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EAN : 9782749308883
56 pages
Éditeur : Vents d'Ouest (06/11/2019)

Note moyenne : 4/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Une immense vague glaciaire a frappé l’ensemble du territoire. Seule épargnée de la catastrophe, devenue terre d’asile pour tous les réfugiés climatiques, la nation du Petitghistan doit revoir ses grands plans de conquête du monde, puisque c’est justement le reste du monde qui vient frapper à sa porte. Même le triste palais volant du baron chagrin s’est ecrasé dans les terres gelées. Et le maître des lieux y est retrouvé refroidi. Mort. Lui qui devait vivre jusqu’à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Bdotaku
  09 février 2020
Clap de fin d'une série totalement azimutée !
Le lapin Polo, fou de désespoir après la disparition de la dame des sables, a déclenché une formidable tempête de neige et provoqué un désastre climatique : tout est gelé, sauf le PetitGhistan : les guerres s'arrêtent et des cohortes de migrants se jettent sur les routes pour se réfugier dans la contrée préservée. Cette nouvelle donne va par ailleurs provoquer l'ire de la banque du Temps puisque, avec l'arrêt des conflits, Manie ne peut plus rembourser en morts sanglants et trébuchants la dette qu'elle a contractée et se trouve donc en bien mauvaise posture …
Une bd tous azimuts
Le dernier tome de cette saga entamée en 2012 paraît peu après l'artbook « Créatures » du dessinateur et nous rappelle ainsi l'origine de la série dans un superbe jeu d'échos.
En effet « Azimut » est né de l'envie qu'avait Wilfrid Lupano de donner à Andreae un scénario à la mesure de son univers graphique : parti des dessins de l'artiste, il a ainsi brodé et crée le monde d' « Azimut ». On y trouve donc pêle-mêle des créatures de rêve (Manie et sa mère la reine Ether), des personnages sortis du monde du cirque : le clown Augure et autres Freaks (le saugre Bâtis, les anthropotames, la femme obèse des amants éternels), des monstres cauchemardesques (l'arracheur de Temps, le baron Chagrin, son majordome) et des personnages cartoonesques (le cochon Picaillon, le lapin Polo). Les deux auteurs font preuve d'une imagination débridée et sans limite et nous entrainent dans leur monde parallèle….
Au-delà de l'inventivité des personnages et du scénario, il faut également souligner toute la maestria graphique d'Andreae : après la jungle et le désert, on est dans ce tome 5 dans des ambiances polaires avec des camaïeux de bleu de toute beauté. Il alterne scènes d'action et pages muettes ; monde féérique (avec des clins d'oeil à Miyazaki) et ultra réalisme (le tri des réfugiés). Drôle de cocktail bien déjanté qui aurait pu finalement ne pas fonctionner par trop grande hétérogénéité ! Or ce n'est nullement le cas, au fil de ces cinq tomes, Andreae et Lupano ont réussi à créer un univers finalement très cohérent dont le fil rouge est le temps : comment ne pas le perdre, comment littéralement courir après, comment le figer dans une oeuvre d'art, comment l'arrêter pour ne pas vieillir … et toutes les intrigues parallèles se petit rapprochent, se resserrent, et se complètent dans cet album conclusif.
Un album métaphysique et pataphysique
Dans la galerie des personnages, deux petits nouveaux et non des moindres font leur apparition : le préposé aux contentieux de la banque du temps et le bonze adepte du « zinzen ». Et on a donc deux dimensions de l'album qui sont ainsi mises en exergue : la dimension métaphysique avec la réflexion sur le temps, l'appât du gain et le jeunisme (ainsi qu'une critique de la finance !) dans une réactualisation du mythe de Faust mais également une dimension pataphysique que ne renieraient ni Vian ni Jarry lors que le maître oriental profère une sorte d'art poétique expliquant de façon ludique la démarche des deux auteurs : « la fantaisie, dans la philosophie zinzen, est la clé qui permet d'ouvrir les portes sans serrures » (p.24) et invoque le serpent anachronDADA se replaçant ainsi dans une tradition littéraire.
Dans la lignée des grands auteurs dadas, surréalistes et pataphysiciens, on retrouve également dans ce tome ce qui faisait le sel des précédents : de nombreux jeux sur le langage. Ainsi il est question de créatures « chronoptères (liées au temps) comme les « manchots ample-heure » ou « l'anachrondada » source des jeux de mots grâce à la paronomase. L'on assiste aussi à de savoureuses reprises au pied de la lettre d'expressions telles « mystère et boule de gomme », « nous sommes au creux de la vague » ou « truc mortel » qui acquièrent un lustre nouveau grâce à leur mise en contexte.
Fantasy, fantaisie et gravité : au-delà du miroir
Mais toute cette verve, cette fantaisie et ces mondes parallèles issus de la « fantasy »ne devraient pas occulter un aspect essentiel de l'oeuvre : si Lupano et Andreae se réclament depuis le début de Lewis Carroll et lui rendent hommage avec le lapin blanc Polo et le saugre tortue entre autres, si à son instar ils utilisent des mots-valises et refusent de donner toutes les solutions et toutes les réponses au questionnement du lecteur pour lui faire élaborer ses propres hypothèses , ils sont aussi dans la continuité de Jonathan Swift. « Azimut » se transforme en effet également parfois en un contre philosophique : ici il est question de l'aliénation volontaire de l'homme au dieu machine, de dérèglements climatiques, de la sénilité de certains hauts dirigeants, de la dénonciation de l'immigration choisie et de la façon dont on traite les migrants. A l'image d'Eugène dans l'album qui condamne le bellicisme intéressé de Manie dans son tableau et lui fait prendre conscience (ainsi qu'au grand Tracasseur) de la folie de son attitude, les deux auteurs se muent donc parfois en lanceurs d'alertes et permettent par le truchement de ce monde imaginaire de réfléchir sur notre réalité et notre monde contemporain. D'ailleurs c'est peut-être le seul reproche qu'on pourra faire à ce dernier tome : souligner les parallèles avec notre monde de façon parfois un peu trop appuyée et opter pour une fin étonnamment optimiste - tempérée tout de même par les dernières vignettes qui laissent leur lot d'ambiguïté.
Avec ces « derniers frimas de l'hiver », on a bien une oeuvre plurivoque : à la fois très aboutie sur le plan graphique, empruntant à différents genres et courants littéraires, et énigmatique. A peine le tome 5 refermé, on a l'envie de se replonger dans les autres albums pour y percevoir tous les détails et subtilités qui nous avaient échappé et rêver de nouveau!
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tchouk-tchouk-nougat
  08 février 2020
La voix du nord a gelé le monde, a stoppé la guerre. Ce qui n'était pas au programme de la banque du temps qui somme Manie de relancer les hostilités ou de redonner ses siècles de jeunesse qu'elle a obtenu.
J'aime beaucoup cet univers loufoque et totalement original. Il a un côté déjanté et onirique, et encore plus souvent humoristique. C'est une véritable immersion dans un royaume à découvrir à chaque page.
Mais alors qu'on est à la fin de l'histoire, je ne suis pas sure d'avoir tout compris. le temps semble s'enrouler sur lui-même. Les immortels, les amants maudits, ... il y a beaucoup d'étrangeté qu'on a du mal à expliquer.
Bien qu'on s'attendait à la fin de cette série, un autocollant rouge annonce "fin de cycle". On peut fonc supposer qu'il y aura une suite à Azimut.
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Catilina38
  05 février 2020
Comme depuis le premier volume de cette exceptionnelle série, la maquette, de la couverture aux intérieurs de couverture, fait partie intégrante du projet. Si les illustrations de couverture (hormis la première) ne sont pas des plus accrocheuses, le cadre de chacune (qu'Andreae ne s'est pas contenté de dupliquer mais a recréé à chaque album) vaut à lui seul le détour. Surtout, l'intérieur de couverture propose un nouvel extrait de l'encyclopédie des Chronoptères (par Aristide Breloquinte!) avec des animaux présents dans l'album et d'autres non, toujours avec un descriptif drolissime et d'une imagination folle. de quoi espérer, avec cette conclusion, que les auteurs aient l'envie de proposer par la suite un volume d'encyclopédie naturelle du monde d'Azimut, tant la richesse de cet univers reste à explorer.
Après l'apocalyptique éternuement du Pôle Nord, le monde a été presque intégralement gelé. Partout? Non. Miraculeusement épargné, le Petighistan prépare ses plans d'invasion en vue de la création du tant attendu Grandghistan! Alors qu'un dangereux émissaire de la Banque du temps vient réclamer un dû mis à mal par le nouvel âge glaciaire, l'oiseau d'acier prépare son réveil, un réveil qui doit marquer la fin de ce qui était et le retour à la barbarie humaine…
Jean-Baptiste Andrea est l'un des plus grands dessinateurs européens depuis pas mal de temps et n'avait peut-être pas totalement trouvé le projet qui lui ferait atteindre la perfection. Doté d'un univers personnel d'une richesse et d'une cohérence aussi grandes que celle d'un Tim Burton, il a trouvé en Wilfried Lupano son égal scénaristique et tous deux ont produit une série, Azimut, qui atteint comme très peu une perfection aussi intellectuelle que visuelle. Pour être clair si le premier tome m'avait déjà terriblement séduit et les suivant de même, je peux dire avec cette conclusion (…qui méritait sans doute une prolongation, j'y reviens) qu'Azimut est l'une des trois meilleures séries des vingt dernières années!
Je vais pourtant vous expliquer pourquoi cet ultime opus est une frustration aussi grande qu'est la série. Respectant le format des autres albums de cinquante planches, les auteurs ont tenu à conclure en cinq tomes leur saga temporelle, format idéal comme je le clame à peu près à chaque billet. L'univers développé est cependant si riche, proposant de nouveaux personnages, idées, lieux succulents à chaque volumes, qu'arrivé à ces Frimas de l'hiver on avait le sentiment de n'être qu'à l'étape de la rupture dramatique devant nous emmener à la conclusion… Élément intriguant, l'éditeur a posé sur le premier tirage de l'album un sticker laissant entendre la suite sur un nouveau cycle… qui n'est absolument pas prévu par les auteurs. Autant ce procédé permettant de prolonger des séries commercialement rentables à l'infini peut être vu comme mercantile, autant sur Azimut il aurait été nécessaire de trouver un moyen de rallonger pour conclure de Résultat de recherche d'images pour "azimut andreae derniers frimas"façon moins brutale. Récemment Olivier Ledroit a proposé un magistral très volumineux troisième et dernier tome de sa série Wika initialement prévue en quatre tome. Certains rajoutent un ou deux épisodes lorsqu'ils réalisent que le compte n'y est pas. En maître scénariste Lupano sait créer et conclure une série et j'imagine des raisons non créatives qui expliqueraient cette insistance à vider le sablier tant le plaisir manifeste à la réalisation, le professionnalisme des deux auteurs et le contenu de la valise étaient encore fournis. A cinq albums on ne peut pas dire que la série soit à rallonge, un sixième et septième tome auraient permis de réutiliser les nouveaux personnages et de se dispenser des nombreux deus ex machina que comportent l'album…[...]
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Lien : https://etagereimaginaire.wo..
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Papyriri
  06 décembre 2019
Que dire de cette série BD complètement déjantée ou plutôt dézazimutée dès le tome 1 cela démarre fort car dans ce monde de fous la planète a perdu physiquement le nord avec des êtres fabuleux l abeille rétromède dont le miel vous fait revivre un souvenir perdu ( miam miam ), la mouche gobe-temps qui vous oblige a la suivre des yeux , parfois jusqu'a mourir de faim , la libellule mémorantèle qui fige pour un an votre reflet dans l étang dans lequel elle boit et que dire de la lurette , du coucou des pendules , la clepsigrue , ou les poissons volants géants mais surtout la géniale , magnifique blonde Aïcha suivie et même poursuivie par une foule d'êtres divers et variés , fous d 'elle parfois jusqu'a vouloir la tuer , alors plongez dans ces aventures explosives
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Shork
  22 novembre 2020
Le pôle nord a perdu la boussole : une vague glaciaire a déferlé sur le monde d'Azimut, n'épargnant que le Petitghistan qui voit débarquer des réfugiés climatiques de toute part. Manie doit toujours payer sa lourde dette auprès de la banque du temps...
Conquis par la série, j'avoue avoir été un peu dérouté par ce cinquième tome, encore plus déjanté que les précédents, au risque d'éparpiller parfois l'intrigue. Les ingrédients restent efficaces : un univers baroque au dessin fantaisiste, un scénario plein d'humour et de poésie, des personnages hauts en couleurs.
Il est indiqué “fin de cycle” et non “fin de série” sur la couverture. Cela voudrait-il dire que les auteurs nous réservent un second cycle pour éclaircir certains de ces mystères égrenés au fil des albums… ?
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critiques presse (1)
BDGest   13 novembre 2019
L’attrait, comme le succès d’Azimut, est d’avoir, parallèlement à la dimension onirique du propos, su développer un univers graphique à l’unisson. [...] Le dessinateur bordelais donne vie à tout son petit monde dans une débauche de couleurs et une créativité propres à enflammer les imaginations les plus arides.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
BdotakuBdotaku   09 février 2020
- Le PetitGhistan n’étant pas touché par cette
vague glaciaire, un cortège ininterrompu de réfugiés climatiques nous arrive en masse depuis plusieurs jours. Nos ennemis d’hier demandent l’asile.
- Nous sommes envahis par ceux que nous projetions d’envahir !
(…) - Et nous devrions les accepter ? Nous devrions les accueillir ?
-Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde !
- Non, certes…
- Bien sûr que non !
- Dans ce cas accueillons à bras ouverts une certaine catégorie de réfugiés …. Ceux qui correspondent par exemple à un certain euh… profil, euh … que nous recherchons et qui pourraient constituer une sorte de … euh… plus-value, pour notre projet de civilisation grandghistanaise.
(Les conseillers et le Grand Tracasseur, p. 17-18)
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   07 février 2020
-Elle est très bien l'humanité !
-Des fous prétentieux! Des vaniteux ivres de sang! Vous n'avez du génie que pour vous inventer des histoires qui légitiment vos crimes!
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ShorkShork   22 novembre 2020
Fuir la fin des temps n'a pas grand sens, mais bon. C'est humain.
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monsieur_burpmonsieur_burp   08 novembre 2019
Peut-être que le temps n'est pas l'étalon qui convient à la vie.
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