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EAN : 9782277240945
188 pages
Éditeur : J'ai Lu (04/01/1999)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.04/5 (sur 334 notes)
Résumé :
Innsmouth... C'est le hasard qui m'y conduisit, durant cet été où je fêtais ma majorité en parcourant la Nouvelle-Angleterre. Je voulais me rendre à Arkham, mais le prix du billet de train me fit hésiter. C'est alors que l'employé des chemins de fer me parla de ce vieil autobus, que presque personne n'empruntait. Parce qu'il passait par Innsmouth... Mais pourquoi les gens évitaient-ils cet ancien port de pêche, comme si ses habitants avaient la peste? Après cette ho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
RosenDero
  10 janvier 2018
Dans ce recueil de nouvelles, le maître de Providence nous emmène une fois de plus au plus près des horreurs cosmiques et de leurs adorateurs inhumains.
Six textes, d'un intérêt pas tout à fait égal, constituent cette édition.
1) le cauchemar d'Innsmouth
Un jeune homme en quête d'informations généalogiques veut consulter les registre d'Arkham. Mais, en chemin, il entendra parler d'Innsmouth et sera piqué de curiosité... Ce qu'il y rencontrera sera encore en deçà de ce qu'il découvrira...
Cette longue nouvelle de plus de 70 pages donne son titre au recueil.
Dans l'univers de Lovecraft, le toponyme Innsmouth revient régulièrement, et il se peut que le lecteur l'ait déjà rencontré avant même la lecture de ce récit long à démarrer et paraissant "banal" au premier abord (j'entends par là qu'on retrouve les mécanismes bien rodés employés par HP Lovecraft : un narrateur que l'on peut croire ou considérer comme fou, une xénophobie exacerbée qui pourrait être à l'origine d'une forme de paranoïa, des horreurs indicibles ou hallucinées, etc.). Mais là où on pourrait voir un coup d'essai mêlant difficilement réalité et fiction, le lecteur trouvera en fin de compte une conclusion magistrale et inattendue qui fait tout l'intérêt de cette nouvelle par rapport aux autres, et qui la classe au rang de pilier de l'univers lovecraftien. le ressort employé par l'auteur est génial et vient parfaitement conclure l'histoire (ou en débuter une nouvelle...).
2) La maison de la sorcière
Un jeune homme s'intéresse de près à l'histoire d'une sorcière de Salem condamnée au bucher mais échappée comme par magie de sa cellule. Certain que les pouvoirs de cette vieille folle lui venaient de son habitation, il va louer la chambre maudite...
Ce récit est intéressant à plusieurs niveaux. Il montre l'intérêt combiné de l'auteur pour les sciences et le folklore, car c'est par les angles incongrus que l'on accède à la quatrième dimension. Mais l'horreur n'est pas loin et celui qui cherche à communiquer avec l'au delà pourrait bien être le récepteur plutôt que l'émetteur... Rajoutez à cela une ambiance huis clos, sabbat et course contre la montre, des manifestations inexplicables et des rats étonnement malins, et vous obtiendrez une nouvelles intense et perturbante.
3) Celui qui hantait les ténèbres
Robert Blake a été retrouvé mort derrière sa fenêtre, figé dans une expression horrifiée. Les enquêteurs ont conclu à un choc nerveux dû aux éclairs d'orage d'une nuit d'août particulièrement agitée. Une nuit sans lune où la foudre avait fait basculer la ville dans le noir et coupé toute alimentation électrique, et donc toute source de lumière...
Cette nouvelle est également très bonne mais pose plus de questions qu'elle ne donne de solutions. C'est à la fois dommage et agréable car sa brièveté en fait un récit intense et perturbant. A relire avec plaisir !
4) Air froid
Le narrateur nous explique son étrange phobie du froid, survenue depuis un jour d'été particulièrement chaud...
Cousu de fil blanc, ce récit est tout de même constitué d'éléments plutôt rares chez Lovecraft (la force de la volonté et l'absence de toute référence au mythe de Cthulhu) en faisant un texte à part. Pas d'horreur cosmique, pas de cultistes fous, pas de narrateur suicidé. Digne successeur d'Herbert West (en plus court et en plus percutant), on apprécie différemment.
5) L'indicible
Deux jeunes gens débattent quant à la nature sensorielle ou indicible des horreurs cosmiques, du chaos et des créatures maléfiques. Prêts à tout pour se convaincre, ils vont finir par tomber d'accord...
Une nouvelle à côté de laquelle je suis passé sans l'apprécier. Les récits enchassés et ce narrateur romancier au discours tarabiscoté m'ont perdu. Temps, lieu et personnages se mêlent et sont difficilement identifiables. Dommage. À relire, peut-être.
6) le monstre sur le seuil
Depuis qu'Edward Derby a rencontré Asenath, Dan ne le reconnait plus. Lui qui avait l'air d'un enfant prend des airs d'homme sûr de lui. Lui qui ne s'affirmait pas et n'osait rien entreprendre devient ferme et téméraire. Oh, et sa femme vient d'une famille d'Innsmouth...
Tout est dit dans ce dernier terme... Innsmouth, comme on se retrouve ! Une récit génial qui commence par ces mots "Il est vrai que j'ai logé six balles dans la tête de mon meilleur ami, et pourtant j'espère montrer par le présent récit que je ne suis pas son meurtrier."
Je vous laisse vous en délecter. La relecture en est encore meilleure. Iä ! Iä !
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InstinctPolaire
  21 décembre 2012
Cette histoire ne pouvait que commencer de façon étrange. Je commencerai pas vous dire que je n'ai jamais ouvert ce livre. Pourquoi alors me fendre d'une critique alors ? Et pourquoi vous l'avouer sinon ? Simplement pour vous parler de l'expérience à laquelle je me suis livré : J'ai écouté " le Cauchemar d'Innsmouth ", produit en 2008 par Sonobook et Otoprod.
Ne cherchez pas le port d'Innsmouth sur une carte du Massachusetts. Au mois de février 1928, il fût le lieu de plus vaste déploiement de force fédérales jamais orchestré. En pleine Prohibition on parlât de guerre contre le trafic d'alcool. Internements, enfermements en prison militaire, faible mobilisation des " associations libérales ", atermoiement des journalistes. Un village oublié, des événements oubliés...
Écoutez le récit de celui qui causât sa perte : A la mi-juillet 1927, Robert Martin Olmstead choisit de se rendre à Innsmouth... et c'est ventre à terre qu'il s'en évadât...
Innsmouth était situé entre Newburryport et Arkham et " depuis toujours " - comme dit l'expression consacrée - elle inspirait une instinctive aversion aux gens des alentours. Un certain entre-soi que cultivaient ses habitants, mais surtout une certaine décadence collective qu'on appelait " le masque d'Innsmouth " : Issus de l'alliance d'habitants du cru avec quelque peuplade " kanake " venue des iles du Pacifique avec le vieil armateur Obed Marsh, les gens développaient une sorte de dégénérescence physique : Des traits anormalement batraciens, des yeux globuleux, une sorte de maladie de peau la rendant squameuse et de profondes cicatrices laissant à penser à des ouïes aquatiques. On prétendait que les plus vieilles et délabrées maisons de la ville abritaient des spécimens aux traits si contrefaits qu'il leur était plus possible de se montrer au grand jour.
On prétendait aussi que la richesse de la ville venait d'une pêche anormalement abondante et de la fonderie d'or étrangement prospère - Trésor de pirates affabulait-on - Mais les bijoux arrachée aux profondeurs abyssales n'appartenaient à aucune civilisation reconnue... Tout comme le culte prépondérant de la ville : L'Ordre Ésotérique de Dagon était nimbé d'une ténébreuse aura.
C'est probablement attiré par ces rumeurs et sa grande curiosité qu'Olmstead pris le bus de Newburryport pour Innsmouth. Ses premières impressions confirmèrent les on-dits : Désolation et délabrement de la ville, contre-façon des traits de ses habitants... Son récit est surtout constitué des propos recueillis auprès d'un certain Zadog Allen. Un ivrogne presque centenaire devant les yeux duquel la décrépitude de la cité se déroulât. Conte Hallucinatoire et incohérent évoquant paganisme indigène dédié à de sous-marines divinités, pactes sanglants et sacrifices humains dans une quête effrénée de richesse de de promesse d'immortalité.
Olmstead parlera de sa fuite, de son empressement à faire agir les autorités contre cet indicible fléau. Mais surtout de cet étrange caprice du destin qui le frappât enfin...
J'ai vécu cette étrange double expérience. Celle de recueillir ce témoignage glaçant mais surtout celui de l'entendre conté avec une précision de lecteur. Chez Lovecraft, pas de demi-mesure : L'horreur vous fait face. Pas de bruits indistincts, pas de silhouettes dans l'ombre. C'est sous le clair de lune que les monstres poursuivent leur proie coassant à qui mieux-mieux. Ne laissez pas dériver votre imagination, ce qui se produit na pas besoin d'interprétation. Installez-vous, chaussez vos écouteurs et laissez-vous guider. La lumière ne vous sera même pas nécessaire.
A moins que...
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deidamie
  09 novembre 2019
« Bonjour les Babélionautes ! Aujourd'hui, on va parler d'un recueil, le cauchemar d'Innsmouth et autres nouvelles, de ce cher Howard Phillips Lovecraft.
Or donc, un jeune homme féru d'architecture voyage en Nouvelle-Angleterre et décide de faire un crochet par Innsmouth, une ville ruinée.
-Et ?
-Bah il n'aurait pas dû.
-Waaaah, on peut dire que tu sais ménager tes effets…
-Oui, hein ?
Alors, la première chose qui m'a surprise, c'est la première page. Quelle baffe !
-La première page ?
-Oui ! La première page t'explique ce qui s'est produit après le voyage du narrateur à Innsmouth. J'en ai frémi jusqu'au tréfonds de mes moelles. J'avais complètement oublié ce passage, occulté par l'épouvante qui occupe le centre de l'intrigue, et par la conclusion.
-Et… pourquoi tant d'émotion ?
-Pour une raison simple intitulée Providence, l'intégrale, d'Alan Moore. Cette première page y est dessinée. Il y est même fait plusieurs fois allusion dans la BD, mais je pensais naïvement qu'il s'agissait de… mmmh… l'effet de l'histoire avec un H. Et c'est le cas, l'allusion est évidente, mais il ne s'agit pas seulement d'un chapitre sinistre du milieu du XXe siècle, il s'agit également du texte original.
-Tu veux dire que Lovecraft avait prévu ce qui arriverait ?
-Non, pas du tout. Je dis qu'il a imaginé un fait plausible et qu'Alan Moore non seulement l'a repris, mais lui a donné une autre résonnance aussi. En fait, Moore a considérablement enrichi des textes qui déjà recelaient une grande profondeur.
-Haha, « profondeur… »
-Je regrette de ne pas être plus précise, mais je tiens à ne spoiler personne. Relire Lovecraft après Providence vous donne un autre regard sur ces deux oeuvres.
-Moi, j'aime pas la description des trajets qu'il prend, je ne trouve pas ces passages-là visualisables, et la carte demeure parfaitement illisible ! Et je trouve la fin artificielle, quand même.
-Moi pas. Qu'est-ce qui fait de nous des humains à part entière ? Comment ne pas céder à la tentation de devenir plus fort, plus puissant ?
-Les histoires ne sont pas toutes égales, hein… L'indicible est confus et trop bavard, trop dans la démonstration rhétorique. Ca fait pas peur. Et puis, certaines ficelles sont trop grosses !
-A quoi penses-tu ?
-A l'étudiant en maths dans La maison de la sorcière. « Oh, je ne me sens pas bien, il faut que je consulte… » et il ne le fait jamais alors qu'il ne va pas bien, c'est une évidence !
-Pas si évident que ça quand tu es dans ta peau. Il peut très bien penser qu'après tout ce n'est pas si grave et qu'il est trop occupé pour faire autre chose. T'as envoyé ces mails qui traînent depuis un mois, toi ?
-Non, je suis trop occupée, mais ce n'est pas pareil, madame, je ne risque pas l'enfer, Moua.
-On verra ce qu'en pensent les chefs la semaine prochaine... Bref, j'ai également beaucoup apprécié le monstre sur le seuil. Voilà de la bonne horreur, mais pas trop crade, bien épouvantable ! J'aime beaucoup l'oscillation entre les faits et leur interprétation erronée par le narrateur qui comprendra tard, très tard, les malheurs de son ami. Et là encore, Moore a ajouté des aspects… mmmhhh… que Lovecraft n'a pas exploités, faute de malséance. Une fois que j'ai relu ce conte, je me suis posé des questions sur le couple…
-Mouais. Moi, je regrette un peu les motifs qui se répètent trop souvent. Dans les nouvelles, rien ne permet d'affronter les monstres, et n'importe quelle vieille baraque abandonnée devient le palais de l'impiété et de la hideur… c'est lassant, cet univers qui regorge de créatures malfaisantes et inconnues.
-Moi, j'aime bien, justement ! Ce que l'on connaît se change en inconnu et les histoires de Lovecraft explorent les choix que nous faisons face aux mystères et aux puissances que nous ne maîtrisons pas, et nous prenons les mauvaises décisions, comme fuir ses parents, emménager au mauvais endroit, jouer au oui-ja ou regarder une vidéo maudite…
Sans mauvaises décisions, sans cécité sur nous-mêmes, point de bonnes et effrayantes histoires. »
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philippemarlin
  01 avril 2018
Le Cauchemar d'Innsmouth (1931, 1936 in Visionary Cie sous forme de livre)
Le narrateur, Robert Olmstead , amateur de civilisations anciennes et venant de fêter sa majorité, entreprend un voyage à travers la Nouvelle-Angleterre afin d'en apprendre un peu plus sur ses origines.
Innsmouth... C'est le hasard qui m'y conduisit, durant cet été où je fêtais ma majorité en parcourant la Nouvelle-Angleterre. Je voulais me rendre à Arkham, mais le prix du billet de train me fit hésiter. C'est alors que l'employé des chemins de fer me parla de ce vieil autobus, que presque personne n'empruntait. Parce qu'il passait par Innsmouth... Mais pourquoi les gens évitaient-ils cet ancien port de pêche, comme si ses habitants avaient la peste ?
Son enquête préalable le mène à Newburyport, où il consulte les archives de la bibliothèque. Il y apprend que le village a été décimé par ….. la grande épidémie de 1846, qui a emporté plus de la moitié des gens d'Innsmouth. On n'a jamais su exactement de quoi il retournait ; ça devait être une maladie étrangère rapportée de Chine ou d'ailleurs par les bateaux. En tout cas ça a fait du vilain : il y a eu des émeutes et toutes sortes d'horreurs dont la ville, je crois, n'a jamais été délivrée et elle ne s'en est pas remise. Il ne doit pas y vivre aujourd'hui plus de trois cents ou quatre cents habitants. Dans le musée de la Société Historique locale, il découvre également une étrange tiare, ornée de symboles repoussants.
Il prend alors le vieux bus brinquebalant, son projet étant de faire une halte « touristique » à Innsmouth et de rentrer à Arkham le soir. Il est le seul passager et le chauffeur, un certain Joe Sargent, lui inspire le dégoût par son physique répugnant. Après avoir longé une côte déserte, il arrive dans la cité et dépose sa valise au seul hôtel de l'endroit, la pension Gilman. Les habitants sont rares, bizarres et peu loquaces. Il trouve une épicerie tenue par un jeune homme venu d'Arkham qui lui griffonne un plan de la cité et le briefe rapidement. Il n'y a plus à Innsmouth qu'une raffinerie d'or, tenue par la famille Marsh. L'endroit est très poissonneux, notamment dans les parages du Récif du Diable. Et un étrange culte s'est installé au détriment des églises locales. Il ne fallait pas, par exemple, traîner près de l'affinerie Marsh, ni autour d'aucune église encore active ou de la salle à colonnes de l'Ordre de Dagon, à New Church Green. Ces églises très singulières – toutes formellement désavouées ailleurs par leurs confessions respectives – adoptaient, à ce qu'on disait, les rituels et les vêtements sacerdotaux les plus bizarres. Leur credo hétérodoxe et mystérieux faisait entrevoir de prodigieuses métamorphoses qui menaient à une sorte d'immortalité du corps, sur cette terre même. le pasteur du jeune homme – le Dr Wallace d'Asbury M. E. Church d'Arkham – lui avait solennellement recommandé de ne fréquenter aucune église à Innsmouth.
Le narrateur entreprend la visite de la ville. Lovecraft nous offre ici de nombreuses pages de description, dignes d'un véritable guide touristique. Il rencontre le vieux Zadok Allen, recommandé par l'épicier pour ses bavardages sur l'histoire de la ville, moyennant une bouteille de whisky frelaté. Et ce qu'il apprend est stupéfiant. le capitaine Obed Marsh s'était acoquiné avec des indigènes lors de ses périples austraux et faisait un trafic de bijoux en or fournis par ces derniers, refondus dans sa raffinerie. Ces indigènes, créatures mi-aquatiques se montrèrent de plus en plus exigeants, réclamant des sacrifices humains …. Et finirent décimés par une peuplade insulaire révoltée par leurs pratiques. de retour dans un Insnmouth qui périclitait, Marsh les invoqua grâce à une amulette qu'ils lui avaient confié. Les sacrifices humains reprirent de plus belle, moyennant en contrepartie or et poissons en abondance. Ils exigèrent aussi de s'accoupler aux humains, créant une nouvelle génération qui, comme eux, retrouverait un jour les profondeurs marines et deviendrait immortelle. Enfin, ils établirent leur propre cule à leur divinité, Dagon. Il s'ensuivra une révolte des habitants de la ville, faisant de nombreux morts, et classée par les autorités sous le terme « épidémie ».
Le voyageur retourne à la Pension Gilman prendre sa valise pour rentrer en bus à Arkham. Mais le bus tombe en panne, incident qui l'oblige à passer la nuit dans cet hôtel décrépi. Une nuit atroce, face à l'agression nocturne de créatures repoussantes. Il sera contraint à s'enfuir par les toits et à quitter Innsmouth à pied, poursuivi par des hordes poissonneuses, jusqu'à la petite cité de Rowley où il ira dénoncer à la police les horreurs qu'il a constatées.
Au cours de l'hiver 1927-1928, des fonctionnaires du gouvernement fédéral menèrent une enquête mystérieuse et confidentielle à propos de certains faits survenus dans l'ancien port de pêche d'Innsmouth, Massachusetts. le public ne l'apprit qu'en février, à l'occasion d'une importante série de rafles et d'arrestations, suivie de l'incendie volontaire et du dynamitage – avec les précautions qui s'imposaient – d'un nombre considérable de maisons délabrées, vermoulues et qu'on supposait vides, le long du front de mer abandonné. Les esprits peu curieux considérèrent cet événement comme l'un des affrontements les plus graves de la guerre intermittente contre les trafiquants d'alcool.
Rentré dans sa famille, il apprend incidemment qu'il a des liens avec la famille Marsh. Il a du reste un cousin à Canton qu'il a fallu aliéner. Son grand père lui montre même dans ses archives une tiare selon un modèle qu'il n'a pas oublié. Et commence alors un lent processus de transformation physique. Je vais tout préparer pour que mon cousin s'échappe de cet asile de Canton, et nous irons ensemble à Innsmouth dans l'ombre des prodiges. Nous nagerons jusqu'à ce récif qui médite dans la mer, nous plongerons à travers de noirs abîmes jusqu'à la cyclopéenne Y'ha-nthlei aux mille colonnes, dans ce repaire de Ceux des Profondeurs, et nous y vivrons à jamais dans l'émerveillement et la gloire.
Au total, une novelette particulièrement riche, qui reprend Dagon, introduit les Profonds et fait quelques allusions aux shoggoths. Les lovecraftologues avisés consulteront avec intérêt, dans le tome I de Bouquins, le synopsis de la nouvelle, avec le plan d'Innsmouth et la généalogie de la famille Marsh. Ce document est suivi d'un premier jet du début du texte. Une façon de comprendre comment Lovecraft travaillait.
° (wiki) Les shoggoths figurent parmi les nombreuses créatures indescriptibles des histoires de Lovecraft. Ils seraient des sortes d'amas gélatineux munis de multiples yeux et de gueules aux dents acérées. Ils peuvent changer de forme et prendre des proportions phénoménales.
Ils auraient été créés par les « Anciens » pour être de parfaits esclaves1 . Au début de leur histoire, les Anciens se servaient des shoggoths pour bâtir leurs cités cyclopéennes et n'avaient aucun problème à les maîtriser. Ces shoggoths obéissaient grâce à une sorte d'hypnose et vivaient uniquement sous la mer. Avec le temps, ils s'habituèrent à la vie terrestre et gagnèrent en indépendance grâce à un cerveau permanent. Puis, vint le jour où, suffisamment indépendants et se rendant compte de leur propre puissance, les shoggoths se rebellèrent contre leurs maîtres. Mais cette rébellion fut facilement maîtrisée grâce à la technologie avancée des Anciens. Ceux-ci reprirent le contrôle de leurs esclaves en intégrant une phase de domptage après la création des nouveaux shoggoths.
° (wiki) Innsmouth est une ville imaginaire du Comté d'Essex, Massachusetts, créée par H. P. Lovecraft et mentionnée dans plusieurs de ses nouvelles, dont la première est Cephalaïs en 1920. C'est une ville côtière qui a connu son heure de gloire au XIXe siècle et dont l'économie a périclité au début du XXe siècle. Cette ville fictive se situe aux environs de plusieurs villes existantes : Ipswich, Rowley, Newburyport (localisation approximative).
Innsmouth fut fondée en 1640 à l'embouchure de la rivière Manuxet, principalement destinée à être un chantier naval, puis devient une ville industrielle mineure.
La concentration en poissons dans ses eaux est tout à fait surnaturelle. La plupart de ses habitants sont affligés d'anomalies physiques qui les rendent infréquentables par les habitants des environs. Les cas les moins graves présentent des yeux bleus globuleux qui ne se ferment jamais, un menton fuyant, une peau grisâtre et très fine et des pieds démesurés. Les cas les plus graves sont enfermés dans les maisons des quartiers abandonnés de la ville, dans lesquelles on ne voit jamais de lumière mais où l'on entend quantité de bruits effrayants.
Il se trouve que la majorité des habitants d'Innsmouth sont issus du croisement d'humains normaux avec une race d'hommes-poissons vivant dans les profondeurs et sectateurs de Cthulhu. Les habitants de la ville, eux, rendent un culte à Dagon. Plus la quantité de croisements est grande parmi ses ascendants, plus l'individu présente des difformités importantes qui lui permettent de rejoindre ses frères des profondeurs avec lesquels il peut vivre éternellement.
° BD
Avec Une nuit à Innsmouth (Éditions du Cygne, 1983), Terrier signe une fort sympathique BD. Sympathique, car réalisée en noir et blanc, ce qui cadre parfaitement avec l'atmosphère terrifiante du récit. Sympathique surtout, parce qu'elle est très fidèle au texte de Lovecraft. A une exception près, il est vrai. A la fin du récit, le narrateur ne rejoint pas les Profonds, mais se réveille d'un mauvais rêve. C'est Lovecraft himself, ravi d'avoir trouvé une matière première de qualité pour une prochaine nouvelle !
° Pastiches
L'ouvrage de Edward Lee, L'abomination d'Innswich (Mythologica, 2014), est à mettre au-dessus du panier. Car il s'agit plus d'une enquête lovecraftienne que d'un pastiche, la suggestion ampoulée faisant place au gore le plus cru et le puritanisme pudibond à l'érotisme le plus torride. Nous sommes sur les Terres du Maitre, juste après la mort de ce dernier, et Foster Morley, un jeune fan oisif et fortuné, entreprend de visiter les principaux sites arpentés par l'écrivain pour en éprouver l'ambiance. Après New York, il se rend en direction de Salem et fait une halte dans une petite bourgade du nom de Olmstead (personnage de Lovecraft dans le Cauchemar d'Innsmouth). Une cité côtière sans grand intérêt car récemment reconstruite, mais un endroit pour le moins curieux : toutes les femmes sont jeunes et jolies, et enceintes jusqu'au cou. Notre voyageur sympathise avec l'une d'entre elles, Mary, serveuse, et, avec son aide, se met en recherche des traces qu'aurait pu laisser Lovecraft lors de ses visites ainsi que des éléments qui auraient pu l'inspirer dans son élaboration du mystère d'Innsmouth. Et ce qu'il va découvrir dépasse l'entendement : les Profonds sont bien là et ont noué une alliance avec les hommes qui les approvisionnent en bébés en contrepartie de quoi ils sont assurés de toujours remplir abondamment leurs filets de pêche. Je m'arrête là, car la chute, tout comme du reste l'identité des géniteurs, sont aussi inattendus que grandioses…
Un bon récit, enveloppé sous une couverture on ne peut plus kitsch ; une lecture hélas souvent perturbée par les nombreuses coquilles qui polluent le texte : la maison de Lovecraft de Benedict Street au lieu de Benefit, Howard Philip au lieu de Howard Phillips etc…
° JDR : L'évasion d'Innsmouth, Chaosium 1994
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Millencolin
  10 avril 2017
Il est toujours agréable de lire du Lovecraft. Son style atypique, ainsi que l'époque d'écriture, parviennent toujours rapidement à me plonger dans ce passé sombre et lugubre. C'est ce côté ancien qui participe rapidement et efficacement à construire cette ambiance horrifique que l'on trouve dans chacune de ses nouvelles (du moins pour celles que j'ai lues).
Par contre, bien que cet ouvrage se lise extrêmement bien, j'ai trouvé que l'intrigue n'était que trop faiblement exploitée. En effet, l'auteur pose d'excellentes bases à son histoire, le tout intelligemment complété par les divagations de l'alcoolique local.

Mais au moment où on se sent vraiment pris par le récit, et où on partage la peur grandissante du principal protagoniste, Lovecraft nous innonde de tout un descriptif du trajet à travers les rues en mode Mappy ou Google Maps. Alors à moins, qu'on ait soi-même déjà vécu dans cette ville côtière imaginaire, il est très difficile de visualiser le parcours emprunté dans le livre.
De plus, j'aurai aimé, qu'au delà de l'énumération des noms de rues et de places, le passage de la poursuite soit plus étoffé avec davantage d'actions et de surprises.... Ou comment transformer une nouvelle en roman ?
Pour conclure et résumer, cette nouvelle de Lovecraft demeure appréciable et agréable de lecture, mais je trouve qu'elle ne détronne pas mon ouvrage préféré de cet auteur, à savoir : L'affaire Charles Dexter Ward.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   03 août 2015
C'est alors que j'éprouvai l'impression la plus horrible de tout ce que j'avais ressenti - celle qui anéantit mon dernier vestige de sang-froid et me lança frénétiquement vers le sud, le long des noires entrées béantes et des fenêtres au regard fixe de poisson, en cette rue déserte de cauchemar. Car à mieux regarder, je m'aperçus que les eaux éclairées par la lune entre le récif et le rivage étaient loin d'être vides. Elles fourmillaient d'une horde grouillante de formes qui y nageaient en direction de la ville ; même à cette distance et en u seul regard j'avais compris que les têtes qui dansaient sur l'eau et les bras qui battaient l'air étaient étrangers et anormaux au point qu'on pouvait à peine le dire ou le formuler consciemment.

Le cauchemar d'Innsmouth
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MusardiseMusardise   02 août 2015
Je ne devais pas non plus m'appesantir sur ce que l'inspecteur du travail avait dit à l'employé de la gare de Newburyport au sujet de l'hôtel Gilman et des voix de ses occupants nocturnes - ni là-dessus ni sur le visage sous la tiare dans l'entrée obscure de l'église ; ce visage dont ma pensée consciente ne pouvait expliquer l'horreur. Peut-être aurait-t-il été plus facile de détourner mes réflexions de ces sujets troublants si la chambre n'avait pas autant empesté le moisi. Cette odeur atroce, hideusement mêlée à celle du poisson qui régnait dans la ville, ramenait sans cesse l'imagination à la décomposition et à la mort.

Le cauchemar d'Innsmouth
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MaksMaks   10 janvier 2016
Cette ville abritait des gens bizarres, et l’on avait incontestablement noté plusieurs disparitions. Était-ce là une de ces auberges où l’on tuait les voyageurs pour voler leur argent  ? Je n’avais sûrement pas l’air très fortuné. Ou bien les habitants avaient-ils tant de haine pour les visiteurs curieux  ? Mon intérêt évident de touriste, la fréquente consultation de la carte avaient-ils fait mauvaise impression  ? Dans quel état nerveux étais-je donc pour échafauder ainsi des hypothèses sur quelques craquements fortuits  ? Mais je n’en regrettais pas moins d’être sans arme.
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WalktapusWalktapus   03 mai 2013
Au cours de l’hiver 1927-1928, des fonctionnaires du gouvernement fédéral menèrent une enquête mystérieuse et confidentielle à propos de certains faits survenus dans l’ancien port de pêche d’Innsmouth, Massachusetts. Le public ne l’apprit qu’en février, à l’occasion d’une importante série de rafles et d’arrestations, suivie de l’incendie volontaire et du dynamitage – avec les précautions qui s’imposaient – d’un nombre considérable de maisons délabrées, vermoulues et qu’on supposait vides, le long du front de mer abandonné. Les esprits peu curieux considérèrent cet événement comme l’un des affrontements les plus graves de la guerre intermittente contre les trafiquants d’alcool.
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deidamiedeidamie   09 novembre 2019
Ce fut la fin, pour ce qui me reste à vivre sur cette terre, de toute paix, de toute confiance en l'intégrité de la Nature et de l'esprit humain.
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Vidéo de  Howard Phillips Lovecraft
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Les chefs d'oeuvre de Lovecraft - L'Appel de Cthulhu de Howard Phillips Lovecraft, Gou Tanabe aux éditions Ki-oon https://www.lagriffenoire.com/1053642-livres-mangas-les-chefs-d-oeuvre-de-lovecraft---l-appel-d.html • Batman - Curse of the White knight de Sean Murphy, Matt Hollingsworth aux éditions Urban Comics https://www.lagriffenoire.com/1055569-achat-bd-batman-----curse-of-the-white-knight.html • Les nouvelles aventures de Barbe-Rouge - tome 1 - Pendu haut et court de Jean-Charles Kraehn et Stefano Carloni aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/1050850-achat-bd-les-nouvelles-aventures-barbe---t01---les-n.html • Francis de Loputyn aux éditions Shockdom https://www.lagriffenoire.com/1054629-achat-bd-francis.html • Gideon Falls T1 : La grange noire de Andrea Sorrentino , Dave Stewart aux éditions Urban Comics https://www.lagriffenoire.com/131117-achat-bd-gideon-falls---tome-1.html • Gideon Falls T4 : le Pentoculus de Andrea Sorrentino, Dave Stewart aux éditions Urban Comics https://www.lagriffenoire.com/1053881-achat-bd-gideons-falls-t4-----le-pentoculus.html • Ellis Island de Miras et Philippe Charlot aux éditions Bamboo https://www.lagriffenoire.com/1055073-achat-bd-ellis-island-----bienvenue-en-amerique-.html • Les Frères Rubinstein T1 : Shabbat Shalom de Loïc Chevallier, Luc Brunschwig aux éditions Delcourt https://www.lagriffenoire.com/1050630-achat-bd-les-freres-rubinstein-t1-----shabbat-shalom.html • le Bel Âge - intégrale de Merwan aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/1052776-achat-bd-le-bel-age-----integrale-t1-a-t3.html • Kariba de Daniel Clarke et James Clarke aux éditions Glénat https://www.lagriffenoire.com/1044795-achat-bd-kariba.html • Blue au pays des songes T2 : Bienvenue à Sad City de Davide Tosello aux éditions Vents d'Ouest https://www.lagriffenoire.com/1052628-achat-bd-blue-au-pays-des-songes---tome-02---bienven.html • le Banquier du Reich T1 de Pierre Boisserie, Philippe Guillaume aux éditions Glénat https://www.lagriffenoire.com/1034688-achat-bd-le-banquier-du-reich---tome-01.html • le Banquier du Reich T2 - de Pierre Boisserie, Philippe Guillaume aux éditions Glénat https://www.lagriffenoire.com/1054342-achat-bd-le-banquier-du-reich-t2.html • Renaissance T1 - Les déracinés de Frédéric Blanchard, Fred Duval aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/127329-achat-bd-renaissance---tome-1---renaissance---tome-1.html • Renaissance T2 - Renaissance de Fred Duval, Frédéric Blanchard aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/1016785-achat-bd-renaissance---tome-2---interzone.html • Renaissance T3 - Permafrost de Duval Fred, Blanchard Frédéric aux éditions Dargaud https://www.lagriffenoire.com/1054552-achat-bd-renaissance-t3-----
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