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EAN : 9782918767350
158 pages
Éditeur : Asphalte (06/06/2013)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 32 notes)
Résumé :
« Puchy a toujours dit que le quartier était un monstre. Je l’ai entendu dire tant de fois que j’ai fini par me l’imaginer moi-même ainsi : une pieuvre pourvue d’un million de tentacules. »

Léo Martin est depuis peu commissaire de quartier à Santa Clara, ville de province cubaine. Sa routine : faire face aux business illégaux, aux règlements de comptes et aux coups tordus des petites frappes du coin. Léo enquête sur une contrebande de lunettes de sole... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
  18 juin 2013
Si la vie était un conte de fées, Léo Martin aurait épousé Mayita, plus belle que jamais dans sa longue robe blanche. Lui flic, elle psychologue, ils auraient travaillé ensemble à éradiquer tous les fléaux du quartier. Au bureau, derrière un ordinateur, la petite Tania, fière et heureuse, aurait affiché sur les murs les tableaux de leurs fabuleux résultats : 0% de vols, 0% d'agressions, 0% de bagarres, 0% d'assassinats...Tous leurs amis auraient vécu heureux dans un quartier paisible et chaleureux.
Mais la vie est un tango qui vous emporte dans son tumulte. Alors on improvise, sans connaitre à l'avance le pas suivant et le faux pas guette même le meilleur des danseurs. Et c'est encore plus vrai à Santa Clara qu'ailleurs...
Mayita est une pute vieillissante et Tania une jeune pute qui vieillira un jour. Léo est commissaire du quartier qui l'a vu grandir mais il préfère fermer les yeux sur les combines, les magouilles, les trafics et sa vie sentimentale est un fiasco. Parmi ses amis, certains sont morts, d'autres en exil, et ceux qui restent survivent comme ils le peuvent à la misère d'un quartier qui vivote entre coupures de courant, pugilats et rationnements alimentaires. Mais quand deux hommes se font assassinés pour un sordide trafic de lunettes de soleil, Léo est sceptique et soupçonne qu'un autre type de marchandises circule dans le coin. Mais le sujet est tabou. Il n'y a pas de drogue à Cuba. C'est le Parti qui le dit et quand le Parti parle...Alors il enquête et découvre d'autres facettes d'un quartier qu'il croyait si bien connaitre mais que peut-être il idéalisait, aveuglé par les souvenirs de son enfance insouciante et de ses amours défuntes.

Flamboyant, exubérant, terriblement vivant, le roman de Lorenzo LUNAR est certes noir, mais sait aussi se parer des couleurs de la vie Caraïbe. Des femmes plantureuses qui vendent leurs corps pour gagner quelques dollars, des travestis qui s'assument, des hommes qui se battent ou se torchent au Calambuco, des mères indignes ou trop inquiètes, et au milieu de tout ça, Léo martin, flic désabusé, empêtré dans ses histoires de coeur, tellement attaché à ce quartier pauvre où les gens s'aiment, s'entraident, se haïssent parfois, bref, vivent tout simplement, malgré la misère. C'est la réalité de Cuba, sans fards, sans belles américaines et plages de sable blanc. A lire sans modération!
Je remercie Babelio et les éditions Asphalte pour cet excellent moment de lecture.
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experyoshi
  07 juillet 2013
Vous avez envie d'évasion, de découvrir l'ambiance caliente des bodega, et la douceur de vivre de Cuba?
Et bien c'est raté… la vie est un tango est bien plus que ça. Roman noir à souhait, Lorenzo lunar nous plonge dans l'univers sordide d'un quartier cubain, à Santa Clara.
Leo, le narrateur, est policier et tente de résoudre un crime. le quartier transpire l'alcool et les trafics en tout genre… La vie des habitants n'est pas toujours simple.
Roman social ou policier ? Ce livre combine les deux avec rudesse. On est loin, très loin des images de cartes postales avec ses plages paradisiaques et ses cocktails exotiques. Non.
La nourriture est rationnée, la calambuco, alocool frelaté, fait des ravages et rend les gens fous, et les filles sont contraintes à vendre leur corps… le quartier, tel un monstre, dévore ses habitants mais certains résistent comme Léo.
Sordide, Oui. Mais l'écriture est passionnée, sensuelle et musicale. Les répétitions ainsi que les refrains de tango rythment allègrement le texte. A la fin, l'auteur nous invite à écouter une playlist sur le site de l'éditeur pour nous plonger dans l'ambiance.
Les histoires de Mayita, Tania et du travesti sont très touchantes. On se prend d'affection pour ces personnages.

Ce roman est une belle découverte qui m'a donné envie de lire d'autres romans cubains. L'ambiance me rappelle à la fois les favelas de la cité de Dieu (film brésilien de 2003 que j'avais beaucoup aimé) ainsi que les films d'Almodovar pour ses rôles de femmes.
Merci Babelio et les éditions Asphalte pour cette lecture.
La misère n'est pas moins pénible au soleil.
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claireo
  02 juillet 2013
Léo Martin, commissaire de quartier, vit à Santa Clara, à Cuba, où il a passé son enfance. Désabusé et empêtré dans ses propres problèmes, il doit résoudre une affaire de trafic de lunettes de soleil qui en cache une autre, plus grave. Cette description de la société cubaine s'attarde sur ce quartier populaire, ses personnages truculents et malmenés par la vie, et leurs petits trafics... Les nombreux flash-back nous font connaître par petites touches le passé un peu chaotique de Léo, intimement lié aux histoires du quartier.
Je ne connaissais pas trop la littérature latino-américaine et ses romans policiers, mais j'ai trouvé là un roman intéressant, avec les descriptions du quartier, le caractère de ce commissaire qui en rappelle d'autres dans la littérature, et ces intrigues qui ne se terminent jamais bien. J'avoue qu'au début j'avais un peu de mal avec le style de l'auteur, mais au fil de ma lecture j'ai apprécié cette belle découverte.
L'auteur nous propose une playlist pour accompagner la lecture.
Livre reçu grâce à l'opération masse critique, merci à l'éditeur Asphalte.
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encoredunoir
  28 mai 2013
De retour de la Havane, Léo Martin a rejoint la petite ville de province de Santa Clara et le quartier dont il est originaire et dont il vient de devenir le commissaire. Préoccupé par une vie sentimentale chaotique et par la routine quotidienne faite de petits arrangements avec les règlements rigides du régime, de contrebande, de prostitution à peine dissimulée et de petits règlements de comptes, Léo voit tout sans vraiment rien voir. Mais lorsqu'il doit enquêter sur un trafic de lunettes de soleil et que des meurtres sont commis, il commence à regarder son quartier d'un autre oeil et à se demander ce que l'on a bien pu lui cacher ou ce qu'il n'a pas su deviner.
On avait entendu parler, sur feu le blog Moisson Noire, de Lorenzo Lunar dont un roman mettant déjà en scène Léo Martin avait été publié il y a quelques années par L'Atinoir, s'en pourtant pousser la curiosité jusqu'à le lire. Aujourd'hui publié par les éditions Asphalte dont le bon goût n'est plus à démontrer (rappelons qu'elles ont notamment publié Shangrila, de Malcolm Knox), voilà l'occasion pour nous de faire enfin connaissance avec Lorenzo Lunar.
On peut dire que Lunar a mis dans La vie est un tango l'essence du roman noir en y ajoutant un volume de calambuco, cet alcool de canne de mauvaise qualité que se partagent les ivrognes. Suivre les pérégrinations de Léo Martin, ça n'est pas tant entrer dans un roman à énigme, même si cette histoire de trafic de lunettes de soleil titille notre curiosité, que dans un roman social à travers la vie quotidienne d'un quartier pauvre d'une ville cubaine. C'est le portrait d'une Cuba loin des vitrines du régime communiste comme de celles des tour-opérateurs. Une Cuba rationnée, exsangue, où les coupures d'électricités sont quotidiennes, où la vie s'organise autour de la débrouille, des petits trafics, mais où, aussi, la violence peut faire rage et où tous les malfaiteurs ne sont pas dans des centres de rééducation. le quartier de Léo Martin est un condensé de tout cela, avec une police qui ferme les yeux pour permettre simplement aux habitants de vivre mais aussi parce que mettre à jour trop d'actes contre-révolutionnaires reviendrait à remettre en cause l'efficacité du régime en place. Une schizophrénie dont Léo Martin et ses collègues s'accommodent, mais jusqu'à quel point ? C'est bien là tout le propos de la vie est un tango et de la réflexion d'un Léo dont la frustration le pousserait presque à jalouser les oiseaux : « Je sens quelque chose sur mon épaule, suivi d'une sensation d'humidité. Une tache, jaune brun, confirme ce que je craignais : une chiure de volatile sur mon uniforme. Les oiseaux du parc Vidal peuvent se payer le luxe de ne respecter ni les uniformes, ni les grades militaires, ni les positions sociales, ni les principes, ni les idéologies, ni même leurs mères. Ils chient placidement, où bon leur chante. »
Si Lunar aime évidemment son personnage principal et ceux qui évoluent autour de lui, s'il montre une évidente empathie pour ces gens qui, malgré les difficultés du quotidien continuent à s'aimer, à se haïr et à partager quelques verres comme si de rien n'était, il adopte une toutefois assez de recul pour s'exempter de tout sentimentalisme malvenu, ainsi que le souligne Yann le Tumelin à propos de Boléro noir à Santa Clara sur le blog Moisson Noire.
On découvre là un auteur à la plume élégante et piquante, des personnages rendus attachant par leurs contradictions, leurs espoirs déçus ou leurs actes décevants, et derrière tout ça cette musique de la vie qui vous met en joie tout en vous serrant le coeur.
Lorenzo Lunar, La vie est un tango (La vida es un tango, 2005), Asphalte, 2013. Traduit par Morgane le Roy
Parution le 6 juin 2013.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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belette2911
  20 mai 2018
Santa Clara, à Cuba, dans le quartier d'El Condado, nous faisons la connaissance de Léo Martin, le commissaire du quartier qui a grandi dans ce quartier et qui y est revenu après un séjour dans l'armée, à la capitale.
Il s'occupe souvent de petits faits de rien du tout, de querelles de voisinage. N'oublions pas que nous sommes à Cuba et qu'à Cuba, la drogue n'existe pas ! Non, ne dites rien, il en va de votre vie. Il n'y a pas de drogue à Cuba, ni à Santa Clara, point barre.
Pourtant, nous allons avoir un meurtre, un trafic de lunettes de soleil, un autre meurtre… Hé oh, pas moyen de boire son p'tit café du matin tranquille, ici !
Léo va commencer son enquête, mais puisqu'il est du côté des flics, les gens ont moins tendance à lui causer. La solution ? Écouter Radio Ragots et tendre l'oreille à toutes les rumeurs qui bruissent dans le quartier, dans la ville, et on en entend, des rumeurs !
Dans ce petit roman noir, le quartier tient une place importante et l'auteur en parle avec poésie, le comparant à un monstre tentaculaire qui fait bouger les têtes des gens, les éloigne, les ramène… Et j'aime comment l'auteur parle de ce quartier, car il est tout sauf ennuyeux comme d'autres romans lu juste avant…
Le Cuba que nous trouvons dans ces pages n'est pas celui du Routard et encore moins celui de l'agence de voyage du coin ! Les touristes qui visitent le pays ne vont sans doute jamais voir la misère de certains quartiers où règnent la pauvreté, le chômage et les coupures d'électricité !
L'auteur a une technique bien à lui lorsqu'un nouveau personnage apparaît dans son récit : hop, il fait une petite digression et nous livre le C.V de cette personne, avec ses hauts faits de vie, tout en profitant aussi pour décrire la vie à Cuba.
J'avais déjà découvert sa technique dans un autre de ses romans. Ça surprend au début et puis, on entre dans ce nouveau récit facilement et c'est quand il faut en sortir que l'on fait "oh, déjà fini".
Sans être un page-turner, ce roman noir se lit assez vite, hélas, et c'est avec regret que l'on quitte le quartier et ses habitants hauts-en-couleurs.
C'est un roman noir qui parle de la vie réelle, avec lyrisme, poésie, même si c'est de la poésie cynique bourré de sarcasmes à l'encontre du pouvoir régnant. C'est sordide, mais on en redemande.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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critiques presse (1)
Bibliobs   07 juin 2013
Le polar et le jazz forment un couple bien connu. Mais le tango? Le voilà au coeur d'un excellent polar signé Lorenzo Lunar. Christophe Dupuis, invité de BibliObs, le recommande chaudement
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
encoredunoirencoredunoir   28 mai 2013
Je sens quelque chose sur mon épaule, suivi d’une sensation d’humidité. Une tache, jaune brun, confirme ce que je craignais : une chiure de volatile sur mon uniforme. Les oiseaux du parc Vidal peuvent se payer le luxe de ne respecter ni les uniformes, ni les grades militaires, ni les positions sociales, ni les principes, ni les idéologies, ni même leurs mères. Ils chient placidement, où bon leur chante.
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collectifpolarcollectifpolar   30 octobre 2019
Y’a plus qu’un jour insupportable qui suit un samedi de galères en tout genre et qui précède un toujours détestable lundi. Un jour de scandales et de bagarres dans le quartier. De musique dansante, volume à fond, qui t’explose les tympans, tout ça parce que tu ne peux pas bouger de ton poste à côté du fût de bière et qu’ils t’ont mis les enceintes juste au-dessus de la tête. Torture chinoise.

Jour de cuites, de crises de nerf, de coups de couteau.

Jour de promenade et de détente pour ceux qui peuvent s’offrir ce luxe.

Pour moi, le plus pourri des jours de boulot.

C’est dimanche et Yusimí sort du quartier assise à l’arrière de la moto d’un mec, italien selon certains, allemand selon d’autres ; et elle, elle est canadienne aussi, tant qu’on y est.

C’est dimanche et j’ai comme l’impression que cette journée, je vais jamais en voir le bout.

C’est dimanche. Il est trois heures de l’après-midi, l’heure à laquelle ils ont dézingué Lola, l’heure où les enfants sont trop lourds à porter, l’heure où t’arrives à rien. Il est trois heures de l’après-midi : la pire heure, le dimanche.
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zazyzazy   10 septembre 2013
Il est trois heures de l’après-midi, Mayita me passe sous le nez.
Mayita, ses yeux verts, ses cheveux blonds, moulée dans une robe en lycra au bord de l’éclatement.
Mayita, qui sent le parfum à la violette, le shampoing à la faire et le savon à la pêche.
Mayita une mangue mûre. Mûre à point d haut de ses trente ans avec sa petite gueule de fripouille.
Mayita, qui sait comment onduler du cul quand elle me passe sous le nez.
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collectifpolarcollectifpolar   30 octobre 2019
Nieves est sous le porche, elle y exerce son métier quasi clandestin de manucure. Elle n’a pas de licence, mais elle a raison quand elle dit qu’elle ne peut pas en réclamer une tant qu’elle ne s’est pas fait une clientèle. À part lui donner un bon conseil – « prends une licence le plus rapidement possible » – et lui faire les gros yeux, je ne peux guère plus. Et puis, je me lave la conscience en me disant que j’ai toujours des choses plus importantes sur le feu.

Face à Nieves, assise, les mains plongées dans un récipient d’eau savonneuse, il y a une jeune fille : blonde, à peine vingt ans, un corps sculpté, une petite bouille de pute derrière des lunettes noires.
Je la regarde. Des cheveux presque blancs et cette odeur de savon et de parfum que je n’arrive pas à me sortir de la tête. Mayita, encore. Est-ce que je vais oublier cette femme, bordel ?
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claireoclaireo   13 janvier 2014
Il y a on va dire un certain temps, quand j'étais encore môme, les dimanches avaient un autre parfum. Peut-être parce qu'alors je me levais plus tard, quand le soleil était déjà bien haut. Ou simplement parce que c'était dimanche.
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Video de Lorenzo Lunar (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Lorenzo Lunar
Quand Lorenzo Lunar pousse la chansonnette Boléro noir, la Vie est un tango, Lorenzo Lunar doit aimer la musique. Deux de ses romans au moins y font référence. L'écrivain Cubain, invité tout le week-end au festival Noir sur la ville à Lamballe est même allé jusqu'à pousser la chansonnette samedi après-midi, apportant un peu de soleil au dessus de Lamballe. Les images de Lionel Samson. Plus d'infos sur www.letelegramme.fr
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