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EAN : 9782378561178
144 pages
Verdier (16/09/2021)
4.07/5   51 notes
Résumé :
Une maternité ferme. UnSandra Lucbert, née en 1981, est normalienne et agrégée de lettres. Elle est l'autrice, entre autres, de Personne ne sort les fusils (Seuil, 2020), un texte écrit à partir du procès France Telecom (Prix des Inrockuptibles dans la catégorie essai). accouchement tourne mal. Un enfant meurt. Interpellé, le préfet n'a qu'une chose à dire : " nous sommes comptables de la dette publique ". Et le verrou est mis. Proposition de la littérature : tourne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
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Magnifique réflexion, une intelligence séduisante, un pamphlet inédit, l'audace est une vertu féminine.


Peut-on encore se définir pamphlétaire dans l'agitation sans fin du numérique. Une jungle d'invectives, de coups bas, de slogans dans lesquels je me noie. Qui arrive encore à surnager pour atteindre la mer des Sargasses. Les 687 anguilles lancées par les chercheurs ont été perdues entre l'Europe et cette destination ancestrale, évanouies les anguilles conserveront leurs mystères. Même Freud n'a jamais pu élucider comment les mâles se reproduisaient, c'est dire !

Les mots atteignent-ils eux les bons rivages, comme les civelles, j'en doute. Sandra Lucbert trouvera t-elle des lecteurs, ses livres surnageront surement aux îles Caïmans ?


Pourtant son propos est de dénoncer ces mots normaux et agrégés qui à force de surnager patiemment, finissent par exister (à la différence du sexe des anguilles) , et s'imposent comme des vérités, raisonnables, évidentes et bientôt incontournables.
C'est comme ça et pas autrement dirait Manoa 3 ans devant le chat qui ne sait pas aboyer, car il miaule.

Le premier chercheur en acoustique ayant identifié ces proverbes libéraux ou issus de la finance est tout simplement d'Orwell, une musique qui tourne sur quelques phrases magiques :le véritable ennemi c'est le gramophone dit Orwell ; ou "la voix de son maître". Il est ainsi devenu romancier.


Pour conduire les hommes à renoncer à leurs facultés politiques, Il a suffit d'une musique d'ambiance.

Cette injonction est ensuite décortiqué par Sandra Lucbert, parmi des dizaines d'ordres qui flottent en mer ou sur nos bassins à la française, comme celui très représentatif du Sénat .
Faut-il fermer une maternité ou la maintenir pour une population finissante et tomber dans le piège de la dette,

Le piège de la dette, fera l'objet d'un reportage réel sur France 5, dans C dans l'air, une maman Caroline perd son bébé, dans la stupeur des habitants de Die ( célèbre pour sa clairette). Malgré l'absence de piège ( la maternité ayant fermé) il est tombé entre les mailles de la raquette, l'hélicoptère était tombé en panne.


La magnifique image, une musique d'ambiance, que reprendront les journalistes de la 5 est entendue. Cette phrase est avancée par le préfet de la Drôme, "le monde ne peut pas être parfait il y a toujours des trous dans la raquette".

Cette dette publique devient une tranche du discours automatique, et le retour à l'équilibre des comptes publique un enjeu, qui efface toute velléité de répondre à l'intérêt général.
Notre droit bâti par les lumières sur cette notion d'intérêt général visant tous les citoyens et non seulement les élites est poussée dans le fossé des campagnes qui se vident.

Le vocabulaire des députés est à la hauteur de la menace, "le piège mortel de la dette", ou, si elle s'accroît la France décroît.
La BCE a toutes les vertus. La France réalise le casting parfait, elle ramasse toute la sagesse du trébuchet , c'est Jean Claude Trichet l'incarnation de l'Euro.


Didier et Caroline ruminent, on manque de lits, en pleine crise sanitaire, on semble leur répondre, " hâtons nous d'en supprimer d'autres."
Il faut lire dans la foulée Les seigneurs de l'argent, où Mr de la Rosière s 'éclate à la BIRD après son passage à la Banque Mondiale...


Pour atteinde sa cible Sandra Lucbert déroule l'histoire implacable des argentiers français, depuis Edouard le magnifique jusqu'à Gérard. Les discours évoluent peu , la cours des comptes réalise le décompte scrupuleux des erreurs c'est à dire des dépense inutiles un comble pour un état qui affiche la dette publique c'est mal! Vous ne baissez pas assez vite la dette !

Pour une écrivaine cette forme d'écriture est un délice. Elle achève sa plaidoirie pas La littérature, qui peut ramener de l'Indicible dans le dicible, figurer de l'infigurable.
L'indicible tient un mot qui tourne comme un disque. J'y pense !!!
Les éditions Verdier ont le nez pour déguster les lourds parfums, les belles plumes.

Cette brillante réflexion sur les préjugés et les idées toutes faites méritait ces quelques lignes. Comme dans tous les domaines sans un questionnement inlassable et rigoureux on sera encore, et encore plié, là, devant les trous de la raquette.

Le courage d'être c'est le courage d'écouter et de ne jamais devenir victime de la servitude volontaire cher à Montaigne. Ses écrits seront interdits pendant 2 siècles et demi !
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Dans Cannibales, Montaigne raconte l'effarement du chef indien qui visita le Royaume de France au temps de Charles IX, lorsqu'il découvrit une société où « des gens sont repus de tout, et d'autres maigres à faire peur, mendiants à leurs portes, nécessiteux qui pourtant acceptent de “souffrir une telle injustice [sans prendre] les autres à la gorge, ou [mettre] le feu à leurs maisons” ». Analysant un débat public suite au décès d'un bébé alors qu'une maternité venait d'être fermée dans la Drôme, une émission télévisée, des interviews, Sandra Lucbert décortique, dans un exceptionnel exercice littéraire, la langue employée par l'État pour justifier et imposer ses mesures et, mobilisant la science des rêves de Freud, les mécanismes déployés pour faire accepter l'inacceptable.
(...)
Un petit ouvrage d'une puissance critique implacable et redoutable. Absolument indispensable !

Article complet sur le blog :
Lien : http://bibliothequefahrenhei..
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Dans ce court essai, l'autrice, depuis une phrase de Montaigne dans «  les cannibales » (des gens sont repus de tout, et d'autres maigres à faire peur) jusqu'à des emprunts à «  Alice au pays des merveilles » explique pourquoi LaDettePubliqueC'estMal et les conséquences sur la dégradation de la qualité des services publics au nom de la toute puissance des marchés qui gouvernent le monde en imposant leurs vues aux Etats. Les attitudes d'un certain nombre d'acteurs de L'Etat, nommés par leur prénoms seuls, mais qu'on reconnaîtra sans peine, Edouard, Didier, Jean-Claude….sont décrites pour convaincre que La DettePubliqueC'estMal. Un bel exemple nous est fourni avec le rappel du plaidoyer de Yanis Varousakis, ministre grec des finances venu plaider la cause de son pays auprès de Michel qui lui dit bien comprendre son problème, mais le renvoie à la cure d'austérité imposée par l'Europe. Belle réflexion, faisant émerger une parole qu'on aimerait rencontrer plus souvent.
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Petit livre. Grand plaisir . Sandra Lucbert analyse discours et images d'une émission de France 5 « Dans le piège de la dette » et s'en sert pour « déconstruire » le discours dogmatique qui sert à conforter l'ordre néo-libéral. Elle use pour cela d'armes diverses, l'analyse du discours, , celle des rêves, et surtout ,la littérature : éclairer le jargon économico-médiatique par « Mme Bovary » et « Alice au pays des merveilles » c'est original et percutant. Sans oublier une réjouissante vacherie dans les portrait des sectateurs du discours sur la dette ,grands mamamouchis des institution ou truchements zélés des médias. Un plaisir de l'intelligence , du style , porté par la colère que je partage devant les mensonges dont on nous abreuve pour justifier le système qui nous opprime.
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Une salutaire bouffée d'antidote, aussi drôle que tragique, à la mise en coupe réglée du langage de la « grande économie » déclinée dans nos vies quotidiennes, au service d'une domination sans partage d'élites repues dont la boutonnière craque.

Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2021/10/22/note-de-lecture-le-ministere-des-contes-publics-sandra-lucbert/

Comme elle l'avait pratiqué de façon très directe dans « Personne ne sort les fusils » (2020), en exposant à la lumière du procès France Télécom les présupposés les plus immondes de la langue managériale vulgaire, au plus haut « niveau », comme elle le sous-entendait déjà auparavant, de plus d'une manière, en pointant affectueusement certains tics de langage déjà délétères d'une jeunesse culturelle en plein flottement (« Mobiles », 2013), ou en démontant plus agressivement les manipulations autorisées par les nombreux dialectes issus des univers mélangés des start-ups et de l'art contemporain mécanisé (« La toile », 2017), Sandra Lucbert, dans ce « Ministère des contes publics » publié chez Verdier en septembre 2021, s'attaque en beauté et en efficacité au vaste storytelling néo-libéral ayant d'abord infiltré puis conquis sauvagement et sans faire de prisonniers la parole publique, politique et médiatique, permettant in fine toutes les coupes possibles et imaginables dans le vivre-ensemble des moins nantis au nom d'une mystérieuse divinité agissant en mode automatique total, à savoir la dette des pays, incarnation du Mal absolu et de l'absence de vertu.

En jouant avec une immense habileté à la fois de scènes médiatiques captées dans les creux parfois involontaires, malgré tout, de la communication permanente des élites à destination de leurs sujets, et en y insérant une lecture psychanalytique exhumant les actes manqués, les lapsus révélateurs et les rêves délétères qui y sommeillent plus ou moins paresseusement, et en mobilisant avec brio « Alice au Pays des Merveilles », Sandra Lucbert régénère et actualise la sinistre gouaille des banquiers et dirigeants jadis si savoureusement mis en scène (et en vers) par le Frédéric Lordon de « D'un retournement l'autre » (2011), et nous offre, en 120 pages de petit format, une décidément salutaire bouffée d'antidote, urgent, à la mise en coupe réglée du langage, remplaçant à force les cerveaux complexes par des moelles épinières simplifiées résignées à TINA. le langage de la domination est arrogant ou insidieux, pervers ou détestable, mais il percole à gros bouillons dans nos quotidiens et dans nos vies : le cerner dans ses automatismes, le saisir dans ses clichés et ses fausses évidences, c'est se donner des moyens supplémentaires de combattre, et c'est ainsi que ce « Ministère des contes publics » est particulièrement précieux.
Lien : https://charybde2.wordpress...
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critiques presse (1)
LesInrocks
14 septembre 2021
Dans son nouveau livre, Sandra Lucbert s’attaque une nouvelle fois (et avec brio) au langage néolibéral
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
La bourgeoisie est cette classe qui a chassé l'aristocratie mais a voulu tout faire comme elle. Il fallait des prestiges à ces nouveaux régnants. Et qu'avaient-ils rencontré, en fait d'objets identifiés comme désirables, sinon des formations imaginaires d'"aristocrates"? Ils aspirent logiquement à ce que l'expérience leur a fait estimer : des jouissances matérielles profuses, une vie d'intenses passions, le gouvernement des corps collectifs - les prérogatives de la noblesse. Les supports concrets d'un rang social. Vivre à hauteur de gouvernant, expérimenter de violentes passions et un destin d'exception, en un mot, "faire de grandes choses", tel est le "telos" imaginaire des bourgeois.
Essentiellement, donc : FaireLeBourgeois, c'est prétendre aux grandes choses par le pouvoir de l'imagination.
Et par lui uniquement: ni les violentes passions ni les destins d'exception n'entreront jamais dans les moyens du bourgeois (médiocre et pleutre) - restent: les grimaces, le cucul, les sentences. Mais portés à la puissance causale.
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"le véritable ennemi c'est le gramophone dit Orwell ; ou "la voix de son maitre".
Pour conduire les hommes à renoncer à leur faculté politique, Il a suffit d'une musique d'ambiance.
Parmi ces morceaux qui nous tympanisent : La dette publique c'est mal ou Dans le piège de la dette ( titre de C dans l'air France 5 ).

P 30
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Ne jamais dire ce qui est : que l'Action transitive est en fait violemment transitivitée – au service des intérêts financiers. L'argent doit aller à l'argent, il faut cesser de gaspiller dans des infrastructures et des services publics. Agir, c'est corriger la démocratie, c'est la discipliner par les marchés. 
Qui doit tenir ces comptes cachés doit savoir en conter : tout mettre cul par-dessus tête et nous faire aller droit. Pourquoi vous avez beaucoup d’impôts, même si nous les baissons ? Beaucoup de dette ? Parce que vous avez beaucoup de dépenses. Au travers du miroir de Bercy, les énoncés, une fois la prémisse effacée – nous les baissons uniquement pour les fortunés et pour les entreprises, et ce faisant les recettes fiscales s’effondrent –, seront mécaniquement inversés. Moins de recettes fiscales par exonération des riches devient : trop de dépenses pour ceux qui payent les impôts à la place des riches.
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La littérature peut : ramener de l’indicible dans le dicible, figurer de l’infigurable, rétablir des prédicats effacés.
Le reste : retrouver taille collective et terminer leur jeu, ce n‘est pas dans un livre.
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On se souvient de Yanis poignardé, demandant à Michel : Mais qui êtes-vous ?
On se souvient de Michel réjoui, répondant à Yanis : Moi, en vrai, je n’y connais rien.
On se souvient de Michel masque tombé, affirmant sous les flashs : La Grèce devra accepter la discipline.

On a vu Gérald, Édouard, Jean-Marc, Jean-Claude, François et Pierre jouer à la démocratie – la verrouiller en spécialistes.
On a vu Gérald, Édouard, Jean-Marc, Jean-Claude, François et Pierre échanger leurs places – répéter, pénétrés : LaDettePubliqueC’estMal. À tour de rôle et de mobilier.
Une chose est sûre, ces gens s’amusent. Énormément.
À quoi jouent-ils qui soit si formidable ?

D’abord à régner, à régenter la vie des autres – et quelle jouissance en soi. Mais il y a plus. En plus du règne, il y a la manière. Une manière de parler qui est dilatation, certitude complète, légitimité indubitable et rayonnement d’être empli – en disant sa partie. Une façon de discours qui donne une dimension, qui donne de l’extension. Un plus-de-jouir : toute une hypertrophie dont on peut se pétrir en plus de commander.
Ce supplément est détachable ; c’est là le propre des sociétés bourgeoises. Le plus de la pose sans le jouir du règne, tout bourgeois peut s’y adonner. Il peut prendre les mines, les parlures, les postures : alors son corps se leste – tonus moral, dit Durkheim.
Ce jeu s’appelle PFLB.

PourFaireLeBourgeois, sous sa forme chimiquement pure, est un jeu par et pour les bourgeois qui ne gouvernent pas. Un jeu d’imitation : fait pour les entendus, qui pourraient gouverner. Un jeu métonymique : qui donne les attributs pour la chose même. À discourir d’importance comme Gérald, Édouard, Jean-Marc, Jean-Claude, François et Pierre : la partie pour le tout, vous voici à Bercy, dans l’hémicycle, à l’Élysée – la Seine, l’Assemblée, le pays à vos pieds.
Voilà la force particulière des gouvernements à l’époque bourgeoise : tout se passe comme si chaque bourgeois pouvait participer – en imagination.
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Vidéo de Sandra Lucbert
Révolution Permanente était présent pour le lancement de 'Défaire voir. Littérature et politique', de Sandra Lucbert, en discussion avec Nicolas Vieillecazes, directeur des éditions Amsterdam, à la librairie du Monte-en-l’air, à Paris.
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