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Monique Chassagnol (Traducteur)
ISBN : 2869304986
Éditeur : Payot et Rivages (31/10/1991)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 12 notes)
Résumé :
"Winnie l'Ourson" n'est pas un ouvrage habituellement considéré comme subversif, pas plus que "Les Aventures de Tom Sawyer", "Alice au pays des merveilles" ou "Peter Pan".
Néanmoins, si de tels classiques apparemment anodins connaissent un succès durable, c'est en partie parce qu'ils font la satire de la société adulte et de ses conventions.
Si les enfants forment une tribu à part. possédant une culture propre, ces ouvrages en sont les textes sacrés. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Woland
  03 septembre 2009

Don't Tell The Grown-Ups
Traduction : Monique Chassagnol
Voici un essai de très grande qualité sur la littérature enfantine anglo-saxonne dont l'Européen continental ne connaît pas toujours les grands noms. Les quatre premiers chapitres traitent cependant du conte de fées et des histoires pour la jeunesse en général, ce qui explique les allusions aux frères Grimm et aux racines européennes de ces histoires que, avec le français Charles Perrault, ils furent parmi les premiers à rassembler.
Lurie saisit d'ailleurs l'occasion de nous rappeler que, à l'origine, beaucoup de ces contes comportaient ce que nous appellerions aujourd'hui des scènes gore et que personne ne semblait s'en émouvoir. (Sur ce plan, on pourra consulter de façon appréciable, mais sur un autre niveau, le très intéressant ouvrage de Bruno Bettelheim sur la psychanalyse appliquée aux contes de fées. Pour ses livres sur l'autisme, par contre, passez votre chemin. Mr.Red )
En effet, outre les marâtres qui, reines ou paysannes, finissent très mal parce que condamnées à cracher jusqu'à leur dernière heure crapauds venimeux, serpents, araignées et autres charmantes petites bêtes, on pense tout de suite à l'histoire si représentative de Hansel & Gretel, ces deux enfants qui - en état de légitime défense, certes - n'hésitent pas à pousser dans son four l'horrible sorcière-ogresse qui prétend les dévorer rôtis. Comme quoi, le monde de l'enfance et les récits qu'on s'y chuchote ont toujours fait montre d'une cruauté qui, hélas ! fait partie de la vie elle-même. Alison Lurie déplore d'ailleurs - et je partage son opinion - que, de nos jours, on tende à supprimer les fins atroces (mais très morales, somme toute) des contes de notre enfance sous le prétexte plus que douteux qu'il ne faut pas traumatiser les enfants.
Mais il y a plus étrange : ceux-là mêmes qui veulent à tous prix "protéger" les pauvres petits des horreurs prétendument distillées par les contes de fées ne semblent avoir aucun scrupule à les laisser béer devant n'importe quel programme télévisé ou jeu vidéo bien sanglant ...
A compter du cinquième chapitre, Lurie passe du général au particulier en évoquant les univers de Beatrix Potter, Frances Hodgson Bennett (créatrice du petit lord Fauntleroy et de bien d'autres petits héros), d'Edith Nesbit (auteur de la fin de l'ère victorienne qui fut la première, semble-t-il, en tous cas en Angleterre, à écrire sans condescendance pour les enfants), d'A. A. Milne (immortel auteur du non moins immortel Winnie l'Ourson), sans oublier James Barrie et son Peter Pan ainsi que le grand mais méconnu T. H. White, auteur d'une réécriture des chroniques arthuriennes à l'usage des enfants et des adolescents.
Lurie use d'un langage tout à fait accessible aux profanes, ne fait pas dans la pédanterie et nous fait partager sa passion pour un thème qu'elle maîtrise mais dont on regrette qu'elle ne puisse le traiter dans son intégralité. On rêverait par exemple de lire son avis sur la saga de Mary Poppins et à la vie de sa créatrice, Pamela L. Travers, ou bien encore nous confier ce qu'elle pense d'Enid Blyton et de ses séries "Mystère" et "Club des Cinq" à moins qu'elle ne préfère demeurer en terre américaine avec l'analyse des aventures de Nancy Drew-Alice Roy ou des Frères Hardy.
Mais enfin, tel qu'il est, "Ne le Dites Pas Aux Grands" se révèle un ouvrage de tout premier ordre, à lire et à conserver.
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zazimuth
  09 janvier 2017
A lire si vous doutez encore de l'intelligence et de la pertinence de la littérature jeunesse qui sait, avec des personnages soi-disant enfantins expliquer aux enfants qu'on ne doit pas tout accepter et que la différence est une liberté.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
WolandWoland   03 septembre 2009
[...] ... Dans "The Story of The Amulet", les enfants, sans trop réfléchir, font un voeu et la reine de Babylone (...) se retrouve ainsi à Londres. Elle est fascinée par la Tour et la Tamise mais atterrée par les conditions de vie des habitants :

- "Mais comme vous traitez mal vos esclaves ! Quels pauvres diables, misérables et délaissés !" dit-elle tandis que le fiacre brinquebalait le long de Mile End Road.

- "Ce ne sont pas des esclaves, mais des travailleurs," dit Jane.

- "Bien entendu ! Les esclaves doivent être travailleurs, cela va de soi. Ce n'est pas à moi qu'il faut le dire. Vous croyez que je ne sais pas ce que c'est qu'un esclave ? Pourquoi leurs maîtres ne veillent-ils pas à ce qu'ils soient mieux nourris, mieux vêtus ? Attendez-vous à une révolte si vous continuez comme cela," reprit la reine.

- "Oh ! non," dit Cyril, "ils ont le droit de vote, vous comprenez, ça les empêche de se révolter. Ca fait toute la différence. C'est Papa qui me l'a dit.

- Le droit de vote ?" demanda la reine. "C'est quoi ? Un talisman ? Un objet magique ? Qu'est-ce qu'ils en font ?

- Je ne sais pas," répondit Cyril, harcelé par toutes ces questions. "C'est juste le droit de vote. Ils n'en font rien de spécial.

- Je vois", dit la reine. "C'est une sorte de jouet." ... [...]
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WolandWoland   03 septembre 2009
[...] ... [Les contes populaires] présentent aussi une autre caractéristique : ils comptent parmi les textes les plus subversifs de la littérature enfantine. Bien souvent, quoiqu'en général de manière déguisée, ils défendent contre le système en place les membres les plus désavantagés de la société : les enfants, les femmes et les pauvres. La loi et l'ordre n'y sont pas toujours respectés : le fieffé coquin dupe le comte et le pasteur, Jack tue le géant et lui dérobe son trésor. Les riches sont souvent malchanceux, malheureux et incapables ; les rois et les reines ne peuvent avoir d'enfants ou souffrent d'étranges maladies tandis que les pauvres, en pleine santé, ont pour eux la bonne fortune et l'esprit d'entreprise.

Tant que ces récits sont demeurés du domaine de la tradition orale, racontés à des publics restreints, à des gens sans importance, les institutions des mondes littéraire et pédagogique n'y ont guère prêté attention. Mais dès qu'ils se sont mis à faire surface sous forme de textes imprimés, ils ont été condamnés, avec des cris d'horreur dont l'écho résonne encore aujourd'hui.

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WolandWoland   03 septembre 2009
Sarah Trimmer qui, à la fin du XVIIIème siècle, faisait autorité dans le domaine de l'éducation, recommandait aux parents de ne pas laisser leurs enfants écouter ou lire des contes de fées qu'elle taxait d'immoralité car ils enseignaient la violence, l'ambition, l'amour des richesses et le désir de se marier au-dessus de sa condition. "Cendrillon," écrit-elle, "peint les pires des passions qui puissent habiter l'âme humaine, celles dont les petits enfants devraient, autant que possible, demeurer totalement ignorants : l'envie, la jalousie, l'aversion à l'égard des marâtres et des demi-soeurs, la vanité, l'amour des beaux vêtements, etc ..." D'autres critiques ont déploré que ces textes manquent d'esprit scientifique et créent la confusion entre vérité et fiction : le temps passé à les lire serait, selon eux, serait plus utilement employé à apprendre bonnes manières et faits concrets, et à acquérir des compétences. ... [...]
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