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Inès Jorgensen (Traducteur)
ISBN : 2847201394
Éditeur : Gaïa (02/03/2009)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 53 notes)
Résumé :
En l’an 1902, un trois-mâts fait naufrage au large de Skagen, à l’extrême nord du Danemark. Le seul survivant, un marin américain, aux cheveux et aux yeux noirs, est hébergé chez un jeune couple.

Le marin disparaît à l’aube, sans laisser de trace. Neuf mois plus tard naît un enfant qui ne ressemble pas aux autres. Tout au long de sa vie, Anthon sera surnommé Tonny, ou l’Américain, et devra supporter les rumeurs persistantes sur ses origine... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Woland
  07 avril 2014
Den amerikanske sømand
Traduction : Inès Jorgensen
ISBN : 9782742795031

Roman aux lenteurs parfois lassantes, "Le Marin Américain" décrit le parcours atypique d'une famille de pêcheurs de Skagen, à compter du début du XXème siècle. Peu à peu, de génération en génération, la famille Peter s'élève socialement jusqu'à ce que le dernier descendant du clan, l'un de nos contemporains, ne revienne sur les lieux du passé pour tenter de résoudre l'énigme qui a présidé à cette élévation.
En effet, l'arrière-grand-père théorique, Jens Peter, était stérile. Malgré tous leurs efforts, malgré aussi tout leur amour, sa femme et lui ne parvenaient pas à avoir d'enfants. Certes, tous deux étaient jeunes - Ane, la jeune femme, n'a que vingt-deux ans quand s'ouvre le roman - mais il n'empêche que le Temps, fidèle à son principe souverain, file vite, très vite ... Par une nuit sauvage, le naufrage d'un trois-mâts norvégien, en 1902, rejette sur la plage un seul survivant. Parce que sa maison est la plus proche, on le transporte chez Ane dont le mari est absent parce que parti voir sa soeur mourante. Ane le soigne, le fait boire et, comme il reprend vite des forces - il est jeune et, ce qui ne gâte rien, il est plutôt séduisant - elle se laisse aller. Et puis ...
Car il y a un "Et puis ...", vous vous en doutiez. Un "Et puis ..." un peu poussif puisque le lecteur avisé devine très vite comment s'est terminée l'affaire. En effet, le matin suivant, on verra le marin étranger quitter le village à grands pas et on n'aura plus jamais de ses nouvelles. Quant à Ane, elle se retrouvera enceinte, d'un enfant que Jens Peter, malgré les chuchotements et les rires de ses concitoyens, élèvera comme son propre fils mais qui, toute sa vie, sera surnommé "l'Américain."
Un enfant précoce et intelligent, ce petit Anthon, l'initiateur de la richesse de la famille. Bosseur avec ça et un don quasi inné pour sentir où se situent à coup sûr les bancs de poissons. Il finira avec trois ou quatre bateaux de pêche et deviendra le grand-père de notre narrateur qui, à son tour, un beau jour, se décide donc à revenir au pays pour savoir ce qui est vraiment arrivé à celui qui fut son arrière-grand-père biologique, le Marin Américain.
Nous le répétons, on devine assez vite le pourquoi du comment et tout le reste du livre sert surtout, sous couvert de poser quelques questions existentielles, à évoquer la vie des pêcheurs danois tout au long du XXème siècle. L'auteur prend son temps, détaille, ennuie parfois ou, au contraire, parvient à intéresser son lecteur. Les personnages secondaires - notamment le chef des sauveteurs et la soeur d'Ane, laquelle tentera de faire chanter Ane en menaçant de révéler son secret - sont bien campés, en traits simples et pourtant assez fouillés pour que se dessine une complexité dont, à vrai dire, ces gens simples n'ont pas tous conscience. Il y a aussi la tonitruante figure du Docteur Warming, médecin local au courant de tout ce qu'il se passe au village, doté d'un franc-parler déconcertant (surtout pour l'époque) et d'un optimisme profond en les lois de la Nature.
Un petit roman paresseux mais sympathique, à lire sur une plage, en été, par exemple, entre deux petites siestes. Sauf, bien sûr, si vous êtes amateur d'action permanente. ;o)
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litolff
  30 septembre 2012
J'ai bien aimé cette histoire de marins et de pêcheurs au nord du Danemark, le Jutland.
C'est l'histoire d'une famille, l'histoire d'une région avec ses coutumes, ses pêcheurs taciturnes, son dialecte, c'est aussi l'histoire de la pêche et de son évolution en Europe, entre le début du siècle et les années 80, du petit chalutier au bateau-usine ruinant les fonds marins.
Le mystère du marin américain vient pimenter l'histoire, mystère dont on n'aura le fin mot qu'à la dernière page !
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LePamplemousse
  20 août 2013
En 1902, un bateau fait naufrage au large des côtes danoises,
le seul survivant, un américain, passera la nuit chez un jeune couple avant de disparaître au matin.
Neuf mois plus tard, la jeune femme mettra au monde un enfant.
Une saga familiale Danoise qui nous transporte dans des paysages sublimes et sauvages pendant quatre générations, afin d'en déterrer les secrets les plus inavouables.
J'ai particulièrement aimé l'ambiance rude, dûe au climat et au mode de vie des habitants de ce village de pêcheurs.
Nous suivons les personnages pendant des années , jusqu'à la révélation d'un vieux secret de famille.
Roman très agréable à lire même si l'intrigue est un peu prévisible...
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christinebeausson
  05 mai 2017
Direction le Danemark.
Nous partons tout là haut, là où les deux mers se rejoignent, dans ce lieu où des morts marchent dans les dunes.
Cela n'effraie personne car tout le monde le sait.
Pour moi, un rêve, aller à Skagen à l'endroit où tout se rencontre, "cinquante quatre millions de mètres cubes d'eau de mer, eau douce de la Baltique et grand sel de l'Atlantique".
Visiter l'historial des temps anciens, maintenant appelé platement musée de la ville et de la région,
Voir l'arrière arrière quelque chose de l'auteur figuré sur un tableau, les bottes de l'arrière grand père, le fameux berceau rouge qui a attendu si longtemps son hôte !
Pratiquer la sieste côtière, "une demi heure d'un côté, une demi heure de l'autre, et puis tout son soûl sur le dos", une bonne idée !
Découvrir les nègr's, dans l'argot des pêcheurs c'est le merlan noir.
Je ne crois pas que le poissonnier me comprendra quand je viendrai moi aussi chercher des nègr's pour déjeuner dans ma petite ville bretonne, il me prendra certainement pour une partisane de la blonde immonde.
Se rappeler que le pêcheur sort toujours les poissons de la mer et qu'il en vit,
Se rappeler que tous les poissons vivent en avalant de plus petits qu'eux,
Ne jamais oublier le plus important, le poisson peut s'absenter quand il le veut !
Découvrir les mystères de l'existence vus sous l'angle de la biochimie "nous croyons agir rationnellement , en réalité nous avisons émotionnellement".
Belle excursion.
Alors même si "le reste n'est que menterie", merci, Karsten de nous raconter cette très belle histoire, qui porte sur quatre générations qui vivaient tout là haut dans le nord du Danemark.
L'histoire se répète, les arrière arrière grand parents fronçaient le nez quand leurs parents ramassaient des mouettes mortes pour les faire frire et l'arrière petit fils fronce le nez devant la dégustation des yeux des carrelets frits.
Un vrai coup de coeur, j'ai maintenant besoin de voir ces lieux "pour de vrai", peut être pour m'aider à m'inventer ma propre histoire !
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ivredelivres
  11 septembre 2010
Un long roman qui vous transporte au Danemark et qui s'étend de la fin du XIXème siècle à nos jours.Les côtes danoises à l'extrême nord du pays, un pays rude de landes sauvages, un pays de marins pêcheurs aux visages burinés, aux mains et au dos usés par les saisons de pêche.
Ane mariée à Jens Peter se ronge de ne pas avoir d'enfant, elle est montrée du doigt dans une communauté où la faute incombe à la femme. Tout y passe, de la visite chez le médecin aux prières ferventes en passant par le recours à la guérisseuse.
Alors que son mari est en mer, l'unique rescapé d'un naufrage est amené mort de froid chez Ane qui le soigne. C'est un homme bien différent des gens du village « le coeur d'Ane cessa de battre quand elle le vit. Jamais elle n'avait vu un homme aussi beau. Il était différent de tous ceux qui vivaient par ici. Il avait une moustache noire, des cheveux noirs et de longs cils. Un visage étroit, un long nez droit et une petite bouche »
Le lendemain l'homme a disparu et malgré toutes les recherches du garde-côte Carlsen qui l'a sauvé, on ne retrouve aucune trace de lui. Il s'est volatilisé.
Neuf mois plus tard naît un garçon Anthon dit Tonny dont les traits, les yeux, les cheveux rappellent l'américain
Le couple résiste à tout les racontars, Jens s'attache à ce fils et Ane défie la communauté en créant sa propre entreprise.
Tonny, que tout le monde appelle l'américain, grandit et devient un patron pêcheur à qui tout réussit.
Pourtant pèse sur la famille l'ombre du marin disparut. Carlsen n'a jamais totalement abandonné les recherches.
Quelques décennies plus tard le narrateur revient à Skagen sa ville natale d'où est originaire toute sa famille et va chercher à élucider « en levant le couvercle du tonneau » ce qui est toujours un mystère.
Percer le mystère est secondaire, ce roman est agréable par la peinture d'une communauté qui évolue au fil du temps, par les descriptions très réalistes du monde des pêcheurs. Au fil du temps la pêche devient une industrie mais n'en est pas moins dure, La nature est très présente dans ce qu'elle a de sauvage, de dur mais aussi de magnifique : les dunes battues par les vents, le froid qui glace les chemins...
Un roman attachant d'une écriture fluide et agréable.

Lien : http://asautsetagambades.hau..
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
WolandWoland   07 avril 2014
[...] ... Ma famille est issue d'un naufrage dramatique, survenu par une nuit d'hiver il y a cent ans.

L'histoire me tient en éveil dans l'Audi A8 qui me porte vers le nord. La grosse voiture roule au régulateur de vitesse, museau levé, et éclaire la route sur cinq cents mètres. Nous abordons un virage, et les phares halogènes balaient la lande déserte comme un coup de peigne rapide. L'éclairage cru transforme ce qui n'était qu'étendue monotone en touffes de bruyère et de laîche, semblables à de l'étoffe laineuse et des varices, avec des camarines accrochées comme des bijoux au cou d'une jeune fille.

Des personnes que j'ai connues surgissent un bref instant dans le faisceau des phares, puis disparaissent, le visage blême.

Cette région et cette mer racontent l'histoire de la famille sur trois générations, mon histoire.

Un petit lac accroche la lumière de la lune au milieu du paysage de dunes et tout à coup je me souviens de la sensation des pieds glacés et mouillés, barbotant dans les bottes en caoutchouc.

Grâce à une politique rigoureuse de protection de la nature, tout est resté tel qu'il y a cent ans, quand mon arrière-grand-mère Ane Christensen se retrouva enceinte dans des circonstances tout à fait étranges.

L'énigme a donné lieu à de nombreuses enquêtes, tant officielles que privées. Sans oublier la rumeur populaire, un murmure latent, des théories non formulées et la persistance des regards tout au long des années.

A présent, elle va être résolue. Alors même que je m'approche de la pointe nord du Jutland. ... [...]
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dolphyonedolphyone   10 avril 2012
Les quelques questions qu'elle balança étaient de nature si intimes que le docteur en eut le souffle coupé. [...] Il se dit que la démarche était certes inhabituelle, mais qu'a cela ne tienne [...] Fais le au milieu du mois, tu sais, entre les saignements, et ensuite reste étendue, tout à fait immobile. [...] reste allongée sur le dos et bascule le bassin vers le haut, comme ça, ça tombe où il faut...
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BMRBMR   26 septembre 2013
[…] Son fils lui demanda :
- Pourquoi ils m’appellent l’Américain ?
Ane s’arrêta au milieu d’un geste et se tint immobile comme une statue de sel avec l’assiette vide dans la main. […]
- Comment ça se fait que je ressemble pas à papa ?
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happyclehappycle   30 juin 2014
Le cœur d'Ane cessa de battre quand elle le vit. Jamais elle n'avait vu un homme aussi beau. Il était différent de tous ceux qui vivaient par ici. Il avait une moustache noire, des cheveux noirs et de longs cils. Un visage étroit, un long nez droit et une petite bouche.
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maevedefrancemaevedefrance   02 décembre 2012
Les poissons doivent avoir les branchies roses, l'oeil clair et ne sentir que l'eau salée ou les algues fraîches. Je vois Ane devant moi lorsqu'elle aboie que le poisson ne doit ni cuire à la vapeur, ni mijoter, mais être plongé dans l'eau bouillante, pour être parfait. Ma tolérance envers les autres peuples s'arrête là où il faut préparer le poisson. Il n'y a que nous qui savons le faire.
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