AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782021399431
96 pages
Éditeur : Seuil (03/05/2018)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.59/5 (sur 517 notes)
Résumé :
" L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. "
Édouard Louis continue son œuvre autobiographique à travers ce court texte dans lequel il étudie la relation au père, déjà évoquée dans "En finir avec Eddy Bellegueule". On y découvre cette fois-ci, au milieu de la souffrance, le pardon, et une dimension politique qu'on ne lui connaissait pas, accusant sans détours ceux qui ont "tué" son père. Un récit bouleversant, incisif.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (125) Voir plus Ajouter une critique
Sebthocal
  29 juin 2018
« Tu appartiens à cette catégorie d'humains à qui la politique réserve une mort précoce. » (p. 14)
Édouard Louis nous parle de son propre père, cassé par la vie, ou plutôt par sa condition sociale. Après "En finir avec Eddy Bellegueule", cri froid contre l'injustice dont avait souffert sa famille, il s'agit ici pour lui d'expliquer et de construire.
L'affiche est alléchante, mais l'exercice se transforme vite en babillages du samedi soir, qui m'ont fait penser à ceux de Christine Angot, à condition d'imaginer celle-ci tenant un discours de gauche...
Édouard Louis m'a vite perdu à travers ses propos dont le but final est toujours lui-même, sa petite personne, élargie tout de même, mais à une seule chose : son identité sexuelle. Le sujet n'était pas les classes populaires ?
Petit bourgeois de la cause prolétarienne qui voulait défendre les pauvres mais ne s'occupe que lui-même. C'est à cela qu'il me fait penser.
Hormis quelques bonnes phrases bien senties, ce pamphlet me paraît bâclé et surtout extrêmement prétentieux, le comble allant maintenant jusqu'à mettre en avant ses propres livres.
Pourtant, Édouard Louis parle du corps et de la violence sociale qui peut atteindre la chair et le coeur des hommes. Il me touche, m'interpelle et m'intéresse particulièrement. le problème est, je crois que, contrairement à ce qu'il prétend, notamment pendant son intervention dans "La Grande Librairie" récemment, il y a encore chez lui un trop grand écart entre la théorie et l'expérience. le corps lui-même n'est plus qu'une idée.
J'espère qu'il saura un jour relier les deux et donner un peu plus de chair à ses belles théories qui en manquent cruellement.
Lu en mai 2018.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          11017
La_Bibliotheque_de_Juju
  06 mai 2018
Le nouveau livre d'Edouard Louis est sorti.
Un livre sur le père.
Son père.
On retrouve les tourments de son premier ouvrage, En Finir Avec Eddy Bellegueule. L'auteur s'engage et mêle politique et fragments de souvenirs.
Au dos du livre : « L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. »
Tout est dit, le livre est bel et bien résumé.
Un livre lu en une heure où l'écriture est forte, précise.
Pourtant.
Pourtant, je n'en garderai pas un souvenir extraordinaire personnellement tant le propos m'a semblé ténu. Edouard Louis y raconte son père et les non dits qu'il y a entre eux. Des souvenirs souvent troublants, touchants. Puis une explication rapide du titre pour finir proprement.
Je sais qu'il est de bon ton de crier au génie lorsqu'on évoque ce jeune auteur. Moi, ce livre à le goût du trop peu. Je passe donc à côté.
Et je pense que définitivement, ses livres ne sont pas pour moi. Cette deuxième tentative me le confirme.
Commenter  J’apprécie          11321
Fandol
  25 mai 2019
Retrouver Édouard Louis est émouvant car la lecture de son premier livre : En finir avec Eddy Bellegueule, m'avait impressionné et ému à la fois. Pourtant, je n'ai pas lu encore Histoire de la violence
Qui a tué mon père, titre de ce recueil de confidences et de souvenirs, ne comporte pas de point d'interrogation car ce n'est pas une question, plutôt une introspection, l'introspection d'un fils qui parle de son père, un père qui ne peut pas répondre puisqu'il n'est plus de ce monde.
Souvenirs douloureux, émouvants parfois se succèdent, sont datés sans ordre chronologique et ce qui me frappe une fois de plus, c'est la terrible hostilité d'un père envers un fils qu'il aime profondément mais dont il ne peut accepter la féminité. Cette féminité, Édouard Louis l'affiche, l'assume et en subit les conséquences à la maison et en dehors.
Il y a aussi l'usure d'un homme brisé par le travail et là, le livre sort de la sphère familiale et du couple que formaient ses parents, couple dont il ne cache pas les échecs et la rupture. Édouard Louis met franchement en cause ces hommes politiques qui remplacent le RMI par le RSA (Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch), pondent une Loi Travail (François Hollande, Myriam El Khomri et Manuel Valls) causant de véritables désastres dans la vie quotidienne des plus humbles.
Les conséquences ont été désastreuses pour la santé de son père et l'auteur insiste pour qu'on cite les noms puis ajoute : « On ne dit jamais fainéant pour nommer un patron qui reste toute la journée assis dans un bureau à donner des ordres aux autres. »
La période actuelle n'y échappe pas puisque, à peine élu, Emmanuel Macron a enlevé cinq euros aux plus faibles pour, en même temps, baisser les impôts des plus riches. Ainsi, l'histoire du corps de son père se calque sur l'histoire politique du pays et c'est bien de le démontrer.
Qui a tué mon père est un écrit plein de sensibilité, d'amour, de ressenti et de regrets. C'est tellement plein d'humanité, de vie, cet amour d'un fils pour son père, malgré les meurtrissures de l'enfance, de l'adolescence puis de l'âge adulte !
Tout cela est conditionné par la vie politique et des décisions qui bouleversent nos vies, prouvant, si cela était nécessaire que François Ruffin a raison de titrer son dernier livre, s'adressant au Président de la République : « Ce pays que tu ne connais pas. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          834
Fabinou7
  16 septembre 2020
“I'm not my father's son. I'm not the image, of what he dreamt of”. Cette chanson, composée par Cyndi Lauper pour la célèbre comédie musicale « Kinky Boots » pourrait illustrer la relation père-fils racontée dans ce livre.
En réalité, il y a deux livres en parallèles dans cet ouvrage.
“Chez ceux qui ont tout, je n'ai jamais vu de famille aller voir la mer pour fêter une décision politique, parce que pour eux la politique ne change presque rien. (…) un gouvernement ne leur cause jamais de problèmes de digestion, un gouvernement ne leur broie jamais le dos, un gouvernement ne les pousse jamais vers la mer. (…) Ça aussi c'est étrange, c'est eux qui font la politique alors que la politique n'a presque aucun effet sur leur vie. »
Le premier est résolument politique. Mais au lieu de s'appesantir sous le ciel des Idées, l'auteur normalien part du singulier pour rejoindre le général. Il démontre un fait très simple : l'intime est politique et le politique est intime. Il n'y a pas de muraille de Chine, ni de poste de télévision interposé entre notre quotidien et les décideurs politiques. Il n'y a aucun lieu qui soit hors d'atteinte, hors de portée d'une décision politique (sauf peut-être pour ceux qui font les règles du jeu).
“La profession est plus forte que l'homme” écrivait Aragon. Les mesures économiques, les choix faits en matière de santé publique, de fiscalité, dans les couloirs feutrés des hôtels particuliers de la République meurtrissent dans sa chair un quinquagénaire picard et chaque décret participe à l'érosion de son espérance de vie.
Chaque prime de danger, de pénibilité ça veut dire en clair que le métier peut vous bousiller. Mais il faut retourner travailler, remettre son réveil pour défendre « à coup de dents ton lopin de monde pour t'endormir d'un samedi à l'autre” comme l'écrivait le poète Tristan Tzara. Comme un fait exprès, le nouvel âge pivot de départ à la retraite correspond à celui de l'espérance de vie…en bonne santé.
Ainsi, en économie, il n'y a pas de « meilleur équilibre » pour tous, comme le dénonçait Bernard Maris, le « gagnant-gagnant » est un « attrape nigauds » pour reprendre le mot de Régis Debray.
Là où François Bégaudeau pointe une classe bourgeoise dans un système de domination, Edouard Louis fustige les politiciens, élus du peuple, pour lui les responsables politiques sont par définition « responsables » et doivent être tenus comme tels.
Serait-ce à affirmer, d'une part le libre arbitre total des politiques et d'autre part l'absence d'un rapport de force entre les politiques qui parfois voudraient, et le monde économique qui finance la vie politique et qui décide aussi de la marge de manoeuvre qu'il accorde aux politiciens ? Pour l'auteur, dans une position assez Sartrienne, les politiques sont ou se disent libres d'agir et donc ils devraient (dans le meilleur des mondes, celui de Candide, voire de Dora l'exploratrice…) en assumer les conséquences.
« Il y a ceux à qui la jeunesse est donnée et ceux qui ne peuvent que s'acharner à la voler. » L'auteur, désormais « transclasse » se revendiquant de Bourdieu, Foucault et Eribon, ne délivre pas là un scoop, mais il est borné, têtu : il répètera sans relâche les noms des décideurs politiques, les dates, les coupables… mais une fois qu'on a dit, ça que propose l'auteur ?
***
Chemin vers la tolérance. Puis il y a une seconde histoire. Une histoire de famille. Celle d'un père qui peine à se raconter à son fils et d'un fils qui cherche l'amour de son père. C'est l'histoire d'un père qui n'a pas choisi son fils et d'un fils qui n'a pas choisi son père « and they can't get over it. »
L'homosexualité du fils Edouard Louis, me rappelle les difficultés de l'homosexualité du père, Christophe Honoré, racontée dans « Ton Père » mais là où le père homosexuel subit des agressions extra-familiales, l'enfant homosexuel lui est attaqué par ses propres parents, son propre foyer.
L'ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne. Plus largement, l'auteur y accuse le poids des préjugés sur la masculinité, ce qu'être un homme. Ainsi les préjugés de ces populations paupérisées autour de ce qui « fait homosexuel » comme être investi dans ses études, s'intéresser à la culture etc peuvent les conduire vers l'impasse et la prison sociale “ta vie prouve que nous ne sommes pas ce que nous faisons, mais qu'au contraire nous sommes ce que nous n'avons pas fait.”
“Familles, je vous hais” écrivait André Gide, pour Edouard Louis il y a désormais l'amour comme moteur de la transformation de cette relation père-fils : “un de mes amis dit que ce sont les enfants qui transforment leurs parents, et pas le contraire. »
Ce livre a ici fait couler beaucoup d'encre numérique. Pour ma part, ce qui m'as dérangé c'est peut-être un problème de classification. Je n'ai pas trouvé de langue particulière. Pas de style littéraire qui puisse me faire dire, c'est un romancier. Pas de jeu avec la langue, au détriment de la langue. Cela relève davantage du récit que du roman. Mais comme le disait Maupassant, invalidant mes bêtises : « le critique qui ose encore écrire : « ceci est un roman et cela n'en est pas un » me parait doué d'une perspicacité qui ressemble fort à de l'incompétence » …aussi il faut aller voir et entendre Edouard Louis au théâtre de la Ville à Montmartre car son bouquin, c'est encore lui qui en parle le mieux !

Qu'en pensez-vous ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          676
Cancie
  12 mai 2019
Qui a tué mon père est un petit livre de seulement 84 pages - mais ô combien dense et intéressant – dans lequel Édouard Louis s'adresse à son père qui, âgé d'à peine plus de cinquante ans, est quasiment invalide : « Tu appartiens à cette catégorie d'humains à qui la politique réserve une mort précoce. »
Dans la plus grande partie du livre, l'auteur se remémore certains souvenirs d'enfance ou d'adolescence et les réactions de son père qu'il tente de comprendre et d'analyser. Il s'aperçoit que la violence que montrait parfois son père exprimait souvent de la colère sociale et cachait l'amour qu'il avait pour son fils et qu'Édouard Louis n'a pas toujours compris.
Cet homme aurait voulu avoir une autre vie mais il n'a pu échapper au travail de l'usine. C'est là qu'il sera victime d'un accident du travail qui lui broie le dos. Il s'en remettra mais très difficilement, les douleurs ne vont plus le quitter. Pour ne pas perdre son droit aux aides sociales, il a dû accepter un travail de balayeur, toujours penché alors que son dos était détruit.
Édouard Louis, dans la dernière partie du livre, va passer en revue les différents présidents de la République et leurs ministres qui, par leurs lois, ont tué des travailleurs comme son père. Il n'en épargne aucun et nous rappelle précisément les années et les lois ou réformes : « Hollande, Valls, El Khomeri, Hirsch, Sarkozy, Macron, Bertrand, Chirac. L'histoire de ta souffrance porte des noms. L'histoire de ta vie est l'histoire de ces personnes qui se sont succédé pour t'abattre. L'histoire de ton corps est l'histoire de ces noms qui se sont succédé pour le détruire. L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. »
C'est un bouquin très personnel, intimiste, très pudique aussi et c'est en même temps un texte universel et politique dans lequel Édouard Louis exprime avec force la colère qu'il a vis-à-vis des politiques qui ont brisé son père.
Le titre, Qui a tué mon père, ne comporte pas de point d'interrogation car c'est une réponse que l'auteur apporte dans ce livre, un livre très contemporain, un livre bouleversant !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          703


critiques presse (5)
LActualite   06 août 2018
L’auteur Édouard Louis aborde l’image de la masculinité, qu’il lie à l’État prédateur, dans une touchante lettre à son père, rendu vulnérable par une structure sociale qui l’a laissé tomber.
Lire la critique sur le site : LActualite
Lexpress   13 juin 2018
Edouard Louis déborde de talent, mais cette désinvolture ne rend pas service à son père ; le livre comme pardon ou comme accusation. Pas plus qu'à la littérature.

Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   18 mai 2018
Avec “Qui a tué mon père”, le fils donne un nouvel éclairage au parcours de son paternel, qu’il envisage sous l’angle des relations dominant-dominé.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   11 mai 2018
L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les politiques dont les décisions auraient détruit le corps d’un homme, son père.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   04 mai 2018
Ce nouveau livre d'Édouard Louis est un véritable pamphlet politique, porté par une voix littéraire qui s'installe avec évidence.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (130) Voir plus Ajouter une citation
david19721976david19721976   03 mai 2021
C'est étrange, parce que ton père était violent tu répétais obsessionnellement que tu ne serais jamais violent, que tu ne frapperais jamais aucun de tes enfants, tu nous disais: Je ne poserai jamais la main sur un de mes enfants, jamais de ma vie. La violence ne produit pas que de la violence. J'ai répété cette phrase longtemps, que la violence est cause de la violence, je me suis trompé. La violence nous avait sauvé de la violence.
Ton père n'avait pas été le premier à avoir des problèmes d'alcool. L'alcool avait fait partie de ta vie avant ta naissance...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
OceanawongOceanawong   29 avril 2021
[Édouard Louis] se refuse à toute fiction, qui nierait une fois de plus l’existence même « négative »
d’un homme, le remplacerait sans prendre la mesure de sa place. Surtout, il venge un monde absent
et exclu de la littérature, en particulier française, où il est rare de rencontrer un ouvrier votant Front
national, un homosexuel de village, le groupe disparu Aqua ou le jeu Docteur Maboul. Il se venge
d’une représentation de la littérature elle-même. Ce qui comporte un risque. Non celui de décevoir
les « exigences de la littérature », non écrites et bien imaginaires, mais de ne plus désirer en
inventer de nouvelles pour soi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
OceanawongOceanawong   29 avril 2021
Qui a tué mon père ne cherche ni à réparer ni à agonir ce père en lui racontant ce qui a été tu. C’est
moins une « lettre au père » qu’une lettre pour le père. Pas un livre pour lui parler, mais un livre qui
parle pour lui, pour ce père à qui il ne manque pas seulement la parole : il se définit
constitutivement par ce qu’il n’a pas.
Commenter  J’apprécie          00
sevkresevkre   28 avril 2021
Tu avais toujours cette peur d’être différent des autres à cause du manque d’argent, tu le répétais, . Je ne vois pas pourquoi on serait différents des autres, et pour cette raison, pour ça tu voulais avoir sur la table tout ce que tu imaginais que les autres avaient et mangeaient pour Noël [...].
Commenter  J’apprécie          10
sevkresevkre   28 avril 2021
Mécanisme classique : comme tu as eu l’impression de ne pas vivre ta jeunesse jusqu’au bout tu as essayé de la vivre pendant toute ta vie.
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Édouard Louis (23) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Édouard Louis
Édouard Louis : tout sur ma mère
autres livres classés : relation père-filsVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Avez vous bien lu "En finir avec Eddy Bellegeule" ?

Par combien de garçons Eddy se fait-il brutaliser dans les couloirs du collège ?

2
3
4
5
6

10 questions
170 lecteurs ont répondu
Thème : En finir avec Eddy Bellegueule de Édouard LouisCréer un quiz sur ce livre

.. ..