ce livre dès le début de ma lecture, voici mon état une fois la dernière page lue.
Perturbée par l'époque... 1990-2000 ?!!! J'ai du revenir en arrière pour être sure de l'éqoque. J'avais l'impression d'être au début du 20ème siècle...
Une fois que j'ai bien compris que l'histoire se déroulait au début du 21ème siècle, je me suis demandée si nous étions vraiment en France...??? Confirmation, cela se déroule en Picardie !
Comment une telle histoire peut-elle encore arriver de nos jours, dans nos campagnes (la Picardie n'est pas la région la plus recluse en France !!) ?
Ce livre est un retour en arrière... et pas des plus beaux !
Comment peut on juger les gens de cette façon ? Chacun est différent et cela devrait suffire à s'aimer, s'accepter, au pire, se supporter les uns les autres, et il faut apprendre à s'accepter tel que l'on est soi-même...
Effectivement, ce livre ne laisse pas indifférent. Il est dur. Et en même temps, beau car Eddy s'est enfin trouvé.
Une belle découverte que ce roman.
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tynn
28 juin 2014
J 'en ai aussi fini avec Eddy Bellegueule...Ouf!
Ce livre qui a fait le buzz à sa parution me laisse partagée entre gêne diffuse et étonnement admiratif. Cette autofiction affirmée et assumée est à la fois fascinante à lire et malsaine par ce coté voyeur imposé au lecteur.
J'ai toujours un peu de mal avec les livres "règlements de comptes familiaux". Ils me placent dans un statut ambigü, entre attirance et répulsion.
Et ici, on oublie poésie et élégance!
Le récit du parcours familial et scolaire d'un jeune homosexuel dans un village de Picardie montre une société inculte, raciste et violente, gangrénée par le chômage et l'alcoolisme, par une pauvreté matérielle et intellectuelle. La "beaufitude" décrite dans ses moindres recoins: agressivité familiale, indigence de langage, attitudes inconvenantes, brutalité sexuelle, brimades scolaires.
C'est une oeuvre romanesque revendiquée comme telle, qui se veut dénoncer une réalité sociale de prolétariat, quitte à en accentuer le trait.
Edouard Louis se roule dans le "trash" avec une certaine complaisance et, toute pudibonderie mise à part, j'ai un peu saturé. Mais je salue néanmoins un premier livre spontané, sans concession, brutal et impudique, rageur et provocateur, toutes qualités d'une oeuvre de jeunesse. Etre capable de mettre en mots ce qui sort des tripes augure du potentiel de l'écrivain que j'espère recroiser dans le futur.
Et un coup de chapeau pour une réussite personnelle méritante.
Une chose me titille quand même: comment peut-on, à l'adolescence, avoir conscience de son milieu social sans jamais en être sorti, et sans en avoir de point de comparaison. Tout ce roman s'apparenterait alors à un canular?
Ce brulot est donc un beau coup de poing et sans doute un beau coup d'édition.
J'imagine aisément la réaction étranglée de la famille concernée!
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Les critiques presse (10)
LaLibreBelgique11 mai 2015
Un premier roman qui éclaire les marges de la France en ses oubliés.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaPresse28 mars 2014
Le début de son roman donne d'emblée le ton de l'autobiographie qui va suivre: «De mon enfance je n'ai aucun souvenir heureux», écrit le jeune écrivain, précisant aussitôt que «la souffrance est totalitaire: tout ce qui n'entre pas dans son système, elle le fait disparaître».
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec27 mars 2014
Dans l'édition, il y a le best-seller programmé de Guillaume Musso ou Dan Brown, le prévisible d'un «people», et puis, le triomphe inattendu du premier roman d'un inconnu, tel En finir avec Eddy Bellegueule, lancé modestement en janvier, tiré à ce jour à 160 000 exemplaires et traduit partout. Récit d'un succès.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Lexpress26 février 2014
Une enfance dans le Nord, au sein d'une famille pauvre, et le tort de ne pas être comme tout le monde. Un récit d'apprentissage dur et poignant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LesEchos12 février 2014
« En finir avec Eddy Bellegueule » est un premier roman qui cache à peine une autobiographie. Edouard Louis a vingt et un ans et il y a, c'est évident, beaucoup de lui dans son Eddy.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lexpress03 février 2014
Difficile de dire ce qui compte le plus : le témoignage, direct et sans fard, ou le roman vrai, hallucinante descente aux enfers d'un gosse méprisé, haï, battu, parce qu'il est différent.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro23 janvier 2014
Le titre est en lui-même une sommation: En finir avec Eddy Bellegueule. Et pour en finir, il faut bien commencer. Première scène, premier choc.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Telerama22 janvier 2014
Pas facile d'affirmer sa différence quand on vient d'un milieu rural et pauvre. Un récit d'apprentissage fulgurant, sans doute autobiographique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Culturebox20 janvier 2014
Loin du mélo, "En finir avec Eddy Bellegueule" est le récit d'une insurrection, celle d'un grand coup de pied au fond de la piscine pour remonter à la surface, et survivre. Un roman gifle.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Bibliobs13 janvier 2014
Désormais, il est Edouard Louis: un écrivain dont le livre stupéfiant, une fois refermé, nous laisse ébahis, le souffle coupé.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (156) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison22 juillet 2017
Des bagarres ponctuaient ces soirées. Dans l'arrêt de bus s'ajoutaient aux litres de bière du whisky bon marché et du pastis. Les festivités se prolongeaient jusqu'au bout de la nuit, jusqu'au lever du jour, du temps pour rien, pour attendre que le temps passe ou plutôt qu'il vienne. L'arrêt de bus, lui aussi en briques rouges, tagué Nicke la police, A more les salle pédé.
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le_Bisonle_Bison21 juillet 2017
J’obéissais à toutes ses exigences avec cette impression de devenir enfin ce que j’étais. Chaque coup de reins qu’il me donnait faisait durcir un peu plus mon membre, et, comme lorsqu’il avait regardé le film pour la première fois, les rires des premiers coups de reins ont rapidement cédé la place à l’imitation des soupirs des acteurs pornographiques, aux répliques qui m’apparaissaient alors comme les plus belles phrases qu’il m’ait été donné d’entendre Prends ma bite, Tu la sens bien.
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GudulleGudulle10 juillet 2017
Il n'était pas rare que après tout, étant le bizarre du village, l'efféminé, je suscitais une forme de fascination amusée qui me mettait à l'abri, comme Jordan, mon voisin Martiniquais, seul noir à des kilomètres, à qui l'on disait c'est vrai que j'aime pas les Noirs, tu vois plus que ça maintenant, qui font des problèmes partout, qui font la guerre dans leur pays ou qui viennent ici brûler des voitures, mais toi Jordan, toi t'es bien, t'es pas pareil, on t'aime bien.
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Dionysos89Dionysos8903 avril 2014
Les autres femmes s’interrogent à la sortie de l’école « L’autre elle a toujours pas fait de gosses à son âge, c’est qu’elle est pas normale. Ça doit être une gouinasse. Ou une frigide, une mal-baisée. »
Plus tard je comprendrai que, ailleurs, une femme accomplie est une femme qui s’occupe d’elle, d’elle-même, de sa carrière, qui ne fait pas d’enfants trop vite, trop jeune. Elle a même parfois le droit d’être lesbienne le temps de l’adolescence, pas trop longtemps mais quelques semaines, quelques jours, simplement pour s’amuser.

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babouma79babouma7923 janvier 2014
Chez mes parents, nous ne dînions pas, nous mangions. La plupart du temps, même, nous utilisions le verbe bouffer. L’appel quotidien de mon père C’est l’heure de bouffer. Quand des années plus tard je dirai dîner devant mes parents, ils se moqueront de moi Comment il parle l’autre, pour qui il se prend. Ca y est il va à la grande école il se la joue au monsieur, il nous sort sa philosophie.
Parler philosophie, c’était parler comme la classe ennemie, ceux qui ont les moyens, les riches. Parler comme ceux-là qui ont la chance de faire des études secondaires et supérieures et, donc d’étudier la philosophie. Les autres enfants, ceux qui dînent, c’est vrai, boivent des bières parfois, regardent la télévision et jouent au football. Mais ceux qui jouent au football, boivent des bières et regardent la télévision ne vont pas au théâtre.
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