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ISBN : 2754806113
Éditeur : Futuropolis (07/03/2013)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Le 10 mars 1906, à 6 h 30 avait lieu la plus grande tragédie minière de tous les temps. 1 099 personnes perdirent la vie. Ceci est leur histoire.
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
IreneAdler
  16 mars 2013
Mars 1906. Alors qu'il devient dangereux de rejoindre le fond à cause d'un incendie, un coup de poussière ou de grisou (les causes n'ont jamais pu être clairement identifiées), cause le plus grand accident minier d'Europe. 1099 hommes et enfants perdent la vie. Les plus jeunes avaient 13 ans. Les grèves surgissent alors, pour réclamer plus de sécurité et de considération de la part des patrons.
Un grand bravo à l'auteur pour cette BD de très grande qualité. En noir et blanc, contaminée par la poussière de charbon, elle nous raconte comment par négligence et peut-être cupidité, des hommes meurent. Comment ils font preuve de courage et de dignité. Comment ils luttent pour assurer aux suivants plus de sécurité, de dignité, de reconnaissance. Comment la presse et les politiques les forcent parfois à lâcher prise.
Une BD pudique, digne, qui ne tombe ni dans le voyeurisme ni dans la lamentation.
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bdelhausse
  27 avril 2017
Sang Noir, la BD consacrée à un des plus grands drames de l'exploitation de la houille, n'est justement pas seulement un livre (de plus...) sur la mine et ses dangers.
Le thème a largement été traité, et souvent de très belle manière. En jouant, avec brio, sur les sentiments et l'empathie que l'on peut éprouver pour des travailleurs qui perdaient la vie peu à peu en essayant de la gagner.
La Catastrophe de Courrières, c'est la chronique d'un drame annoncé. C'est le capitalisme pur et dur à l'oeuvre. Pour ne pas arrêter l'exploitation d'un puits au fond duquel le feu couve depuis longtemps, et pour lequel la direction prend des mesures ridicules (comme construire un mur pour empêcher les fumées de se propager dans les galeries...), plus de 1000 mineurs vont mourir. Et parce qu'il y a la volonté de masquer les responsabilités, on va arrêter les recherches et les opérations de sauvetage, ce qui entraînera la mort de beaucoup d'autres qui sont morts de faim, de maladie, d'asphyxie dans la mine plusieurs jours après le drame.
Loyer montre cela de manière flagrante, mais sans militantisme. C'est une des grandes forces de la BD. Tout comme le fait d'intégrer le contexte, social, culturel, politique à l'événement, via (notamment) les grèves, les conditions de vie, les rapports humains ou l'intervention de Jaurès ou de Clémenceau.
Le dossier qui clôture est un peu court, à mon avis.
Ouf, se dira le lecteur en refermant la BD, c'est du passé tout cela... Oui. En France ou en Belgique... Mais en Chine ou au Mexique, au Chili, par exemple, c'est encore d'actualité. Et je ne suis pas sûr que les conditions de vie et les mesures de sécurité soient bien différentes de ce qu'elles étaient à Courrières en 1906.
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alouett
  11 mars 2013
Courrières, commune du Pas-de-Calais, mars 1906.
L'exploitation du charbon est l'un des principaux enjeux économiques de la France de l'époque. Des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants descendent chaque jour dans les mines et creusent sans relâche pour extraire le charbon. Encore et encore, le productivisme dicte sa loi au détriment de la vie des mineurs : coups de poussières, coups de grisou, silicose, éboulements…
Les syndicats tentent de faire avancer les acquis sociaux et réclament aux employeurs qu'ils assurent la sécurité des mineurs. Mais l'entretien des galeries, leur consolidation et la garantie d'accès aux soins a un coût que les patrons ne sont pas prêts à engager. Malgré les nombreuses mises en garde des ouvriers, rien n'avance de ce côté-là. La catastrophe de Courrières du 10 mars 1906 aurait-elle pu être évitée ?
le 11 juillet 1906, le Tribunal de Béthunes prononça le non-lieu. La Compagnie de Courrière était dégagée de toute responsabilité.
Sang noir est un album très bien documenté. Jean-Luc Loyer s'est appuyé sur de nombreux témoignages et archives d'époque pour construire son récit. Il introduit son propos à l'aide d'un prologue qui nous permet de resituer le contexte social de l'époque : politique intérieure et internationale, milieu artistique, secteur économique et industriel. Un rappel des faits qui n'est pas inutile.
Pour le reste, on ne peut s'empêcher de penser à Germinal en lisant le synopsis de l'album. Et ce n'est certainement pas innocent si l'album s'ouvre sur une citation d'Emile Zola et que ce dernier apparaitra subrepticement dans le récit. Une fois le contexte historique situé, l'histoire se met en place et les principaux protagonistes font leur apparition. le récit se découpe en six chapitres de longueur variable. Chaque partie de l'intrigue attaque un angle précis des événements :
- la présentation des personnages,
- l'accident,
- la panique suscitée par la catastrophe et la débandade des secours,
- le deuil et l'impact de l'accident sur les proches,
- la réapparition de derniers survivants plus de 15 jours après la catastrophe,
- la colère des mineurs et l'enlisement des débats politiques.
Cette découpe narrative porte le propos de l'auteur et rend compte de la manière dont la tension est peu à peu montée crescendo. On comprend parfaitement l'inquiétude des mineurs ainsi que leurs conditions de travail. L'auteur resserre progressivement son scénario afin qu'il se focalise sur la manière dont l'accident a été vécu et géré dans les galeries. Un long passage sera oppressant, celui qui fait suite à l'accident. Les faits semblent relatés avec objectivité et si le lecteur prend partie pour les mineurs, c'est parce qu'il me semble que l'auteur a su nous retranscrire correctement et sans pathos les différents temps forts de la catastrophe.
Jean-Luc Loyer a construit son ambiance graphique à l'aide de trois couleurs : noir, blanc et marron. Cette sobriété sert parfaitement le scénario et permet au lecteur de se concentrer sur les propos de l'auteur. Placés à des temps stratégiques du récit, les quelques passages muets nous permettent de prendre du recul quant à la teneur des propos tenus, de mesurer la gravité des évènements, de gérer la tension omniprésente dans cet album. Cette tension, c'est avant tout l'inquiétude des mineurs face à leurs conditions de travail dans les jours qui ont précédé ce dramatique 10 mars 1906. Puis, cette tension quotidienne montera progressivement, nous en suivront l'évolution étape par étape. L'accident que l'on ne comprend pas, les secours à mettre en place dans l'urgence, la prise de conscience progressive de l'ampleur et de la gravité du drame. En milieu d'album, le lecteur marque un réel temps d'arrêt dans sa lecture. La raison à cela ? Six pages sur lesquelles figurent les noms des victimes de cet accident ont été insérées par l'auteur.
On mesure l'importance des recherches documentaires qu'il a réalisée pour mener à bien ce projet. Un documentaire intéressant qui permet de se pencher sur un drame malheureusement oublié…
Lien : http://chezmo.wordpress.com/..
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meyeleb
  17 octobre 2013
Basée sur des faits réels, cette BD sur la catastrophe de Courrières ne se contente pas de raconter les événements du 10 mars 1906. Elle nous fait entrer dans le quotidien du mineur de fond. Très documentée, elle nous permet de comprendre le travail extrêmement pénible des mineurs, la misère des familles, la façon dont la profession fut exploitée par les patrons, méprisants à l'égard des vies perdues, seuls soucieux du manque à gagner lorsqu'il faut fermer une mine par coup de grisou. Des documents de l'époque sont reproduits à la fin du volume, qui nous montrent des photos, des témoignages, l'engagement de Jaurès aussi. Un lexique nous éclaire sur les termes techniques utilisés. Une bibliographie apporte une ouverture pour qui désirerait prolonger sa lecture sur l'univers des gueules noires. L'ensemble, en noir et blanc, ajoute de la noirceur au récit, choix inévitable qui permet d'entrer visuellement dans l'espace de la mine et de la tragédie. J'espère avoir l'occasion de pouvoir dire à J.L. Loyer combien cette BD est réussie!
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Lagagne
  02 juillet 2013
Une lecture marquante. Pour moi qui ne vit pas bien loin des lieux du drame, je ne connaissais rien de la catastrophe de Courrières. Grâce à cette BD c'est chose réparée.
Le contexte économique, politique et social est bien resitué. Les conditions de vie des mineurs, leur exploitation, l'instrumentalisation politique sont mis en exergue. J'ai particulièrement été émue par la liste des victimes, qui est en intégralité dans le récit. Voir ces enfants, ces familles décimées (jusqu'à 10 membres!)... Et savoir qu'on est ici dans la réalité. Une réalité qui aurait pû, pourquoi pas, être évitée...
Le graphisme, très sombre, sied bien à l'histoire, même si je dois avouer que cela m'a poser quelques problèmes pour distinguer les différents protagonistes. Je ne savais plus bien qui était qui. Mais au final cela n'avait pas vraiment d'importance.
A lire.
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critiques presse (7)
BoDoi   17 mai 2013
Avec une précision extrême, il fait revivre cette France d’avant-guerre, en plein essor industriel. [...] , il reconstitue avec brio la vie dans les corons et le travail dans les mines de charbon.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Bedeo   15 avril 2013
Plus que ce drame, cette bande dessinée dresse une certaine critique de la politique qui instrumentalise une tragédie pour son propre bénéfice. [...] Le tout est soutenu par un style d’écriture sobre et limpide, idéal pour retranscrire des faits dans leur matérialité brute.
Lire la critique sur le site : Bedeo
ActuaBD   08 avril 2013
Jean-Luc Loyer retrace les événements de la catastrophe minière de Courrières, dans un album qui fait primer l’aspect documentaire sur l’aspect fictionnel.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDSphere   28 mars 2013
(...) Ce matin-là, à 6h30, une violente explosion dévaste en quelques secondes plus de 100 kilomètres de galeries. L’incendie s’étend sur trois fosses exploitées par la Compagnie des mines de Courrières pour un gisement représentant près de 7% de la production nationale. (...)
Lire la critique sur le site : BDSphere
Lhumanite   13 mars 2013
Dans Sang noir, Jean-Luc Loyer revient en bande dessinée sur la plus grande tragédie minière européenne, qui coûta la vie à 1 099 mineurs le 10 mars 1906, dans le Nord-Pas-de-Calais. Un livre de mémoire, émouvant et très documenté.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
BDGest   06 mars 2013
La puissance émotionnelle d’un tel évènement, demande un graphisme à l’unisson et Jean-Luc Loyer réussit là une bien curieuse alchimie. [...] Force est de reconnaître que le trait sait se faire grave quand il le faut tout en jouant sur un large registre d’expressions qui viennent adoucir l’âpreté du propos.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   05 mars 2013
On sent Jean-Luc Loyer totalement investi par ce nouveau projet qu'il nous sert à grand renfort documentaire et de subtilité scénaristique.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
alouettalouett   11 mars 2013
L’explosion s’est produite à Méricourt, Fosse 3, entre 6h30 et 6h40 du matin. Un coup de poussières d’une violence inouïe, dont les causes demeurent inconnues jusqu’à ce jour. Une tombe de flammes s’est propagée en quelques secondes sur plus de cent kilomètres de galeries, ravageant tout sur son passage. Elle se propagea également dans deux puits communiquant avec elle : la Fosse 2 à Billy-Montigny et la 4 à Sallaumines. 1697 mineurs sont descendus pour travailler ce matin-là. 1099 mourront
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Commenter  J’apprécie          40
BenjaminDPBenjaminDP   03 juillet 2013
Et te fie pas aux apparences, tiot. Si on grimpe à l'étage pour accéder au moulinage, c'est pas pour aller au paradis...
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alouettalouett   11 mars 2013
Pour les patrons la fortune et aux mineurs la fosse commune !
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BenjaminDPBenjaminDP   08 juillet 2013
Seul le rendement compte. La productivité, le bénéfice.
Commenter  J’apprécie          10
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