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ISBN : 2290319058
Éditeur : J'ai Lu (01/06/2002)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 217 notes)
Résumé :
Au cours d'une expédition en antarctique, deux scientifiques mettent au jour, derrière une chaîne de montagnes en apparence infranchissable, les vestiges d'une ancienne cité aux proportions gigantesques. Pendant cinq ans, un vénérable professeur d'université devient la proie d'étranges visions. Cherchant à comprendre ce qui l'a " possédé ", il découvre en Australie des ruines plus qu'antédiluviennes cachées au regard des hommes. En visitant les dédales et recoins de... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
01 juin 2014
Première rencontre avec Howard Phillips Lovecraft.
Une rencontre sans préjugés qui m'a ouvert une nouvelle perspective littéraire, celle d'un fantastique aux allures rétro mais au traitement dynamique, pointu et bien rythmé.
"Les montagnes hallucinées" ne sont pas si hallucinantes que ça si je me base uniquement sur les sensations qu'elles m'ont procurées mais il est indéniable qu'il y a dans ce récit une réelle recherche de modernité (pour l'époque) et de suspense.
***ALERTE SPOILERS***
Antarctique, vraisemblablement dans les années 30.
Une équipe de chercheurs, scientifiques, géologues et explorateurs austraux mènent une expédition de forage qui aboutit à la découverte d'une chaîne de montagnes surclassant l'Himalaya et recelant de bien funestes mystères. Après un premier temps fort avec l'extermination violente d'une partie du staff, le narrateur entraîne le lecteur dans la découverte d'une citée morte aux dimensions cyclopéennes qui révélera (un peu facilement à mon goût) le mystère d'une civilisation extra-terrestre que les deux protagonistes principaux ne pourront pas identifier avec certitude comme une potentielle alliée ou une redoutable prédatrice de l'homme.
Je l'ai dit, la narration est très pointue et rythmée, ce qui est un bon point quand on sait que le récit est composé à 80% de descriptions et à 20% d'action. Mieux vaut en effet être précis pour rendre crédible l'univers fantastique totalement nouveau inventé par l'auteur. le narrateur racontant un récit passé, il n'y a de ce fait aucun dialogue, ce qui alourdit quand même pas mal l'ensemble et diminue les effets d'angoisse (fatalement, s'il peut le raconter, c'est qu'il s'en est sorti). Et pourtant, tenant compte de mes insondables lacunes scientifiques (j'ai parfois dû m'accrocher), j'ai pris un certain plaisir à imaginer cette cité morte au coeur de montagnes si hautes qu'elles défient les hommes et les dieux. Mes seules réticences sont venues de la difficulté que j'ai toujours eue (depuis les bancs de l'école) à me projeter dans l'espace et à concevoir des décors en 3D à partir d'un simple texte descriptif. On sent bien que c'est très clair dans la tête de Lovecraft mais pour le lecteur c'est un peu plus le fouillis, même si l'auteur nous aide parfois par l'évocation d'artistes tels que Nicholas Roerich auquel il est possible de se raccrocher.
Au fil de ma lecture, j'ai beaucoup songé à Barjavel et à sa "Nuit des temps". Je ne peux m'empêcher de penser qu'il a dû lire voire s'inspirer de ce roman de Lovecraft tant le thème majeur du pôle dévoilant des mystères immémoriaux semble riche en possibilités. C'est aussi cette agréable réminiscence qui m'a incitée à plonger dans cette nouvelle aventure polaire.
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colimasson
06 septembre 2016
On ne comprend pas grand-chose à cette histoire mais c'est le but. le mec qui la raconte a eu le cerveau défoncé par ce qu'il a vécu. Parti en expédition scientifique aux confins encore inexplorés de l'Antarctique, il se heurte avec son équipe à des phénomènes disproportionnés (une terre sauvage et vierge de toute humanité, comme vous ne pouvez même pas l'imaginer) et inhumains (le reste de l'humanité ne peut plus exister dans de telles conditions).

Nous ne connaîtrons l'histoire que par bribes. Pour notre équilibre nerveux et notre santé mentale, il semblerait d'ailleurs qu'il vaille mieux ne pas trop en savoir… Les bases de nos connaissances (scientifique, historique, religieux, biologique) pourraient être complètement remises en compte si nous prenions en considération les découvertes de cet équipage. Heureusement, les survivants n'en ont pas soufflé le moindre mot à leurs semblables en rentrant chez eux. « Il est absolument indispensable, pour la paix et la sécurité de l'humanité, qu'on ne trouble pas certains recoins obscurs et morts, certaines profondeurs insondées de la Terre, de peur que les monstres endormis ne s'éveillent à une nouvelle vie ».

LOL, Lovecraft doit-il être jeté au fond des cageots psychiatriques ? Un être humain qui écrit des trucs pareils peut-il vivre en toute liberté sans menacer la vie de ses congénères ? « Au sommet du torse, un cou court et bulbeux, gris plus clair, avec des sortes de branchies, porte ce qui semble une tête jaunâtre en forme d'étoile de mer à cinq branches, couverte de cils drus de trois pouces, des diverses couleurs du prisme. Tête épaisse et gonflée d'environ deux pieds d'une pointe à l'autre, avec des tubes flexibles jaunâtres de trois pouces sortant au bout de chaque pointe. Au sommet, une fente, juste au centre, probablement un orifice respiratoire. Au bout de chaque tube, une expansion sphérique où une membrane jaunâtre se replie sus le doigt, découvrant un globe vitreux d'un rouge iridescent, un oeil évidemment. Cinq tubes rougeâtres un peu plus longs partent des angles intérieurs de la tête en étoile et finissent en renflements, comme des sacs de même couleur qui, sous la pression, s'ouvrent sur des orifices en forme de calice de deux pouces de diamètre, bordés de sortes de dents blanches et aiguës. Tous ces tubes, cils et pointes de la tête en étoile de mer étroitement repliés ; tubes et pointes collés au cou bulbeux et au torse. Surprenante souplesse en dépit de l'extrême fermeté ». Cela dénote une fascination certaine pour les séances d'autopsie qui ne peuvent se pratiquer –vous le savez- qu'à la condition de disposer d'organismes dont l'homéostase s'est récemment et définitivement effondrée.

Nous retrouvons pourtant des analogies entre cette histoire et la légende sumérienne des Anunnakis (« Ceux qui du ciel sur la Terre vinrent »). D'après ces légendes, ces mecs-là seraient venus de l'hyperespace jusqu'à notre planète, forçant un peu l'évolution biologique afin de façonner à leur guise un genre d'organisme malléable qui ferait les tâches les plus ingrates nécessaires au déroulement d'une vie quotidienne aisée. Pourquoi l'homme ferait-il figure d'exception dans le règne animal ? Avec la légende des Anunnakis, plus besoin de se casser le cul à récolter des petits fossiles et à faire du bricolage de lignée évolutive. Lovecraft écrit : « Quand les Anciens à tête d'étoile eurent synthétisé sur cette planète leurs formes alimentaires simples, et élevé une bonne réserve de shoggoths, ils développèrent d'autres groupes cellulaires sous d'autres formes de vie animale et végétale, pour différents usages, éliminant celles dont la présence devenait encombrante ».

Même les êtres supérieurs ne durent pas toute une éternité. Je n'ai pas trop compris s'ils avaient finalement disparu de notre planète ou pas (c'est peut-être aussi le cas de John Carpenter qui fournit dans « The thing » une interprétation inspirée de cette nouvelle, mais ne s'engage pas à donner une conclusion ferme) mais il semblerait qu'ils s'en soient pris plein la gueule à un moment donné et que leurs petites créations en aient profité pour prendre leur autonomie dans des contrées moins hostiles.

Quoiqu'il en soit, il serait préférable que personne n'en sache rien. Fin des théories complotistes à deux balles sur le gouvernement, daesh et tutti quanti : celles-ci pèsent encore plus lourd.
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Fifrildi
15 avril 2017
Je n'avais encore rien lu de Lovercraft avant de lire ce court roman. Je voulais en apprendre plus sur la créature appelée Shoggoth.
Cette histoire est étiquetée terreur mais je n'ai rien lu de bien effrayant ou d'angoissant comme dans le livre Stargate SG1 : Permafrost de Sally Malcom (cela se passe en Islande mais peu importe) qui m'a bien fait flipper.
Dans la bibliothèque où je travaille nous avons beaucoup de livres sur l'histoire de l'exploration de l'Antarctique et jusqu'à la découverte de la civilisation des Anciens tout à l'air plausible et bien documenté d'un point de vue scientifique. J'ai bien envie de ressortir une carte de l'époque pour retracer leur voyage.
J'ai trouvé la rencontre avec le Shoggoth un peu décevante et cela manquait de dialogues (il n'y en a pas ^^). Par contre, l'auteur a éveillé ma curiosité et j'ai bien envie d'en apprendre plus sur le mythe de Cthulhu et le fameux Necronomicon.
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Nio
11 février 2015
[Synopsis : Au cours d'une expédition en antarctique, deux scientifiques mettent au jour, derrière une chaîne de montagnes en apparence infranchissable, les vestiges d'une ancienne cité aux proportions gigantesques. Pendant cinq ans, un vénérable professeur d'université devient la proie d'étranges visions. Cherchant à comprendre ce qui l'a " possédé ", il découvre en Australie des ruines plus qu'antédiluviennes cachées au regard des hommes. En visitant les dédales et recoins de ces lieux maudits, tous vont observer des fresques évoquant l'arrivée sur terre d'entités d'outre-espace. Et constater que la menace de les voir reprendre le contrôle de la planète existe toujours...]
Cette édition, la plus récente, chez J'ai lu des Montagnes hallucinées (texte qu'un certain Guillermo del Toro a toujours voulu adapter et dont on attend encore en vain justement que cela se concrétise) de Lovecraft se double d'une autre nouvelle, Dans l'abîme du temps que je choisis de ne pas traiter tout de suite (curieusement le synopsis en 4ème de couverture se base sur les deux histoires qui n'ont rien à voir entre elles).
Dans les deux cas nous avons affaire à des nouvelles tardives de l'auteur qui précèdent de quelques années sa mort en 1937 d'un cancer de l'intestin à 46 ans. J'ai souvent tendance à penser que les dix dernières années de la vie de Lovecraft semblent contenir ses meilleures oeuvres même si avant 1926,1927, il y a de très bonnes choses. Mais bon, dès 1926 avec L'appel de Cthulhu puis La couleur tombée du ciel en passant par L'affaire Charles Dexter Ward ou Celui qui chuchotait dans les ténèbres (bon sang, on devrait l'adapter en film celui-là !) et jusqu'à L'abîme du temps en 1937, je trouve qu'on atteint littéralement des sommets (même la souvent décriée, à ce que j'ai cru comprendre, maison de la sorcière, je la trouve excellente).
Les montagnes hallucinées n'y échappe pas. Et si Howard Phillips multiplie un peu trop les descriptions des décors et paysages, sans doute plus qu'à l'accoutumée (exercice de français pour nos chères têtes blondes : relevez moi le nombre de fois qu'on a le mot "cyclopéen" dans la nouvelle, on bât des records) et que parfois ça alourdit un peu trop l'histoire, cela lui donne en contrepartie de pures visions que n'auraient certainement pas renié le cinéma. Il y a véritablement là de quoi faire un film tant Lovecraft se déchaîne pour donner vie à cette incroyable cité inconnue perdue en Antarctique et donc regretter un peu plus que le del Toro se mouille mollement pour le tourner en film avec le temps qui passe. En résulte donc une nouvelle des plus connues de l'écrivain de Providence, d'un très bon niveau mais que je ne conseillerais pas forcément d'emblée aux débutants de Lovecraft.
Car ici, à l'orée des dernières histoires de sa vie, Lovecraft peut se permettre de naviguer aisément dans l'univers qu'il a construit, devenu suffisamment riche en références personnelles quand elles ne renvoient pas vers des figures que l'écrivain admirait. Au risque d'égarer le débutant échoué en terres Lovecraftiennes, on retrouvera la ville fictive d'Arkham et la toute aussi fictive université de Miskatonic, territoires certes connus de son oeuvre. Mais on y verra aussi moults clins d'oeils au Necronomicon, le fameux livre maudit a la reliure en peau humaine et écrit avec du sang comme encre, son créateur l'arabe fou Abdul Al-Hazred, R'lyeh, Cthulhu, les Grands Anciens... Sans oublier des retours extérieurs donc, vers une connaissance de Lovecraft, Clark Ashton Smith, la mention des peintures fantasmagoriques de Nicholas Roerich (qui peuvent effectivement donner une idée de l'atmosphère étrange de l'histoire --cf chro' sur le blog) ou enfin l'ombre énorme d'Edgar Allan Poe qui plane du début à la fin. Que ce soit en citant Les aventures d'Arthur Gordon Pym (où la fin se rapproche du continent Antarctique) dès le début ou en leur reprenant directement l'étrange cri "Tekeli-li" !
La nouvelle ne fait évidemment pas peur d'emblée. L'auteur laisse s'installer l'ambiance d'une lente décrépitude qui culmine une première fois dans le 4ème chapitre avec la description du massacre de toute une équipe d'expédition avant à nouveau de faire lentement monter la sauce par plusieurs descriptions où l'ennemi n'est pas tant d'étranges créatures antédiluviennes venues sur Terre il y a un bon moment de ça avant l'apparition des premiers dinosaures mais quelque chose de bien plus vicieux, tapi dans l'ombre et se réveillant après tous les siècles dès qu'un intrus "évolué" arriverait dans ces "terres mortes". On pourra regretter que plus qu'à l'accoutumée ce vieux renard de Lovecraft multiplie les formules de prudence ("je ne saurais vous dévoiler ce qui s'est passé ce jour là"... "C'est avec énormément d'hésitation et de prudence que je me reporte en esprit au camp"... Au bout d'un moment et vu la longueur de cette nouvelle on a envie de lui faire "ACCOUCHE QUOI !") mais une fois qu'on y est, le récit ne nous lâche plus. Les chapitres 6 à 10 s'étendant largement sur la description de la cité perdue sont véritablement passionnant et tout en découvrant l'histoire des Grands Anciens qui y vivaient l'on ressent cette lente impression de n'être véritablement pas seul. Enfin dans les 3 derniers chapitres (il y en a 12), H.P.L met toute la gomme pour atteindre ces fameux sommets qu'il décrit ici.
C'est subjectif mais même si j'ai été happé par l'histoire, je n'y ai pas ressenti immédiatement ce malaise latent qui nous tient constamment dans ses écrits. Ce n'est pas une peur qui va crescendo comme dans La couleur tombée du ciel, L'affaire Charles Dexter Ward ou Celui qui chuchotait dans les ténèbres. C'est une peur brute qui se base sur les descriptions et sous-entendus qui ont précédé notamment une bonne partie du mystère des Grands Anciens plus visible qu'à l'accoutumé. Il en ressort que même si j'ai beaucoup apprécié cette nouvelle livraison Lovecraftienne, elle ne produit pas le même effet durable sur moi (trop de descriptions qui plus est là où l'écrivain nous a habitué a nous dévoiler un peu de ce qui se cache dans le noir avec généralement pas grand chose). Cependant le voyage vaut le coup d'oeil et s'insère dans la mythologie Lovecraftienne avec une place de choix et l'on prie pour qu'une adaptation en film, grandiose, puisse voir le jour.
Lien : http://dvdtator.canalblog.co..
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Arieste
26 novembre 2012
La structure des Montagnes Hallucinées est typique de celle des nouvelles de Lovecraft : un homme nous livre son témoignage d'un fait extraordinaire. le récit est donc à la première personne, et nous suivons le récit de manière linéaire au fur et à mesure des découvertes que fait le narrateur, basculant lentement du réel vers le merveilleux horrifique. Cette manière subjective de raconter est l'une des clefs de la narration de Lovecraft, on a ainsi l'impression de lire un véritable témoignage qui s'adresse vraiment au lecteur. le narrateur nous explique de manière didactique et progressive sa démarche et ses motivations à témoigner, anticipant même le fait qu'on ne va probablement pas le croire.
Le récit des Montagnes Hallucinées est incroyablement bien documenté. La narrateur étant professeur de géologie, et l'expédition étant à but scientifique, Lovecraft s'est énormément documenté sur les avancées scientifiques de son époque. le début du récit est donc rempli de détails géographiques et scientifiques très précis et absolument exacts qui font qu'inconsciemment, petit à petit, on ne peut s'empêcher d'adhérer au récit et à s'identifier au narrateur. En tant qu'étudiante en archéosciences, je n'ai évidemment pu qu'apprécier toutes ces références techniques qui sont aussi un bon témoignage de l'ampleur des connaissances scientifiques de l'époque. le basculement vers l'horreur et le merveilleux se fait donc de manière très progressive et le talent de Lovecraft se sent dans cette manière subtile de repousser les limites de notre réalité.
Ce qui est également agréable dans les nouvelles de Lovecraft, c'est qu'elles toutes indépendantes les unes des autres. Ainsi, on peut commencer par n'importe quelle histoire et on comprendra tout du premier coup. Pourtant, et c'est là que le talent de novelliste de Lovecraft se dévoile, presque toutes les histoires de Lovecraft sont liées entre elles et le celui qui a lu plusieurs histoires fait progressivement le lien dans son esprit entre tous ces récits. C'est un univers fascinant et complet sur lequel on a vraiment envie de se documenter, de relire toutes les histoires pour se remémorer les détails.
Le récit fait peur, frissonner, sans être malsain ou pervers. Ici, comme souvent dans les récits de Lovecraft, c'est l'homme qui est responsable de son propre malheur en touchant à des lieux qui ne leurs sont pas destinés. Rien n'est montré, tout est évoqué.
Le récit n'est pas long (111 pages pour mon édition), et pourtant l'auteur ne survole pas son sujet, il prend le temps de tout nous décrire, du contexte et des buts de l'expédition, jusqu'aux incroyables découverte que fait le narrateur. Sans être ennuyeux, on peut ainsi se représenter parfaitement ce que décrit le narrateur.
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Citations & extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson21 septembre 2016
On eût dit une cité cyclopéenne d’une architecture inconnue de l’homme et de l’imagination humaine, aux gigantesques accumulations de maçonnerie noire comme la nuit, selon de monstrueuses perversions des lois géométriques et jusqu’aux outrances les plus grotesques d’une sinistre bizarrerie. Il y avait des troncs de cône, parfois en terrasses ou cannelés, surmontés de hautes cheminées cylindriques, ici et là élargies en bulbes et souvent coiffées d’étages de disques festonnés de peu d’épaisseur ; et d’étranges constructions tabulaires en surplomb, évoquant des piles d’innombrables dalles rectangulaires ou de plateaux circulaires, ou d’étoiles à cinq branches, chacune chevauchant la précédente. Il y avait des cônes et des pyramides composites, soit seuls, soit surmontant des cylindres ou des cubes, ou des cônes et pyramides tronqués plus bas, et à l’occasion, des flèches en aiguilles bizarrement groupées par cinq. Toutes ces structures fébriles semblaient reliées par des pots tubulaires passant de l’une à l’autre à diverses hauteurs vertigineuses, et tout cela à une échelle épouvantable et oppressante dans son gigantisme démesuré.
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colimassoncolimasson10 septembre 2016
Au sommet du torse, un cou court et bulbeux, gris plus clair, avec des sortes de branchies, porte ce qui semble une tête jaunâtre en forme d’étoile de mer à cinq branches, couverte de cils drus de trois pouces, des diverses couleurs du prisme. Tête épaisse et gonflée d’environ deux pieds d’une pointe à l’autre, avec des tubes flexibles jaunâtres de trois pouces sortant au bout de chaque pointe. Au sommet, une fente, juste au centre, probablement un orifice respiratoire. Au bout de chaque tube, une expansion sphérique où une membrane jaunâtre se replie sus le doigt, découvrant un globe vitreux d’un rouge iridescent, un œil évidemment. Cinq tubes rougeâtres un peu plus longs partent des angles intérieurs de la tête en étoile et finissent en renflements, comme des sacs de même couleur qui, sous la pression, s’ouvrent sur des orifices en forme de calice de deux pouces de diamètre, bordés de sortes de dents blanches et aiguës. Tous ces tubes, cils et pointes de la tête en étoile de mer étroitement repliés ; tubes et pointes collés au cou bulbeux et au torse. Surprenante souplesse en dépit de l’extrême fermeté.
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AdrasteAdraste17 juin 2015
Après tout, ils n'étaient pas mauvais dans leur genre. C'étaient des hommes d'un autre âge et d'un autre mode d’existence. La Nature leur avait joué un tour infernal – tour qu'elle jouera à n'importe quels Autres que la folie humaine, l'insensibilité ou la cruauté peuvent déterrer plus tard dans ce désert polaire hideusement mort ou endormi – et ce fut leur tragique retour au pays.
Ils n'avaient pas même été sauvages – car qu'avaient-ils fait en vérité ? Cet affreux réveil dans le froid d'une époque inconnue - peut-être l'attaque de quadrupèdes velus aboyant follement et la défense abasourdie contrer eux et des simiens blancs tout aussi frénétique, avec leur bizarre enveloppes et leur attirail... Pauvre Lake, Pauvre Gedney... et pauvres Anciens ! Scientifiques jusqu'au bout – qu'ont-ils fait que nous n'aurions fait à leur place ? Dieu, quelle intelligence et quelle ténacité ! Quel affrontement de l'incroyable, tout comme ces frères et ancêtres sculptés avaient affronté des choses à peine moins croyables ! Radiolaires, végétaux, monstres, frai d'étoiles – quoi qu'ils aient été, c'étaient des hommes
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Gwen21Gwen2130 mai 2014
Certaines influences qui subsistent dans ce monde inconnu de l'Antarctique au temps déréglé et sous une loi naturelle étrangère commandent impérativement qu'on décourage toute nouvelle exploration.
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FifrildiFifrildi15 avril 2017
Il y avait dans tout cela l'ombre tenace et pénétrante d'un formidable secret et d'une révélation suspendue; comme si ces flèches de cauchemar étaient les pylônes d'une redoutable porte ouverte sur les domaines interdits du rêve, les abîmes complexes des temps lointains, de l'espace et de l'ultradimensionnel.
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• L’Instant Lovecraft, n° 50.
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