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ISBN : 2021399435
Éditeur : Seuil (03/05/2018)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 121 notes)
Résumé :
" L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. "
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
jujuramp
  06 mai 2018
Le nouveau livre d'Edouard Louis est sorti.
Un livre sur le père.
Son père.
On retrouve les tourments de son premier ouvrage, En Finir Avec Eddy Bellegueule. L'auteur s'engage et mêle politique et fragments de souvenirs.
Au dos du livre : « L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique. »
Tout est dit, le livre est bel et bien résumé.
Un livre lu en une heure où l'écriture est forte, précise.
Pourtant.
Pourtant, je n'en garderai pas un souvenir extraordinaire personnellement tant le propos m'a semblé ténu. Edouard Louis y raconte son père et les non dits qu'il y a entre eux. Des souvenirs souvent troublants, touchants. Puis une explication rapide du titre pour finir proprement.
Je sais qu'il est de bon ton de crier au génie lorsqu'on évoque ce jeune auteur. Moi, ce livre à le goût du trop peu. Je passe donc à côté.
Et je pense que définitivement, ses livres ne sont pas pour moi. Cette deuxième tentative me le confirme.
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Sebthos
  29 juin 2018
« Tu appartiens à cette catégorie d'humains à qui la politique réserve une mort précoce. » (p. 14)
Édouard Louis nous parle de son propre père, cassé par la vie, ou plutôt par sa condition sociale. Après "En finir avec Eddy Bellegueule", cri froid contre l'injustice dont avait souffert sa famille, il s'agit ici pour lui d'expliquer et de construire.
L'affiche est alléchante, mais l'exercice se transforme vite en babillages du samedi soir, qui m'ont fait penser à ceux de Christine Angot, à condition d'imaginer celle-ci tenant un discours de gauche...
Édouard Louis m'a vite perdu à travers ses propos dont le but final est toujours lui-même, sa petite personne, élargie tout de même, mais à une seule chose : son identité sexuelle. Le sujet n'était pas les classes populaires ?
Petit bourgeois de la cause prolétarienne qui voulait défendre les pauvres mais ne s'occupe que lui-même. C'est à cela qu'il me fait penser.
Hormis quelques bonnes phrases bien senties, ce pamphlet me paraît bâclé et surtout extrêmement prétentieux, le comble allant maintenant jusqu'à mettre en avant ses propres livres.
Pourtant, Édouard Louis parle du corps et de la violence sociale qui peut atteindre la chair et le coeur des hommes. Il me touche, m'interpelle et m'intéresse particulièrement. le problème est, je crois que, contrairement à ce qu'il prétend, notamment pendant son intervention dans "La Grande Librairie" récemment, il y a encore chez lui un trop grand écart entre la théorie et l'expérience. le corps lui-même n'est plus qu'une idée.
J'espère qu'il saura un jour relier les deux et donner un peu plus de chair à ses belles théories qui en manquent cruellement.
Lu en mai 2018.
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lucia-lilas
  08 juin 2018
J'ai tout entendu sur ce livre : indigent, ni fait ni à faire, simpliste, creux, inutile, un livre qui se moque du monde… Une telle volée de bois vert peut sembler suspecte. Ayant lu et vraiment beaucoup aimé En finir avec Eddy Bellegueule et Histoire de la violence, je me devais de jeter un oeil sur le dernier opus qui déchaîne actuellement les passions.
Eh bien... qu'il est beau ce livre !!!!
Complètement essentiel à mes yeux.
Avec des phrases simples, il dit exactement et précisément l'immense douleur du fils qui ne reconnaît pas son père. C'est quand même quelque chose ça ? Ne pas reconnaître son père ! Non ? Ce fils qui voit le corps du père usé jusqu'à la corde, pompé par le boulot, le corps d'un homme qui, à cinquante balais, ne peut plus marcher, ne peut plus respirer. Alors ce fils accuse. Il dit les noms de ceux qui, du haut de leur tour d'ivoire, n'imaginent même pas une seule seconde que leurs décisions politiques puissent avoir des conséquences directes, concrètes et terribles sur les plus démunis. Parce que « La politique ne change pas la vie » de ceux qui la font. « Pour les dominants, le plus souvent, la politique est une question d'esthétique, une manière de voir le monde, de construire sa personne. Pour nous, c'était vivre ou mourir. » Faut-il rappeler que quelques euros en moins signifient pour certains des fins de mois où l'on ne donne aux gamins que des tartines de pain, le soir ? Au mieux. La cantine du midi a intérêt à être à la hauteur. C'est débile de rappeler des choses comme ça ? Je suis enseignante et je vois des parents d'élèves aux doigts noircis par le gel des compartiments frigorifiques de l'entreprise où ils travaillent toute la nuit, des gens pliés en deux à cause des charges qu'ils transportent toute la journée et ces gens-là me disent : mon gamin faut qu'il fasse autre chose, moi ma vie est pourrie, faites ce que vous pouvez, madame.
Des gens détruits, bousillés, épuisés, bouffés par leur boulot. Pas même besoin d'un accident de travail pour être réduits à néant.
Pourquoi ne pas pointer du doigt les responsables ? Pourquoi ne pas citer des noms ? Pourquoi rester dans l'abstrait ? Encore une fois, les choix politiques ont des répercussions concrètes sur les gens.
« L'histoire de ton corps accuse l'histoire politique »
Quand je lis que ce livre est simpliste, ça me fait sortir de mes gonds.
Non, ce livre dit clairement que dans notre société, certains ont « une existence négative » : « Tu n'as pas eu d'argent, tu n'as pas pu étudier, tu n'as pas pu voyager, tu n'as pas pu réaliser tes rêves. Il n'y a dans le langage presque que des négations pour exprimer ta vie. »
« Ta vie prouve que nous ne sommes pas ce que nous faisons, mais qu'au contraire nous sommes ce que nous n'avons pas fait, parce que le monde, ou la société, nous en a empêchés. Parce que ce que Didier Eribon appelle des verdicts se sont abattus sur nous, gay, trans, femme, noir, pauvre, et qu'ils nous ont rendu certaines vies, certaines expériences, certains rêves, inaccessibles. »
Sur quelle planète vivent ceux qui jugent ces propos creux ou inutiles ???? N'ont-ils pas entendu ne serait-ce que l'écho de certains combats? Ne savent-ils pas que pour les catégories citées ci-dessus, il faut encore se battre pour être respecté, pour trouver du travail, un logement, pour ne pas se faire cracher dessus ? Rien n'est acquis. Et des livres comme celui d'Édouard Louis le disent. Pas de langue de bois, pas de propos vaseux. Rien de sibyllin. La langue est claire, nette, dépouillée, elle heurte par sa franchise, sa netteté, sa vérité. Elle dérange parce qu'au fond, toute interprétation est devenue inutile. C'est clair comme de l'eau de roche et tellement évident que ça devient gênant !
Peter Handke dans le malheur indifférent (1972), texte qui a beaucoup influencé Édouard Louis, parle de sa mère qui s'est suicidée à l'âge de 51 ans en ces termes : « Naître femme dans ces conditions c'est directement la mort… Fatigue / Épuisement / Maladie / Maladie grave / Mort. » CQFD. Et c'est la rage qui pousse l'auteur à dénoncer ce que la société a fait à sa mère, ce que la société fait aux femmes.
Il y a aussi dans le roman d'Édouard Louis le retour vers le père et c'est magnifique, d'une beauté sidérante dans le dépouillement des mots employés : « Il me semble souvent que je t'aime. » Dans les mots si simples de l'auteur, j'entends la voix du petit garçon « Tu as dit que tu n'avais jamais connu d'enfant aussi intelligent que moi. Je ne savais pas que tu pensais tout ça (que tu m'aimais?). Pourquoi est-ce que tu ne me l'avais jamais dit ? »
Faites ce que vous voulez, moi je pleure.
Magnifique, sublime et indispensable.
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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Bazart
  05 juin 2018
Au nom du père, au nom des pauvres. « Qui a tué mon père », remarquez l'absence de point d'interrogation, est une prière marxiste, un “Notre Pére” laïque et une déclaration d'amour d'un fils à son père.
C'est aussi un livre politique radical, Edouard Louis prend la parole et la donne au gens de peu, aux déclassés.
Car ce qui frappe chez Louis, c'est à quel point il réussit à mettre des mots et des noms sur l'injustice qui frappe des hommes et des femmes invisibles, des êtres humains complètement oubliés par la classe dominante.
Le romancier Édouard Louis (2016)

"Le mois dernier, je suis venu te voir dans lapetite ville du Nord où tu habites maintenant.
C'est une ville laide et grise. La mer est à quelques kilomètres à peine mais tu n'y vas jamais. Je ne
t'avais pas vu depuis plusieurs mois – c'était i ly a longtemps. Au moment où tu m'as ouvert la
porte je ne t'ai pas reconnu."
Pas de gras, pas de superflu dans ce texte, Edouard Louis, à corps, à coeur et à cri, devient la voix de son père. C'est l'histoire d'un fils et d'un père qui n'ont plus honte de se regarder.
C'est un véritable pamphlet sur ce monde libéral qui broie les individus...
Un vrai texte touchant et fort sur le quart-monde oublié. On pense parfois à la démarche de J.D Vance et son roman”Hillbilly élégie” bien sur avec le coté rentre dedans de cet Edouard Louis.
"Le matin de mon anniversaire, j'ai trouvé au pied du lit un grand coffret blanc, avec écrit dessus en lettres d'or : Titanic. À l'intérieur il y avait la cassette, mais aussi un album photo sur le film, peut-être une figurine du paquebot. C'était un coffret de collection, sûrement trop cher pour toi, et donc pour nous, mais tu l'avais acheté et déposé près de mon lit, enveloppé dans une feuille de papier. Je t'ai embrassé sur la joue et tu n'as rien dit, tu m'as laissé regarder ce film près d'une dizaine de fois par semaine pendant plus d'un an."
Quatre-vingt pages fulgurantes et nécessaires.
Ne m'en voulez pas , je n'en dirais pas plus plus car , à tout expliquer, on en enlève un peu de la force de la découverte de ce texte ô combien poignant.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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blandine5674
  02 août 2018
Eh bien moi cela me rassure qu'une jeunesse ne bêle pas à tout comme des moutons. Parce qu'il faut dire que depuis Balavoine, Coluche, peu d'artiste et écrivain en ont pour dire tout haut aux politiques ce que la plupart pense. Les non-dits et différents entre un fils et un père qui se meurt. Un livre court et autobiographique qui amène peu à peu pourquoi et à cause de qui son père est devenu ainsi, après un accident de travail. Les dernières pages ont une force coup de poing.
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critiques presse (5)
LActualite   06 août 2018
L’auteur Édouard Louis aborde l’image de la masculinité, qu’il lie à l’État prédateur, dans une touchante lettre à son père, rendu vulnérable par une structure sociale qui l’a laissé tomber.
Lire la critique sur le site : LActualite
Lexpress   13 juin 2018
Edouard Louis déborde de talent, mais cette désinvolture ne rend pas service à son père ; le livre comme pardon ou comme accusation. Pas plus qu'à la littérature.

Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   18 mai 2018
Avec “Qui a tué mon père”, le fils donne un nouvel éclairage au parcours de son paternel, qu’il envisage sous l’angle des relations dominant-dominé.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde   11 mai 2018
L’auteur d’« En finir avec Eddy Bellegueule » signe « Qui a tué mon père », réquisitoire contre les politiques dont les décisions auraient détruit le corps d’un homme, son père.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox   04 mai 2018
Ce nouveau livre d'Édouard Louis est un véritable pamphlet politique, porté par une voix littéraire qui s'installe avec évidence.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
MatatouneMatatoune   14 août 2018
J'ai le sentiment que ton existence a été, malgré toi, et justement contre toi, une existence négative. Tu n'as pas eu d'argent, tu n'as pas pu étudier, tu n'as pas pu voyager, tu n'as pas pu réaliser tes rêves. Il n'y a dans le langage presque que des négations pour exprimer ta vie.
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MatatouneMatatoune   14 août 2018
Chez ceux qui ont tout, je n'ai jamais vu de famille aller voir la mer pour fêter une décision politique, parce que pour eux la politique ne change presque rien.
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MatatouneMatatoune   14 août 2018
Est-ce que tu souffrais de cette chose, de ce paradoxe ? Est-ce que tu avais honte de pleurer, toi qui répétait qu'un homme ne devais pas pleurer ?
Je voudrais te dire : je pleure aussi. Beaucoup, souvent.
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MatatouneMatatoune   14 août 2018
Le mot fainéant est pour toi une menace, une humiliation.
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MatatouneMatatoune   14 août 2018
Il y a ceux à qui la jeunesse est donnée et ceux qui ne peuvent que s’acharner à la voler.
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