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Françoise Brun (Traducteur)
EAN : 9782715227897
200 pages
Le Mercure de France (10/01/2008)
3.5/5   9 notes
Résumé :
Il y en a trois, des mains. La première est la plus belle, elle a entrelacé ses doigts aux miens, chaude, forte. Une main à la Michel-Ange, aux ongles bien dessinés. C'est une histoire uniquement de gestes où les paroles privées de sens sombrent dans le néant. Et le désir reste impossible à combler, enfantin et adulte à la fois comme s'ils appartenaient, ces gestes, à une petite fille mais aussi à son contraire. Une petite fille solitaire et qui a faim de gratificat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
isanne
  18 mars 2020
Une jeune femme raconte la petite fille qu'elle a été, à une période troublée de l'Histoire de son pays. En effet, cette enfant est le témoin des événements des années 30 en Italie, de la montée du fascisme, de la deuxième guerre mondiale puis de la présence allemande et enfin celle des américains.
C'est surtout une enfant toujours en quête d'affection qui est évoquée, fantasque et toujours inventive de pitreries pour qu'on la remarque et que la vie soit un peu plus légère.
C'est la dernière de la fratrie et à ce titre, elle a le sentiment d'être "oubliée" souvent.
C'est aussi la vie d'une certaine bourgeoisie italienne.
Les pages les plus belles sont celles qu'elle consacre à son père : cette "première main" si importante et si décisive pour l'avenir. Ce père, le seul qui lui prête un peu d'attention, qui lui raconte des histoires quand elle parvient à se glisser auprès de lui, celui qu'elle va accompagner dans ses derniers moments, dans ce moment de solitude partagée qui lui fait prendre conscience de l'importance de leur relation privilégiée.

L'évocation des épisodes enfantins et adolescents de ces années se mêlent à aux souvenirs de sa vie de femme, les lieux qu'elle a visités ou partagés avec des compagnons dont elle ne fait qu'effleurer la présence dans un style quasi- épistolaire.
Le regard très lucide d'une femme sur ses années passées en forme de témoignage.
Un très beau moment de lecture, très émouvant.
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brigittelascombe
  27 octobre 2012
"Une petite fille solitaire et qui a faim de gratifications et une adulte ingénieuse,experte". C'est plutôt la première affirmation qui transparait dans cette autobiographie de Rosetta Loy, romancière italienne connue.
La première main retrace en effet sa jeunesse (de sa naissance fin des années 1920 au départ des Allemands de Rome en 1944) marquée par différents traumatismes: quatrième enfant non désirée d'un couple bourgeois et amoureux,passage de nourrices (dont pour la première Stella, elle a remplacé l'enfant mort) en gouvernantes souvent mal aimantes ou strictes,départ de sa nourrice préférée Gina vécu comme un abandon, "désaffection" pour sa mère vue comme une rivale, essais pour capter l'attention du père dont le fils est surinvesti et dont la fille Teresa est la préférée,maladies sournoises de "petite fille délicate", bombardements de 1943 vécus la peur au ventre.
La première main est surtout celle du père, premier homme de sa vie tant admiré, ingénieur brillant,conteur d'histoire pour fillette maladive,cette main qu'elle a tenue jusqu'au dernier soupir. Livre émouvant car l'enfant attend souvent plus qu'il ne peut recevoir.
Page d'histoire vu à travers des yeux d'enfant de riches, bien au chaud dans son luxueux cocon décoré par des architectes en vogue, ne fréquentant que certaines familles de l'italie en vue et parfois fasciste, qui se trouve un beau jour ou plutôt un mauvais jour confrontée aux bombardements qui tuent sans à priori,riches et pauvres mélangés.
La première main est une autobiographie intéressante, car (on pense à enfances de Nathalie Sarraute où la petite Natacha, abandonnée par sa mère, est élevée par un père admiré mais par trop absent), même si la mère est présente, elle est indifférente et le départ de Gina étant vécu comme un déchirement, la petite Rosetta se réfugie dans les contes racontés par son papa et développe une imagination fertile propice à l'écriture. On comprend ainsi pourquoi elle est devenue écrivain et donc une "adulte ingénieuse et experte". Après, ne connaissant pas cette écrivaine, j'avoue que ses souvenirs personnels ne m'ont pas vraiment accrochée.
Par contre j'ai apprécié sa prose (de deux trois pages) subtile et légère comme le passage sur les mains aimées qui allège, de façon poétique, le reste des écrits (émaillé de photos personnelles et familiales) plus reportage journalistique ou constat de faits.
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mireille.lefustec
  06 mars 2019
Les romans de Rosetta Loy portaient sur l'actualité politique et sociale. La femme n'était pas habituée à se livrer intimement. Mais Colette Fallous lui a proposé d'écrire un inédit pour sa collection "Traits et portraits" à travers des photos . Est- ce pour cela, pour cette forme imposée, que j'ai ressenti parfois comme un détachement?
Il n'empêche que j'ai aimé partager la vie de cette enfant pétulante jusqu'à sa vie de femme et la fin de la guerre.
Née dans une famille riche, ou très riche, avec personnel de maison, nourrice, gouvernante..
Quatrième d'une fratrie, (encore une fille) !, fruit d'un beau roman d'amour entre une très jolie jeune fille et un directeur impeccablement soigné et sérieux et...totalement amoureux.
Ce fut pour l'enfant un départ difficile dans la vie car dans ce milieu on avait recours aux nourrices et la sienne, dont le lait s'était subitement tari, lui faisait sucer un bout de torchon sucré pour calmer ses pleurs et ne pas être renvoyée. Pas étonnant qu'elle fut longtemps une petite fille "délicate".
J'ai aimé cette fillette vive, audacieuse, admiratrice de son père, (évidemment) .
J'ai aimé suivre la famille dans c/ses divers lieux de villégiature, même en plein fascisme et pendant la guerre.
Un bon complément à ses romans.
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mustango
  12 juin 2008
Rosetta Loy revient dans ce livre sur son enfance, les années 30 et 40, la guerre, les privations, les américains etc . Elle appartient à une famille romaine aisée. Elle raconte les vacances à Ostie, sur le Lido à Venise. Elle évoque ses parents, les domestiques, ses soeurs, par petites touches ou par des anecdotes. le livre comporte des photos d'elle enfant, adolescente... C'est un livre qui parait d'abord en France avant l'Italie. C'est à ma connaissance son premier récit réellement autobiographique.
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Eimelle
  11 janvier 2016
C'est avec ce texte, très personnel que je découvre Rosetta Loy.
Elle y relate son enfance tout d'abord, petite dernière d'une famille aisée dans l'Italie troublée des années 30.
Le Piémont, les vacances au ski, à la mer, à Venise, l'école religieuse, les nourrices, les maladies, les vêtements, les rapports aux autres membres de la famille... tout ce qui fait l'enfance.
La figure du père , très forte...
Une famille très privilégiée, mais des drames tout de même pour cette enfant pas vraiment désirée, abandonnée aux bonnes , ou "remplaçant" l'enfant-mort de sa nourrice (elle même au destin tragique) .
De nombreuses photos accompagnent l'auto-biographie, pour mieux nous plonger dans l'époque.
Et puis arrivent la guerre, le fascisme... (des thèmes qu'elle a d'ailleurs développé dans ces écrits précédents), les privations, la situation de l'Italie pendant la guerre... et la construction de l'adolescente qu'elle est devenue dans cette période critique.
Lien : http://lecture-spectacle.blo..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
isanneisanne   15 mars 2020
Mais j'ai oublié une main, la première de toutes. La tienne, papa. (...)La main serré dans la mienne, tu es mort au terme d'une nuit inscrite dans un cercle d'éternité, quand dans le silence de la clinique brisé seulement par ta respiration de plus en plus lente et difficile je t'ai aimé d'une manière absolue. Comme je ne t'avais jamais aimé avant. (...)et quand tes doigts se sont dénoués des miens j'ai continué longtemps encore à sentir ta présence. Autour de moi, en moi.
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SZRAMOWOSZRAMOWO   23 mai 2016
La fragilité bien-aimée de tes os. Ta façon de dormir un peu comme un ange, recueilli. Maigre, tu me rappelles le Christ d'Holbein couché sur la pierre. Cette nuit je me suis réveillée et les yeux ouverts dans le noir j'ai vu peu à peu se recomposer les fragments du dessin qui avait fini par se défaire année après année. Stratifications géologiques, qui marquent, comme dans les montagnes, notre vie. Les morceaux du puzzle retrouvent tout à coup leur place et laissent réapparaître l'image dans tous ses détails : recroquevillée dans ton lit, papa, pendant que tu me racontais l'histoire de la petite chèvre désobéissante ou de la grenouille qui voulait devenir aussi grosse qu'un éléphant, je me perdais dans le bonheur d'être au centre de ton regard, d'être moi l'écho de ta voix. Et qui sait, peut-être un jour aussi le coeur de ton coeur. De là aussi cette désaffection pour maman, cette irritation quand elle nous interrompait pour te demander si tu voulais encore du thé ou si tu avais l'intention d'aller au théâtre dans l'après-midi.
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isanneisanne   16 mars 2020
J'ai été très heureuse, dans ces quelques mètres carrés de la place Louvois, même s'il est difficile de définir le bonheur, à peine essaie-t-on de l'analyser qu'il se décompose, les mailles se défont. Celui-là était un cheval fou avec des bonds imprévisibles et des coups de frein pour rien, j'avais du mal parfois à suivre le rythme.
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brigittelascombebrigittelascombe   26 octobre 2012
Nous nous aventurons nous aussi quelquefois dans les allées et je reste en extase devant l'horloge à eau qui égoutte ses heures mystérieuses dans l'ombre verte de la mousse:mouvement éternel des aiguilles qui donne au Temps une âme végétale tandis que les petites étoiles de soleil descendent entre les fougères se perdre dans les friselis légers de l'eau.Toujours pareille,toujours la même.
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isanneisanne   14 mars 2020
Mais Stella sait qu'il y a rêve et rêve, et que certains sont des épées qui illuminent la nuit de l'éclair de leur lame, ils ne laissent aucune place pour se défendre et vident en un instant leur victime de son sang.
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Video de Rosetta Loy (4) Voir plusAjouter une vidéo
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Grande Dame de la littérature contemporaine italienne.Vive et enjouée comme son écriture. Romancière et militante de la mémoire. Individuelle et collective. Primée à foison en Italie: prix Viareggio, prix Campiello
Le Sourire de
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