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EAN : 9782743615369
213 pages
Éditeur : Payot et Rivages (05/04/2006)
3.61/5   82 notes
Résumé :
Au travers du journal intime d'une femme qui a trouvé refuge dans une colonie d'artistes, Alison Lurie met en cause avec un humour ravageur la figure du "grand homme".
Janet "Belle" Smith, auteur de nouvelles médiocres, s'imagine en effet que le vert paradis d'Illyria va lui ouvrir de nouveaux horizons et lui permettre d'écrire mieux, loin des soucis matériels et familiaux.
Décidément, Alison Lurie connaît mieux que quiconque ses contemporains. Et aime... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
bilodoh
  17 juillet 2016
Journal d'une écrivaine qui passe quelques semaines dans une retraite luxueuse.

Elle y fait donc le portrait de la vie dans ce lieu mythique qui accueille les écrivains et les peintres pour leur permettre de se consacrer à leur art sans avoir à se soucier des contraintes ou des tâches ménagères. Ils sont comme dans un hôtel, logés et nourris, ils n'ont qu'à produire des oeuvres pour la postérité.

Mais un cercle d'artistes, c'est aussi un groupe de personnes et les relations humaines entre elles ne vont pas toujours de soi. Des tiraillements, des égos fragiles, des désirs et des jalousies peuvent venir rompre le charme de la paisible demeure. Ces gens qui vivent les uns avec les autres ne sont-ils pas des amis ? Ce moment particulier, cette intimité partagée, quels sont les véritables liens qui les unissent  ?

Et la pauvre Janet nous raconte qu'elle a bien du mal à écrire. Comme auteure de nouvelles, elle s'était jusqu'ici inspirée de son quotidien. Mais maintenant que son premier livre a été publié, son entourage a réagi, se sentant observé. Elle-même se censure et n'ose pas les trahir en écrivant sur eux.
Elle nous fait partager ses réflexions et ses interrogations. Quel est le lien entre la vie d'un auteur et la fiction qu'il rédige ? Comment peut-on écrire sur nos proches, être vrai comme auteur, y puiser son inspiration, tout en respectant la vie privée des autres ?
Un roman tout en légèreté, avec une prose parfois teintée d'ironie, mais aussi une intéressante profondeur de réflexion.
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LePamplemousse
  01 juillet 2017
Les artistes sont-ils des gens comme les autres ?
Telle est la question posée par Alison Lurie dans ce court roman qui met en scène quelques spécimens d'auteurs, de compositeurs et de peintres, rassemblés le temps d‘un été dans une résidence d'artistes.
L'histoire nous est racontée par Janet Belle Smith, auteure d‘un recueil de nouvelles, qui espère pouvoir écrire dans ce lieu dédié à l'art, loin des soucis de son quotidien.
Mariée à un agent d'assurances et mère de deux enfants, cette femme d'une quarantaine d'années est très fière de sa petite notoriété.
Pendant quelques semaines, ce petit groupe va se côtoyer, travailler, confronter leur vision de la vie, de ce que devrait être l'art et de ce qu'il convient de sacrifier pour lui.
Alison Lurie a pris un malin plaisir à jouer avec ces personnages imbus d'eux-mêmes, ces hommes et ces femmes qui ont plus ou moins de talent, avec des ego plus ou moins disproportionnés.
Alors que certains sont ravis d'être là, de jouir de quelques semaines totalement libérés des contingences matérielles, d'autres ne font que se plaindre, accusant la terre entière de leur difficulté à créer.
Ils se comportent finalement comme des enfants gâtés, toujours à rouspéter pour avoir davantage, à se comparer les uns les autres, à faire des caprices, car il est visiblement admis que les artistes ne sont pas des gens comme les autres et sont donc en quelques sorte autorisés à se croire supérieur à la mêlée.
Un roman grinçant mais qui fait sourire pour peu qu'on ne le prenne pas trop au sérieux.
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JCLDLGR
  05 février 2020
Très déçu par ce livre dont j'espérais une galerie de portraits pleins d'humour, ou de tendresse, ou pourquoi pas au vitriol,  de cette communauté d'artiste en recherche d'inspiration dans leur chateau... L'auteure ne choisit pas  vraiment et au lieu d'aborder les protagoniste par une vision directe, nous les fait voir par des échanges de conversations qui ressemblent à des potins, des jugements.Elle utilise également la réflexion personnelle de l'héroïne, mais qui manque sérieusement de psychologie.
Le style manque de finesse et de charme, et l'histoire s'attache plus aux faits et gestes quotidiens sans importance des pensionnaires qu'à leur histoire. le plus désagréable est cette insistance à évoquer les histoires de fesses comme des chroniques judiciaires.
Comme il ne se passe rien, et qu'on en est réduit aux apparences, ce livre ressemble au journal d'une adolescente en internat, il est carrément ennuyeux ! Je me suis accroché pour le finir.
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Woland
  26 décembre 2007
Real People
Traduction : Marie-Claude Peugeot
Plus qu'un roman, ce texte assez bref (un peu plus de deux cents pages) constitue surtout une réflexion personnelle de l'auteur sur le statut d'artiste et, plus précisément, sur celui d'écrivain.
L'héroïne qu'elle met en scène, Jane Belle Smith, et sur laquelle elle donne quelques légères indications physiques, pourrait être son double, à une certaine époque en tous cas. Chaque année, Jane a l'habitude de séjourner deux semaines au domaine d'"Illyria", que, dans les années 1900, Ondine Moffat voulut convertir par testament en une résidence payante où musiciens, peintres, sculpteurs, écrivains, etc ... pourraient trouver un havre où se livrer en paix - pour un temps - à leur activité favorite.
Comme chaque année, Jane retrouve un petit cercle d'amis, dont Kenneth, le peintre. Comme chaque année, les relations s'engagent, avec leurs hauts et leurs bas ... Mais, contrairement aux années précédentes, la fin de ce séjour verra une Jane Smith tout à fait transformée quitter "Illyria."
Pour vous inciter à lire ce petit ouvrage dont l'intrigue n'est pas essentielle, mieux vaut vous en citer - pour une fois - certains passages :
"... Quoique je ressente, quelque part dans ma tête, l'écrivain est là, qui prend des notes, enregistre le dialogue. (Comme a dit un jour Philip Roth, paraît-il, "Notre chance a nous, c'est qu'il ne peut rien nous arriver de mal. Tout est bon à écrire.") Même ici et même en présence de quelqu'un d'aussi célèbre que Teddy Berg - dans un domaine qui n'est pas le mien, c'est vrai - je continue à avoir cette sensation. ..."
... Je suis ici parce que je suis écrivain, or paradoxalement, c'est le seul endroit où je ne sois pas étiquetée comme "écrivain." Je peux être à nouveau quelqu'un d'ordinaire, au lieu de cette espèce de phénomène dangereux que j'ai été à Westford dans les six derniers mois.
Autrefois, dans ma naïveté juvénile, je croyais que ce serait merveilleux de devenir auteur. Il ne m'était pas venu à l'esprit que, si ça se réalisait, je cesserais en partie d'exister en tant qu'être humain, aux yeux de presque tout le monde. ...
... En fait, dans l'ensemble, les gens n'aiment pas vraiment l'idée qu'une femme puisse sérieusement être écrivain. Ils trouvent ça incongru. Ils préfèrent oublier l'un des deux, ou bien l'écrivain, ou bien la femme. ...
... A longue échéance, nous ne serons pas jugés sur notre vie privée, mais sur ce que nous aurons écrit. ..."
Si cela vous interpelle ... ;o)
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keisha
  02 avril 2018
il a fallu m'avouer, au cours de ma lecture où je notais des passages, qu'Alison Lurie est vraiment trop forte et que son roman est encore une fois drôlement subtil.
Pour changer des précédents romans, la narration est en 'je', et nous partageons les pensées de Janet Belle Smith dans son Journal tenu du 29 juin au 7 juillet. le lieu : une somptueuse demeure de Nouvelle Angleterre, les riches propriétaires en ont fait une colonie d'artistes, qui trouveront là les conditions idéales pour créer, qu'ils soient peintres, écrivains (poésie, nouvelles, romans...) ou compositeurs. (j'y ai retrouvé le Lonnie Zimmern de comme des enfants, devenu adulte et critique littéraire)
Janet (j'allais écrire cette pauvre Janet) va vivre quelques bouleversements durant son séjour, qui pourtant n'est pas le premier, dans cette oasis où elle espérait venir à bout d'une panne d'écriture. Ce qu'elle vit, ce qu'elle note dans son Journal peuvent lui servir de départs de nouvelles, hélas avortés, elle en devient consciente.
"Clark [son mari] ne m'entretient pas parce que j'écris, mais en dépit de cela. En fait, j'ai une bonne situation de maîtresse de maison logée et nourrie, et de compagne de cadre supérieur. Salaire convenable, conditions de travail agréables, titulaire de mon poste, avantages divers -mais beaucoup d'heures de présence, et au bout de vingt ans, je n'ai droit qu'à deux ou trois semaines de vacances chaque été."
Suite à une remarque, elle s'interroge.
"Gerry m'a dit que j'avais un mécène, comme les écrivains du dix-septième et du dix-huitième siècle. (...) Et mes écrits témoignent de la même dépendance envers eux, exactement. On y trouve le même soin à éviter tout sujet qui risquerait de leur déplaire; la même célébration patente ou subtile de leur mode de vie; le même éloge de leurs vertus et le même aveuglement sur leurs défauts."
Elle a sous les yeux l'exemple de H.H. Waters, talentueuse poétesse reconnue, ayant choisi l'Art face à un potentiel mari qui n'aurait pas accepté qu'elle écrive.
Va-t-elle continuer à s'imposer des limites et une certaine autocensure? Au risque de devenir banale, répétitive et ennuyeuse?
"Il faut que l'écrivain transforme le matériau -mais par addition, pas par soustraction, comme je l'ai fait jusqu'ici.(...) La fiction est du concentré de réalité; c'est pourquoi le goût en est plus fort, comme le bouillon cube ou le concentré de jus d'orange surgelé.
Je sais tout cela; je le sais depuis des années. Et pourtant je me suis mise à ajouter de l'eau, et même, à chaque fois, une eau de plus en plus tiède. de crainte que, non dilué, tout cela se prenne en glace et me brûle, moi et tous ceux de mon entourage."
J'ai cité particulièrement les interrogations de Janet, qui pourraient être celles de tout auteur, et méritent l'enthousiasme ressenti à cette lecture, surtout quand on imagine que ce Journal pourrait être le prochain texte de Jane, celui où 'elle balance tout' . Un retournement possible pensé par Alison Lurie?
Qu'on ne s'y méprenne pas; ce roman n'est pas qu'interrogation sur la création! Il est vif et drôle.
"Une femme et cinq enfants à charge.
- Cinq enfants?
- Cinq. Vous connaissez les peintres Pop'Art et leur admiration pour la fabrication en série..."
Lien : https://enlisantenvoyageant...
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
WolandWoland   26 décembre 2007
"... Quoique je ressente, quelque part dans ma tête, l'écrivain est là, qui prend des notes, enregistre le dialogue. (Comme a dit un jour Philip Roth, paraît-il, "Notre chance a nous, c'est qu'il ne peut rien nous arriver de mal. Tout est bon à écrire.") Même ici et même en présence de quelqu'un d'aussi célèbre que Teddy Berg - dans un domaine qui n'est pas le mien, c'est vrai - je continue à avoir cette sensation. ..."

... Je suis ici parce que je suis écrivain, or paradoxalement, c'est le seul endroit où je ne sois pas étiquetée comme "écrivain." Je peux être à nouveau quelqu'un d'ordinaire, au lieu de cette espèce de phénomène dangereux que j'ai été à Westford dans les six derniers mois.

Autrefois, dans ma naïveté juvénile, je croyais que ce serait merveilleux de devenir auteur. Il ne m'était pas venu à l'esprit que, si ça se réalisait, je cesserais en partie d'exister en tant qu'être humain, aux yeux de presque tout le monde. ...

... En fait, dans l'ensemble, les gens n'aiment pas vraiment l'idée qu'une femme puisse sérieusement être écrivain. Ils trouvent ça incongru. Ils préfèrent oublier l'un des deux, ou bien l'écrivain, ou bien la femme. ...

... A longue échéance, nous ne serons pas jugés sur notre vie privée, mais sur ce que nous aurons écrit. ..."
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dbreitdbreit   27 avril 2016
De plus, à l'heure actuelle, presque tous les romans longs sont mauvais. Ce n'était pas vrai il y a un ou deux siècles. Aujourd'hui, la vie va plus vite, elle a moins d'unité ; on admet que les évènements et les rapports les plus intéressants (quelle que soit leur intensité) ne soient pas d'une longueur ou d'une complication telles qu'il ne suffise de vingt ou trente pages pour les décrire. Nous choisirions donc la forme littéraire adaptée à notre vie. Ou bien est-ce l'inverse ?
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bilodohbilodoh   17 juillet 2016
Vous êtes au courant? Janet a un ami invisible, un dénommé Lon. Un Asiatique. Elle m’arrête pas de nous dire ce qu’il pense. « Lon a une préférence pour l’art dont Lon a été nourri. Lon a certaines obligations, après tout. »

(Rivages poche, p. 101)
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bilodohbilodoh   17 juillet 2016
Personne ne m’avait jamais parlé du risque du métier le plus grave en littérature — ce gaz toxique de la renommée qui se répand autour de tout écrivain. proportionnellement à son succès.

(Rivages poche, p. 57)
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JCLDLGRJCLDLGR   04 février 2020
L'homme à la chemise rouge qui parlait et riait si fort est Nick Donato, un peintre new-yorkais. Pas vraiment peintre en fait ; ce qui est exposé de lui ici dans la petite galerie consiste surtout en matériaux divers et tubes de néon.
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