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EAN : 9782757875469
96 pages
Éditeur : Points (05/09/2019)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.59/5 (sur 409 notes)
Résumé :
" L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. "
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Critiques, Analyses et Avis (108) Voir plus Ajouter une critique
Sebthocal
  29 juin 2018
« Tu appartiens à cette catégorie d'humains à qui la politique réserve une mort précoce. » (p. 14)
Édouard Louis nous parle de son propre père, cassé par la vie, ou plutôt par sa condition sociale. Après "En finir avec Eddy Bellegueule", cri froid contre l'injustice dont avait souffert sa famille, il s'agit ici pour lui d'expliquer et de construire.
L'affiche est alléchante, mais l'exercice se transforme vite en babillages du samedi soir, qui m'ont fait penser à ceux de Christine Angot, à condition d'imaginer celle-ci tenant un discours de gauche...
Édouard Louis m'a vite perdu à travers ses propos dont le but final est toujours lui-même, sa petite personne, élargie tout de même, mais à une seule chose : son identité sexuelle. Le sujet n'était pas les classes populaires ?
Petit bourgeois de la cause prolétarienne qui voulait défendre les pauvres mais ne s'occupe que lui-même. C'est à cela qu'il me fait penser.
Hormis quelques bonnes phrases bien senties, ce pamphlet me paraît bâclé et surtout extrêmement prétentieux, le comble allant maintenant jusqu'à mettre en avant ses propres livres.
Pourtant, Édouard Louis parle du corps et de la violence sociale qui peut atteindre la chair et le coeur des hommes. Il me touche, m'interpelle et m'intéresse particulièrement. le problème est, je crois que, contrairement à ce qu'il prétend, notamment pendant son intervention dans "La Grande Librairie" récemment, il y a encore chez lui un trop grand écart entre la théorie et l'expérience. le corps lui-même n'est plus qu'une idée.
J'espère qu'il saura un jour relier les deux et donner un peu plus de chair à ses belles théories qui en manquent cruellement.
Lu en mai 2018.
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La_Bibliotheque_de_Juju
  06 mai 2018
Le nouveau livre d'Edouard Louis est sorti.
Un livre sur le père.
Son père.
On retrouve les tourments de son premier ouvrage, En Finir Avec Eddy Bellegueule. L'auteur s'engage et mêle politique et fragments de souvenirs.
Au dos du livre : « L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. »
Tout est dit, le livre est bel et bien résumé.
Un livre lu en une heure où l'écriture est forte, précise.
Pourtant.
Pourtant, je n'en garderai pas un souvenir extraordinaire personnellement tant le propos m'a semblé ténu. Edouard Louis y raconte son père et les non dits qu'il y a entre eux. Des souvenirs souvent troublants, touchants. Puis une explication rapide du titre pour finir proprement.
Je sais qu'il est de bon ton de crier au génie lorsqu'on évoque ce jeune auteur. Moi, ce livre à le goût du trop peu. Je passe donc à côté.
Et je pense que définitivement, ses livres ne sont pas pour moi. Cette deuxième tentative me le confirme.
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Fandol
  25 mai 2019
Retrouver Édouard Louis est émouvant car la lecture de son premier livre : En finir avec Eddy Bellegueule, m'avait impressionné et ému à la fois. Pourtant, je n'ai pas lu encore Histoire de la violence
Qui a tué mon père, titre de ce recueil de confidences et de souvenirs, ne comporte pas de point d'interrogation car ce n'est pas une question, plutôt une introspection, l'introspection d'un fils qui parle de son père, un père qui ne peut pas répondre puisqu'il n'est plus de ce monde.
Souvenirs douloureux, émouvants parfois se succèdent, sont datés sans ordre chronologique et ce qui me frappe une fois de plus, c'est la terrible hostilité d'un père envers un fils qu'il aime profondément mais dont il ne peut accepter la féminité. Cette féminité, Édouard Louis l'affiche, l'assume et en subit les conséquences à la maison et en dehors.
Il y a aussi l'usure d'un homme brisé par le travail et là, le livre sort de la sphère familiale et du couple que formaient ses parents, couple dont il ne cache pas les échecs et la rupture. Édouard Louis met franchement en cause ces hommes politiques qui remplacent le RMI par le RSA (Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch), pondent une Loi Travail (François Hollande, Myriam El Khomri et Manuel Valls) causant de véritables désastres dans la vie quotidienne des plus humbles.
Les conséquences ont été désastreuses pour la santé de son père et l'auteur insiste pour qu'on cite les noms puis ajoute : « On ne dit jamais fainéant pour nommer un patron qui reste toute la journée assis dans un bureau à donner des ordres aux autres. »
La période actuelle n'y échappe pas puisque, à peine élu, Emmanuel Macron a enlevé cinq euros aux plus faibles pour, en même temps, baisser les impôts des plus riches. Ainsi, l'histoire du corps de son père se calque sur l'histoire politique du pays et c'est bien de le démontrer.
Qui a tué mon père est un écrit plein de sensibilité, d'amour, de ressenti et de regrets. C'est tellement plein d'humanité, de vie, cet amour d'un fils pour son père, malgré les meurtrissures de l'enfance, de l'adolescence puis de l'âge adulte !
Tout cela est conditionné par la vie politique et des décisions qui bouleversent nos vies, prouvant, si cela était nécessaire que François Ruffin a raison de titrer son dernier livre, s'adressant au Président de la République : « Ce pays que tu ne connais pas. »
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Cancie
  12 mai 2019
Qui a tué mon père est un petit livre de seulement 84 pages - mais ô combien dense et intéressant – dans lequel Édouard Louis s'adresse à son père qui, âgé d'à peine plus de cinquante ans, est quasiment invalide : « Tu appartiens à cette catégorie d'humains à qui la politique réserve une mort précoce. »
Dans la plus grande partie du livre, l'auteur se remémore certains souvenirs d'enfance ou d'adolescence et les réactions de son père qu'il tente de comprendre et d'analyser. Il s'aperçoit que la violence que montrait parfois son père exprimait souvent de la colère sociale et cachait l'amour qu'il avait pour son fils et qu'Édouard Louis n'a pas toujours compris.
Cet homme aurait voulu avoir une autre vie mais il n'a pu échapper au travail de l'usine. C'est là qu'il sera victime d'un accident du travail qui lui broie le dos. Il s'en remettra mais très difficilement, les douleurs ne vont plus le quitter. Pour ne pas perdre son droit aux aides sociales, il a dû accepter un travail de balayeur, toujours penché alors que son dos était détruit.
Édouard Louis, dans la dernière partie du livre, va passer en revue les différents présidents de la République et leurs ministres qui, par leurs lois, ont tué des travailleurs comme son père. Il n'en épargne aucun et nous rappelle précisément les années et les lois ou réformes : « Hollande, Valls, El Khomeri, Hirsch, Sarkozy, Macron, Bertrand, Chirac. L'histoire de ta souffrance porte des noms. L'histoire de ta vie est l'histoire de ces personnes qui se sont succédé pour t'abattre. L'histoire de ton corps est l'histoire de ces noms qui se sont succédé pour le détruire. L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. »
C'est un bouquin très personnel, intimiste, très pudique aussi et c'est en même temps un texte universel et politique dans lequel Édouard Louis exprime avec force la colère qu'il a vis-à-vis des politiques qui ont brisé son père.
Le titre, Qui a tué mon père, ne comporte pas de point d'interrogation car c'est une réponse que l'auteur apporte dans ce livre, un livre très contemporain, un livre bouleversant !
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lucia-lilas
  08 juin 2018
J'ai tout entendu sur ce livre : indigent, ni fait ni à faire, simpliste, creux, inutile, un livre qui se moque du monde… Une telle volée de bois vert peut sembler suspecte. Ayant lu et vraiment beaucoup aimé En finir avec Eddy Bellegueule et Histoire de la violence, je me devais de jeter un oeil sur le dernier opus qui déchaîne actuellement les passions.
Eh bien... qu'il est beau ce livre !!!!
Complètement essentiel à mes yeux.
Avec des phrases simples, il dit exactement et précisément l'immense douleur du fils qui ne reconnaît pas son père. C'est quand même quelque chose ça ? Ne pas reconnaître son père ! Non ? Ce fils qui voit le corps du père usé jusqu'à la corde, pompé par le boulot, le corps d'un homme qui, à cinquante balais, ne peut plus marcher, ne peut plus respirer. Alors ce fils accuse. Il dit les noms de ceux qui, du haut de leur tour d'ivoire, n'imaginent même pas une seule seconde que leurs décisions politiques puissent avoir des conséquences directes, concrètes et terribles sur les plus démunis. Parce que « La politique ne change pas la vie » de ceux qui la font. « Pour les dominants, le plus souvent, la politique est une question d'esthétique, une manière de voir le monde, de construire sa personne. Pour nous, c'était vivre ou mourir. » Faut-il rappeler que quelques euros en moins signifient pour certains des fins de mois où l'on ne donne aux gamins que des tartines de pain, le soir ? Au mieux. La cantine du midi a intérêt à être à la hauteur. C'est débile de rappeler des choses comme ça ? Je suis enseignante et je vois des parents d'élèves aux doigts noircis par le gel des compartiments frigorifiques de l'entreprise où ils travaillent toute la nuit, des gens pliés en deux à cause des charges qu'ils transportent toute la journée et ces gens-là me disent : mon gamin faut qu'il fasse autre chose, moi ma vie est pourrie, faites ce que vous pouvez, madame.
Des gens détruits, bousillés, épuisés, bouffés par leur boulot. Pas même besoin d'un accident de travail pour être réduits à néant.
Pourquoi ne pas pointer du doigt les responsables ? Pourquoi ne pas citer des noms ? Pourquoi rester dans l'abstrait ? Encore une fois, les choix politiques ont des répercussions concrètes sur les gens.
« L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique »
Quand je lis que ce livre est simpliste, ça me fait sortir de mes gonds.
Non, ce livre dit clairement que dans notre société, certains ont « une existence négative » : « Tu n'as pas eu d'argent, tu n'as pas pu étudier, tu n'as pas pu voyager, tu n'as pas pu réaliser tes rêves. Il n'y a dans le langage presque que des négations pour exprimer ta vie. »
« Ta vie prouve que nous ne sommes pas ce que nous faisons, mais qu'au contraire nous sommes ce que nous n'avons pas fait, parce que le monde, ou la société, nous en a empêchés. Parce que ce que Didier Eribon appelle des verdicts se sont abattus sur nous, gay, trans, femme, noir, pauvre, et qu'ils nous ont rendu certaines vies, certaines expériences, certains rêves, inaccessibles. »
Sur quelle planète vivent ceux qui jugent ces propos creux ou inutiles ???? N'ont-ils pas entendu ne serait-ce que l'écho de certains combats? Ne savent-ils pas que pour les catégories citées ci-dessus, il faut encore se battre pour être respecté, pour trouver du travail, un logement, pour ne pas se faire cracher dessus ? Rien n'est acquis. Et des livres comme celui d'Édouard Louis le disent. Pas de langue de bois, pas de propos vaseux. Rien de sibyllin. La langue est claire, nette, dépouillée, elle heurte par sa franchise, sa netteté, sa vérité. Elle dérange parce qu'au fond, toute interprétation est devenue inutile. C'est clair comme de l'eau de roche et tellement évident que ça devient gênant !
Peter Handke dans le malheur indifférent (1972), texte qui a beaucoup influencé Édouard Louis, parle de sa mère qui s'est suicidée à l'âge de 51 ans en ces termes : « Naître femme dans ces conditions c'est directement la mort… Fatigue / Épuisement / Maladie / Maladie grave / Mort. » CQFD. Et c'est la rage qui pousse l'auteur à dénoncer ce que la société a fait à sa mère, ce que la société fait aux femmes.
Il y a aussi dans le roman d'Édouard Louis le retour vers le père et c'est magnifique, d'une beauté sidérante dans le dépouillement des mots employés : « Il me semble souvent que je t'aime. » Dans les mots si simples de l'auteur, j'entends la voix du petit garçon « Tu as dit que tu n'avais jamais connu d'enfant aussi intelligent que moi. Je ne savais pas que tu pensais tout ça (que tu m'aimais?). Pourquoi est-ce que tu ne me l'avais jamais dit ? »
Faites ce que vous voulez, moi je pleure.
Magnifique, sublime et indispensable.
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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critiques presse (5)
LActualite   06 août 2018
L’auteur Édouard Louis aborde l’image de la masculinité, qu’il lie à l’État prédateur, dans une touchante lettre à son père, rendu vulnérable par une structure sociale qui l’a laissé tomber.
Lire la critique sur le site : LActualite
Lexpress   13 juin 2018
Edouard Louis déborde de talent, mais cette désinvolture ne rend pas service à son père ; le livre comme pardon ou comme accusation. Pas plus qu'à la littérature.

Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   18 mai 2018
Avec “Qui a tué mon père”, le fils donne un nouvel éclairage au parcours de son paternel, qu’il envisage sous l’angle des relations dominant-dominé.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   11 mai 2018
L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les politiques dont les décisions auraient détruit le corps d’un homme, son père.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   04 mai 2018
Ce nouveau livre d'Édouard Louis est un véritable pamphlet politique, porté par une voix littéraire qui s'installe avec évidence.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (114) Voir plus Ajouter une citation
SebthocalSebthocal   28 juin 2018
L’alcool remplissait la fonction de l’oubli. C’était le monde qui était responsable, mais condamner le monde, le monde qui imposait une vie que les gens autour de nous n’avaient pas d’autres choix qu’essayer d’oublier – avec l’alcool, par l’alcool.
C’était oublier ou mourir, ou oublier et mourir. Oublier ou mourir, ou oublier et mourir de l’acharnement à oublier.

Page 25, Le Seuil, 2018.
Commenter  J’apprécie          671
SebthocalSebthocal   27 juin 2018
Tu ne peux plus conduire sans te mettre en danger, tu n’as plus le droit de boire d’alcool, tu ne peux plus te doucher ou aller travailler sans prendre des risques immenses. Tu as à peine plus de cinquante ans. Tu appartiens à cette catégorie d’humains à qui la politique réserve une mort précoce.

Pages 13-14, Le Seuil, 2018.
Commenter  J’apprécie          740
SebthocalSebthocal   26 juin 2018
Si l’on considère la politique comme le gouvernement de vivants par d’autres vivants, et l’existence des individus à l’intérieur d’une communauté qu’ils n’ont pas choisie, alors, la politique, c’est la distinction entre des populations à la vie soutenue, encouragée, protégée, et des populations exposées à la mort, à la persécution, au meurtre.

Page 12, Le Seuil, 2018.
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sevm57sevm57   27 juillet 2018
Chez ceux qui ont tout, je n'ai jamais vu de famille aller voir la mer pour fêter une décision politique, parce que pour eux la politique ne change presque rien. Je m'en suis rendu compte, quand je suis allé vivre à Paris, loin de toi: les dominants peuvent se plaindre d'un gouvernement de droite, mais un gouvernement ne leur cause jamais de problèmes de digestion, un gouvernement ne leur broie jamais le dos, un gouvernement ne les pousse jamais vers la mer. La politique ne change pas leur vie, ou si peu. Ca aussi c'est étrange, c'est eux qui font la politique alors que la politique n'a presque aucun effet sur leur vie. Pour les dominants, la politique est une question esthétique: une manière de se penser, une manière de voir le monde, de construire sa personne. Pour nous, c'était vivre ou mourir.
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BazartBazart   03 juin 2018
Le matin de mon anniversaire, j'ai trouvé au pied du lit un grand coffret blanc, avec écrit dessus en lettres d'or : Titanic. À l'intérieur il y avait la cassette, mais aussi un album photo sur le film, peut-être une figurine du paquebot. C'était un coffret de collection, sûrement trop cher pour toi, et donc pour nous, mais tu l'avais acheté et déposé près de mon lit, enveloppé dans une feuille de papier. Je t'ai embrassé sur la joue et tu n'as rien dit, tu m'as laissé regarder ce film près d'une dizaine de fois par semaine pendant plus d'un an.
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