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Françoise Brun (Traducteur)
EAN : 9782869309616
311 pages
Éditeur : Payot et Rivages (02/09/1995)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 24 notes)
Résumé :

Au coeur des collines du Piémont, dans une Italie qui n'est encore au début du XIXe siècle qu'une mosaïque d'états et de royaumes, l'histoire se déroule sur trois générations d'une famille de paysans aisés. Écrivain de la mémoire, Rosetta Loy sait nous faire aimer ses personnages inoubliables. Luis qui plaisait tant aux femmes, Bastianina la jeune novice impétueuse, Teresina et sa passion pour le... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
5Arabella
  14 juin 2020
Edité en 1987, c'est le cinquième roman de Rosetta Loy et son plus grand succès, le livre a remporté plusieurs prix importants en Italie, et l'a fait connaître au grand public.
Nous suivons les destinées d'une famille paysanne du Piémont, de l'ancêtre, le Grand Masten, qui n'est qu'une sorte d'ombre tutélaire, parfois entraperçue sur les chemins, dont le bâton sert à ses fils et petits fils, puis celle de ses enfants, petits-enfants et arrière-grands-enfants, qui quittent la ferme familliale, se construisent d'autres vies que la vie ancestrale. La saga court sur tout le XIXe siècle, avec en arrière plan l'histoire en train de se faire, en particulier les guerres qui vont permettre à l'Italie de devenir indépendante et unie. Même si à chaque génération un fils de la famille part se battre à un moment ou un autre, aucun n'en parle vraiment, gardant pour lui cette expérience, et le livre n'explicite pas vraiment le contexte historique. Ce qui fait la vie de la famille, ce sont les naissances, les amours, les mariages, les morts, ce qui a fait la trame des vies humaines depuis que l'humanité existe.
A la lecture de cette brève présentation, on peut se dire qu'on a déjà lu ce type de livre plein de fois. Alors qu'est ce qui fait sa spécificité, qu'est ce qui lui donne un charme si particulier, et fait de cette lecture un délice, que l'on savoure lentement ? Peut-être le regard que Rosetta Loy pose sur ses personnages, un regard doux, qui donne à chacun un ou des moments pour exister pleinement, dans sa spécificité, sa tonalité propre. Mais ce regard n'idéalise pas, voit les personnages dans toute leur complexité, leur qualités, leurs défauts, leurs grandeurs et petitesses, dans une sorte de neutralité bienveillante, mais vigilante. Peut-être aussi un immense talent pour décrire, sauvegarder des moments, des instants, parfois banals, parfois importants, ou qui le sont ou qui le deviennent pour ses personnages, dans une sorte de capacité à emprisonner l'éphémère, à l'enfermer dans la magie de ses mots, Elle nous donne la sensation d'être là, comme projeté d'un coup à l'intérieur d'un tableau, de ressentir la chaleur, la lumière, la faim, la fatigue, la joie, de partager avec les membres de cette famille les ressentis, les émotions. Peut-être surtout parce que l'écriture de Rosetta Loy est véritablement merveilleuse, ciselée, chaque mot, virgule compte, il y a de l'inattendu à la fin d'un paragraphe, d'un phrase, l'intérêt est toujours maintenu, plus que par les événements décrits, par la façon de dire les choses, de les suggérer, sans avoir besoin d'être dites de façon univoque. Ce qui laisse aussi au lecteur la possibilité de projeter sa propre sensibilité, se se construire son propre récit, de donner à ses personnages préférés les pensées et les sentiments que l'on souhaite, de leur imaginer des vies qu'on a l'envie de leur donner, tout au moins en partie, dans la marge que Rosette Loy nous laisse à chaque fois un peu.
Un très grand bonheur de lecture, que je compte renouveler grâce aux autres romans de l'auteure.
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michfred
  21 juillet 2015
Chronique familiale d'une famille paysanne, dans le Piémont du XIXème siècle...
La magie du style de Rosetta Loy fait le charme de ce récit, restituant les paysages, les gestes quotidiens et les sentiments complexes de personnages émouvants et souvent hauts en couleur.
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Horizonetinfini
  03 février 2019
Rosetta Loy a d'abord été journaliste puis traductrice. Son premier livre publié est La bicicletta (La Bicyclette) en 1974.
Le Strade di polvere (Les Routes de poussière) remporte en 1987 quatre prix littéraires. Rosetta Loy est devenue au fil des années et des parutions une figure majeure de la littérature italienne.
Le roman raconte l'histoire d'une famille piémontaise qui a vécu dans le Monferrato entre la fin de l'ère napoléonienne et le début de celle de l'Italie unie.
Nous suivons les amours, les passions, les guerres, les morts, les danses, les espoirs et les passions.
La thématique des guerres qui dévastent toute l'Europe est bien présente tout au long des pages.
Dans les Routes de poussière l'auteure construit, avec un style précis et évocateur, une « histoire de famille » tout à fait prenante qui se développe dans une dimension temporelle compacte et unitaire (les grands cycles historiques, le flux des saisons, les événements quotidiens). Les personnages, décrits dans leur vie quotidienne et dans leur évolution psychologique, sont plongés dans une atmosphère traversée par des changements parfois suggestifs, parfois cruels dans lesquels on peut voir un éclair de magie et de mystère.
Ce livre, complexe et fascinant est d'une qualité narrative remarquable.
L'écrivaine parvient à maintenir le seuil d'attention du lecteur à un niveau très élevé pendant toute l'histoire. le mélange des personnages et des événements externes est si riche et coloré que les moments d'ennuie ne sont vraiment pas permis.
Ce livre qui sortira dans la magnifique collection Piccolo des éditions Liana Levi est un bijou qu'il ne faut pas rater.
À lire ou relire!
Lien : https://blog.lhorizonetlinfi..
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   13 juin 2020
Car les rêves de Marlatteira étaient au-dessus de toute imagination et au lieu de morceaux confus et incohérents, c'étaient de vraies histoires avec un début et une fin. Elle s'en rappelait chaque détail, chaque odeur, depuis la puanteur du soufre jusqu'au parfum du pain à peine sorti du four. C'étaient des cavaliers au manteau couvert de sang qui l'emportaient visiter les âmes du purgatoire et tandis qu'ils la tenaient soulevée à bout de bras, la pointe de ses cheveux se consumait dans les flammes. Elle pouvait rêver d'étreintes qu'elle appelait "venteuses" et dont elle taisait par pudeur ou par ignorance l'émotion bouleversante, soufflant par le nez pour simuler l'intensité de ce "vent" ; puis elle aspirait lentement leur dénouement dans le parfum des tubéreuses et des lys. D'autres fois un diable la léchait avec une langue de feu et lui emportait le nez, mais la bienheureuse Cunégonde arrivait, qui pétrissait les brioches de Pâques et lui faisait un nez nouveau couvert d'or.
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michfredmichfred   20 mars 2015
...mais il ne servait plus à rien maintenant de barricader quoi que ce soit car l'eau se déversait en un énorme et unique torrent. Noire, épaisse, elle emportait avec elle des troncs d'arbre, des animaux, des charrettes aux brancards arrachés et elle les précipitait contre les portes jusqu'à en déclouer les planches. Pour qui cette cloche sonnait-elle encore, on n'en savait rien, tellement le vacarme était plus fort, plus forts les hurlements de ceux qui s’appelaient d'une maison à l'autre ou criaient au secours au milieu des mugissements des bêtes emportées par ce torrent de boue.
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5Arabella5Arabella   14 juin 2020
Cet amour ne plaisait qu'à Gavriel, parce qu'il le sentait sans effusion de sang, sans larmes et sans récriminations, sans angoisse ; et quand il allait dans les champs avec son frère, et l'écoutait parler de la jeune fille il lui semblait que son long nez, point focal de son expression, dessinait peu à peu une histoire d'amour où le bonheur était possible, à portée de la main. Naissait de lui-même, ainsi qu'un phénomène naturel comme la pluie ou le vent.
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5Arabella5Arabella   12 juin 2020
Il savait qu'il était qu'il lui fallait, il savait que leurs corps se seraient rencontrés avec élan et que se désirer et s'unir leur aurait été la chose la plus naturelle du monde. Aurait apporté la force, la vie. Mais elle n'avait pas compris et rien n'avait été ni ne pourrait jamais être comme cela aurait dû.
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5Arabella5Arabella   18 juin 2020
Le départ de Pietro-Guiseppe la séparait sans retour de sa jeunesse. C'était comme si la jeune fille qu'elle avait été se tenait debout sur la plate-forme arrière d'un train qui disparaissait dans la campagne : sa jeunesse était là, dans le branle du dernier wagon, et elle devenait de plus en plus indistincte.
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Video de Rosetta Loy (3) Voir plusAjouter une vidéo

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