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Sophie Mayoux (Traducteur)
EAN : 9782869304123
405 pages
Éditeur : Payot et Rivages (01/11/1990)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 237 notes)
Résumé :
"Véritable chronique de mœurs, roman policier, comédie baroque, La Vérité sur Lorin Jones est un miroir tendu à toute une génération de femmes qui jonglent avec le féminisme, le militantisme, les grands principes et les grands sentiments."
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
LePamplemousse
  06 avril 2017
Qui est donc cette Lorin Jones au sujet de laquelle Polly Alter veut écrire une biographie et rétablir la vérité ?
Polly est une femme divorcée, mère d'un adolescent de 14 ans, qui navigue dans le milieu des féministes sans trop savoir où se situer.
Ancienne peintre ayant renoncé à ses ambitions artistiques lorsqu'elle a découvert les toiles de Lorin Jones, elle vient d'obtenir une bourse lui permettant décrire la biographie de cette fameuse Lorin Jones, une peintre décédée, dont on sait finalement peu de choses.
Parcourant les Etats-Unis afin de recueillir les témoignages de divers proches de Lorin, des connaissances, d'anciens amis et des professionnels du monde artistique, elle va peu à peu découvrir que la vérité n'existe pas de façon absolue et qu'une personne peut dévoiler de nombreuses facettes contradictoires.
Doit-elle s'accrocher de toutes ses forces à l'idée qu'elle se faisait de cette peintre talentueuse ou accepter que la personnalité de cette femme qui était aussi une fille, une soeur, une amante et une artiste puisse ne pas correspondre du tout à ce qu'elle s'imaginait ?
Une jolie réflexion sur ce qu'est un artiste, sur son travail, sa personnalité, sur la façon dont on regarde une oeuvre en l'associant ou non à la vie menée par la personne.
Une oeuvre est-elle encore plus belle si l'artiste semble avoir eu une personnalité attachante, douce, généreuse ou l'oeuvre n'existe t'elle que pour elle-même ?
Le travail du biographe consiste-il à simplement compiler les données assemblées ou à mettre en avant une partie de la vie d'une personne ?
Le travail de recherche et de collecte de témoignages de Polly Alter se lit comme une enquête policière, avec des indices qui surgissent de façon inattendue, des révélations soudaines, des fausses pistes à explorer.
J'ai beaucoup aimé relire ce roman une quinzaine d'années après ma première lecture, l'écriture d'Alison Lurie étant toujours aussi incisive et sarcastique.
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Pat0212
  20 décembre 2020
J'avais lu Liaisons étrangères il y a quelques années et j'ai retrouvé avec plaisir cette auteure américaine récemment décédée.
Polly Alter travaille dans un musée, elle voulait devenir peintre dans sa jeunesse, mais lors de son voyage de noces, en 1970, elle voit un tableau de Lorin Jones dans la pension où ils séjournent et elle comprend que Lorin a déjà peint tout ce qu'elle aimerait peindre elle-même, ce qui la fait renoncer à son rêve. Quinze ans plus tard, elle organise des expositions et désire écrire une biographie de Lorin, elle vient de se séparer de Jim, un scientifique qui a reçu une offre très intéressante d'un laboratoire de Denver. Elle aime trop New York et le milieu artistique pour aller s'enterrer dans le Colorado, son mari peut tout accepter d'elle mais pas de refuser ce poste passionnant, ce qui les mène à divorcer. Son fils Stevie vit pour le moment avec elle et elle veille à lui donner une éducation féministe. Elle pensait que Jim était un homme parfait et non machiste, mais il a refusé de lui sacrifier sa carrière de chercheur, il ne vaut donc pas mieux que les autres. Il faut dire que Polly est féministe jusqu'à la caricature. le musée accepte de lui offrir une bourse pour son projet. Elle va enfin pouvoir faire éclater la vérité sur Lorin, une artiste formidable, victime des hommes cruels et manipulateurs de son entourage qui l'ont empêchée de développer tout son potentiel. C'est du moins son point de vue de départ, encouragé par son amie Jeanne, encore plus féministe si c'est possible et lesbienne, qui vient squatter son appartement, puis son lit alors que Polly envoie son fils dans le Colorado pour l'été.
Polly est obsédée par Lorin, elle se sent hantée, elle a l'impression que leurs deux vies sont étroitement imbriquées, elles ont tant de points communs, mais heureusement elle va lui rendre justice. Elle connaît déjà les coupables, il y a Jacky, le marchand d'art, Lennie son demi-frère, Garrett son premier mari et puissant critique, sans oublier Hugh son amant qui l'a abandonnée et laissée mourir de manière misérable en Floride. Elle est bien décidée à dévoiler leur côté immonde et les violences symboliques qu'ils ont fait subir à cette femme. Jeanne la conforte dans sa vision, alors que Polly rencontre les différentes personnes qui ont connu Lorin pour les interroger. La vie privée de Polly est aussi extrêmement compliquée, car Betsy, l'amante de Jeanne quitte son mari et vient les rejoindre à son grand déplaisir.
Au fur et à mesure de son enquête, Polly découvrira une autre vérité, y a t'il d'ailleurs UNE vérité ? Qui a raison et qui a tort ? Comment rendre compte de la vie de Lorin ? Au cours de sa quête c'est surtout elle-même qu'elle retrouvera. Elle n'est pas Lorin et elle doit tracer sa propre voie et surtout retrouver la vraie liberté, car finalement elle laisse les autres décider pour elle, malgré sa croyance d'être une femme forte.
Ce roman est très bien écrit, plusieurs personnes le comparent à un thriller psychologique, mais je ne trouve pas qu'il s'apparente aux mauvais genres, même si Polly y mène une enquête. C'est plutôt un roman existentiel qui montre comment une personne peut être victime avant tout de ses préjugés et du chemin qui lui permettra de retrouver la liberté et le bonheur. Il y a beaucoup d'humour. Les milieux féministes et artistiques de New York, dans les années soixante ou quatre-vingts sont dépeints sans aménité, mais finalement les hommes ne sont pas toujours les bourreaux que Polly veut voir.
Un magnifique roman sur l'être et le paraître, les préjugés et le chemin vers une vraie liberté, loin des carcans idéologiques du moment.

Lien : https://patpolar48361071.wor..
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Woland
  26 décembre 2007
The Truth about Lorin Jones
Traduction : Sophie Mayoux
Si vous ne deviez lire qu'un seul Lurie, c'est celui-ci, je crois, que je vous recommanderais.
La romancière y prend pour héroïne Polly Alter (les latinistes apprécieront son nom qui annonce d'ores et déjà la couleur), mère divorcée qui redoute de voir son fils, Stevie, décider, à l'adolescence, d'emménager définitivement chez son père. C'est que, en ce début des années soixante-dix qui voient s'affirmer outre-Atlantique une revendication féministe un peu trop virulente, Polly, en dépit de ce qu'elle affirme en public, notamment auprès de ses relations lesbiennes et à sa meilleure amie, Jeanne, lesbienne elle aussi, Polly n'est absolument pas sûre d'elle-même et encore moins du bien-fondé de l'existence qu'elle a choisie.
Au départ, Polly voulait peindre. Malheureusement, le lendemain même de son mariage, elle tomba, à l'hôtel, sur une toile merveilleuse, signée Lorin Jones, et qui la découragea définitivement. C'est qu'elle voyait là, sur cette toile, tout ce qu'elle-même rêvait de produire, un mélange d'abstrait et de pré-raphaélite tout à fait hors du commun. du coup, Polly abandonna et devint chroniqueuse et agent pour les galeries d'art.
Après toutes ses années, on vient justement de lui demander de rédiger la biographie de cette Lorin Jones, décédée à la fin des sixties. Emballée - elle se sent tant d'affinités avec Lorin - Polly accepte, persuadée, tant par son expérience personnelle que par l'atmosphère ambiante, que Lorin est morte victime des hommes. Polly tient d'ailleurs prête sa liste de coupables potentiels à interviewer :
1) le marchand de Lorin, Paolo Carducci ;
2) le demi-frère de Lorin, Leonard Zimmern ;
3) l'ex-mari de Lorin, le critique d'art Garrett Jones
4) et enfin l'amant de Lorin, qui l'enleva à son mari : Hugh Cameron.
Elle se met donc en quête ...
Vous raconter le reste serait dévoiler l'intrigue - et ce serait surtout vous priver d'une grande source de plaisir. Car "La Vérité sur Lorin Jones" est un petit chef-d'oeuvre d'acidité, de tendresse et d'humour qui nous donne en outre une leçon de sagesse : rien n'est jamais si beau, si bon ... ni si laid, si pourri qu'on le croit. Tout cela doublé d'une réflexion féroce sur les excès du féminisme.
A emporter cet été, sur la plage, par exemple. Vous devriez passer un sacré bon moment. ;o)
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akcd
  17 janvier 2016
Polly Alter, 39 ans, reçoit une bourse du musée où elle travaille pour écrire une biographie sur une peintre décédée vingt ans plus tôt, Lorin Jones. Fragilisée par son divorce récent, elle ne peut s'empêcher une vive sympathie pour cette femme dont elle a l'impression d'avoir emboîté le pas : née dans la même ville, peintre elle-même, passionnée par le génie de son modèle, il y va jusqu'à leur surnom qui ne différait dans leur enfance que par une seule lettre : Polly / Lolly.
Afin de se libérer du temps pour enquêter et écrire, Polly envoie son fils adolescent quatre mois chez son père. Elle invite en parallèle sa meilleure amie Jeanne à venir s'installer chez elle. Jeanne, lesbienne et féministe, a une vision bien arrêtée sur la destinée tragique de Lorin Jones : si la peintre n'a pas eu de son vivant le succès qu'elle méritait, c'est que les hommes influant de son milieu étaient bien décidés à lui mettre des bâtons dans les roues. A commencer par Garett Jones, critique d'art et premier mari de Lorin. Ou Jacky Herbert, le galeriste. Mais est-ce si sûr ? Polly Alter est décidée à interviewer toutes les personnes encore vivantes qui ont connu Lorin, afin de découvrir et d'écrire la vérité sur Lorin Jones.
Sur fond de féminisme, Alison Lurie critique le milieu de l'art new-yorkais des deux époques où se joue l'intrigue : les années 1960 et les années 1980. le lecteur est propulsé du monde féminin de Polly dans le monde masculin de Lorin avec le même bonheur. Plus l'enquête de Polly avance, plus ses idées s'embrouillent. Chaque protagoniste a sa propre vérité sur Lorin Jones. Famille, critiques, collectionneurs, l'intérêt de chacun diffère quant au contenu de la biographie à écrire. Entre manipulation et passion, quelle sera la version la plus crédible aux yeux de Polly ?
Ce thriller psychologique est un fascinant témoignage du monde artistique de New-York de la deuxième moitié du XX° siècle. L'auteur dénonce avec beaucoup de subtilité le machisme de ce milieu, dans lequel sans les hommes, les femmes ne peuvent pas percer. En parallèle, elle dresse un tableau particulièrement cynique des milieux féministes. le lecteur ne peut pas s'empêcher de grincer des dents et de s'interroger : finalement, est-ce si certain que l'homme est le plus grand des manipulateurs ? le sexe des individus y est-il pour quelque chose ?
La vérité sur Lorin Jones fait partie des romans dont la justesse psychologique traverseront toujours les époques, sans jamais vieillir. Il a reçu le Prix Femina 1989.
Lien : http://akarinthi.com/2016/01..
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carnet-de-voyage
  19 mars 2017
« le grand tort que nous avons, nous autres femmes, c'est, pour amant, de chercher toujours un homme que nous aimons, alors que la vérité serait d'en chercher un qui nous aime. »
Cette citation de Georges Feydeaux, semble convenir pour l'ouverture de beau livre d'Alison Lurie : " La vérité sur Lorin Jones"
"La vérité ? Qu'est-ce que la vérité" demanda Pilate, au Christ déjà condamné par les siens...
"La vérité sur Lorin Jones" nous entraîne à mieux nous connaître. A bien juger nos préjugés... Ce que l'on ressent ou ce que l'on pense à un moment est-il la vérité sur le fait ou la personne que l'on juge ?
Polly Alter travaille dans un musée. Depuis toujours elle aime la peinture, et notamment Lorin Jones dont elle contempla une toile en sachant qu'elle ne sera jamais, elle Polly Alter artiste de talent...
Polly Alter approche à grands pas de la quarantaine et ne veux pas être exclue... Son mari et elle ont divorcé et le fils hésite entre vivre à New-York avec sa mère ou au soleil avec son père...
Sexuellement elle ne sais plus où elle se situe aussi... Son amie Jeanne squatte son appart et bientôt son lit...
Et puis délice des délices, le musée lui accorde une bourse pour une bio sur Lorin Jones...
Elle va enfin pouvoir crier au monde entier que ce peintre de talent, cette femme de genie fut à toujours et pour jamais contrariée par des mâles nuisibles qui ont pollués son entourage...
Pour Polly, Lorin aimait trop et ne recevait pas en retour ce qu'elle donnait...
Polly fit une petite liste de ces mâles : le galeriste, le demi-frère, le mari et puis l'amant...
Polly va découvrir que la vérité est bien autre....et que la vie à Key West n'est pas si mal que ça d'ailleurs...
Reconnaitre que l'on s'est trompé c'est déjà être dans la vérité et comme disait Antoine de Saint-Exupéry :
« La vérité de demain se nourrit de l'erreur d'hier. »
Un livre inoubliable....
Le meilleur d'Alison Lurie que j'ai lu, à ce jour... et que je relirais un jour.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
dbreitdbreit   26 décembre 2012
S’il fallait à tout prix être amoureuse, avec tous les problèmes, toute la déraison que cela impliquait, peut-être valait-il mieux être amoureuse d’un mort ou d’une morte. En aimant une personne morte, on ne risquait pas de subir de blessures sentimentales ; quelqu’un de mort n’allait pas vous critiquer, vous trahir, vous quitter. Et on ne risquait pas non plus de lui faire du mal ; il n’y avait donc pas de culpabilité.
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andreepierretteandreepierrette   26 octobre 2013
Par un après-midi nuageux, encrassé de neige, une semaine avant Thanksgiving, Polly Alter entra dans son salon, les pieds mouillés, les cheveux humides, emmêlés par le vent, portant un lourd paquet plat enveloppé de papier kraft qu'elle posa délicatement sur le divan. Elle se débarrassa de ses bottes et de son manteau trempé, qu'elle jeta dans le placard de l'entrée. Puis elle déballa le paquet, d'où elle tira la gouache de Lorin Jones, l'étang de Truro, maintenant marouflée et encadrée par un professionnel. Elle dégagea le dessus de la cheminée, d'où elle e,leva quelques bougeoirs de cuivre cabossés et les bégonias rampants de Jeanne pour y poser la peinture. Elle recula et se plaça en plein devant, espérant une sorte de miracle.
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nina2loinnina2loin   04 septembre 2012
Polly Alter aimait bien les hommes mais elle avait cessé de leur accorder la moindre confiance et n'avait plus guère affaire à eux. Le mois passé, à l'occasion de son trente-neuvième anniversaire, elle s'était aperçue brusquement que sans jamais avoir cherché ce résultat de façon délibérée, elle ne voyait plus que des femmes. Médecin, dentiste, comptable, thérapeute, "banquière" : dans sa vie, toutes ces professions se mettaient désormais au féminin. Et c'était aussi à des femmes que l'unissaient les liens d'amitié les plus étroits. Elle faisait ses courses dans des magasins tenus par des femmes, où elle était servie par des femmes, et lorsque que sa doctoresse lui prescrivait des médicaments, elle allait les chercher au coin de Broadway et de la 87ᵉ Rue, chez une pharmacienne, malgré le détour que cela lui imposait. Il lui arrivait de ne pas parler à un homme adulte pendant plusieurs jours d'affilée.
Quand son mari était parti, dix-huit mois plus tôt, Polly n'avait pas imaginé que sa vie prendrait cette tournure.
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mickaelamickaela   17 octobre 2012
"Malheureusement, rien ne prouvait que ceux qui se mordraient les doigts ne sortiraient pas aussi leurs griffes."
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Pat0212Pat0212   18 décembre 2020
Des palmiers géants déployaient leurs écailles comme des alligators végétaux.
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