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Marie-Claude Peugeot (Traducteur)
EAN : 9782743653118
464 pages
Éditeur : Payot et Rivages (12/05/2021)
3.78/5   176 notes
Résumé :
"Il n'y a peut-être aucune autre époque relativement courte de l'histoire américaine qui ait été aussi riche en possibilités littéraires pour les bons romanciers réalistes que ces années de fin de guerre au Vietnam, lorsque des arrangements privés particulièrement convenus et une piété répressive ont commencé à céder du terrain face aux appétits nouveaux de la libido et aux énergies coupables ; pendant quelque temps, il a même semblé que les institutions communément... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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iris29
  04 mai 2020
C'est un roman que j'ai lu , il y a plus de dix ans, je ne me souvenais de rien. Et en premier lieu : avais-je aimé ou pas ?
En cette période de confinement, où je "revisite" ma bibliothèque, j'ai été happée par Edward Hopper, plus que par l'auteure donc, ou par un résumé inexistant sur la couverture, la maison d'édition lui préférant , quelques lignes enthousiastes de Philip Roth. Mais ça ne m'avançait pas à grand-chose...
1969, la ville universitaire de Corinth en toile de fond , pour épingler quelques personnages gravitant tous autour de l'université locale.
Le couple Tate, quarante ans, deux enfants. Lui est prof, elle femme au foyer. Leurs deux ados , sont en train de devenir des étrangers mal élevés, la femme se sent seule, a des velléités de retravailler. Mais monsieur est contre, que va devenir son petit confort , si madame néglige son foyer faute de temps ?
Madame s'incline, on est dans les années 60... Mais monsieur a fauté avec une jeune étudiante, qui a beaucoup insisté (c'est pas sa faute, il a longtemps résisté).
Madame regrette, son ex-futur boulot...Mais madame est stoïque , madame est admirable.
On est dans les années 60/70, le monde change: la musique, le paysage, les moeurs. C'est qu'on divorce de plus en plus, ma bonne dame....
Ces messieurs désirent des femmes, qui ne sont pas forcément sensibles à leurs charmes, mais ces dames cèdent,
Dur d'être une femme libérée, une femme seule, dans ces années-là, pour payer ses factures, réparer les choses cassées dans la maison, être invitée dans les soirées, les dîners , pour toutes ces ex-épouses, ces quarantenaires.
Mais la jeune génération n'a que faire du mariage, de cette "protection", de cette institution démodée, mademoiselle veut être libre... Délivrée...
Madame se regarde dans la glace et madame trouve qu'elle a vieilli. " Sa jeunesse s'enfuit"...
C'est une histoire qui n'a l'air de rien au départ, l'auteure mettant ses personnages à distance, d'elle-même, puis du lecteur. Aucun attachement, aucune identification possible, et pourtant... c'est tellement vrai, tellement nous, tellement vous... des gens ordinaires , des gens comme vous et moi.Des profs, des assistantes, des étudiantes, des voisines. Des gens au prise avec les petites lâchetés ordinaires, les petits égoïsmes.
Une plume ironique, [ "antiromantique", me dit Philip Roth sur la couverture : Aie !
Oui , parce que , moi, j'aime les histoires d'amour qui finissent bien en général, et que là , ça se finit comme ça se finit chez les gens ordinaires.
Pas de couchers de soleil, pas de violons, juste la petite musique de la vie, au coin de la rue, d'une ville qui s'appelle Corinth, en l'année 1969.
- "69 : année érotique" ?
Pas pour Alison Lurie : année réaliste, ultra réaliste...
Et j'en suis venue à drôlement apprécier sa petite musique et ses réflexions sur la vie qui passe, ses hauts, ses bas, doucement sans faire de bruit, sans faire d'éclat...
Challenge Multi défis 2020
Challenge 50 objets.
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melissardine
  12 avril 2020
Je retrouve Alison Lurie après avoir déjà lu Liaisons Etrangères (un de mes livres préférés) ainsi qu'Un été à Key West et La vérité sur Lorin Jones (que je recommande également). L'histoire se passe à la fin des années 60 sur le campus de Corinth (inspiré de l'université Cornell dans laquelle Alison Lurie a enseigné) avec en toile de fond la guerre du Vietnam et le mouvement hippie. Erica Tate, une femme au foyer modèle, a deux révélations. Tout d'abord, elle se rend compte qu'elle ne supporte plus ses enfants adolescents devenus des étrangers dans sa propre maison. Ensuite, elle découvre que son mari Brian, universitaire spécialisé en sciences politiques qu'elle adore et admire, la trompe avec une de ses étudiantes. On suit alors sur un an les rebondissements de la vie jusqu'alors bien rangée de Erica et Brian Tate, en alternant leurs deux points de vue. J'ai retrouvé avec plaisir l'humour assez réjouissant d'Alison Lurie, qui ne fait de cadeau à personne. Brian, en particulier, et à travers lui l'image de l'universitaire convaincu de sa supériorité et se croyant très progressiste sans l'être vraiment au fond, en prend pour son grade. le ton n'est cependant jamais moralisateur et j'ai eu du goût à suivre chacun des personnages. Bref, un très bon cru !
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carnet-de-voyage
  01 novembre 2017
Brian et Erica Tate représentent le modèle du couple américain, bien pensant, bien prospère, de la fin des années 60....
Mais, il faut bien reconnaître que la jeunesse n'est plus ce qu'elle était...
Leurs deux enfants, adolescents, sont devenus des monstres et des terreurs dans le Home Sweet Home....
Erica en est désespérée.... Une desperate housewife avant l'heure..
Heureusement elle peut compter sur la valeur de son mari Brian...
Brillant professeur, politologue averti, sensé et basé sur des valeurs et des vertus qui font la force de l'Amérique (blanche)....
Oui, mais...
La jeunesse n'est plus ce qu'elle était.....
Et les étudiants non plus....
Tous ces chevelus, fumeurs de marijuana et autres produits hallucinogènes, s'abreuvant de fausses théories pacifistes et révolutionnaires.... et cette libido effrénée, sans pudeur....
Wendy, petite étudiante blonde, aussi écervelée que son cerveau est enfumé, aussi transparente dans ses opinions que l'est sa propre petite culotte, et dont ses idées sont aussi courtes que ne le sont ses jupes...
La jeunesse n'est plus ce qu'elle était, et Brian Tate le remarque fort bien...
Mais si les Argonautes cherchaient la toison d'or, Brian Tate s'emparera en prenant Wendy, par tous les côtés.... (ces mini-jupes et ces culottes transparentes, je vous jure !!....)
Un sacrifice à lequel il se livre, vu que son couple bat de l'aile....
Du moins c'est la raison qu'il se donne pour avoir bonne conscience....
Erica, femme, est loin d'être née de la dernière pluie....
Les Tate entrent dans un conflit....
Parallèlement le conflit au Viet-Nam s'enflamme....
Les conflits s'enlisent..
Les débouchés seront différents, mais pour les Tate, comme pour les USA, rien ne sera plus jamais comme "avant"....
Les Tate ne seront plus ce qu'ils étaient...
Avec "Conflits de famille", Alison Lurie nous peint, avec un humour et une justesse une société américaine, qui va basculer dans un monde dont elle ignorait l'existence....
Une époque charnière...
Un sublime livre où la comparaison entre le conflit USA/Viet-Nam, et Brian/Erica est remarquablement détaillée et imagée...
Toute une ambiance dans ce livre....
On sent la fin des années 60... ces mouvements hippies, un changement des moeurs et des cultures.....
Et cette impression qui, à chaque page, nous fait penser que rien ne sera plus comme avant....
"Conflit de famille" est loin d'être démodé.
Il est en plein dans l'actualité.
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Livretoi
  14 avril 2021
Cinquième roman d'Alison Lurie, "Conflits de famille" (1974) reprend 12 ans plus tard la thématique de l'adultère et l'environnement universitaire de son premier roman "Les amours d'Emily Turner" (1962).
Dans le premier c'était l'épouse du professeur universitaire qui s'adonnait aux charmes de l'infidélité, cette fois c'est le mari professeur. Un couple, Erica et Brian, se déchire, se sépare, et puis le temps fait son travail aidé par les événements et les choix respectifs des uns et des autres.
On s'attache à certains personnages, notamment à Erica, ou à Zed, son ancien copain étudiant dont elle se rapproche au plus fort de la crise. Alison Lurie est une fine psychologue, elle construit ses personnages de façon très réaliste et arrive à leur donner une véritable épaisseur.
Univers à la John Irving, riche en dialogues et situations, proche également de "Changement de décor" (1975), de David Lodge, mais avec une préférence pour David Lodge, davantage humoristique et plus synthétique.
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EymericM
  12 décembre 2014
The war between the Tates, tel est le titre original, beaucoup plus significatif du ton avec lequel Alison Lurie traîte ce conflit de famille entre Brian Tate, politologue à l'Université (de façon « théorique » puisque, souligne ironiquement Alison Lurie, le professeur n'a géré aucun conflit ni fait diplomatique réel), sa femme et ses enfants, qualifiés de « monstres » aux comportements étranges. Effectivement, la position de Brian lui permet d'inventer une narration et un vocabulaire tout droit sorti de la politique et des guerres... pour parler d'affaires privées et du quotidien, non sans humour. En toile de fond, la révolution des sexes, le « new age » et la guerre du Viêtnam : le contexte social de ces années 70 vu par des personnages immergés dans leur quotidien, comme savent si bien le faire les auteurs américains. Lorrie Moore et son roman La traversée, en beaucoup de point ressemblant à son aînée, ne sont pas loin : même description des villes universitaires, même façon d'aborder l'esprit d'une époque en se centrant quasi uniquement sur le quotidien, et même distance ironique.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   05 mai 2020
Si tu voulais rendre les hommes le plus malheureux possible, tu songerais d'abord à les affliger de tous les maux que tu pourrais trouver : la guerre, le chômage, l'héroïne, le cancer, la torture politique, la famine, la cécité, les difformités, l'exposition à la radioactivité. Tu ferais souffrir tout le monde, en permanence.
"Mais c' est trop simple. Si la condition est misérable partout, les hommes n'espéreront rien d'autre et s'y résigneront. La chose à faire, c'est de faire régner la maladie, la laideur, la peur et la faim presque partout. Et puis de garder un petit nombre de gens qui ne connaîtront pas la souffrance - pour qui tout ira toujours bien - qui seront jeunes, riches, beaux, en bonne santé, et heureux.
Et de les placer un peu partout dans le monde pour décourager les autres ; pour bien faire mesurer aux autres chaque jour et chaque heure tout ce dont ils sont privés.
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iris29iris29   01 mai 2020
Comme c'était une fille intelligente et moderne, et qu'elle était amoureuse, Erica coucha avec Brian avant leur mariage - mais pas très souvent, et san grand succès. Il avait assez d'expérience pour savoir que malgré ses soupirs d'aise elle ne prenait pas vraiment de plaisir à l'acte sexuel. Cela ne l'inquiétait pas outre mesure, car il pensait qu'elle apprendrait à jouir après le mariage. Mais au contraire elle désapprit - ou plutôt, elle cessa progressivement de faire semblant.
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iris29iris29   01 mai 2020
Etudiantes, elles s'étaient un peu évitées, comme le font souvent les jolies femmes qui ont des genres de beauté incompatibles - pour la même raison que, chez Atwater, on ne verra jamais les boites de glace et de sorbet à côté des packs de bière. Mais maintenant qu'elles ont toutes les deux été achetées et rangées à la maison, ça n'a plus d'importance.
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iris29iris29   03 mai 2020
L'adultère, par contre, est un mal social. Comme la mauvaise haleine ou la chaude-pisse, c'est une chose dont tout le monde parle dans votre dos, mais seuls vous en toucheront un mot votre meilleur ami ou votre pire ennemi.
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LivretoiLivretoi   14 avril 2021
A cet instant, au petit matin du 1er janvier, les résolutions de Brian s’étaient inversées comme une marée. Lentement d’abord, ce flux se mit à monter vers la côte, et les rocs austères de la morale furent recouverts par des vagues écumeuses d’autojustification. Mais Brian ne cessa pas pour autant de se considérer comme un être sérieux et responsable, soucieux de se soumettre à son obligation catégorique et de poursuivre sa quête humaniste.

Tout simplement, il retourna le problème à l’envers. Wendy souffrait (se dit-il), et cela depuis peut-être un an, d’un amour non consommé. C’était d’autant plus grave pour elle que, dans son inonde, c’était un sentiment fort rare, inconnu presque. Parmi ses amies, à la moindre attirance physique passagère, on passait à l’acte, tout naturellement, et tout de suite. Mais la passion romantique, comme l’a noté Denis de Rougemont, est une plante qui fleurit surtout en terrain rocailleux. Comme le géranium de la cuisine d’Erica, moins on l’arrose, plus il fleurit. Voilà pourquoi Wendy était amoureuse de lui ; alors qu’elle ne ressentait pas grand-chose pour tous ces garçons avec qui elle couchait à l’occasion.

Par conséquent, conclut Brian en lui-même tandis que les flots onctueux de la fausse logique venaient lécher le rivage, ce qu’il fallait, en réalité, c’était qu’il couche avec Wendy, et au plus tôt. Elle verrait alors qu’il n’était qu’un homme comme les autres ; son mal en serait guéri. Il était de son devoir de lui apporter cette guérison, même au risque de se dévaloriser à ses yeux, et de briser sa réputation morale. Il ne se livrait pas à l’adultère par désir, mais par devoir. Il faisait le choix entre sa vanité, son désir égoïste de rigueur morale, et délivrer Wendy de sa douloureuse obsession.

Maintenant, rétrospectivement, Brian a du mal à comprendre comment il a pu se complaire dans ce pharisaïsme absurde ; comment un politologue sérieux tel que lui a pu laisser abuser par le vieil argument de la fin et des moyens ?
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