AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Sophie Mayoux (Traducteur)
EAN : 9782743601584
425 pages
Payot et Rivages (04/01/1997)
3.87/5   275 notes
Résumé :
Deux universitaires américains se voient accorder un congé d'études à Londres par leur faculté d'origine. Le premier, Fred Turner, surprend par sa beauté et sa jeunesse ; il aborde l'Angleterre plein d'amertume, blessé par l'échec de son mariage ; sa collègue, Vinnie Miner, ne lui ressemble en rien : vieille, petite, laide, revêche, elle est aussi une amoureuse inconditionnelle du pays de Shakespeare, dont elle maîtrise parfaitement tous les codes.

To... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
3,87

sur 275 notes
5
6 avis
4
9 avis
3
3 avis
2
0 avis
1
0 avis

Myriam3
  09 août 2015
Amateurs d'intrigues au rythme effréné, oubliez! L'héroïne de ce roman, Vinnie Miner est une vieille fille américaine d'une cinquantaine d'années, solitaire, un peu aigrie, universitaire et spécialisée en comptines enfantines partie six mois à Londres, le Londres des jolies nappes fleuries et des intérieurs coquets, des aristocrates aux manières irréprochables partageant sandwiches aux concombres autour d'un thé.
Je force le trait? Non, c'est Alison Lurie qui joue avec humour autour des clichés qui opposent ces lourdaux d'Américains aux subtils British!
A Londres, Vinnie n'est pas seule, puisqu'elle y retrouve un jeune collègue, Fred Turner, jeune chercheur à la beauté classique dont le mariage vient de se briser et qui s'éprend de Rosemary, comédienne à la peau diaphane et aux seins laiteux, et enfin Chuck, qui du prénom jusqu'au veston et aux bottes de cow-boy a tout pour représenter fièrement l'Ouest américain. Et tout ça se frotte au cercle fermé des comédiens aristocrates anglais...
J'avoue, mon retour journalier au roman était à chaque fois un peu à contrecoeur, mais le lâcher aussi. Le rythme n'est pas haletant, l'intrigue assez peu développée, mais le ton sarcastique d'Alison Lurie était un vrai plaisir, une jubilation diraient les vrais critiques.
Et puis, au delà de ça, l'auteure met sur la table l'importance de l'apparence et du milieu social (elle a d'ailleurs écrit un essai qui s'appelle The Language of Clothes) comme jugement d'une personne; mais ce que j'ai surtout aimé, c'est les questionnements incessants des personnages sur les motivations de l'autre, l'incapacité à le comprendre pleinement, la solitude inhérente, finalement, de chacun, chacun étant destiné à être fatalement incompris.
Alison Lurie est américaine, mais manie comme une chef l'humour anglais.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          384
LePamplemousse
  13 juillet 2017
Aller passer six mois à Londres était le rêve de Vinnie et de Fred, deux universitaires américains issus du même département de littérature.
Ils se connaissent assez peu mais cette expérience va les amener à se côtoyer.
Fred Turner est un jeune homme marié charismatique de 29 ans, très beau et avec une carrière prometteuse.
Vinnie Miner est quant à elle une femme solitaire de 54 ans, qui se définit elle-même comme laide et terne et qui étudie les chansons enfantines anglaises.
Tous deux vont avoir du mal à s'habituer à leur séjour anglais, leurs rêves d'une Londres victorienne et romantique ne les ayant pas préparé à affronter un Londres actuel, moderne et au climat humide.
Loin du Londres fantasmé de Dickens ou de Shakespeare, ils vont tous les deux se confronter à une ville touchée par la mondialisation, avec des fast-food à chaque coin de rue, où il est difficile de se loger, où tout est cher, où la solitude est pesante, surtout quand il pleut sans cesse.
Ils vont chacun à leur façon faire une rencontre inattendue qui va bouleverser leur quotidien et leur vision de cette ville.
Pas de grand suspense dans ce roman, tout y est raconté de façon lente et l'introspection y a une place importante.
J'ai beaucoup aimé suivre le parcours de ces deux universitaires si différents, un homme jeune facilement ébloui par les lumières de la ville et une femme vieillissante qui pense ne plus rien attendre du reste de sa vie.
Bien sur, rien ne va finalement se passer comme ils le pensaient l'un et l'autre.
L'écriture d'Alison Lurie est délicate, elle se moque des travers de ses personnages avec tendresse et ironie.
Une relecture vraiment agréable, au style impeccable et à l'humour très anglais.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          294
Shan_Ze
  09 septembre 2021
Dès les premières lignes, j'ai senti que ce roman allait me plaire. Vinnie Minner, une universitaire d'une cinquantaine d'années, part à Londres pour quelques mois. Elle est suivie par un chien invisible qui est le produit de sa culpabilité. de l'autre côté, il y a Fred Turner, un collègue de Vinnie, presque la trentaine, qui part aussi dans la capitale anglaise pour d'autres raisons, juste après sa rupture avec sa femme Ruth. Presque tout oppose nos deux protagonistes, l'une plutôt petite et quelconque, l'autre, grand avec un physique d'acteur. Pendant quelques mois, on suit leurs évolutions dans ce Londres des années 80 où les rencontres entre Américains et Anglais donnent le ton de ce roman. Alison Lurie décrit avec beaucoup de pertinence ses personnages : cette Vinnie qui semble rigide va peu à peu changer, Fred semble perdu entre son mariage brisé et sa nouvelle passion. C'est clairement ce genre de livre qu'il me fallait à ce moment, pétillant et plein de caractère. Un roman qui s'attache aux personnages, à leurs réactions sans qu'il y a son lot d'actions. Il pourrait facilement être adapté en pièce de théâtre.
Premier roman de l'auteur que je lis, j'ai eu raison de mettre dans ma bibliothèque plusieurs de ses livres, j'adore son écriture.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
Mimeko
  23 décembre 2017
Vinnie Miller, 54 ans universitaire américaine spécialisée dans les chansons enfantines anglaises, n'a plus énormément d'attentes ou d'illusions dans la vie ; après son divorce trente ans auparavant, elle a renoncé à trouver l'amour et c'est avec tout l'enthousiasme de la professionnelle qu'elle s'apprête à vivre à Londres pour les 6 mois d'études qu'elle doit consacrer à son sujet de prédilection les comptines du folklore anglais. Fred Turner, jeune trentenaire, lointaine connaissance professionnelle de Vinnie; issu de la même université, est également à Londres pour finaliser son cursus et devenir professeur. Vinnie, engoncée dans sa petite vie routinière et se protégeant de tout affect est abordée lors du voyage en avion par Chuck Mumpson, un texan mal dégrossi qui lui arrache malgré elle ses coordonnées, il va peu à peu s'imposer bousculant la petite vie bien réglée de Vinnie. De son côté Fred va être aspiré par la vie trépidante d'une actrice, Rosemary qui va l'introduire dans son cercle amical et professionnel qui se révélera léger et superficiel.
Alison Lurie s'empare de l'antagonisme qui existe entre britanniques et américains dans cette comédie mi-amère mi-humoristique, épinglant les situations et les personnages hauts en couleur, et mettant le doigt sur ce qui sépare ou qui étonne ces deux américains en terre britannique.
C'est quelquefois drôle mais c'est surtout très long, avec énormément de digressions et développements très détaillés qui allongent le récit et le rendent un peu ennuyeux.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
Livretoi
  17 avril 2021
7ème roman d'Alison Lurie publié en 1984, prix Pullitzer 1985.
Les aventures sentimentales et les rencontres de deux professeurs universitaires en voyage d'études à Londres, une femme de 54 ans désabusée, un jeune homme fraîchement marié mais déjà séparé.
Comparaisons entre américains et anglais, réflexions amères sur la place congrue faite à la littérature enfantine dans le monde littéraire, dénonciation de l'attitude de certains critiques littéraires qui cherchent à se mettre en valeur aux dépens de l'objectivité, dénonciation de l'hypocrisie des relations sociales, pointage des préjugés humains forgés sur la base de stéréotypes, regard sur le vieillissement et la place faite aux femmes mûres dans une société qui privilégie le jeunisme, réflexions sur l'art de bien vieillir, autant de thèmes abordés dans ce roman intelligent, fin, parfois drôle, profond et léger à la fois.
Alison Lurie excelle dans le récit des histoires sentimentales et les portraits psychologiques de ses personnages. Ici encore le thème de l'amour est omniprésent. Les jeunes couples sans enfants "La ville de nulle part", avec enfants "Les amours d'Emily Turner" ou "Comme des enfants" , ou avec adolescents dans "Conflits de famille" des premiers romans nous amènent ici à l'âge mûr en la personne de Virginia Miner.
Virginia Miner est décrite au tout début du roman ainsi : "âgée de cinquante-quatre ans, elle est petite, laide et célibataire, bref le genre de personne qu'on ne remarque pas : mais qui enseigne dans une université prestigieuse de l'est des Etats-Unis, a publié plusieurs livres et a une réputation bien établie dans le domaine florissant de la littérature enfantine."
Or Alison Lurie née en 1926 a 58 ans en 1984 à la sortie du roman, est professeur, écrivain, spécialiste de littérature enfantine, et a eu un visage abîmé suite à l'accouchement au forceps de sa mère, avec une atrophie des muscles faciaux qui déformait sa bouche et son sourire. Mariée en 1948 et divorcée en 1985. Je me plais à voir en cette Virginia Miner célibataire et désabusée le double inspiré d'Alison Lurie.
Pour que j'aime un roman il faut que je puisse aimer un ou plusieurs personnages, si possible m'identifier à eux. Ici j'ai particulièrement aimé les portraits de Virginia Miner et de Chick Mumpson, cet américain rencontré dans l'avion, rustre, peu cultivé, direct dans ses relations, caricatural dans sa façon de s'habiller, mais tellement plus généreux, plus simple, plus authentique que tous les anglais bien éduqués de la sphère mondaine. L'intellectuelle n'était pas faite pour s'entendre avec le rustre, mais Alison Lurie conduit habilement son intrigue pour nous prouver le contraire.
J'ai mis quatre étoiles à ce roman pour le nombre des thématiques abordées. Je le trouve plus riche que les autres. J'ai trouvé le début du roman particulièrement brillant : voir extrait en "Citations."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   05 août 2015
Elle lisse enfin ses cheveux grisonnants à la coupe sévère, se laisse aller dans son fauteuil, et, poussant un soupir, attache sa ceinture par-dessus son ensemble en lainage de teinte havane.
Vinnie est parfaitement consciente des réflexions que ces manœuvres pourraient inspirer à un observateur objectif, qui la trouverait sans doute cupide et obsédée par son bien-être. Dans cette civilisation où les jeunes et beaux sont appréciés pour leur énergie et leur égotisme, les femmes vieillissantes et sans beauté sont censées s’effacer, ne pas se plaindre, prendre aussi peu de place que possible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          210
Myriam3Myriam3   08 août 2015
Vinnie se répète qu'il est grand temps, plus que temps, de laisser ce que sa mère appelait "tout ça" derrière elle. Il est temps de piloter son navire au-delà des Charybde et Scylla qui menacent l'age mûr, bouffonnerie sexuelle ou tragédie sexuelle, et de naviguer aux rayons du soleil couchant sur la vaste mer calme de l'abstinence, dont les eaux tièdes ne sont jamais troublées par les alternances de chaleur torride et de froid glacial, les remous écumants et les algues suffocantes de la passion.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
LivretoiLivretoi   17 avril 2021
Pendant presque quarante ans, Vinnie a souffert des désavantages particuliers aux femmes nées sans charme physique…

Vers l’âge de cinquante ans Vinnie commença néanmoins à renoncer à ces tentatives épuisantes. Elie cessa de donner à ses cheveux une teinte auburn juvénile et peu naturelle et les laissa revenir à leur bigarrure poivre et sel ; elle donna la moitié de ses vêtements et jeta presque tous ses produits de maquillage. Il valait mieux, se dit-elle, regarder la réalité en face : elle était défavorisée par la nature, et à ce désavantage venait maintenant s’ajouter celui de l’âge ; elle aurait beau agiter des objets de couleur vive pour attirer l’attention, jamais elle ne serait de ces femmes que les hommes chargent avec la fougue d’un taureau. Du moins pouvait-elle éviter d’être ridicule. Si elle ne pouvait se transformer en femme séduisante, elle pouvait, au moins avoir l’air d’une dame.
Mais au moment même où elle se résignait à la défaite totale, l’avantage revint dans le camp de Vinnie. Au cours des deux dernières années, elle a, dans un sens, rattrapé et même dépassé certaines de ses contemporaines plus favorisées. Elle peut comparer son apparence avec celle d’autres femmes de son âge sans y trouver une source constante de mortification. Elle n’est pas devenue plus belle qu’elle n’était, mais elles ont perdu davantage de terrain. Sa silhouette mince, aux proportions modestes, n’a été ni déformée ni avachie par la maternité ou par les excès alimentaires suivis de régimes non moins excessifs ; ses seins petits mais plutôt jolis (d’un blanc crème avec les bouts roses) ne sont pas tombés. Ses traits n’ont pas pris l’expression blessée et tendue des anciennes beautés, elle ne se peint pas la figure, elle ne minaude ni ne roucoule dans le vain espoir
d’attirer sur elle les hommages masculins qu’elle croirait lui être dus. Elle n’est pas rongée de colère et de chagrin de voir s’interrompre des assiduités qui ont toujours été, de toute façon, modérées, peu sûres et irrégulières.
De ce fait, les hommes – même ceux avec qui elle a eu des relations intimes – ne posent pas maintenant sur elle un regard désemparé semblable à celui qu’ils auraient devant un paysage bien-aimé dévasté par l’incendie, les inondations ou l’urbanisation. Peu leur importe que Vinnie Miner, dont l’apparence physique n’a jamais été sensationnelle, ait maintenant l’air d’être vieille. Après tout, ce n’est pas une passion romantique qui les a poussés à coucher avec elle, mais un sentiment de camaraderie et un besoin partagé et temporaire ; souvent, ils l’ont fait presque distraitement, pour soulager la pression causée par leur désir pour une créature plus fascinante. Il arrivait assez souvent qu’un homme qui venait de faire l’amour à Vinnie s’assoie tout nu dans le lit, allume une cigarette et lui raconte les vicissitudes de son aventure avec une beauté capricieuse, s’interrompant de temps a autre pour lui dire que c’était formidable d’avoir une copine comme elle.
D’aucuns seront peut-être surpris de découvrir cet aspect de la vie du professeur Miner. Mais on se tromperait en croyant que les femmes laides sont plus ou moins vouées à la chasteté. C'est une erreur répandue, puisque dans l'opinion publique - et en particulier dans les médias - la sexualité est associée à la beauté. C’est en partie pour cette raison que les hommes ne tiennent pas à se vanter de leurs liaisons avec des femmes sans charme, ou à les afficher. Quant aux femmes en question, les dures leçons de l’expérience et l’instinct de conservation les incitent souvent à ne pas étaler ces relations, où elles bénéficient plus fréquemment du statut d’amie intime que de celui de maîtresse en titre.
Il est assez notoire que n’importe quelle femme, ou presque, peut trouver un homme avec qui coucher à condition de ne pas se montrer trop difficile. Mais les exigences sur lesquelles elle doit en rabattre ne portent pas forcément sur la personnalité, l’intelligence, la vigueur sexuelle, la bonne apparence ou la réussite sociale. Il faut surtout, le plus souvent, qu’elle ne demande pas trop d’engagement, de constance, ni de passion romantique ; elle doit renoncer à tout espoir de déclaration d’amour, de regards admiratifs, de télégrammes spirituels, de lettres éloquentes, de cartes d’anniversaire, de billets doux pour la Saint-Valentin, de bonbons ou de fleurs. Non : les femmes laides ont souvent une vie sexuelle. Ce qui leur manque, c'est plutôt une vie amoureuse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Myriam3Myriam3   06 août 2015
"Je fais des courses". Il brandit un cabas en papier marqué de taches humides. "Des trucs pour la famille, sans ça j'oserais jamais rentrer". Il rit d'un rire qui fait à Vinnie l'effet d'être nerveux et peu authentique. Soit il est vrai que Mr. Mumpson aurait peur de retourner auprès de sa famille sans cadeaux, soit - ce qui est plus vraisemblable - cette remarque constitue un exemple des plaisanteries vulgaires et dénuées de sens répandues chez les semi-illettrés des Etats du centre.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
MimekoMimeko   22 décembre 2017
"Il est parfois si pénible, Nico, dit-elle. Il a toutes sortes d'idées politiques stupides, et je refuse absolument qu'il aille embêter le vieux Jimbo avec ses billevesées, surtout au petit déjeuner. Vous connaissez ces Méditerranéens, ils s'excitent si facilement". Elle ouvre la porte qui donne sur l'escalier de derrière, souriant à Fred, l’accueillant parmi les non-Méditerranéens qui ne s'excitent pas vite et n'ont pas d'idées stupides.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100

autres livres classés : londresVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Dead or Alive ?

Harlan Coben

Alive (vivant)
Dead (mort)

20 questions
1603 lecteurs ont répondu
Thèmes : auteur américain , littérature américaine , états-unisCréer un quiz sur ce livre